Saint-Étienne-Nîmes (2-2) : la Crocro Académie veut positiver
Karoud a revu du football, il a aimé.
Salut les pitres,
Voyez-vous, il faut parfois se poser les bonnes questions. Nous sommes le 21 décembre, on est 18e, on est globalement affreusement mauvais, l’infirmerie de la Bastide est pleine comme une pute en fin de service, on peut assez sereinement dire que cette première partie de saison, mise à part la victoire à la Mosson (c’était cool hein, je chipote pas), est complètement ratée. Cela étant, que faire ? Après ce match nul ramené de Sainté, essayons de garder la tête froide et d’imaginer la suite. Je précise que tout ce qui va suivre ne sors que des supputations d’aficionado du club, je ne suis pas dans les petits papiers de Reda Hamache, et je n’ai pas de cousin qui bosse à la Bastide.
Observation #1, sur le cas Arpinon. Il semble pour l’heure acquis que le coach garde le soutien d’Assaf, malgré la série de prestations démoralisantes et la dépression ambiante. Peut-être que le chef ne veut pas se déjuger, peut-être qu’il veut laisser le temps au temps… Apparemment, il est venu parler aux joueurs avant le match contre Nice, ce qui prouve qu’il s’implique un minimum, même si sa discrétion médiatique lui donne toujours l’air de s’en foutre. Quoiqu’il en soit, regardons les choses posément : on aurait de toute façon pas 50 options si Arpinon devait sauter. S’il est vrai qu’il a la main depuis des années sur le sportif au NO (cf. la vidéo de Molina sur le sujet), il est probable qu’un départ foutrait un joli bordel, pas forcément le plus souhaitable en vue d’un maintien, qui plus est dans un contexte économique serré.
Observation #2, du contexte Covid. Alors oui, vous me direz que tout le monde souffre de ce contexte de merde et que tout le monde préférerait jouer devant son public. Certes, mais quand on est une équipe de tâcherons voire d’authentiques chèvres, le surplus d’âme que te donnent les vibrations de ton stade sont souvent un facteur essentiel pour le maintien. Les Costières, avec ce côté tout à fait atypique en Ligue 1, public proche de la pelouse et hostilité palpable, ont évidemment joué un rôle dans le maintien l’année dernière. Et c’est d’ailleurs grâce à une série de victoires à la maison en janvier-février dernier qu’on était sortis de la zone rouge. Vu le merdier que c’est toujours, peu de chances qu’on revoit les tribunes pleines de sitôt. Mais le supplément d’âme peut se manifester différemment, notamment grâce à l’action des quelques dizaines de supporteurs venus mettre un gentil coup de pression à la Bastide. La direction ferait bien de voir en cette ferveur une planche de salut plutôt qu’une force hostile, soit dit en passant.
Observation #3, du manque de chatte. Et là, on ne peut pas vraiment incriminer le père Jérôme. Avec Briançon, Landre, Martinez et Meling, tous blessés, difficile de construire une défense qui ressemble à quelque chose. On pourra toujours dire que c’est la faute de la préparation physique, j’en sais rien. Mais on doit aussi ajouter Deaux, Cubas, Benrahou… On peut raisonnablement espérer qu’un mois de janvier avec moins de casse pourra nous redonner un peu d’espoir et de réussite.
Le match
Les combos du NO en ce moment, c’est toujours un peu le serrage de fesses.

Le summum de l’épouvante, c’est la défense, avec une charnière Guessoum-Miguel ultra-flippante. On revoit en revanche Alakouch avec plaisir, en attendant de juger. Le milieu Ahlinvi-Sarr ne transpire pas franchement le joga bonito, et Duljevic se retrouve en 10 derrière Roux, ce qui est un peu étonnant. C’est Fehrat qui prend le brassard, on attend donc un gros match de sa part.
Le match
D’une façon tout à fait inattendue, le match bascule vite dans quelque chose qui ressemble à s’y méprendre à ce qu’on appelle du football, ce qu’on n’avait plus guère vu depuis plusieurs journées. Oh certes, les collègues ont au passage laissé passer un but sur corner, avec un air-marquage splendide de Nolan Roux, sans doute déjà épuisé à l’idée de toutes les courses inutiles qu’il lui restait à accomplir. Mais ça ne se désunit pas, ça tente, ça presse, ça joue un peu plus haut. Et ça paie : sur une jolie combinaison entre Ferhat et Duljevic, le ballon est cafouillé et arrive sur Alhinvi, qui s’applique et égalise, en marquant au passage son premier but. Un but d’un jeunot, de l’envie, des montées rageuses d’Alakouch : je me pince pour y croire, pour un peu je me croirais revenu en 2018. Eliasson passe même tout près de conclure une action hallucinante de classe où Duljevic souille trois stéphanois avec petit pont et ouverture en talonnade… Bon, tout n’est évidemment pas parfait, et la défense nous fait suer de la raie à chaque attaque stéphanoise. C’est Reynet qui joue le pompier de service, en repoussant plusieurs frappes dont un péno de Kazhri. On lui devra une putain de chandelle si on se maintient cette année. On arrive malgré tout à la mi-temps à 1-1, avec le sentiment que quelque chose se passe : quand on compare avec les derniers matchs, c’est déjà énorme.
La 2e MT est assez comparable, et on passe même quelques minutes devant grâce à un pénalty transformé par Ripart suite à une faute sur Alakouch. Sainté égalise assez vite, et aurait pu finir devant s’ils avaient été plus adroits. Forcément un peu de frustration de notre côté vu le match, mais c’est déjà tellement bon de ressentir des émotions en voyant jouer nos gars qu’on va pas faire la fine gueule.
Le dernier match de 2020 sera à la maison contre Dijon, qui a jusqu’ici tout fait pour rappeler à la France qu’il existe une équipe encore plus minable que nous. En les battant, on les mettrait à 6 points, et on passerait des vacances un peu plus tranquilles. Alors on se sort les doigts et pas de blague.
Les collègues
Reynet (4+/5). Allez, je lui mets pas 5 parce qu’une main un tout petit peu plus ferme aurait sortie la frappe de Nordin sur le 2-2. Mais un péno sorti, des parades, de l’autorité. Un de ceux qui nous font croire qu’on va se maintenir.
Alakouch (4/5). Que ça fait du bien de le revoir, putain ! Des montées, une aisance balle au pied, et une présence sur les actions décisives, malgré quelques oublis défensifs (je suis sympa, c’est bientôt Noël) : ce Sofiane-là ne doit plus quitter le 11. Espérons qu’il garde la tête froide. Remplacé par Majouga, qui nous a offert un aperçu de sa vitesse en fin de match.
Guessoum (2+/5). Il est jeune, il est là parce que tout le monde s’est pété, alors on va rester indulgent. Espérons qu’il emmagasine de l’expérience, à défaut de confiance.
Miguel (2/5). Pas franchement rassurant. Il dépanne lui aussi, et on sent bien que l’axe n’est pas sa zone.
Sarr (2/5). Un match mitigé. Une bonne présence aérienne qui nous a fait du bien, mais il est tellement lent parfois… Il a laissé la défense trop exposée, et on aurait pu le payer bien plus cher. Remplacé par Fomba, dans un style comparable.
Alhinvi (3/5). +1 pour son but, qui fait plaisir pour lui, aussi inattendu que jouissif, un peu comme une première masturbation. Toujours un peu trop tendre dans le duel.
Ferhat (4/5). Capitaine du jour, il n’a pas ménagé ses efforts et c’est lui qui est à l’origine de la plupart de nos actions de but malgré toujours quelques ratés. Combinaison et débordement, puis ouverture géniale pour Alakouch qui débouche sur le péno. Bogosse.
Eliasson (2+/5). Une bonne présence dans son couloir, et la qualité sur CPA, mais on attend qu’il soit décisif. Remplacé par Koné, pour la traditionnelle « tournée des 9 » organisée par Arpinon.
Duljevic (4/5). La vraie bonne surprise. Posté en meneur ou faux 9 (?), il a apporté une qualité technique et une conservation de balle qui nous manquait depuis plusieurs matchs. Bizarrement sorti tôt alors qu’il était un de nos meilleurs offensifs.
Remplacé par Ripart, qui a posé ses grosses couilles de torero sur la tête de Jessy Moulin en lui claquant une panenka de daron, et a plutôt bien bossé ensuite.
Roux (1+/5). La dernière fois qu’il a marqué, on pouvait encore rouler des pelles aux inconnues à la Feria de Pentecôte après s’être enfilé dix sangrias dans une bodega bondée. Remplacé par Aribi, qui va devoir se sortir les doigts s’il veut rester titulaire.
Allez, la bise, et surtout ON NIQUE DIJON.
Karoud Fider
Putain, j’ai encore oublié Paquiez…