From Russia, with hate, encore un an

Faudra vous y faire, encore un an.

Et l’équipe d’Allemagne clôt ce soir la saison de football avec deux titres : le championnat d’Europe Espoirs et la Coupe des Confédérations. Deux trophées de plus dans la vitrine du football allemand qui nous donne deux enseignements : « 1) nous sommes les meilleurs et 2) Nous voulons le rester ». Belle et discrète manière d’annoncer la couleur de la saison à venir.

Nous entrons dans le dur, il n’y a plus de football intéressant avant un mois, enfin si mais il ne faut pas espérer le trouver dans les médias grand public, à commencer par ce site. Pas de méprise les frileux, je ne dis absolument pas que ce site est un média grand public, je dis juste qu’en vertu de son positionnement, il pourrait être légitime à hausser le niveau de vue mais non, les vacances se prennent maintenant. Seule la rubrique des transferts et la rubrique nécrologique restent ouvertes. Et Kimberly, mais pour d’autres raisons.

On va nous souler avec les transferts, pour seulement quelques uns, combien de rumeurs débiles, analysées débilement pour des raisons débiles. Et on va nous annoncer des chiffres sans aucun sens, des clubs sans intérêt pour des joueurs sans avenir et condamnés pour la plupart à un anonymat qu’ils n’auraient jamais dû quitter depuis leur brevet raté. Brevet raté, je suis sévère, les analystes fumeux qui l’ont sans doute eu pour la plupart, n’en sont pas moins des ratés. Ah bien sûr ils sont le symbole de la réussite selon le nouvel étalon de mesure imposé par notre enfant prodigue, notre éclair dans la nuit, notre Jupiter et sa horde olympienne. Qu’ils aillent se pendre. Habitués au nul, la période estivale s’ouvre généralement à l’abyssale que seules des chroniques de Noirmoutier rendent tolérables. Les transferts, c’est comme l’enfer, cela doit forcément être les autres.

Sachons cependant nous réjouir : la saison a été belle. Elle a sacré Laurent Blanc comme un grand entraîneur là où Emery a échoué, là où Ancelotti a préféré partir. Virer un entraîneur après deux triplés, quelle belle idée. Avec les 20 millions gentiment donnés le PSG aurait pu acheter l’an dernier deux M’Bappé. Mais ça c’était avant. Monaco est la meilleure équipe française de la saison et c’est tant mieux. Surtout avec cette manière de faire qui rapproche toujours davantage ce club d’un FC Porto que d’un Real, avec ses plus values qui s’accumulent de manière régulière avec une légitimité indéniable. Tout cela réalisé avec moins de montage financier bidon qu’au Portugal, comme celui qui a fait de Mangala le défenseur le plus cher de l’histoire. A l’internationale, cet enculé d’Eder n’a pas encore comparu devant le tribunal de La Haye mais le Mossad ne désespère pas. Le Real est toujours le plus grand et Zidane a déjà plus de Ligue des Champions en tant qu’entraîneur qu’en tant que joueur. Et les femmes françaises marchent sur l’Europe avec une indécence qui ne peut que renforcer l’intérêt libidineux pour ce sport en temps de canicule masculine et pour montrer qu’il ne suffit pas d’être Simone Veil pour gagner la Coupe d’Europe. Bravo à elle et honte à ces journalistes qui ne leur donnent la place qu’elles méritent tellement.

Profitez bien de ces souvenirs douillets car la saison n’annonce rien de bon. Peu probable que l’OL et le PSG se retrouvent en finale de Ligue des champions encore une fois. Inutile d’évoquer le cas des équipes masculines. Peu probable que Zidane gagne une troisième Ligue des Champions d’affilée. Peu probable qu’un autre Français soit le plus cher de l’intersaison, c’est pour contenter les quelques lecteurs de footmercato qui traînent encore ici. Peu probable qu’un entraîneur français soit de nouveau champion de France, le mieux placé étant Rudi Garcia, sans l’ombre d’un doute. Peu probable que des essais sains de la vidéo puissent permettre un débat sur les modalités, étant entendu que ceux qui sont vent debout contre, préfèrent l’avortement au cintre rouillé plutôt que la pilule. Peu probable que la nouvelle présidente de la LFP, Nathalie Du Boy de la Tournante, optimise une répartition des revenus pour tous, si celle-ci risque de mettre en danger le ROI des clubs et ainsi faire craindre aux actionnaires une baisse potentielle de dividendes faméliques mais symboliques d’un dynamisme notoire du secteur d’activités sportives et de spectacles dans un environnement comme qui dirait moribond depuis une crise dont ces mêmes financiers qu’on essaie de sauver ont créé il y a déjà une dizaine d’années mais dont personne ne s’offusque qu’ils soient ces bâtards toujours en vie, en activité et bien rémunérés. Mais je m’égare, n’ayant pas fait sauver le Christ, je ne peux pas exiger une tribune publique puisqu’il est vrai que la cravate, je me la noue en privé et en public, autour de la bite, c’est le seul moyen qu’elle me procure du plaisir, demande à David Carradine.

Et enfin, et enfin, il est tragiquement peu probable que quiconque ait les couilles ou les ovaires, bref un certain courage, un panache certain et une attitude humainement digne pour décider de ne pas participer à l’une des pires pages de l’histoire du sport mondiale, la Coupe du Monde 2018 en Russie. Alors que la FIFA, ou n’importe quelle fédération respectueuse de son mandat originel, pouvait faire mieux que le CIO, et prendre la hauteur nécessaire face à la démesure de son universalisme, que de fait, de-fait, les instances du football doivent agir avec toute la responsabilité légitime, logique et quasi-élective que leur donne ce sport, tous, tous se chient dessus et condamnent à moyen terme leur propre existence. Il se passera pour la FIFA, la même chose qu’il se passe pour les institutions politiques : à laisser passer la chance de prendre les décisions bénéfiques au plus grand nombre et, comme par hasard cela va généralement de soi, aux plus démunis, à laisser passer sa chance de montrer la beauté d’un geste juste, l’avenir ne laisse que peu d’alternatives. La FIFA mourra et ses dirigeants ne prendront cette hauteur qu’au bout d’une pique.

“Tout le temps, tant de hargne, tout le temps, tant de larmes,

« une pensée aux disparus, une pensée aux enfermés »

L’étreinte à Kopa, le sourire à Carlos Alberto, le clin d’œil à Cabanas, la bise à Stéphane Paille, de l’amour à Chapecoense déjà oubliée, ma colère, ma hargne et mon courroux désormais apaisés à Havelange, vermine, et mon poing dans la gueule à cette ordure magnifique de Louis Nicollin, l’antihéros parfait du football aseptisé. La mort étant une affaire de vivants et l’aseptisé ne leur correspondant pas tellement, les dernières pensées de cette saison vont aux copains de HorsJeu.net. Longue vie.

Frantz-Christophe Van Dustgroski

Je travaille pour un employeur fantôme et ce n’est pas un emploi fictif. Je parle comme je veux de ce que je veux quand je veux. Tu n’es pas obligé d’aimer. Tu n’es pas obligé de lire. Tu es obligé de savoir que je suis là

8 Comments

  1. Merci de ne pas associer le FC Porto avec des clubs Français quand on parle de grandeur, t’as pas 4 coupes d’Europe, tu ne mentionnes pas…
    Eder Portugal’s hero

  2. C’est beau, même si la phrase balbirienne a mis mon souffle à rude épreuve :

    « Peu probable que la nouvelle présidente de la LFP, Nathalie Du Boy de la Tournante, optimise une répartition des revenus pour tous, si celle-ci risque de mettre en danger le ROI des clubs et ainsi faire craindre aux actionnaires une baisse potentielle de dividendes faméliques mais symboliques d’un dynamisme notoire du secteur d’activités sportives et de spectacles dans un environnement comme qui dirait moribond depuis une crise dont ces mêmes financiers qu’on essaie de sauver ont créé il y a déjà une dizaine d’années mais dont personne ne s’offusque qu’ils soient ces bâtards toujours en vie, en activité et bien rémunérés. « 

  3. J’allais posay le même commentaire que Gromerdier, comme un symbole de connexion nîmoise.

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