I Sanguinari à Arles-Avignon : Opération reconquête pour l’AC Ajaccio

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« L’amour est une sottise faite à deux. » Cette maxime de Napoléon Bonaparte ne fonctionne pas seulement pour un couple homme-femme. Elle est aussi valable dans le football. D’un côté des supporteurs fous, de l’autre une équipe fraîchement reléguée en Ligue 2. Et un mariage – encore un – à Avignon.

Panorama Avignon

Après une saison 2013/2014 riche en rebondissements en Ligue 1, l’AC Aiacciu débutait sa saison de Ligue 2 au Parc des Sports d’Avignon pour y affronter l’AC Arles-Avignon. Un déplacement qui ne pouvait pas ne pas se faire sans supporteurs. Une nouvelle aventure, un nouveau chapitre dans l’Histoire du club avec les soutiens emblématiques de l’Orsi Ribelli et d’I Sanguinari. Mais avant de pénétrer dans l’antre de la Cité des Papes, il y eut pas mal de péripéties.

Tout d’abord un TGV à 6h19. Levé à 4h du matin avec une vilaine gueule de bois de la veille. Et arrivée à 8h58. Après un trajet passé à essayer de dormir dans une rame frigorifiée avec des bébés de moins de 6 mois constamment en pleurs, la descente du TGV fut une délivrance. Surtout qu’à Avignon, Dudu Stefano, supporteur du Celta Vigo et I Sanguinari d’un jour est là pour accueillir la diaspora corse de la capitale. Un contingent d’une seule personne bien sûr.

Il est alors venu le temps de la visite de la ville. Remparts, Palais des Papes, Université, vieille ville, tout y passe. Mais le plus important est ailleurs, la tête est au match de la soirée. Pour attendre l’heure-H, il n’y a pas mille solutions : faire un tour du stade en voiture, manger, dormir et … se baigner dans la piscine du voisin de Dudu Stefano. Une piscine accessible via un trou dans un grillage bien pratique. Après des heures à attendre, se rongeant les ongles jusqu’au sang, il a fallu se diriger vers le Parc des Sports d’Avignon. Avec près de 2h d’avance. Toutes les enceintes de France et de Navarre ouvrant 120 minutes avant le coup d’envoi, l’optimisme était de mise : on allait pouvoir rentrer et bâcher très vite. Mais à Avignon, le portail visiteur du stade n’ouvre qu’une heure avant. Heureusement, pour passer le temps, Serena Williams est apparue, s’entraînant avec son coach sur le court de tennis juxtaposant le Parc des Sports. Pas la vraie Serena, mais son sosie parfait. Le coup droit en moins, le revers en moins, la force en moins mais avec le même gros cul. Alors qu’I Sanguinari était accompagné du chef de la sécurité de l’ACA Joseph Scaglia, l’Orsi Ribelli est arrivé à son tour. Cinq membres partis depuis 7h du matin mais pourtant en grande forme.
Après plusieurs minutes d’attente, les stadiers de l’AC Arles-Avignon laissa rentrer tout ce petit monde. Gratuitement. Notons ce beau geste du club local qui a décidé d’offrir les places aux supporteurs acéistes présents dans le parcage visiteur. Tout à leur honneur. C’est aux alentours de 19h que tout ce beau monde fit son entrée dans l’antre de l’ennemi au nom jumeau. Un ennemi avec des soldats plutôt gentils : les stadiers ont vite fait d’ouvrir le portail menant du parcage jusqu’à la pelouse pour permettre aux membres de l’Orsi et d’I Sanguinari de bâcher dans les meilleures conditions. Un accueil 4 étoiles qui s’est transformé en opération reconquête de la part de … l’AC Ajaccio.

I Sanguinari Avignon

Tous les membres les plus importants de l’organigramme corse feront leur apparition au pied du parcage : Julien Paolini, le directeur général « descendu des tribunes officielles exprès pour venir à [notre] rencontre », Léon Luciani, le président de l’association, les habituels membres de la sécurité et de la communication du club mais surtout le président. Le bel Alain. Mr Orsoni. Le crâne rasé, les traits tirés, Alain Orsoni n’a pas perdu sa gouaille avec la descente. L’occasion de lancer la discussion.
« – Alors prés’, on a une belle équipe cette saison, on va monter !
– Oh con, on disait la même chose la saison dernière et regarde ce que ça a donné. »

Mais le plus croustillant allait arriver. Au détour d’une phrase à première vue anodine, c’est un scoop que le président balancera « Ces cons ils m’ont déjà demandé leur prime d’accession en Ligue 1. Je leur ai dit ‘commencer par jouer sur le terrain’ et on en reparlera en fin de saison. »

Moi et Orsoni Avignon

Le match pouvait commencer. Dans le stade, 1428 spectateurs et 15 supporteurs acéistes chez les visiteurs. Des jeunes, des vieux, des moins vieux, des habitués, des novices et même une femme. Le parcage était plus garni que lors de certains matchs de Ligue 1. La Ligue 2, ça vous gagne. D’autant plus qu’en tribune latérale, plusieurs groupuscules de l’AC Ajaccio étaient visibles.

En tribunes latérales également, les deux groupes d’Ultras, les Barankaïre et les Ultras Avignon se rendent la pareille. Au total une trentaine de supporteurs boutonneux qui reprennent les chants de l’Olympique de Marseille notamment le « Aux Armes ». Mais le plus ridicule restera leur chant « Toc toc toc, qui est là ? C’est l’ACA. » Autant vous dire qu’entendre des supporteurs adverses chanter de la merde, ça fait bizarre alors imaginez quand les initiales du club adverse sont les mêmes que celles de votre club…
Heureusement que ces toc de supporteurs sont là pour égayer la rencontre. Heureusement aussi que deux petits ramasseurs de balles, l’un avec un maillot de l’OM, l’autre avec un maillot d’Arles-Avignon viendront se rallier à notre cause en chantant des « Qui ne saute pas n’est pas pour Ajaccio ! ». Mignon.

I Sanguinari X Orsi Ribelli

Sur le terrain, c’est le néant. Ou presque. Seul Nicolas Fauvergue fait de son mieux pour qu’on l’insulte un petit peu. Quelques cris pour encourager Christian Bracconi à faire entrer Issa Baradji, quelques allusions à Anthony Lippini et c’est à peu près tout. I Sanguinari et Orsi Ribelli sont assommés. L’arbitre met fin au calvaire après 94ème minute de jeu. Enfin.
Les joueurs se dirigent alors vers le vestiaire. Mais avant la douche, les remerciements aux supporteurs. Et une fois n’est pas coutume, TOUS les joueurs de l’AC Aiacciu ont salué le parcage visiteurs. De plus ou moins loin mais le geste est louable. Mentions spéciales pour le musclé Ricardo Faty, le rosé Anthony Scribe et le coquin Issa Baradji qui viendront donner leur maillot. Ronald Zubar, lui, après un long moment passé avec de jeunes spectateurs avignonnais, est également venu serrer la main des 15 Ajacciens présents en tribunes. Un simple geste qui l’honore. L’opération reconquête est lancée. Pour l’opération Ligue 1, il faudra encore attendre.

Scribe OR02

Après la rencontre, il faut rentrer au bercail. L’Orsi Ribelli en profite pour en aller en boîte, I Sanguinari est plus sérieux et s’en va dormir. L’hôte Dudu Stefano n’en revient pas. Il a serré la main de Ronald Zubar et de tout l’organigramme acéiste. Voilà comment I Sanguinari a recruté un nouveau membre.

Ps : Un grand merci à Dudu Stefano pour l’accueil, à sa grand-mère pour l’hospitalité, à Joseph Scaglia, à Arles-Avignon et ses sympathiques membres de la sécurité et à tous les joueurs. On se revoit à Lavalu.

Perfettu Erignacci

1 réflexion sur “I Sanguinari à Arles-Avignon : Opération reconquête pour l’AC Ajaccio

  1. Frais comme disent les jeunes.

    Bonne saison à parcourir les villes de moins de 100 000, voir moins de 50 000 hab ! :-)

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