Nancy-Sochaux (1-1) et Martigues – Nancy (1-0) : La Chardon à Cran Académie revient
elle n’est pas la seule
Coucou c’est la page blanche, je suis de retour pour venir te hanter quand tu te penses à l’abri, enfin relancé sur les rails de l’encyclopédisme par une série de défaites et de performances abyssales. On parlait de toi justement, pas plus tard que le week-end dernier au bar. La lumière était un peu rouge mais surtout très faible, on n’y voyait rien là-dedans. Inutile de dire que personne n’était sobre. C’était peut-être en bien, peut-être pas, mais tout ça on s’en fout, pas vrai, le bien, le mal, toi ça ne t’atteint pas, c’est comme quand on parle d’honneur ou de patriotisme : des notions qui s’écrivent, se pensent et s’échangent dans des endroits sans lumières rouges ni mauvais vin, où on voit bien la chemise repassée de son interlocuteur. Bref, on ne parlait pas de ça, il y avait mieux à viser, plus urgent, il fallait te relancer, trouver un peu de carburant pour reprendre les écrits, faire vrombir le moteur à palabres et enfin pouvoir ouvrir grand la bouche face aux déjections putrides de ton pot d’échappement non catalytique (cette image perturbante vous est offerte par l’inaction climatiqueTM).
Aussi après la réception de Sochaux, que tu as bien vue, trop vue, et ce but à la 94e, une superbe frappasse improvisée de 30 mètres qui flotte, semble s’élever puis amorce sa descente pile au bon moment pour lober le plongeon désespéré de ton gardien, ce but égalisateur absurdement beau qui éteint tout entier le kop des ultras (parce qu’il ne pouvait pas avoir lieu de l’autre côté) et dont l’innocente adversité dont tu fais preuve, qui te fait quand même lâcher un léger VABAISERTAMERE au moment où la ficelle se déforme sous l’action du cuir, t’empêche forcément d’en apprécier la simple pureté, rha que cette vie est ingrate, payante et jamais offerte aux seuls méritants, ce n’est même pas la bonne définition d’une catin. Bref, un nul frustrant qui mène à rédiger des phrases sans queue ni tête mais comme de temps en temps tu parviens à mettre les mots dans le bon ordre, le public pensera que tu singes encore Proust. Pratique.
Et Martigues alors là, c’est le pompon mon bon monsieur ? Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu une performance aussi analement NULLE au point que refaisaient surface les clichés les plus improbables, joueurs qui abandonnent le coach, sabordage en vue du changement, gnagnagna j’ai jamais chaussé de crampons de ma vie et voilà que PAF, après cette défaite apocalyptique, les dirigeants goûtent tête la première dans la soupière à poncifs le jeu du « changeons de coach, ça biseautera sûrement les pieds rectangles de ces joueurs ». Ni une ni deux, Benoît Pedretti se fait vider comme un puceau en tongs t-shirt qui tente d’entrer au Café des anges pour une soirée pharma, remercié d’un tweet à peine pudique et on vous laisse le survêtement floqué en souvenir mais vous nous rendez vos clés et l’ordinateur portable de fonction, vous êtes gentil.
On a déjà dit le bien que l’on pensait du Ped’, bombardé trop tôt dans des responsabilités trop grandes, jamais rechignant à la tâche, prêt à chercher des solutions avec dix bouts de bois mais pas le moindre Zidane dans l’effectif, un poil raciste mais qui ne l’est pas, de nos jours, hein ? Espèce d’antisémite, va. Si, tu l’as pensé, ne nie pas. Bonne route à lui, comme on dit, et merci pour tous les services rendus. Les fans ne s’y sont pas trompés et lui ont adressé une banderole sympathique après son éviction, comme quoi on peut trouver de la sympathie chez les supporters de Nancy comme chez Benoit Pedretti ; ce que nous fait le football…
Et tu te dis que tout ça ne nous mène pas bien loin (franchement, comment te donner tort), alors moi, ta page blanche, je me réjouis bien de rester compatible avec les valeurs de la République, enfin, celles de maintenant, celles qu’on t’apprend pas à l’école, quoi : virer le coach et on va dégoter un génie qui va se mettre à leur faire colle la balle au pied comme Berbatov d’un coup d’un seul ? Leur positionnement tactique va évoluer avec l’arrivée du Coco Suaudeau des années 2020 ? Est-ce qu’ils vont ne serait-ce que gagner un duel sous l’impulsion virile d’un Hervé Renard d’opérette (ce qui nous semble correspondre au vrai Hervé Renard, mais nous ne voudrions pas froisser un fonctionnaire de l’État…) ? Non bien sûr. Mais que diriez-vous de TOUT ÇA À LA FOIS ?
Ni une ni deux, la rumeur fuite, les tests médiatiques se révèlent encourageants après la sympathie générée par le sauvetage orchestré par des anciens de la maison, on n’ose y croire mais c’est comme ça, ça fait deux matchs désormais, et je vous le donne en mille, deux victoires. Des relents de nostalgie bien sale refont surface, la Chardon à Cran Académie entière est remise en question, sa légitimité première rejetée sur la place publique comme par une lame invincible, perte de sens, d’odorat et de la faculté de déféquer, on est PERDU ici et on ne sait pas si on doit chialer de peur, de rire, de joie ou de chagrin mais le fait est qu’il est là, revenu soit parce qu’il n’aurait jamais du partir, soit parce qu’il n’aurait probablement pas du répondre favorablement à l’appel, il n’a pas attendu 10 000 ans après notre ère, bref il est de retour. Pablo est de retour.
Et de trois à la suite à l’instant !
Magnifique connexion entre la page blanche et le retour du prophète…!!!
Quand je pense qu’on en fait des tonnes pour la Saint Nicolas en ce moment alors que le vrai Saint Patron des nancéiens est en fait un Père Fouettard uruguayen…
C’est moche, c’est gros, mais c’est en même temps tellement beau… Que viva San Pablo !!!