OM-Clermont (2-1) : La Canebière Académie retrouve son niveau

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Pour ce qu’on sait faire, c’était bien.

Aïoli les sapiens,

Après la défaite à Brighton, l’OM retrouve son quotidien de FC Metz européen, trop fort pour croupir longtemps parmi les nuls mais trop nul pour prétendre à quelque ambition, et de ce fait condamné à l’ascenseur éternel entre deux niveaux de performance qui ne sont pas tout à fait les siens. Ni peur, ni couronne, en quelque sorte.


Les Longorious Basterds 

Lopez
Murillo – Mbemba – Gigot – Balerdi – Renan Lodi
Veretout (Ounahi, 71e) – Harit (Gueye, 87e) – Kondogbia
Ndiaye (Sarr, 59e) – Aubameyang (Vitinha, 71e)

Kondogbia revient de blessure et Ndiaye de suspension, et apparemment Samuel Gigot n’a plus la castapiane. A l’inverse, Clauss est mis au repos forcé après son carton rouge contre Lorient.


Le match

Ecouter le match sur France Bleu Provence en buvant des bières et en brossant des poneys, c’est le dimanche que la Canebière Académie a choisi de mener. Une bonne décision visiblement, puisque le fait de voir ensuite le match en différé nous a conduit visiblement à moins souffrir que les spectateurs du direct. Eussions-nous assisté à la rencontre en temps réel, nous aurions sans doute, comme tout le monde, été enthousiasmés par notre archi-domination de la première période puis à la fois navrés et paniqués par l’indigence de la seconde. Or considérer les images avec la tête froide relativise grandement les impressions du moment : il n’y avait pas tant de différence entre une première période de domination pépère avec quelques accélérations bien placées, et une seconde période attentiste pendant laquelle, à l’exception d’un but certes malheureux, nous n’avons quasiment pas été mis en danger. Cela nous incite à maintenir notre théorie selon laquelle, en ce moment, si nous passons de longues minutes le slipomètre au taquet, c’est moins à cause de la prestation réelle de l’équipe que de notre imagination. En vérité je vous le dis, mes frères, mes sœurs, rassurons-nous : non, l’OM n’a rien à craindre des nullités avérées dont regorge notre championnat. Jouissons sans arrière-pensée de notre invincibilité au Vélodrome, de nos quatre victoires consécutives et de notre sixième place au classement. Quand en 2024 nous rencontrerons des adversaires plus chevronnés et que là, pour le coup, notre niveau plus que moyen nous pètera à la figure, il sera trop tard pour regretter de n’avoir pas su apprécier pleinement nos petits bonheurs de décembre.

Rembobinons. Alors que l’OM nous avait plutôt habitués à bolosser les faibles d’entrée de jeu, notre entame de match s’avère pépère, l’OM se contentant de conserver le ballon sans proposer grand-chose de plus tranchant que quelques longues ouvertures. L’accélération se produit au quart d’heure, quand l’un de ces longs ballons (magnifique au demeurant, de la part de Veretout) trouve Ndiaye, qui offre un caviar à Aubameyang. Pas encore dans son match, Jean-Bite se montre moins vif que le défenseur et rate son face-à-face.

La pression s’intensifie, avec un pladupiésécurité pas assez tranchant d’Harit, qui ne peut convertir un une-deux avec Veretout. Dans la foulée, l’OM étouffe les Auvergnats dès la relance, si bien que Veretout peut rapidement trouver Aubameyang en pivot devant la surface. La délicieuse remise en une touche de Jean-Bite trouve Murillo, lancé dans le dos de la défense et qui allume le gardien (1-0, 25e).


Cet avantage acquis, l’OM remet une tranche de tomme dans l’aligot, noyant les vaines tentatives clermontoises dans un quadrillage bien indigeste. Après son petit pénéquet destiné à digérer l’ouverture du score, l’OM se refait une petite promenade revigorante dans la surface. Pour tout dire, on assiste même à un très beau mouvement de football quand, au terme d’un long moment de possession, une très belle sortie de balle est exécutée par Mbemba, Gigot et Murillo après une relance de Lopez. Trouvé dans le rond central, Harit met un grand coup d’accélérateur et lance Lodi, dont le centre parfait est repris de la tête par Ndiaye, sur le poteau. Pas le temps de se rappeler où ils habitent que les Clermontois se font chiper le ballon au pressing par Lodi. Aubameyang trouve Ndiaye, pour une nouvelle tentative parée par le gardien : cette fois, Harit a suivi et termine le travail (2-0, 42e).

L’OM paraît, au retour des vestiaires, se tenir à la méthode, « on gère pépère et on accélère quand on y pense ». Rien de répréhensible en soi, si ce n’est que l’équipe omet comme à chaque fois de gérer un et un seul paramètre : le fait que nos adversaires n’aient pas l’intention de se laisser victimiser plus d’une mi-temps et, quoique leurs attitudes footballistiques équivalent aux miennes en ballet classique, manifestent ce qu’il est convenu d’appeler un « sursaut d’orgueil ». C’est ainsi que l’on regarde survenir une frappe, puis deux, sans que cela ne nous émeuve outre mesure. Arrive fatalement ce qui doit arriver : cette équipe à qui l’on a octroyé une liberté indue en profite pour réussir un truc, en l’occurrence ce corner tiré au premier poteau. Mal marqué par Aubameyang et sans que Balerdi n’ait le temps d’intervenir, Allevinah en profite pour décroiser une jolie tête hors de portée de Pau Lopez (2-1, 58e).

Pour n’importe quelle équipe bénéficiant d’une telle différence de niveau avec Clermont, ce but relève de l’incident. Et d’ailleurs, il est de fait que sur ce match, l’OM n’a guère tremblé dans la demi-heure suivante. En revanche, pour des supporters atteints de la névrose post-traumatique olympienne (également appelée paranoïa de Balerdi ou encore syndrome d’Andrézieux Bouthéon), ce simple fait suffit à déclencher un flot ininterrompu de sueurs acides dans tous les sillons interfessiers de Phocée à la simple idée qu’une catastrophe survienne de nouveau. Que Clermont enchaîne deux passes au milieu de terrain, et l’on se ronge les ongles en murmurant « oh putain, au putain, oh putain », que les Auvergnats réussissent leur première sortie de balle sous pressing depuis la mort de Giscard, et notre cerveau anticipe déjà l’égalisation, les banderoles, et les cyprès incendiés.


C’est à ce pénible spectacle que, réseaux sociaux et radio aidant, nous nous attendions à assister encore tout imprégnés du doux parfum du houblon et du crottin. Tout ça pour constater qu’en fait, Gigot, Balerdi, Kondogbia et consorts ont mis les Clermontois sous l’éteignoir pendant toute la dernière demi-heure, sans panache certes mais avec maîtrise. Attention cependant, tout n’a pas été parfait : ainsi, l’option consistant à attendre pour contrer pouvait paraître judicieuse, mais a été sabotée par le retour d’erreurs techniques infâmes au moment d’amorcer nos transitions. De plus, notre autorité dans les duels défensifs ne doit pas masquer les quelques pertes de balle abominables qui ont nécessité lesdits duels.

Finalement, quelles que soient les émotions ressenties devant ce match, nous serons d’accord sur un point : le niveau montré n’incite pas au franc optimisme quant à nos futures oppositions contre le haut du classement. Les esprits négatifs verront légitimement matière à s’angoisser ; au contraire, on serait plutôt enclins à savourer le bonheur pendant qu’il existe encore.


Les joueurs

Lopez (3/5) : Un match sans aucune espèce d’émotion. Une seule réserve cependant sur quelques relances mollassonnes dans l’axe que nos joueurs de champ ont négocié sans difficulté, mais qui l’an prochain risqueront de faire beaucoup rire les attaquants des clubs situés au-dessus de la 15e place.

Murillo (4/5) : Un but-récompense en forme de suce-miel pour enfants sages.

Mbemba (3+/5) : Le même match tout en maîtrise que ses camarades de défense, si ce n’est que Chancel n’a pas sauté sur ses adversaires la bave aux lèvres en criant « aaargh ». Forcément, la performance paraît fade en comparaison.

Gigot (4/5) : Un peu déçu de découvrir qu’il existe une équipe de football à Clermont-Ferrand, lui qui s’était préparé pour affronter les rugbymen. Note, le travail n’a pas été perdu.

Balerdi (4/5) : Je veux bien faire un compliment, Leo, mais avant par pitié, je te supplie de me promettre une chose : que tu ne te réserves pas pour le match contre Thionville.

Renan Lodi (3+5) : Toute la planète football connaît les difficultés qu’éprouve Lodi face à des ailiers qui attaquent son côté. Toute, sauf l’Auvergne où visiblement la fibre optique n’est pas encore arrivée, et qui a donc laissé Renan tranquillement déployer sa (remarquable) qualité de centre.

Kondogbia (4/5) :A laissé les Clermontois combiner au milieu pendant un quart d’heure, en début de seconde mi-temps. Moins, ça aurait été contraire à la convention de Genève.

Veretout (3+/5) : Naguèrenavrant, Jordan a paru se remettre d’aplomb aux côtés de Kondogbia. En même temps envoyer Ounahi pour convaincre un joueur de ne pas rater de passes, c’était comme envoyer Bruno Lemaire pour convaincre des entreprises de payer leurs cotisations.

Ounahi (71e) : Il y a des gens, quand ils sont à fond ils gardent un côté je-m’en-foutiste assez agaçant. Or donc, il est difficile de réellement savoir si Azzedine est à fond ou s’il s’en bat les couilles. Ce qui est agaçant.

Harit (3+/5) : Le confort des vestiaires, c’est la plaie du football de haut niveau. C’est spacieux, convenablement chauffé, t’as tout un staff aux petits soins : comment veux-tu avoir la motivation d’en ressortir pour jouer la seconde mi-temps ? Non, moi je dis, faut la rejouer à l’ancienne : les vitres pétées et le chauffage défaillant, les odeurs de pieds qui se mélangent tellement tout le monde est entassé, la peinture jaune qui s’écaille et le carrelage avec les petites taches de couleur, là. Avec ça t’as qu’une envie c’est de repartir courir. Et en faisant ça tu baisses les frais de chauffage, ce qui est bon pour le développement durable et fera baisser les montants facturés à la Ville. Qui aura donc plus de sous pour éviter que ces écoles ressemblent à ça, justement. Gagnant-gagnant, quoi.

Gueye (87e) : Donne un supplément de fraîcheur au milieu de terrain, Kondogbia étant au bord de la crampe du sourcil à force de le froncer en faisant « bouh » aux Clermontois.

Ndiaye (3+/5) : Plus forte que son histoire d d’amour avec Marseille, son histoire d’amour avec les poteaux.

Sarr (59e, 2/5) : Après plusieurs matchs à entendre prononcer son nom sans qu’aucun témoignage de première main n’atteste avec certitude de sa présence, nous pouvons le certifier, hier nous avons bien vu Ismaïla Sarr. Après c’est comme le desman des Pyrénées, pour qu’on le voie enfin sortir son museau c’est soit qu’on a détruit son habitat, soit qu’il est en rut.

Aubameyang (3+/5) : L’état d’esprit et l’adaptation, voici ce qui permet à Jean-Bite de sauver son match par quelques actions bien senties alors que la finition laissait à désirer. En équitation c’est pareil, un poney qui n’arrive pas à garder une cavalière sur son dos on en fait des lasagnes : toujours être utile au collectif, c’est la seule chose à garder en tête.

Vitinha (71e) : Gentleman du démanagement.


L’invité zoologique : Shamar Nilgaultson

Le nilgault est un bovidé qui a eu la chance de naître en Inde, et de bénéficier ainsi du statut de vache sacrée pour un grand nombre d’habitants. Ce faisant, les indiens tolèrent que cette bestiole promène son gros cul un peu partout jusque dans les cultures, où les dégâts qu’elle causent poussent les moins fervents des Hindous à délaisser le véda au profit des manuels de zoologie, y constater que le nilgault n’est pas une vache mais une antilope, et donc le dégager à grand coups de chevrotine dans le derche. Le nilgault est donc l’invité idéal pour relater ce match contre une équipe qui ne mesure pas sa chance d’avoir été aussi longtemps tolérée dans un endroit où elle n’avait rien à faire.

  • Les autres : dans ce moment critique, nous adressons toutes nos énergies positives à Clermont pour la suite du championnat (pas pour le maintien, ça c’est mort, ils sont nuls à chier ; non, mais qu’ils aient au moins la force d’emmener Lyon avec eux, par contre).
  • Le classement :Naguèreau bord de la zone de relégation et désormais sixièmes à deux points de l’Europe. Le seul ennui, c’est qu’il ne nous reste plus guère de bidets à racler dans cette Ligue 1, à un moment il va bien falloir se coltiner de nouveau des gens qui savent jouer au football.
  • Coming next : Ah tiens si, au temps pour moi, il reste une petite trace, là, au fond, c’est Montpellier. Espérons qu’on n’ait pas rangé la brosse trop tôt.
  • Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Twitter, ainsi que sur BlueSky. Thibault D. remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah

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