Saint-Etienne – Metz (2-2) : La Metz Que Un Club Académie vit encore

Mais la vie, c’est de la merde.
Moïen les casques à pointes,
L’optimisme. L’appréhension. La soumission. Le remords. Le mépris. Le dégoût. La tristesse. La surprise. L’ennui. L’acceptation. Cette large palette des émotions n’est pas celle de votre dernier rapport sexuel. Ni celle d’une émission de Pascal Praud. On évoque ici sans coup férir la routine hebdomadaire d’un supporter lambda du Meilleur Club du Monde et de Lorraine. Un quotidien où l’on a appris à goûter une si fantasmagorique quantité d’étrons que l’on est capable d’en dresser un tableau des éléments. Une sempiternelle ritournelle qui donnerait au plus téméraire représentant du Peuple Elu l’envie de se poignarder les yeux avec un fuseau Lorrain et de s’encastrer les nouveaux sièges de la Tribune Est Basse si loin dans le fondement qu’on pourrait enfin y trouver le pétrole Tchadien que l’on nous a promis.

Il faut quand même être un peu con pour penser que des milliards de francs CFA nous attendaient là-bas.

Donc non, votre serviteur ne s’est pas tapi dans l’ombre d’une grotte Vosgienne durant ces quatre derniers matchs. Il l’aurait souhaité pourtant. Cette période d’opprobre, il a dû la vivre comme tout un chacun. A genou, bâillon SM à boule rouge dans la bouche, à attendre chaque nouveau coup de boutoir comme une douloureuse mais juste punition envers sa condition de triste supporter Grenat. Il a bien tenté de mourir par l’alcool, éprouvant son corps à la mirabelle dégénérée. Sans résultat hélas sur un organisme déjà maltraité des années durant par l’éthanol forcé des soirées footballistiques. Pourquoi mourir pour cette maudite cause vous demandez-vous ? Pour espérer revivre. Être ressuscité ailleurs, à une époque où les dirigeants ne chient pas sur le supportariat. Un temps où l’entraineur ne répand pas en excrément l’essence tactique du football. Un moment où les joueurs ne se retrouvent pas publiés dans les plus viles et indécentes catégories de soumission de Youporn. Car humiliation il y a eu. D’un 5-0 à un autre, le FC Metz a appris à voyager avec supplément valise. Monégasques et Lyonnais n’en demandaient pas tant que de pouvoir caresser le minois Messin avec le revers d’une pelle. Fourbe aventurier de l’anal, le Metz Que Un Club s’est même permis lui-même de cracher au visage du football, en arrachant un point contre Nantes sur pénalty à la 89e minute, seul tir cadré d’un nouveau non-match.
Fort de trois contre-productions unanimement saluées par la critique comme tant de dégénérescences putrides qu’il faudrait supprimer par le feu, le courtaud de base s’imaginerait bien retourner à l’étage inférieur séance tenante, un endroit où il y fait mieux vivre et qui permet de moins se faire martyriser par des clubs qu’on ne sait même pas placer sur la carte de France. Et pourtant, la flammèche de l’espoir, alimentée par un ténu Feu Sacré, brûle encore.
Car oui. Les grands esprits de la Ligue, sans doute en pleine descente d’acides, ont commis l’impensable justice que de rendre ses deux points indolemment retirés au FC Metz. Ceci conjugué à la réception Rennaise qui, sans une faillite tactique totale dans les 10 dernières minutes, aurait pu rapporter gros et a laissé entrevoir un semblant de je-ne-sais-quoi-qui-donne-envie-d’y-croire-et-fait-vibrer-les-slibards. Un effectif d’expérience combiné à l’insolente chance d’avoir de cuistres poursuivants déjouer plus salement encore laisse penser que l’insoluble quête de stabilité pourrait enfin toucher à sa fin. Et ce malgré la présence sur le banc d’un psychopathe guitariste, qui a en connaissance plus de chansons de Cabrel que de systèmes tactiques.

Voici désormais ce que m’évoque l’idée d’une chanson d’Hinschberger

29e journée : FC Metz – AS Saint-Etienne
C’est dans ce contexte que la bande à #FruitDuTravail reçoit Saint-Etienne, équipe jouant successivement l’Europe et le maintien. On y aligne une équipe sans trop de surprise, assez heureux d’y voir Jouffre et Sarr titulaires, assez malheureux d’y voir Doukouré et Mandjeck.
Le match : 
Horaire de match inhabituel oblige, la décence a voulu que votre serviteur reste relativement sobre dans ce match. Et pourtant, il lui a bien semblé être encore totalement bourré après la magnifique et tout à fait précoce ouverture du score d’Ismaïla Sarr, 56 secondes après le coup d’envoi. Sortie de nulle part, un missile sol-air part des 30 mètres pour aller se loger dans le filet droit d’un Ruffier impuissant. 1-0, 1e.
Une véritable inspiration de la part du petit Prince sénégalais, qui confirme qu’on va bientôt le vendre en Championship pour 2M€. La première demi-heure est à l’avantage des visiteurs, en témoigne un Diabaté qui met en difficulté la défense stéphanoise à la 6e minute, de ce même Malien qui surprend un Ruffier troué en contre mais loupe sa frappe en pivot à la 26e, et de cette tête de Sarr sur corner sauvée sur la ligne par l’arrière-garde verte. Non vraiment, on se surprend et se plait à croire que ce FC Metz là sait jouer au football. Si c’est con d’avoir attendu la 29e journée pour le découvrir, ce n’en est pas désagréable. Une chaude alerte sur le but de Didillon juste avant la mi-temps nous rappelle quand même que l’errance anale n’est jamais loin.
Et c’est confirmé au retour des vestiaires. Robert Beric, bien trouvé dans la surface, offre un tango slovène à Falette avant d’aligner Didillon pour l’égalisation. 1-1, 52e. Ce symptôme Messin demeure pugnace, celui de ne pas concrétiser ses occasions et voir l’adversaire revenir à hauteur. Mais plutôt que se recroqueviller en défense et d’attendre la seconde gifle, le Onze grenat joue étonnamment et crânement sa chance.  Cohade profite de l’infiltration de Jouffre dans la surface pour balancer une prune en direction de la lucarne, bien détournée par Ruffier (54e).
Nguette remplace Sarr blessé, pour la mauvaise nouvelle du match, et s’offre rapidement une première percée dans les lignes ennemies. Le jeu tend à s’emballer un peu, d’un centre de Balliu boxé par Ruffier à un arrêt de Didillon sur le contre suivant. La magie viendra d’un nouveau centre parfait de Balliu au second poteau, que Falette propulsera de volée au fond des filets. 2-1, 67e.
On se dit alors que non, ce FC Metz là ne peut pas perdre, surtout après avoir inscrit deux buts dans le cours du jeu. Mais les Verts, par l’intermédiaire de Perrin et d’une volée acrobatique, provoquent un séisme d’amplitude slipomètrique dans la défense Messine. Les dix dernières minutes sont crispantes. Diabaté frappe de très peu à côté du poteau. Erding et Mollet entrent en jeu. Hamouma trouve la barre transversale.
Et puis ces 120 secondes. On part d’un Nguette partouzant défenseurs et gardien locaux, poussant le ballon dans un but vide mais que Perrin reprendra à 2 centimètres de l’extase. Ce même Perrin qui sera à la réception d’un coup franc pour crucifier les Messins dans l’ultime seconde du match, bien aidé par une sortie totalement flinguée de Didillon. 2-2, 95e.

Ce genre de moment qui nous rappelle qu’au fond, la vie, c’est vraiment de la merde. 

Rageant. Si l’on admet volontiers que ce résultat était totalement inattendu au coup d’envoi tant notre forme récente à l’extérieure frôle la mort par contumace, voir ces deux nouveaux points disparaitre quelques secondes avant le coup de sifflet final laisse un solide goût de purin dans la bouche. En deux matchs, c’est 4 points qui se sont envolés dans les dernières minutes. Pourvu que cela ait une importance moindre quand il s’agira de passer à la caisse en fin d’exercice.
Mais outre le résultat, le Onze grenat a montré de l’allant, de l’envie, voire même une espèce de semblant de maitrise tout à fait inhabituelle par moment. Une détermination à conserver pour les 9 derniers matchs, pour que l’issue soit belle.
Metz Que des Notes : 
Didillon (3/5) : S’il ne peut rien faire sur le premier, il est sacrément coupable de cette sortie tout en slip sale sur le second but. Mais il nous sauve à plusieurs reprises par ses arrêts solides.
Balliu (4/5) : Encore un match abouti de l’Espagnol, ponctué cette fois d’une passe décisive et de 64 ballons joués. Coeur sur Ivan.
Bisevac (3+/5) : Solide lui aussi, il a tenu bon devant les insistantes offensives foreziennes en fin de match. On le veut dans cette forme jusqu’à la fin de la saison.
Falette (3/5) : Tout ou rien. Se fait humilier par Beric sur le premier but, reprend victorieusement le centre de Balliu pour le second but, puis lâche le marquage de Perrin à la toute fin. On devrait en fait l’aligner en attaque.
Assou-Ekotto (3-/5) : On l’a vu sur quelques montées et de belles transversales. Mais on a aussi vu Malcuit beaucoup trop exister sur son côté.
Mandjeck (3-/5) : Correct, jusqu’à provoquer la faute qui amène l’égalisation stéphanoise. A donc droit à son déversement hebdomadaire de haine.
Doukouré (3/5) : Assez bon dans le pressing et les interceptions, il n’a pour une fois pas grand chose à reprocher.
Jouffre (3+/5) : Précieux, dans ses CPA comme dans son activité sur le côté droit et cette incursion dans la surface. Il joue juste et bien, si bien qu’on est en droit de se demander où on serait s’il n’avait pas été blessé 2 matchs sur 3.
Mollet (87e) : Entré trop tard pour apporter quelque chose. Roux-pille. 
Cohade (3+/5) : Comme à son habitude, il brille comme son crâne chauve en grattant la gonfle aux quatre coins du pré. Aurait pu être crédité d’un but. Renaud Talisman.
Sarr (4/5) : Le petit Prince de la Savane monte en puissance, avec un superbe but et une tête sauvée sur la ligne. Une piqure d’hormones de cheval et cette blessure sera vite oubliée.
Nguette (59e) : Auteur de plusieurs percées intéressantes, il aurait pu emballer l’issue du match pour 2 petits centimètres. Les sentiments ça compte, les centimètres aussi. 
Diabaté (3-/5) : Toujours pesant sur la défense adverse, il est devenu indispensable comme point d’appui mais il manque une grosse occasion par mi-temps. Cheick limité.
Erding (77e) : A paru en jambe. Mériterait peut-être d’être plus souvent vu dans un 4-4-2. On n’oublie pas qu’il n’a pas marqué depuis la 7e journée. 
Kast & Deuch

Pour plus de plaisir :

– Les chiffres du match sont ici, car je sais que vous aimez ça

– On félicite les petiots U19, tombeurs des Niçois dans le difficile exercice des tirs aux but en Gambardella. Direction les quarts de finale.

– Retrouvez votre serviteur sur le Touiteur, sauf si vous êtes en manque d’amour

#AJamaisLesSeuls 

Kast & Deuch

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