Une saison en enfer : la Chardon à Cran Académie dresse un petit bilan

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Nancy, c’est fini.

Salut à tous,

la saison est terminée et nous voilà soulagés ; pas seulement de l’ASNL, grossiers que vous êtes, mais aussi du ballon en général. C’est qu’à force de gavage, on en a effectivement un peu soupé de cette curée. Foot le matin, foot le midi, foot le soir, tous les jours, 187 matchs le week-end, de l’enjeu presque toutes les semaines, des trêves réduites à peau de chagrin, l’Euro à 84 équipes qui arrive, le feuilleton Mbappé même plus drôle depuis au moins deux ans, les dingueries de l’OM (faites pas trop les cons quand même, va y avoir un drame un de ces quatre), la Ligue d’Eux qui, vu d’ici, ressemblerait presque à un vrai championnat et ce putain de National 1, repère de toutes les turpitudes et en particulier des nôtres.

Ah on en a vu, des dingueries depuis qu’on traîne nos guêtres dans cette division du diable. Entre le public qui pète légitimement des plombs, des matchs suspendus pour cause de ballon envoyé sur le périph’, des déplacements vers des terrains de clubs même pas rattachés à des villes, des diffusions de matchs le jeudi à 16h30, de sombres dégueulasseries patronales… tout ça ressemblait d’assez près à la France de Macron, jusqu’à l’alcool triste du week-end et à l’assomoir du boulot 196 heures par jour, 9 jours sur 7. Au risque de me répéter, ils ont bien failli me dégoûter du football pour toujours, ces raclos.

Alors quand la lumière est venue, peu de temps après l’expérience Pedretti et ses malencontreuses tentatives pour inculquer un semblant de collectivisme à une tripotée d’égoïstes décérébrés, on a ouvert un œil glauque, vaguement soulevé un sourcil et tenté de reprendre un peu le suivi de cette équipe que l’on s’était juré d’abandonner au bord de l’autoroute sans le triangle ni les troisièmes maillots. On voulait apprécier naïvement du football et jouir du plaisir innocent de celui qui n’y entend rien, vivre des sensations jamais vécues, et voilà que l’impromptu retour nostalgico-judicieux de l’être aimé venait pimenter cette saison bien partie pour foutre par terre tous les espoirs d’un jour revoir l’ASNL au niveau d’un club de foot.

Oui Pablo est revenu, on croit toujours en lui comme on a cru en lui depuis notre tendre enfance où grisaille et ceinturon étaient nos seuls amis, qui n’aime pas un retour épique du sauveur que l’on n’attendait plus ? Le summum du hipsterisme footeux, c’était de kiffer l’Uruguay avant que Bielsa ne le mette sur la carte, et c’était pas grâce à leur recette de bison rôti au jambon trempé dans le saindoux, tas de dégueulasses, vous.

Seulement voilà, à la rigueur, il eut été acceptable que ce retour s’effectue lors d’une de ces phases sans gloire aucune où l’équipe est à la porte d’un éternel retour en Ligain, prête à mettre toutes les chances de son côté pour s’offrir un ascenseur de folie dès la saison suivante ou, pourquoi pas, tenter de s’assurer un poil de continuité au plus haut niveau, là où on n’est pas à l’abri mais où il nous semble qu’une certaine adéquation entre notre standing, notre histoire et notre stade pourrait s’illustrer.

Nous sommes inconsolables de nous trouver là dans ce sous-ventre mou, une bedaine de médiocrité reposant sur nos têtes comme une chape. Chaque jour qui passe, nous rappelant à quel point d’infâmes médiocres ont construit notre club à leur image, illustre à quel point tout le football, même celui des petits miracles occasionnels comme Brest cette saison, a été accaparé et souillé par une clique de demi-habiles au portefeuille gonflé et à la dignité absente. On aimerait leur couper la bite et leur visser au milieu du front, mais apparemment ce serait pas gentil, ce serait s’abaisser à leur niveau de bêtise ou je ne sais quelle faribole moralisatrice. Ce que le monde libéral a fait des valeurs humaines, je vous demande un peu.

On se retrouvera alors peut-être la saison prochaine pour maugréer suite à de nouvelles performances anales contre des amicales de cueilleurs de champignons et qui sait ? On trouvera peut-être un petit peu de positif à ajouter à la simple présence du divin chauve. Le parcours de nos tout jeunes en Gambardella (finalistes contre Marseille, ce qui a largement été occulté par l’insondable bêtise de supporters de clubs que je n’ai même pas envie de nommer tant ils sont innommables) et les vagues promesses de l’actionnaire qui parle sur Twitter sans image de profil nous laissent croire que le centre de formation fonctionne encore bien et continuera dans cette voie. Le retour à un format moins punitif avec trois montées potentielle et l’arrêt des six descentes directes dans les tréfonds du foot amateur nous laisseront peut-être entrevoir quelque sérénité. Surtout, et que cela ne se démente jamais ni nulle part, le public a répondu présent et a montré, comme il le chante toujours, que notre place est bien en Ligue 1. Voilà pour les motifs d’espoir. Si jamais l’humeur vous prenait de contrebalancer cela par quelque déprime, point de problème : il suffit d’ouvrir votre fenêtre.

Marcel Picon

2 réflexions sur “Une saison en enfer : la Chardon à Cran Académie dresse un petit bilan

  1. Nom de dieu Marcel, partez pas. Vous êtes un des phares de l’anal, la plus suppurante des fistules, on a besoin de vous.

  2. Analyse primesautière et rafraichissante, ça donne envie de faire des trucs ! Merci :)

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