Nantes-Nancy (0-2) : La Chardon à Cran Academie aime ces petites surprises.
Braquage à la lorraine.
Vite vite, on est pressé.
J’ai appris dernièrement que l’ASaNaL était morte et enterrée, vouée à une descente parfaitement méritée, prête à être dissoute dans l’acide, vendue part par part par (oui c’est fait exprès ta gueule) son président à un consortium prédateur et voyou rassemblant on ne sait pas exactement combien de nationalités, le visage masqué et cosmopolite de la menace mondialisée venue de contrées inavouables pour ouvrir nos femmes et violer nos frontières, puis marchandée contre quelques clous rouillés à des investisseurs déjà pourvus d’un président délégué fort disert sur le forum des supporters mais étonnamment muet depuis quelques temps, que ses joueurs allaient tous signer à Lorient ou Angers, surtout les plus prometteurs, que les billes de plastique cancérigène du terrain synthétique allaient être déversées dans les châteaux d’eau de toute la Lorraine, et que le football ne franchirait plus jamais la porte maudite du stade Marcel-Picot dans un avenir proche.
Et puis j’ai fait comme tout le monde, j’ai choisi la vie et comme un petit journaliste bien dans mes bottes, j’ai choisi d’adresser un viril medius à cette méchante « post-vérité » dont on nous rebat les oreilles, et dont il faut au moins aller jusqu’au super bowl pour trouver un truc dont je me superbats plus les couilles.
Au cœur de cette actualité moribonde, un homme se dresse et projette son ombre imposante du haut de sa stature mouais bof, fait briller le sommet de son crâne sous un soleil chassieux, et distribue des morceaux de bonheur sous le manteau, sous forme de rations militaires meilleures que la cuisine de vos mères à tous, bande de brigands. Pablo est la légende de l’AS Nancy Lorraine, et le voilà invité à venir donner la leçon une seconde fois dans une ville d’esclavagistes, après avoir perdu face à l’équipe d’une autre ville d’esclavagistes. Et ces types qui osent jouer en jaune sont coachés par un brouillon d’homme mi-batracien mi-portugais, dont les lecteurs assidus de horsjeu.net auront reconnu à la douce sonorité de son prénom qu’il ne risque pas de voir un jour son portrait être affiché dans les locaux imaginaires du site.

L’ennemi du jour, bonjour.
SUR LE PRÉ EN BEURRE (mais je l’ai pas déjà faite celle-là ?)
Pablo a parfaitement entendu le message de ceux qui ne croient pas en lui. C’est pour cela qu’il fait tout le contraire ou presque, et qu’on l’aime d’amour ou presque.
Dans les buts : Chernik, définitivement Chernik.
En défense : Cuffaut à droite, Diagne et Badila dans l’axe, Muratori dit Vincent Tackle à gauche.
Au milieu : Alou Diarra, Julien Cétout, Youssef Aït Bennasser, de retour de la CAN.
En attaque : Issiar Dia, Maurice Junior Dalé, et Karim Coulibaly, le mal aimé.
LE HOLD-UP.
7 Le début du match m’a été empêché de visionner par les internets, qui ont cru bon devoir m’abreuver uniquement du commentaire des bonimenteurs de la télévision française, sans les images. Et après ça demande liberté, neutralité, et je ne sais quoi encore. Je te nationaliserais tout ça.
8 À peine arrivé, déjà servi : le premier fait saillant du match est à mettre sur le compte de Sergeï Chernique, qui d’un fulgurant double contact sur une passe en retrait d’un de ses défenseurs, s’auto-dribble et expédie avec panache le ballon en corner. Pour chauffer ses gants et travailler son placement, sans doute.
10 Coulibaly tente un coup du sombrero, qui se transforme subrepticement en une charge virile et sanctionnée sur un Nantien.
11 Le fautif se rattrape ensuite en parvenant à dribbler un défenseur pour déborder mais ce trop-plein d’effort bloque les fonctions motrices des muscles de son cou, ce qui l’empêche de lever la tête avant de centrer.
12 Tacle parfait de Cuffaut, qui est tout de même à bonne école avec Vincent Muratori, et qui annihile du coup une offensive nantoise.
15 Cela ne plaît pas trop à Emilana Salaud, qui assène un coup de coude brutal à notre bon Geoffraie, pourtant l’innocence incarnée.
16 Aït Bennasser n’a apparemment pas repris les règles du football continental à son compte, puisqu’il croit bien faire en lançant un Nantien dans l’intervalle en pensant adresser une balle en retrait à on ne sait qui. Le bordel qui s’ensuit est à ranger du côté de l’Ukraine, la Syrie ou la Crimée, ce qui pousse Chernik à intervienir pour pacifier tout ça comme le petit Poutine des surfaces qu’il est.
17 Chernik a encore besoin de se tester, comme sur ce coup-franc concédé avec grande intelligence et force mentale par l’inénarabe Aït-Bennasser.
21 Cela fait trois minutes qu’un Nancéien n’a pas touché le ballon pour autre chose qu’envoyer une saucisse vers le camp adverse en vue de se dégager. Je le sais, même pas besoin de compter : c’est le temps qu’il me faut pour préparer une pipe à crack.
26 À défaut d’avoir retrouvé un Pedretti pour les tirer, on progresse en gagnant des coup-francs.
29 Cuffaut tire de loin, comme il l’avait fait en coupe de la ligue. Sauf que cette fois le tir est d’une mollesse à faire demander pardon à toutes les mottes de beu…margarine du monde pour ces années de tartines glissant des doigts directement dans le bol de café au matin.
33 Une reprise de volée nantoise est déviée de peu par notre imperméable chauve. Sur le corner qui suit, ce dernier sort de son but et boxe le ballon vers un canari qui botte tel un mort de chien. Mais l’imperméable est toujours là, imperturbable.
36 Coulibaly, conscient qu’on a peut-être parlé de lui en bien lors de la première demi-heure, se met en tête de saboter tout ce qu’il tente : dribbles, courses, passes…à se demander s’il ne va pas rater sa carrière, un jour. Hum.
41 Ça s’enfonce comme dans du… comme dans la défense de François Fillon au cœur de notre ligne arrière, mais les attaquants d’en face sont aussi inoffensifs que des tartelettes, pour l’instant.
42 VINCENT TACKLE.
44 Joli petit une-deux entre Aït B et Issiar Dia qui s’enfonce et transmet à Dalé ; ce dernier fait nimp, comme de bien entendu.
45 Conceiçao et Pablo se chauffent, on pourrait rigoler.
Mi-temps.
46 Nancy engage et sans phase d’observation ni tour de chauffe, fait instantanément de la merde. Pressé, Cétout donne une passe en retrait appuyée comme par un U-13 tétraplégique, passe qui manque se devenir décisive pour un Nantois. Malgré cela, la preuve est faite que notre équipe est contagieuse, car l’attaquant fait conséquemment de la merde, lui aussi.
49 Cela n’efface pas le temps fort des jaunes pour autant. Illustration avec ce centre qui atterrit au milieu de trois canaris, rien que ça, dans notre surface. Pour dire à quel point ces gens ne se respectent pas, ils plantent à côté.
50 Et la punition du divin Pablo s’abat sur les troupes de l’autre salope ! Dalé gratte un ballon dans les pieds d’un défenseur qui essayait d’en garantir la sortie à l’aide de son gros cul (apparemment ces gens ne parviennent que difficilement à distinguer les uns de l’autre), et trouve Dia en retrait. Sans contrôle, celui-ci marque et lance une prière de rue (musulmane, pour faire chier le monde). 0-1.
52 Jaune pour Filou Diarra, en raison d’une main facétieuse qui s’est cachée derrière sa tête, la coquine.
56 Coulibaly a réussi un dribble ! Alerte ! Que l’on égorge immédiatement un troupeau et que l’on marque ce jour d’une pierre rouge au sommet de la pyramide ! Attendez, que fait-il maintenant ? Ah, il pousse son ballon et le perd. C’est bon les gars, remballez.
58 Le pire c’est que le match ne prend même pas l’apparence d’un hold-up, tant nos chardons parviennent à récupérer haut et à se projeter en contre. Pas que ce soit devenu un match de foot non plus, mais on en approche.
59 VINCENT TACKLE.
64 Et c’est le but ! Dalé est excentré dans le surface, mais parvient à trouver un espace pour centrer à l’aveugle, suite à un dribble dont la vivacité devrait alerter le comité olympique. Et tel le Picon sortant la tête de sa crack house quand l’odeur de la bière fraîche l’attire soudain, un authentique Julien Cétout des âges farouches surgit du fin fond des souvenirs de ses buts de ligue 2 pour s’offrir le premier cachou du reste de sa vie en Ligain, d’une reprise de volée hasardeuse qui fait rebondir le ballon devant le gardien et le lobe. Je pleure de rire, de joie et d’émotions mêlées, ce n’est pas beau à voir. 0-2.
67 Le côté gauche est parfaitement muratorisé, plus un son ne nous en parvient.
71 On se demande d’ailleurs bien comment les Nantiens ont oublié qu’ils donnaient de grands coups de reins dans notre côté droit en début de match, et pourquoi ils s’acharnent à délaisser cette voie facile comme de petits ados obsédés par la sodomie…
73 En revanche ils ont de l’humour, et lancent un tournoi de chat-bite. À coup de crampon : Alou Diarra s’en tortille de rire sur la pelouse de la Mauvaisjoire. Jaune.
75 Plus de bite, plus que la moitié d’une couille encore valide, mais toujours ses grandes pattes qui bloquent les passes : Alou va mieux.
78 Faute de Muratori, qui n’aura été pris en défaut que par les absences de l’arbitre, de ses partenaires, du ballon, du monde, mais pas lui, oh non, pas lui. Nous ne sommes que de minables petits étrons sans organe, à côté de lui. Sur le coup-franc, l’arbitre place le mur rouge et blanc à 12 mètres du ballon, que l’on y expédie quand même. C’est Dalé qui a pris le ballon pleine pomme, il reste au sol.
81 Quiconque a déjà vu un match de foot considérerait que l’on joue trop bas. Un œil un peu plus aiguisé distinguerait lui sans peine que les possesseurs du ballon ont autant d’idées qu’un candidat anti-système à l’élection, et que la mise en application de ces idées dispose du même soutien logistique qu’un tank russe sans vodka pour le faire tourner.
82 Maouassa remplace Dia à la demande générale.
83 Les Nantiens ratent une touche. Quel match magnifique.
86 C’est quand même fou de saloper des contres à 4 contre 2 face à une équipe qui manque autant de confiance. À croire que nous n’en avons pas plus…
90 Coulibaly, qui aura donc fait tout le match, s’offre même une belle occasion d’humilier le FC Nantes pour toujours. Le gardien en décide autrement et dévie la frappe.
92 L’intelligence du jeu à la nantoise a replacé Harit dans notre couloir gauche, afin qu’il vienne embêter Vincent Muratori puisqu’il ne parvenait pas à faire sortir le paisible Geoffraie Cuffaut de ses gonds. C’est une belle réussite, car à défaut de prolonger sa coupe de cheveux de merde par les moyens du football, ce juvénile enfant de putain vient s’essuyer les crampons sur la jambe (la bonne, en plus : celle qui tacle) de notre capitaine. Il s’en faut de peu que celui-ci ne fasse avaler toutes ses dents puis explose la tronche du petit provocateur en lui meuglant comment il a violé sa sœur, mais l’arbitre juge que c’en est déjà trop, puisqu’il expulse à la fois l’enculé et la victime de l’enculé (ai-je dit que Harit était un enculé ? Si oui je regrette : c’est un gros enculé).
93 Chernik n’en veut pas au Nantiens, mais il les chambre tout de même car c’est son mode naturel d’expression, en sortant une nouvelle parade somptueuse sa mère.
VICTOAAARE et chaos indescriptible qui voit Pablo et Conceiçao revenir jouer la même scène qu’en première mi-temps, mais cette fois le coach nantien glisse ce tacle digne des sous-hommes qui n’aiment rien tant que dialoguer avec leurs poings quand ils se rendent compte que des plombiers parlent mieux qu’eux à Auxerre (copyright Guy Roux) : « tu parles trop ». Ce à quoi Pablo aurait répondu : « va sucer Eder, t’auras chaud aux dents ». C’est un peu brusque.
LES NOTES.
Chernik 4/5 Malgré sa cagade en début de match qui laissait augurer quelque galéjade, il a encore une fois montré des capacités assez géniales, tant sur sa ligne que dans sa promptitude à se jeter dans les pieds de l’attaquant tel un coupe-jarret des bas fonds.
Cuffaut 3/5 Affronter une crevure de la dimension d’Amin Harit demande du talent (car il faut avouer que le jeune n’en est pas dénué balle au pied lui-même) et du sang-froid. Si Geoffraie souffre toujours d’une carence congénitale dans le premier terme, il a parfaitement compensé par le second.
Diagne 3/5 Aussi discret que son travail de l’ombre est efficace, même s’il pêche encore un peu sur les passes en profondeur.
Badila 4/5 Pablo est en train de le façonner à son image : polyvalence, calvitie, défense d’assassin, dévouement de fanatique à la cause rouge et blanc, violence douce, jeunesse sacrifiée…on parle beaucoup de Maouassa, de Lenglet et des autres, mais cette saison, la plus belle progression parmi les enfants du club c’est lui.
Vincent Tackle Muratori l’âme salie de cette équipe 5/5 Oui son expulsion qui le prive de Lyon blabalbirbla, il n’avait qu’à pas gnagnagna ta gueule. Vincent c’est le feu sacré du chardon ardent qui colmate les brèches du côté gauche à l’aide de sa science unique de la glissade sinusoïdale, et quand Youssouf Hadji a un coup de mou (ça arrive), c’est lui qui s’occupe de besogner les mères et les sœurs restantes, ok ?
Alou Diarra 3/5 Assure la récupération, foire la relance : les fondamentaux d’Alou permettent un statu quo de toute l’équipe dans les phases critiques. Tel la grande tige d’un métronome, il se balance de droite à gauche, sourit, trottine pour se replacer jamais très loin, et prend un jaune pour un tirage de maillot ou une faute de main de petite salope. Alou, c’est un peu un dandy, et son cercle préféré, c’est le rond central.
Cétout 4/5 Bon, il en a fait des boulettes. Mais son but, tant pour l’apport comptable que pour la note artistique, lui vaut bien une évaluation bienveillante.
Aït-Bennasser 3/5 Lui aussi a connu quelques cahots. Pablo a du vouloir compter sur sa fraîcheur du fait qu’il n’avait pas beaucoup joué à la CAN (ce qu’on appelle un euphémisme, mesdames-messieurs, ouaip). Ce qui était peut-être un peu maladroit sachant que le manque de rythme s’installe vite. Son talent brut a compensé le creux physique.
Dia 4/5 Jamais vraiment en réussite, sa force incroyable (qui réside entièrement dans son popotin aux courbures sensationnelles) est de toujours zoner au bon endroit, et de disposer d’un sens aigu du 2è ballon. Son but en est le témoin.
Dalé 4/5 Mais le match que tu nous sors, mon gros, qui aurait cru ça de toi ? Passeur sur les deux buts, parfaitement au point dos au but dans son numéro de duettiste avec Issiar Dia, il a autant régalé par son inélégance que par son efficacité.
Coulibaly 2/5 J’aimerais croire en lui comme Pablo croit en lui. J’avoue qu’une fois n’est pas coutume, je ne comprends pas vraiment ce que notre coach de l’amour trouve à un type d’une maladresse qui dépasse les frontières, et dont il y a fort à parier qu’il sera blessé de longue durée le mois prochain.
REMPLAÇANTS :
Maouassa NN Un de nos jeunes à fort potentiel, que la foule réclame à corps et à cris d’orfraie en ce moment. Sans vouloir calmer tout le monde, je dirais juste que s’ériger en Pablo Correa à la place du Pablo Correa ainsi est passible de bien pire que la mort d’où je viens. Et je dois admettre que j’aimerais le voir plus, moi aussi.
NOTE ARTISTIQUE DE L’ÉQUIPE : 4/5
Eh bien celle-là, on peut considérer qu’elle ne fait pas de mal, mon vieux. Partis sans grand espoir pour affronter une équipe qu’on avait déjà fessée récemment et dont on pouvait s’attendre à un juste esprit de revanche, nous voilà tous marris de battre un candidat direct au maintien chez lui, devant son public claironnant pas longtemps. On se sentirait presque con, dis donc.
Mais en fait non ! Car l’espoir d’atteindre l’objectif officieux du début de saison est du coup relancé, et souffre de moins en moins de contestation à mesure que chacun se révèle à sa juste valeur : oui, l’ASaNaL est une équipe baignée dans les problèmes inhérents à son rang, qui n’a de cesse de découvrir la loose à mesure que son histoire avance timidement, mais se singularise par le génie jamais reconnu de son coach, que seul des gens ayant la tare congénitanale de se prénommer Sergio osent dénoncer, ces jaloux morveux à poil dru.
Et de l’autre côté, l’olympique lyonnais est le club qui dispose certainement du meilleur potentiel, du meilleur centre de formation, du meilleur stade, bref de presque tout ce qui devrait le propulser comme club français parmi les plus respectables (ils ont même gagné des titres à un moment, c’est dire). Comme chacun voit, cela ne se passe pas toujours comme prévu. Surtout quand la merde humaine la plus vulgaire de l’univers se met en tête de mener la communication du club en question. L’objectif est toujours le même : maintien si possible, finir de préférence devant Lyon. À ce soir les gueux.
Je crois en Pablo Correa.
Marcel Picon.
Je soutiens Sergio
http://rmcsport.bfmtv.com/football/nantes-pour-sergio-conceicao-nancy-c-est-pas-du-foot-1097075.html