terrainsconnus

 Ahoj ! Nouvelle rubrique sur Horsjeu.net, celle qui vous fera découvrir les matchs d’un peu partout de cette planète. Oui, toi, là, qui va voir un match dans le trou du cul du monde, ton article pourra peut-être intéresser l’éditeur, ce bel homme. Moi je me balade à Prague, et vous pouvez retrouver la présentation des différents clubs de la ville ici.

 

Contexte

Dimanche 21 Octobre 2012, plus que deux mois avant la fin du monde. Alors comme il faut essayer de vivre le plus de choses possibles dans la vie, pourquoi ne pas aller voir un petit match de seconde division tchèque. Les Bohemians 1905, les vrais donc, reçoivent le Banik Most. Les Bohemians joueront pour consolider leur place sur le podium, tandis que le Banik Most est empêtré dans le bas du classement. Vous voulez en savoir plus sur ce club d’une ville situé à 75 kilomètres de Prague ? Bon courage, il s’avère qu’on ne peut certainement pas faire plus banal. Un petit clic sur leur page wikipédia vous en convaincra. Vous y découvrirez tout de même un joueur haïtien du nom de Kévin Lafrance. Ce qui permet d’être chauvin.

Résumé

Bonne nouvelle avant d’aller au match, les Bohemians ont effectivement retrouvé le stade Dolicek, leur antre historique, et c’est avec plaisir que je monte dans le Tramway 24, direction le sud de la ville et le quartier de Vrsovice. Très vite, la couleur verte se fait présente un peu partout dans le wagon, les fans montant au fur et à mesure des stations. Le temps est maussade, voir mauvais, le brouillard se voudrait presque menaçant. Rien de suffisamment fort pour décourager le duo de curieux que je forme avec un camarade allemand, et que je rejoins devant l’enceinte vers laquelle affluent les supporters. L’interrogeant sur l’emplacement des guichets, ne pouvant voir que des buvettes aux alentours, il me signifie qu’on les achète là où j’aurai imaginé trouver des tourniquets de contrôle. Il faut donc d’abord passer la sécurité, puis se décider entre des billets à 90KC ou 150KC. Va pour 90.

Une fois le sésame obtenu, direction une buvette pour une bière et une galette de pomme de terre. Le total me paraît un peu cher, mais mon ami remarque que cela doit sûrement comprendre une partie retournable lorsque nous rendrons les verres, qui ne sont effectivement pas les gobelets habituels que l’on trouve dans les stades. Ben heureusement qu’il est là. Nous marchons jusqu’à notre tribune, découvrant l’univers du Dolicek, coin de campagne dans la ville. Plus aux normes il y a peu,  peu de doutes qu’il a connu un petit lifting afin de pouvoir de nouveau accueillir les matchs. Les couleurs rappellent celles du Red Star, ce qui me fait penser que les dirigeants du club de la banlieue parisienne ont avec le Dolicek une belle preuve que le stade Bauer n’est pas en fin de vie, moyennant un petit effort.

 Nous nous installons dans notre tribune, qui a tout du Kop. Mais alors, qui sont la centaine d’excités à l’opposé du stade qui agitent des drapeaux aux couleurs des Bohemians ? Eh bien les supporters du Banik tout simplement, vu que les deux clubs ont les mêmes couleurs. Les joueurs retournent dans les vestiaires, et un tifo semble se préparer. Et oui ! Dès que les équipes font leur entrée sur la pelouse, une bâche est déployée, représentant une forteresse, tandis qu’une impressionnante quantité de fumée sort de je ne-sais-où. Les deux premières minutes du match se disputeront donc dans le brouillard, et le Banik en profite pour contrôler le ballon. Ce sera la dernière fois du match. Sur une première attaque locale, la défense des visiteurs paraît bien faible. Sur la deuxième, c’est l’ouverture du score, à la suite d’un débordement qui ne semblait pourtant pas très tranchant. Un mec trop enthousiaste tente de rentrer sur le terrain et se fait sortir par les stadiers. Les attaques continuent pendant cinq minutes, les corners se succèdent, et cela fait 2-0 au bout de 13 minutes, un Régis Mostien semblant reprendre le ballon dans ses propres filets (après visualisation du but, ce n’est pas le cas). Au passage, superbe détente « Vercoutre » du gardien. Les chants s’enchaînent, l’ambiance est bonne, tout le monde y met du sien, même dans la tribune latérale. Le rythme du match se calme quant à lui, et nous avons droit à un spectacle digne de la deuxième division tchèque, entre imprécisions techniques et tactique limitée. Les quelques frappes passent bien loin du cadre, et seules quelques folles chevauchées permettent de s’enflammer vaguement sur le jeu.

 

La mi-temps arrive, il fait froid, et ce n’est pas le match entre deux équipes de jeunes (très jeunes) des Bohemians qui va nous réchauffer. Direction la buvette pour une nouvelle bière histoire de marcher un peu. Retour dans la tribune, retour des joueurs, reprise des chants, du tambour, du match. Le match, sans être ennuyant, ne fait plus vraiment vibrer, et nous nous surprenons à chantonner le peu des airs que nous comprenons. Quelques actions par-ci par-là, une seule frappe cadrée, mais peu dangereuse. Les joueurs se dépensent, mais les lacunes sont trop nombreuses. Fin du match, les supporters chantent toujours, et ce jusqu’à ce que les joueurs aient quitté la pelouse. Nous passons aux toilettes, à la buvette pour récupérer l’argent de la consigne, et direction la maison. Le tram 24 m’attend à la sortie, je me dépêche de dire au revoir à mon camarade, et me précipite vers l’engin. Par la fenêtre, je regarde la pluie qui se met à tomber.

 

Les notes

Le stade (4/5) : Eh oui, j’aime aussi ce genre de stade champêtre lorsqu’ils sont dans les villes. Il dégage une atmosphère vraiment agréable. Desservi par 4 lignes de tramway, il n’est qu’à 20 minutes du cœur de la ville.

Le guichetier (4/5) : Efficace, nous n’avons pas eu à attendre.

Le prix (4/5): 90KC (soit 3,80eu) pour une place dans une tribune non-couverte, 150KC (6eu) pour s’asseoir dans la principale. Le retour en France sera définitivement difficile.

L’ambiance (4/5) : Très sympa, les supporters ont chanté pendant tout le match, les mascottes (un Kangourou, un bébé kangourou, et une sorte de bonhomme de neige) aussi, et le Kop devait bien représenter 1/3 des personnes présentes. Sachant qu’il devait y avoir 4000 personnes pour un stade de7500 places, je trouve ça plutôt pas mal.

Le match (2/5) : Un début qui laissait espérer une avalanche de but, vu la faiblesse de la défense adverse. Espoirs bien vite douchés… Que ce fut pauvre techniquement…

Joueurs à recruter chez nous (1/5) : Il y en a bien qui se sont démenés et qui pourraient éventuellement prétendre à une place dans une petite équipe de Ligue 2.

Un recrutement qui a pourtant de quoi séduire

La bière dans le stade (4/5) : De la Gambrinus à 30KC, soit au même prix que dans les bars. Ne pas oublier de rendre son gobelet si vous ne voulez pas payer le double évidemment. Quoique le gobelet « Bohemians » que j’ai eu pour ma deuxième bière avait grave de la gueule.

La bouffe dans le stade (4/5) : De la galette de pommes de terre, des tartines de pâtés avec oignon, de la saucisse, de quoi combler l’appétit du dimanche après-midi !

La pause-pipi (4/5) : C’est bien mieux quand elle arrive à la fin du match. Au pire, on aperçoit un bout de terrain depuis certaines pissotières.

La gent féminine dans le stade (3/5) : Placé au cœur de la foule, j’étais bien mieux placé qu’à la Generali Arena pour observer. De jolies filles il y en avait, mais toutes accompagnées.

Possibilité de faire la fête après le match (3/5) : Il y a toujours possibilité de faire la fête à Prague. Pour un match qui finit à 19h, faire une pause bar avant de se diriger vers les clubs.

Plaisir après ce foot inconnu (4/5) : Petit stade, petit match, petit brouillard, grand plaisir !

Voilà, c’est tout pour ce Rendez-vous en foot inconnu! Si vous voulez me suggérer des améliorations (genre faire plus attention à la concordance des temps dans le récit) pour cette rubrique ou si vous voulez que je note d’autres choses dans le stade, dites-le-moi en commentaire. Si vous êtes à Prague et voulez prendre une bière avec moi, contactez-moi par mail tristanbourrepif@gmail.com. Merci, et à bientôt sur Horsjeu.net !

Anàl Kiss,

Tristanec Bourrepifèc

4 réflexions sur “Rendez-vous en terrains connus: Bohemians 1905-Banik Most

  1. Tristan, quel beau prénom.

    Intéressant ce dépaysement. Je voulais savoir si t’étais allé voir des matchs de hockey pour comparer l’ambiance avec les matchs de foot et savoir s’ils utilisent des fumis à l’intérieur des patinoires.

  2. @ Tristan Trasca: Je suis seulement allé voir un match de Hockey universitaire, mais j’ai été impressionné par les étudiants d’une des Facs qui se sont comportés comme un véritable Kop, et qui ont effectivement allumé des fumigènes. Les autres, la mienne en premier et malgré notre victoire finale, n’ont pas rivalisé, malgré de la bonne volonté. Ca m’a donné envie d’aller voir du Hockey pro, réponse une prochaine fois donc!

    @ Service mise en ligne: Ben merde, elles sont passées où mes autres photos? Pas le bon format?

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