Brighton-OM (1-0) : La Canebière Académie en a vu d’autres

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On ne peut pas non plus rencontrer Lyon tous les jours.

Aïoli les sapiens,

Il est tentant de passer cette lamentable défaite par pertes et profits. Vu notre niveau affligeant, conquérir le trophée européen est de doute façon une illusion, par conséquent le fait de sortir en 1/16e de finale plutôt qu’en 1/8e relève de l’anecdote. Actons le fait qu’à part tabasser des clubs de morts-vivants, notre équipe ne sait pas faire grand-chose de ses vingt-deux pieds et se prépare une fin de saison bien médiocre bien ventre mou, avec éventuellement la perspective d’une qualification en Ligue Europa Conférence voire un bon parcours en Coupe de France pour vibrer un peu.

Cela étant, c’est avec de telles attitudes résignées que l’on s’habitue à considérer comme anecdotiques ces défaites concédées dès que les altitudes s’élèvent légèrement au-dessus de notre lisier quotidien. Prendre des roustes contre le PSG ? Pas grave, c’est un autre monde. Se faire éjecter de la Ligue des Champions ? Pas grave, on n’y aurait rien fait. Perdre sans combattre le match qui aurait permis de nous faire terminer premier d’un tournoi quelconque ? Allons, qui sommes-nous pour prétendre finir en haut d’un classement alors que nous n’en avons tout simplement pas le niveau ? On relativise, on relativise, et à force on arrive sans s’en rendre compte à ce que notre « à jamais les premiers » signifie en réalité « plus jamais les premiers ».

Le plus navrant dans tout cela, c’est que nos seuls sursauts d’exigence consistent à régulièrement foutre au feu le peu de choses un tant soit peu construites, quand le haut niveau réclamerait au contraire constance et patience dans le travail (ou bien des investissements massifs d’une dictature climaticide et soutenant le terrorisme, certes). Quant à déterminer les parts de responsabilité de Longoria, de l’entraîneur, des joueurs ou des supporters dans le marasme, cela s’avèrerait aussi vain que de rechercher un responsable du naufrage de la gauche : constituer une telle bande de tocards capable de gâcher à ce point les espoirs placés en elle, cela relève avant tout du chef d’œuvre collectif.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Clauss – Meïté – Mbemba – Balerdi – Renan Lodi (Murillo, 55e)
Veretout (Kondogbia, 78e) – Harit (Sarr, 78e) – Ounahi
Vitinha (Ndiaye, 51e) – Aubameyang

Gigot est forfait de dernière minute. Gattuso précise qu’après avoir été malade, Samuel paraissait pourtant rétabli mais a finalement vomi ses tripes dans le vestiaire anglais. L’épisode nous permet ici de revenir sur le souci du détail inhérent au sport de haut niveau, les marginal gains comme le nomment les britanniques, ces micro-gains de performance qui s’avèrent essentiels à la victoire. En l’occurrence, ce que l’on déduit des explications de l’entraîneur, c’est que notre staff a fait venir un mec potentiellement sous gastro au beau milieu du vestiaire au risque de refiler ses virus à toute l’équipe. Ou alors cela relève d’un calcul conscient, visant à refiler la chiasse à tous nos Africains juste pour les priver d’un départ à la Coupe d’Afrique des Nations, et dans ce cas l’on ne peut que saluer les stratèges.

Du point de vue de la préparation mentale du match en revanche, il est impossible de nous prononcer, ne sachant pas si Gigot a retapissé le vestiaire de gerbe avant ou après la causerie de motivation de l’entraîneur.

Pour autant, le 352 est reconduit, Meïté connaissant ici sa première titularisation.


Le match

Les deux équipes semblent attaquer le match dans les mêmes dispositions d’esprit, à savoir poser son jeu pépère mais en revanche, presser comme des malades dès que le ballon se trouve dans les pieds les premiers relanceurs adverses. Voici pour les intentions ; dans la pratique, en revanche, l’exécution s’avère un tantinet différente, et vire même à la leçon de football infligée par les Anglais. Nos relances sont étouffées et, les rares fois où nos milieux touchent le ballon, c’est pour mieux le rendre d’une faute technique infâme.

S’agissant de notre propre pressing, les joueurs de Brighton les esquivent en rigolant par des sorties aussi élégantes qu’efficace. Il paraît que c’est le résultat qu’on obtient, quand on travaille son football. La séance de tableau noir infligée par les Anglais s’arrête cependant à notre surface, où notre défense paniquée mais solidaire met en échec des attaquants maladroits. Paradoxalement, la meilleure occasion échoit ainsi à Jonathan Clauss, bien trouvé par Harit et dont le tir dévié lobe le gardien pour retomber sur la barre.


Le début de seconde période éteint bien vite tout espoir de reprise en main. Le discours de Gattuso à la pause n’était manifestement pas à la hauteur des enjeux, à moins que l’attention des joueurs n’en ait été détournée par une diarrhée subite de Samuel Gigot.

La production olympienne reste ainsi affligeante : individuellement comme collectivement nos joueurs sont nuls et, à l’exception de la ligne défensive, ne montrent absolument aucune combativité qui viendrait compenser leurs lacunes. Nous restons cependant proche du braquage, quand une déviation d’Aubameyang permet le débordement du nouvel entrant Murillo à gauche. Amir trouve intelligemment en retrait Harit, qui met un quart d’heure à déclencher son tir mais parvient tout de même à trouver le poteau.

Une grande partie de la seconde période se déroule cependant selon un schéma inchangé, à savoir une domination totale de Brighton, qui monopolise le ballon, occupe notre camp, et se procure une multitude de situations aux abords de notre surface. Illustration du supplice, on n’a d’ailleurs pas le souvenir d’avoir vu nos latéraux contrer un seul centre au cours du match.

Alors que la fin de match approche et que, fatigue aidant, l’OM parvient à rééquilibrer un tout petit peu les débats, l’inefficacité anglaise confirme à la perfection le proverbe de Maradona : « Arriver dans la surface et ne pas tirer au but, c’est comme danser avec sa sœur ».

Il existe cependant un autre proverbe argentin plus méconnu mais tout aussi véridique : « Arriver à la 88e minute et vouloir tenir le score avec Balerdi, c’est comme niquer sa mère ». Irréprochable jusqu’ici, et alors que l’action en cours lui demandait de ne rigoureusement rien faire, Leo quitte comme une andouille sa ligne défensive pour aller livrer un duel qu’il n’avait aucune chance de remporter. En retard, Balerdi ne peut empêcher le milieu de trouver l’attaquant qu’il vient de délaisser, tandis que Murillo, surpris par le pétage de câble que Leo, ne parvient pas à compenser le décalage à temps. Joao Pedro profite du cadeau et expédie une sacoche au fond des filets (1-0, 88e).


Les quelques minutes restantes servent surtout à confirmer le manque de révolte de l’équipe, terminant vaincue un match qu’elle aura du début à la fin abordé en victime. Plus cruel encore, la télé laissée allumée le temps de digérer ce piètre spectacle nous donne à voir des résumés d’autres matchs dont on jurerait par comparaison qu’ils sont diffusés en accéléré, tellement la vitesse d’exécution des joueurs n’a rien à voir avec celle que l’on connaît. Que la Ligue des Champions soit un autre monde, on le savait, mais nous découvrir à ce point éloignés des standards de la deuxième division européenne représente une claque supplémentaire. Le résultat conjoint de la démolition par Longoria en un été des fragiles fondations qu’il avait réussi à creuser, de l’incompétence de plus en plus apparente de Gattuso non seulement comme tacticien mais aussi comme meneur d’hommes, et de la nullité abyssale des recrues, sans même que l’on soit certains qu’elles puissent faire mieux si elles s’en donnaient la peine. Le gâchis paraît d’autant plus vertigineux qu’il ne semble pas encore être parvenu à son terme.


Les joueurs

Lopez (3/5) : Seul olympien à tenter des passes vers l’avant, par la force des choses. On a apprécié son abnégation à relancer proprement les sales ballons refilés par certains équipiers vers d’autres équipiers qui n’en voulaient pas davantage. Dans ces circonstances, on luisait gré d’avoir tenu jusqu’au dernier quart d’heure avant de dire « oh et puis merde, tiens » et de tout balancer en touche.

Clauss (1+/5) : Passe son temps à subir le match et, à l’exception de sa frappe sur la barre, écourte ses rares moments de respiration à cause d’un contrôle ou d’une passe dégueulasses. Bref deux mots suffisent à résumer le match de Clauss : barre, bite.

Meïté (3/5) : Une première très convenable, pas moins paniqué que ses collègues mais pas moins efficace non plus. On ne résiste pas au plaisir de narrer cette action de la 44e minute où Mbemba défend magnifiquement mais perd aussitôt le ballon comme une merde, erreur magnifiquement rattrapée par Balerdi qui perd aussitôt le ballon comme un vier, erreur elle-même corrigée magistralement par Bamo qui s’empresse de perdre le ballon comme un zgueg, avant que l’ensemble ne finisse par éloigner piteusement le danger en touche. Si toute l’équipe était a minima capable de montrer cette solidarité dans les pitreries, on retrouverait un peu d’enthousiasme à regarder les matchs.

Mbemba (3+/5) : Le score et l’impression générale étant cequ’ils sont, on peine à émettre des commentaires dithyrambiques sur qui que ce soit. Il n’empêche qu’avec un score de 0-0, on n’aurait pas été loin de qualifier son match d’héroïque.

Balerdi (2+/5) :

Renan Lodi (1-/5) : Que tu te tournes au moment de contrer les centres c’est une chose, mais si tu tiens tant à donner ton cul à l’ailier adverse, t’as d’autant moins de raisons de rester à deux mètres de lui.

Murillo (56e, 3/5) : Ok, je retire ce que j’ai dit sur les joueurs juste sérieux et sans aspérités. Finalement c’est reposant d’en avoir au moins un dans l’équipe.

Ounahi (2-/5) :Manque tellement de confiance qu’il ne transmet pas la balle sans avoir au préalable fait signer un formulaire de décharge de responsabilité en trois exemplaires. La fluidité du jeu s’en ressent, forcément.

Veretout (1/5) : Je veux bien que tu profites des joutes européennes pour te faire remarquer par le Bayern, mais de là à imiter Michaël Cuisance c’était un peu inapproprié.

Kondogbia (76e) : Privé du bonheur d’échapper à son club de nuls pour aller disputer la CAN, par la faute d’une équipe nationale elle-même trop nulle pour s’y qualifier. Mais sinon le moral a l’air bon, hein.

Harit (2+/5) : A un poteau près du but d’escroc qui tombe à point nommé pour sauver une performance individuelle et collective immonde. N’est pas Dimitri Payet qui veut.

Sarr (78e) : Ismaïla Sarr vient récemment d’être consacré par le Museum d’Histoire naturel comme « être animal le plus transparent au monde », devant le Kryptopterus bicirrhis. Ce dernier poisson, s’il permettait lui aussi à l’observateur de lire le journal à travers lui, laissait néanmoins trahir sa présence en conservant quelques viscères apparents.

Vitinha (1-/5) : Rappelons le tableau des garanties offertes par les assurances Vitinha :

  • garantie de base : nul à chier excepté pour ce qui est imiter la poterie étrusque ;
  • garantie Plus : garantie de base + court partout en tirant la langue pour faire rire les enfants ;
  • garantie Or : garantie Plus + court partout et déménage constamment les défenseurs adverse pour les fatiguer ;
  • garantie Premium : garantie Or + marque des buts.

Je ne veux pas juger le travail du personnel administratif, mais il me semble qu’à 32 millions d’euros la souscription, on aurait pu penser à renouveler les garanties optionnelles.

Ndiaye (51e, 1+/5) : Exhibe sa nullité devant toute la France et l’Europe et va finir par se faire insulter sa mère chaque semaine par les supporters, c’est pas à proprement parler ce que j’appelle « réaliser un rêve d’enfance ».

Aubameyang (2-/5) : On salue sa volonté de redescendre au milieu de terrain chercher les ballons que Veretout, Ounahi et Harit étaient infoutus de lui procurer. A défaut d’une quelconque efficacité, Jean-Bite aura au moins sauvé les apparences pour ce qui est de l’état d’esprit. C’est fayot mais on apprécie l’attention.


L’invité zoologique : Billy Gilmoule

Peu avenante en apparence, la moule a le mérite de se fixer une ligne directrice et de s’y tenir : un modèle de constance, dont nous savourons ici les observations :

  • Les autres : un football joli mais excessivement scolaire. Ce manque d’efficacité leur jouera assurément des tours face à des équipes plus retorses.
  • Le classement :Un match nul nous aurait suffi à conserver la première place, peu déterminante en soi mais qui nous aurait autorisé à dire, pour une fois, « chic, on a fini premiers d’un truc ». Encore raté, donc.
  • Coming next : Etant entendu que nos seules sources de plaisir de l’année se limiteront à trucider des clubs encore plus  pitoyables que le nôtre, les deux matchs restants contre Montpellier et Clermont sont à chérir particulièrement.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Anthony Ch. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah

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