Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon-OM (0-4) : La Canebière Académie récite

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La force du rollmops.

Aïoli les sapiens,

Deux semaines après avoir battu l’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon, l’OM retrouvait le stade Geoffroy-Guichard, sans doute pour un match amical puisque l’on avait déjà rencontré cette sympathique équipe une fois dans la saison. A moins que ce ne soit l’inverse, il y a quinze jours l’amical et cette fois-ci la Coupe de France. Bon, dans le doute, la seule chose à faire c’est de respecter l’adversaire, d’aborder le match avec sérieux, d’éviter les blessures et ne pas oublier de laisser notre part de recette à nos hôtes, les gens de ces contrées apprécient toujours quand leurs visiteurs leur octroient de quoi améliorer leur brouet ordinaire, surtout en période de Noël.


Les Longorious Basterds

De Lange
Murillo– Balerdi – Kondogbia (Cornelius, 73e)
Luis Henrique– Rongier– Højberg – Merlin (Garcia, 71e)
Greenwood (honte à nous, Koné, 63e) – Maupay (Wahi, 71e) – Rabiot (Rowe, 63e)

Roberto a sans doute envie de beaucoup de choses en ce moment, mais certainement pas d’une mauvaise surprise qui viendrait foutre en l’air tout le travail entamé depuis six mois : c’est bien l’équipe-type qui est alignée. Seule concession à l’esprit de la coupe, Jeffrey de Lange garde les buts à la place de Rulli, ajustement mineur à un poste qui de toute façon ne s’attend pas à voir beaucoup le ballon.


Le match

On rigole, on rigole, mais il existe souvent un gouffre entre une victoire facile en championnat et sa revanche en Coupe de France. Des adversaires revanchards, dans un stade chauffé à blanc, dans une compétition qui réserve toujours son lot de surprises : c’est en toute méfiance que l’OM doit aborder le match, sous peine d’une terrible désillusion.

Non, en fait là on rigolait encore, les foréziens sont toujours aussi nuls qu’au début décembre, les miracles de Noël ça va bien dans les téléfilms de M6. L’OM monopolise la balle et squatte le camp adverse, la défense et le gardien paniquent tous seuls sur le moindre de nos corners, Balerdi tente des ciseaux, Kondogbia fait faire un caca liquide à son attaquant rien qu’en lui faisant les gros yeux, bref les quatre divisions d’écart entre les bélligérants se font nettement ressentir.

C’est au moment où l’on se dit, après 20 minutes, que cet aimable entraînement ne s’est toujours pas accompagné d’un but, que les Verts ajoutent à leur inanité footballistique une débilité insondable. Alors que l’action se déroule à 20 mètres de là, Sissoko envoie une baffe à Balerdi devant le nez de l’arbitre, qui n’a d’autre choix que d’interrompre le jeu pour expulser l’imbécile.

L’un de nos gros plans préféré : le nouvel entraîneur à la veille de sa prise de fonction, qui découvre le genre de trépanés à qui il va devoir apprendre à faire rouler un ballon sans se baver dessus.


Quant à Leo Balerdi, lui, rassure-toi, il va bien : chez le défenseur argentin qui vient de se faire bousculer, le carton rouge de l’arbitre procure le même effet que le bisou magique de Maman. Alors qu’il était à l’article de la mort trente secondes plus tôt, voici Leo sur pied pour téléguider une ouverture aux abords de la surface adverse. Alors que son défenseur préférait regarder le ciel pour voir s’il allait neiger, Luis Henrique applique tranquillement sa remise de la tête dans la course de Greenwood (honte à nous), qui expédie une très belle volée dans la soupirail du gardien (0-1, 22e).

Privés d’un point de fixation devant, nos adversaires se font inlassablement passer au sanibroyeur, un peu comme dans la scène finale de Gremlins II : on patauge dans des morceaux de trucs vaguement verdâtres éparpillés, c’est ignoble. C’est bien simple, s’ils avaient voulu perdre le ballon encore plus bas sur le terrain, il aurait fallu qu’ils jouent derrière la ligne de but. Entre autres et nombreuses actions, Højbjerg place ainsi son plat du pied au ras du poteau après un bon service de Merlin. L’OM pousse ensuite l’humiliation jusqu’à marquer sur corner, notre réussite inédite dans l’exercice tenant sans doute moins à nos progrès qu’aux problèmees prochomoteurs des défenseurs. Marqué par dégun, Rabiot y va ainsi de sa volée, peu élégante au-delà du raisonnable mais qui suffit à faire convulser les trois joueurs présents sur la trajectoire (0-2, 34e).

Quelques fioritures superflues en fin de mi-temps n’altèrent pas l’impression de grand sérieux affichée par nos joueurs. La supériorité technique se double d’une domination totale dans les duels, le moindre contact à l’épaule suffisant à faire valser les verts à deux mètres. L’action se répète d’ailleurs au point d’abuser l’arbitre, qui ne remarque pas qu’une authentique faute de porcasse de Kondogbia s’est dissimulée au milieu de ces échanges, sur un attaquant appelant la balle en profondeur.


Sans doute occupé à empêcher leur nouvel entraîneur Eirik Horneland d’organiser son rapatriement sanitaire d’urgence en Norvège, le staff stéphanois se préoccupe peu de remobiliser ses troupes à la pause. Ou alors, s’il l’ont fait, leur causerie semble aussi mobilisatrice que le discours de politique générale de François Bayrou (celui où il se verra répondre « nique tes morts » et jeter des moineaux morts à la figure avant d’avoir fini de dire « Mesdames et Messieurs les députés »). Bref, l’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon revient sans autre ambition que d’agoniser pépère. L’OM s’installe dans une gestion sérieuse du match : faire tourner la balle, oui, mais dans l’intention d’organiser de vraies attaques et sans oublier de presser haut à la perte du ballon.

Un seul réel instant de flottement s’installe à l’heure de jeu, quand l’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon se procure coup sur coup deux surnombres étonnants dans notre camp. Si le premier s’achève par un tir bien paré par De Lange, le second avait clairement de quoi faire passer le slipomètre en mode « Magie de la Coupe ». Inhabituellement, Rabiot perd la balle dans le camp adverse dès le lancement de l’action, alors que toute l’équipe est haut placée. Højbjerg ne sent pas partir l’attaquant dans son dos, qui se voit dès lors offrir une autoroute pour aller défier De Lange en face-à-face. Fall parvient bien à dribbler notre gardien, mais n’a pas le temps de pousser la balle dans le but vide qu’un Balerdi en mode Pogacar-Pharma revient de nulle part sur l’échappée en criant  « SURPRISE MOTHERFUCKER ! ».

Face à un tel écart de niveau physique, technique voire tout simplement de développement humain, les Ligériens abandonnent bien vite leur révolte et se rabattent sur des tâches plus à leur portée, par exemple faire des bonshommes en crotte de nez pour décorer le sapin. Au terme d’une nouvelle séquence de possession interminable, Højberg commence à s’ennuyer un peu et décide de taper dans le tas : son tir est dévié par la défense et échoit à Luis Henrique, laissé seul et qui n’a aucune difficulté à allumer le gardien (0-3, 69e).

Un peu plus tard, c’est  ette fois-ci à la réception de la passe que se trouve Pierre-Emile. Après une énième récupération haute, Rowe décale en effet Højbjerg dans la surface et dans l’indifférence totale des défenseurs, si bien que notre the Wolf n’a plus qu’à pladupiésécuriser pour assurer la victoire (0-4, 81e). L’ampleur du score n’entame en rien l’atmosphère de fête qui règne dans le stade, les spectateurs savourant à plein cette journée unique dans la vie d’un supporter local. Une belle ambiance qui nous ferait presque dire qu’un tel stade mériterait une équipe de Ligue 1, sans vouloir pousser à l’utopie les dirigeants de notre sympathique adversaire du soir.


Les joueurs

De Lange (3/5) : Le minimum d’activité nécessaire pour 1°) ne pas passer pour un couillon face à des amateurs / 2°) ne pas s’enrhumer

Murillo (4/5) : Du sérieux total du début à la fin. Certes, ça n’aide pas à trouver des vannes mais nom de Dieu, que c’est reposant.

Balerdi (4+/5) : « Ahhh, je me meurs, expulsez-le Monsieur l’arbitre, je souffre, je trépasse, je ne vois plus qu’une intense lumière blanche, il m’a tué. Argh. C’est bon, il est dehors ? Allez, une ouverture décisive dans vos mourres, les bouseux, hurk hurk hurk. » En deuxième mi-temps, Leo a hésité à pousser le vice jusqu’à mettre un petit doigt dans le cul à l’attaquant qu’il venait de reprendre magistralement, mais a préféré opter pour la sobriété.

Kondogbia (4-/5) : Se fait pardonner ses quelques douteuseries de placement soit par l’arbitre soit par les retours de Balerdi. De toute façon il avait « JOUEUR A NE SURTOUT PAS FAIRE CHIER » floqué sur son maillot, ce soir.

Cornelius (75e) : A récupéré les ballons aussi efficacement que Kondogbia. En même temps, en fin de match il suffisait de dire « s’il vous plaît » aux andrézienbouthéonnois pour qu’ils rendent la balle.

Luis Henrique (4+/5) : Toujours là où il faut. D’ailleurs, Luis Henrique va bientôt être synonyme de « The place to be ». D’ailleurs à l’office de tourisme de Saint-Etienne ils ont déjà viré la photo de Timothée Chalamet, pour mettre à la place un grand panneau « DANS CETTE VILLE, LUIS HENRIQUE A MARQUÉ POUR L’OLYMPIQUE DE MARSEILLE ».

Merlin (3+/5) : Un peu en retrait dans cette séance collective d’humiliation d’honnêtes pères de familles, moins par manque d’envie que d’efficacité d’ailleurs.

Garcia (71e) : Lui aurait bien aimé mettre le ptit dernier, pour que les adversaires retournent demain à leur humble métier d’instituteur, de postier ou de dépeceur de porcs avec un authentique cinq-francs bien rouge bien net sur le cul. Las, ici encore c’est la réussite qui a fait défaut.

Højbjerg (4/5) : Un peu brouillon, sachant qu’avec un tel écart de niveau un Pierre-Emile « un peu brouillon » c’est un but marqué, un autre provoqué et des milieux de terrains adverses qui pleurent leurs mères.

Rongier (4+/5) : Discipliner ces Verts-là c’est comme ses homologues flics qui tabassent des vieilles soixante-huitardes : c’est pas le plus glorieux mais ça nourrit sacrément bien les statistiques.

Rabiot (4/5) : Et tout ça sans se décoiffer.

Rowe (63e, 3+/5) : Encore parti pour un match de court partout/fait plein de choses/fait des mauvais choix, jusqu’à cette passe limpide pour Højbjerg qui le replace enfin sur les rails de la productivité.

Greenwood (honte à nous, 4/5) : Après sa magnifique reprise de volée, son agent n’est pas intervenu devant les caméras pour insulter les féministes. C’est d’ailleurs pour ça qu’il n’est qu’agent de joueurs et pas avocat au procès Pélicot.

Koné (63e, 3/5) : Des efforts indéniables pour sortir de l’anonymat, mais pour l’instant niveau notoriété ça ne dépasse guère le candidat de la Star Académy 2016 en promotion à la foire du boudin de Montbrison.

Maupay (3/5) : Un match sage, sans dégoupillage de joueur adverse (c’est Balerdi qui s’en est chargé) ni empilage de passes décisives (c’est tous les autres qui s’en sont chargés).

Wahi (71e) : Faudrait pas qu’on finisse la saison avec plus de premiers ministres que de buts pour Elie, ça marquerait mal…


L’invité zoologique : Kevin Perdreau

Le perdreau de l’année farci est bien l’invité approprié en cette période gastronomique.

  • Les autres : C’est sûr que c’est difficile de juger le niveau face à des professionnels, mais sur ce qu’on a vu, même la saison de championnat de N2 s’annonce difficile pour cette équipe de l’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon.
  • Coming next : Nous reprenons après le bout d’an par la réception du Havre (c’est bizarre d’ailleurs, c’est bientôt la fin de la phase aller et on n’a pas rencontré l’AS Saint-Etienne. Ils n’étaient pas supposés participer au championnat, pourtant, ou j’ai raté un truc ?). En coupe de France, si le sort nous avait réservé une entrée en matière facile pour ces 1/32e, c’est en revanche un gros morceau qui se présentera au Vélodrome pour le tour suivant, en l’occurrence Lille.
  • Le jeu de Noël : La Pastorale Engatse – The ultimate crèche-fighting game est toujours disponible. Détails ici : https://bsky.app/profile/blaah.bsky.social/post/3ldigps3edk2v
  • EDIT – LE RETOUR DE DERNIERE MINUTE : après trois ans d’absence, le grand Roland Gromerdier revient d’entre les mots tel un Balerdi des grands soirs pour un tacle désespéré sur ses Stéphanois de coeur. Va vite lire la Forez Académie, ça se passe ici : https://horsjeu.net/academies/asse-om-0-4-coupe-de-france-la-forez-academie-revient-dentre-les-morts/
  • Les réseaux : ton dromadaire blatère surFacebook, Twitter et BlueSky. Homerc remporte le concours zoologique.
L’autre question que je me pose, c’est pourquoi on était costumés en paquets de gnocchi Lustucru.


Bises massilianales,
Blaah

1 réflexion sur “Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon-OM (0-4) : La Canebière Académie récite

  1. Bien le bonjour ici. Merci pour l’edit afin de prévénir du retour de la Forez Académie. On a encore été bien gentils avec vous, le sens de l’hospitalité stéphanois n’a pas fait honte à sa réputation (mais à son public, si). BA

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