Quevilly-Nancy (2-0) : La Chardon à Cran Académie en gueule de bois, made in Normandie.
À ce qu’il paraît le Coca sans whisky marche pas mal pour faire passer.
C’est à la MMA Arena du Mans, contre le Quevilly Rouen Métropole, que nos 18 peintres accompagnés de leur staff sont convoqués en ce début d’hiver. Enjoués à l’idée de conforter la victoire en trompe l’œil racontée par l’ami Marcel Picon, contre Valenciennes, et fiers de l’effet Hognon qui ne fait pas (encore) pleurer, nos artistes viennent en terre sarthoise affronter un club normand.
GPS mis en route difficilement dans ce méli-mélo géographique, les ultras nancéiens sont eux aussi au rendez-vous et composent avec les quelques centaines de supporters de QRM (ceux qui ne boycottent pas) le compte famélique de mille spectateurs. Ça sonne donc creux dans cette MMA Arena d’une capacité de 25 000 spectateurs où on entend les joueurs se chambrer à l’échauffement. Pour sa deuxième, Hognon nous sort une copie quasi-conforme du dernier match, à quelques futiles exceptions près.
Nous revoilà avec une compo désormais classique : un Biélorusse chouchouté dans les bois, des latéraux que l’on connait maintenant par cœur et une charnière qui cherche ses automatismes se chargeront de ne pas nous énerver en prenant des pions ridicules.
Au milieu, Abergel le demi-jumeau maléfique de Marchetti et Cétout le videur de la boite Place Stan protègeront l’enfant prodigue Amine Bassi, n° 10 libre, afin de régaler nos ailiers (le vilain combo Nordin-Busin) et notre avant-centre (plus vieux que mon père) Youssouf Hadji le bien nommé.
En face, RAS si ce n’est la présence de Joan Hartock, bien connu par les amateurs de L2, toujours debout comme disait feu Renaud.

Transition parfaite puisque mon ami Marcel Picon se chargera de la boisson ce soir, et me laissera, seul face à mes vieux démons, averti de la non-assistance à personne en danger. Il en assume les conséquences.

LE MATCH :
-5 : Environ 1000 spectateurs, les ultras nancéiens sont chez eux. On entend les coachs donner les consignes, le match n’est pas commencé que c’est déjà triste.
5 : Les Nancéiens ont la possession et ne lâchent pas la chique. Oui, quitte à citer Stone et Charden, autant utiliser un vocable désuet.
10 : Abergel se prend pour Bassi et frappe de 25 mètres, ballon cadré et détourné par le grand Hartock.
15 : Nancy maitrise les débats, Nordin tente même un centre pour Busin, bien repris in extremis par la défense normande.
20 : Choqués de voir la capacité de Nordin à centrer, ses coéquipiers et adversaires décident de ne plus jouer pendant 10 minutes.
30 : Heureusement, Amine Bassi nous régale. Petit pont, crochets, contrôles orientés, le futur meilleur espoir de L1 est en forme.
35 : Pas d’occasion dans ce match, mais on sent la volonté de l’ASNL de garder le ballon, ou plutôt d’en priver les Normands pour ne pas être inquiétés. Nos latéraux prennent le bouillon et nos ailiers sont mauvais. On s’en remet donc à l’axe Diagne, Abergel, Bassi, Hadji. Tantôt court, tantôt long. Tantôt habile, tantôt gauche. Toujours impuissant.
45 : Mi-temps. Un ennui quasi-total, sauvé par une possession intéressante bien que stérile : voilà la première période proposée devant un petit millier de spectateurs, dont les trois quarts sont invités.
50 : La main involontaire de Diagne dans la surface fait lever les Rouennais et noircit les slips nancéiens. Heureusement l’arbitre a laissé son labrador dans les vestiaires et ne siffle rien.
55 : Nos peintres n’existent plus. Nos pinceaux s’emmêlent.
60 : L’impression terrible de revoir le même match que contre Brest, où la deuxième mi-temps horrible vient effacer un premier acte maitrisé. Aucune occasion, pas une once de demi-occasion dans cette putain de seconde période.
65 : Il finit quand ce match de merde ? On recule, on perd la balle, on joue comme des pitres, on va se faire baiser par Quevilly. Ba remplace Cétout, Hadji frappe juste à côté, mais l’impuissance qui se dégage de notre onze fait peur.
70 : Comme prévu, but de Quevilly. Cuffaut qui pense avoir le temps de prendre un macchiato de mes couilles au Starbucks de mes couilles fait une belle passe décisive à l’attaquant normand qui aligne Chernik et ouvre le score. 1-0.
75 : À l’entrée de la surface, Duhamel ne se pose pas de question et devant l’impassibilité de nos défenseurs, frappe en force dans le petit filet. 2-0.
80 : Hognon imite Correa et ne fait ses changements que maintenant. Dembélé et Robic remplacent Busin et Bassi.
85 : Hourra football : on balance devant en espérant que les défenseurs puis le gardien se trouent. Évidemment rien n’arrive et le temps passe.
90 : Fin du match, l’ASNL n’a quasi jamais inquiété QRM, qui à son tour n’a inquiété Chernik que 2 fois. Suffisant pour gagner 2-0.
Défaite qui fait mal, 6 points en 7 matchs. J’aurais mieux fait d’aller à la fête de l’Huma.
LES NOTES :
Chernik : 3/5 RAS. Quasiment aucun arrêt à faire . Les deux buts sont pour sa défense.
Cuffaut : 1/5 Comme un poulet sans tête, ça court beaucoup, partout, mais ça finit rôti. Coupable sur le premier but, aucunement dangereux offensivement.
Diagne : 3/5 Serein en couverture, encore trop tendre quand il s’agit de foutre un taquet sur l’attaquant adverse.
Saint Ruf : 2/5 Cf. Cuffaut sur le premier but, trop attentiste, pas rassurant.
Muratori : 1/5 Apport offensif quasi nul, apport défensif quasi nul.
Abergel : 3/5 Trop esseulé dans l’entre-jeu, vient chercher la balle assez bas, lance relativement propre. Il va être très utile cette saison. Encore un peu fou.
Cetout : 2/5 J’ai plus de technique que lui, et je joue en district.
Bassi : 3/5 Veut le ballon, provoque, dribble. On se repose sur un gosse de 19 ans pour créer des occasions.
Nordin : 1/5 N’en déplaise à Roland Gromerdier, le Stéphanois rate tout ce qu’il entreprend. Sauf quand il mange la pelouse, et putain il a faim.
Hadji : 2/5 Bon pivot. C’est tout.
Busin : 2/5 Maladroit, mais tente sans rien réussir. Triste.
NOTE ARTISTIQUE DE L’EQUIPE : 1/5.
Notre ami Picon avait raison la semaine dernière, et je le paraphraserai aujourd’hui : c’était bien de la merde. C’était même carrément de la merde. La victoire en trompe l’œil contre Valenciennes n’a dupé personne, on n’a aucun fond de jeu, Hognon est le sosie de Correa et les incohérences dans le onze persistent.
La ligne d’attaque n’est absolument pas complémentaire. Nordin est d’un niveau affligeant depuis le début de la saison, Hadji le pauvre, très esseulé, ne peut pas grand-chose, et Busin est d’une maladresse incroyable. Sur le banc, Dembélé, Eler, Robic ne feraient pas tache dans le même système ou dans un différent. Pourquoi ne pas les essayer ? La mise au placard d’Eler continue, sans raison apparente. Comme la cuite que l’on regrette mais que l’on réitère. Réduits à l’animation individuelle de Bassi, jeunot de 19 ans, les peintres en bâtiment qui forment notre équipe donnent l’impression de se cacher à la moindre opportunité.
L’avenir nous dira si Hognon est un Correa bis. Enfermé dans un 4-3-3 dont l’animation frôle le néant, la confiance en certains joueurs plutôt que d’autres interroge et énerve. Les attentes sont-elles trop grandes ? Six points en sept matchs. 16e place de Ligue 2. Un coach déjà limogé. La saison s’annonce longue. Rendez-vous mardi soir contre Bourg-en-Bresse, sous la flotte, où l’affluence ne dépassera sans doute pas les 8000 spectateurs.
La gueule de bois est rude, mais l’habitude la fait passer. À Hognon de trouver la recette, pour un peu plus de fond de jeu, pour quelques résultats et donc de meilleures gueules de bois.

Roger Piantoni-Vairelles.