France – Ukraine (7-1) : L’Académie française révolutionne le match amical

Avouons-le : les matchs amicaux ont toujours été plus ou moins chiants. La Ligue des Nations pallie partiellement ce problème bien connu. Pourtant, il en reste encore quelques-uns des matchs amicaux. On se demande pourquoi. Heureusement, à défaut d’un match incroyable, les Bleus ont remplacé le match chiant par le match devant lequel on ne s’ennuie pas trop. Et c’est déjà beaucoup.

Un bien beau mois que celui d’octobre. Trump qui guérit du COVID, l’étron Darmanin qui associe un parti politique à des islamo-gauchistes, Liverpool qui en prend 7, les entreprises qui obligent les gens à prendre la ligne 13 et le RER B pour venir faire un travail qui pourrait être fait chez soi voire pas fait du tout que le monde il tournerait quand même… Non, vraiment, un beau mois. Et là on se dit : non. N’en jetez plus. Non. Pas un match amical des Bleus. NAAAAAAAAAAAAAOOOONNNN. Mauvaises langues.

La compo :

Après 3 matchs avec une défense à 3, DD repasse à 4 et revient à quelque chose de plus classique. Le turn-over est quasi généralisé, ce qui donne du temps de jeu aux coiffeurs et offre des premières titularisations à Aouar et Camavinga.

Le derrière :

Mandanda dans les cages, protégé par Lenglet et Upamecano à qui Deschamps accorde de nouveau sa confiance malgré des prestations très moyennes lors des précédents matchs. Le toujours-debout toujours-vivant Lucas Digne prend le couloir gauche alors que Pavard retrouve son côté droit.

Le milieu :

De l’inédit puisque le lyonnais Aouar est titularisé aux côtés du rennais Camavinga. Du sang frais à côté des deux champions du monde Tolisso et Nzonzi. On rappelle que votre rédacteur ne sait toujours pas quel est le rôle de Nzonzi dans une équipe de football.

Le devant :

Rare de voir un match des Bleus sans Grizou, et pourtant ! DD a choisi d’aligner Martial, convainquant la dernière fois, à côté d’Olivier Giroud, qui fête là sa 100e sélection et prend le brassard de capitaine pour l’occasion.

Déjà vêtu de bleu.

Le match :

Autour d’un plat de lasagnes tout juste sorti du four (un régal, je peux vous donner la recette mais il n’y a pas de citron dedans), le match débute. L’attention n’est donc pas immédiatement portée sur l’écran : le gras, c’est la vie. Heureusement, un centre de Lucas Digne réveille mon attention. Giroud reprend de la tête, c’est repoussé mais Camavinga traîne par-là. Le Rennais met un petit retourné plein de spontanéité et ouvre son compteur en bleu d’une bien belle manière (1-0, 9e).

Le match ne s’emballe pas plus que ça, c’est un peu mou. L’équipe B de la France domine l’équipe Z de l’Ukraine, c’est tout ce qu’on sait. Alors Oliv’ éclabousse l’écran de son talent : depuis les 20 mètres, Oliv’ s’arrête, regarde les adversaires qui l’entourent et la position du gardien, puis enroule pied gauche dans la lucarne. Grande jugador, gran goleador. L’ancien buteur du Tours FC égale Platini avec 41 buts en Bleu (2-0, 25e). Puis dépasse Platoche en marquant de la tête un ballon mal repoussé par le gardien sur une frappe lointaine d’Aouar (3-0, 34e). L’Ukraine est inoffensive, la France joue tranquillement. Sur un corner, les hommes d’Andreï Schevch… Chevshen… les hommes du gars qui a vu Dudek repousser ses deux frappes en prolongations et arrêter son péno mal tiré lors du miracle d’Istanbul se punissent eux-mêmes en marquant contre leur camp (4-0, 40e). Mandanda repousse deux tentatives en fin de période pour garder le score intact.

A la pause, tout le monde est content. Le match est animé à défaut d’être bon, les lasagnes sont bonnes à défaut d’être animées. Mike Maignan remplace Mandanda qui a une petite alerte musculaire ; Upamecano est remplacé par Varane et quitte le groupe à cause de ses intestins ; Martial cède sa place à Mbappé.

Les Bleus mettent 10 minutes à se remettre dedans. Les Ukrainiens en profitent logiquement : Yarmolenko inquiète d’abord Maignan mais c’est Tsygankov qui rentre intérieur et envoie une belle frappe croisée petit filet pour réduire la marque (4-1, 53e). Zubkov trouve le poteau quelques instants après. La France est molle, elle a besoin de redevenir une start-up dynamique : La Dèche sort donc un Aouar timide pour un Grizou en petite forme. Mais c’est Grizou alors on l’aime. Et Pogba rejoue sous le maillot bleu après plus d’un an en remplaçant Camavinga.

Heureusement, Coco Tolisso est là ! Il faut bien préférer un Lyonnais à un autre, y’en a tellement… Le Bavarois transmet donc à Mbappé de la tête, Kyky remet judicieusement d’une talonnade (il raye par la même occasion « faire une talonnade utile avant mes 25 ans » de sa to-do list) et Tolisso reprend sans contrôle dans le petit filet. Ma-gni-faïke ma chérie (5-1, 65e). L’Ukraine baisse pavillon, les Bleus terminent le boulot : Mbappé après un une-deux avec Ben Yedder et un contrôle de toute beauté envoie une lourde sous la barre (6-1, 82e) ; Grizou voit sa frappe lointaine déviée (7-1, 89e). Huit buts pour un amical début octobre, c’est tout ce qu’on pouvait demander. Une large victoire bleue avant d’aller affronter le Portugal ce dimanche : une autre paire de manches.

50 nuances de Bleu.

Les notes :

Mike Mandanda (3/5) :

Une première période ennuyeuse pour Steve jusqu’à ses deux arrêts. Toujours présent le Marseillais, en espérant une blessure pas trop grave. Le portier lillois a, quant à lui, honoré sa première cape et encaissé son premier but, mais il n’y avait pas grand-chose à faire.

Pavard (3/5) :

Benji a été à deux doigts de refaire une second-poteau-Pavard. Mais à force d’avoir cette occasion à chaque match, un jour ça finira par re-rentrer. Genre en finale de l’Euro ça serait bien, pour devenir une légende. Sinon, pas mauvais pour un retour.

Raphaël Upamecano (3/5) :

Mieux que dans une défense à trois le Dayot, plus rassuré aussi. Faut dire que DD lui fait confiance à le mettre titu’ après ses mauvais débuts. Faudra revoir face à plus d’adversité que Michelendko et Patricenko. Varane a perdu quelques ballons mais rien de méchant.

Lenglet (2/5) :

Mauvais la dernière fois comme tous ses acolytes, Clément n’a pas été vraiment inquiété, comme tous les autres défenseurs, vu l’équipe d’en face. Pourtant, il a défendu le cul arrêté et le regard vide face au buteur ukrainien. Dommage.

Digne (4/5) :

‘tain, c’est une bonne note ça. Bah ouais mais bon, il a fait un bon match, sur la lancée de ses matchs avec Everton. Si Ancelotti le transforme en très bon latéral, tant mieux. Une belle activité sur son côté, des bons centres… Ca fait plaisir. Pas impérial en seconde sur quelques incursions ukrainiennes. A revoir face au Portugal.

Nzonzi (3/5)

Non vraiment, je ne sais pas le noter. Il équilibre l’équipe dans le sens où il est vraiment souvent dans le rond central, en plein milieu, pour éviter que la balance ne penche trop fort d’un côté. Mais je ne vois rien qu’un autre Bleu ne saurait pas faire en mieux.

Aouar (2/5) :

Bien timide Houssem pour sa première. Il devait être le créateur du soir. Ca n’a pas marché. Des bons corners ne suffisent pas. Lâche les brides ! Remplacé par Griezmann (60e, non noté) qui aura réussi à marquer et donc à dépasser Zizou au classement des buteurs en EDF. Tout de même.

Tolisso (4/5) :

Bon match de Coco après des premières minutes compliquées. Une passe dé’ pour Oliv’ et un très beau but à la clé. En espérant que sa saison munichoise se déroule mieux que la précédente, avec plus de matchs et moins de blessures.

Camavinga (4/5) :

« Il est pas mal le môme ! ». Parce que « génial », c’est un peu tôt pour un match comme ça. Mais tout de même : les prises de balle sont souvent aussi bonnes que les prises de décisions, il joue simple, vite et bien. Et quel but ! Remplacé par Pogba (60e, non noté), aussi bon en Bleu qu’avec Maniou en ce moment.

Kylian Martial (3/5) :

Dans la lignée de ses dernières sorties, Anthony provoque et déclenche, semant souvent la zizanie dans la défense. Sa bonne entente avec Digne aurait pu accoucher d’un but. Il se fait sa place dans les 23. Mbappé, lui, a talonné et marqué.

Giroud (5/5) :

Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Que le deuxième meilleur buteur de l’histoire des Bleus a joué au Stade de la Vallée du Cher ? Je l’ai déjà fait. Pour le reste : Olivier, tu es grand. Olivier, tu es fort. Olivier, tu es beau. Olivier, tout ce qui te manque pour faire de moi un homme heureux, c’est que tu poses cette putain de Bible. Remplacé par Ben Yedder (74e, non noté), à l’origine du une-deux avec Mbappé.

Suivez Horsjeu, suivez-moi, abonnez-vous, faites des dons.

C’est son destin.

Didier Décampe

2 commentaires

  1. Et la talonnade de MBappé lors de France-Belgique 2018? Je la trouve largement plus utile que celle d’avant-hier.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.