Aston Villa-MU (0-1) et MU-Bruges (3-1) : la Raide et Vile Academy s’offre un doublé

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Garanti sans calembour sur Depay.

Salut à tous !

Ce vendredi 14 août, Manchester United se déplaçait au Villa Park de Birmingham afin d’y affronter Aston Villa dans le cadre de la 2e journée de Premier League.

Et je suis à peu près certain que pas mal de monde s’en tamponne allègrement le coquillard ici étant donné que l’acad n’est pas sortie à temps pour précéder la tenue d’un autre match, autrement plus important : le fameux barrage de Ligue des Champions opposant nos cocottes de l’enfer à des bouffeurs de moules-frites : les Flamands du Club Brugge Koninklijke Voetbalvereniging.

Je vais donc livrer ici une double académie, consacrée à la relation – succincte – du match contre les Villans d’un côté, et à celle plus étoffée de la réception des Flamands au nom qui s’éternue mieux qu’il ne se prononce, de l’autre. Et sans faire de blagues à base de Colin Farrell.

Un avantage que m’offre le sympathique Louis Aloysius dans cette dure tâche, c’est que sa compo est la même pour les deux matchs. Étant donné que celle-ci a bien fonctionné la première fois, autant ne pas se priver.

SIMPLE COMPO INFERNALE, POUR DOUBLE VICTOIRE DIABOLIQUE :


Pour une fois, il ne semble pas y avoir d’intrus…

Par rapport au match contre Tottenham, Sir Louis Van Gaal ne procède qu’à un seul changement, même si celui-ci risque de faire florès : Young est invité à fêter sa prolongation de trois ans en rejoignant Valencia sur le banc, et le jeune Belge Adnan Januzaj prend possession du poste d’attaquant de soutien derrière Captain Rooney. Ceci fait les affaires de Memphis Depay, puisqu’il peut ainsi rejoindre son poste de prédilection : ailier gauche.

LE MATCH DE PL :

Face à un club qui a perdu deux de ses cadres récemment (Christian Benteke et Aly Cissokho Fabian Delph), et qui ne trouve rien de mieux à faire que d’accueillir une collection complète des Jordan de Ligue 1 (Ayew, Amavi et Veretout, rien que ça !) pour les remplacer, nos entraîneuses ont eu tout le loisir de développer leur jeu. Et aussi de constater les ravages de l’alcool à Birmingham, lors de l’érection d’un tifo :


On y voit plus clair que lors d’une tentative du « public » parisien, au moins.

Bien sûr, tout n’a pas été facile, et le niveau de jeu n’a pas toujours été aussi bandant que l’on souhaiterait. Rooney, en particulier, a livré une piètre prestation, en ratant à peu près tout ce qu’il a entrepris.

Le jeune Januzaj en revanche, même s’il n’a joué que 60 minutes, a démontré de très belles choses, dont évidemment ce très joli but inscrit suite à une non moins jolie passe de Mata dans l’intervalle. La transmission est parfaite, l’enchaînement crochet-du-gauche-qui-met-Micah-Richards-dans-le-vent, frappe-à-ras-de-terre-du-droit-au-deuxième-poteau-qui-transperce-deux-défenseurs-et-le-gardien l’est tout autant, sans oublier que c’est aussi l’Albinos-Belge qui est au départ de l’action.

Micah Richards ne sera pas au bout de ses peines dans ce match, quant à lui, puisqu’il subira ensuite les effronteries de Darmian, qui préfère apparemment emmerder son vis-à-vis au marquage que de se mesurer à lui quand l’adversaire pèse le double de son poids.


« Tu l’as vu ?
-Qui ?
-Mon cul. »

Affichant des intentions offensives dignes d’une jeune Moldave ne parlant pas la langue et qui vient de débarquer sur les trottoirs, les pauvres Villans ne sortent pas la tête de l’eau, et acceptent volontiers leur nouveau statut de candidat à la relégation.

Victoire fort peu étincelante, mais au moins, assez logique : nos charmantes demi-mondaines enchaînent une seconde victoire, et se trouvent donc en tête du classement au bout de deux journées, même si nos raclures de bidet de voisins bleu ciel sont déjà devant grâce à un insolent +6 au goal-average.

LES NOTES ASSORTIES DE COMMENTAIRES LACONIQUES (afin de préserver l’extraversion de ceux du match suivant) :

Romero 3/5 : Clean-Sheet

Darmian 4/5 : Sérieux et rigolo à la fois. Comment dit-on ça ? « Pince-sans-rire » ? Oui, ça me semble pas mal.

Smalling et Blind 3,5/5 : Une bien belle paire.

Shaw 3/5 : Un peu plus à l’aise que contre Tottenham. On attend toujours qu’il soit décisif.

Schneiderlin 3/5 : Solide, serein, sobre.

Carrick 2/5 : Pas encore revenu à son meilleur.

Mata 3/5 : Correct.

Depay 3/5 : Bien plus à l’aise sur son aile que dans l’axe.

Januzaj 4/5 : Bonus but. Sinon, c’est bieng.

Rooney 1/5 : Nul.

REMPLACANTS :

Schweinsteiger NN : Bien.

Herrera NN : Lapin Duracell.

Young NN : Conspué par son ancien public, il entre avec le sourire. Bel esprit.

La prochaine étape verra le squad écrabouiller Nouveauchâteau à Old Trafford, comme à chaque fois. Tremble, Gabriel Obertan.

LE MATCH DE CL :

Nous voici maintenant au beau milieu des choses sérieuses. La musique adorée des fans de foot européen retentit à nouveau dans les travées d’Old Trafford après une bien trop longue absence, le flocage carré tout moche est revenu sur les maillots, bref, l’on s’attend à vivre une de ces soirées mémorables comme les oppositions internationales seules peuvent en offrir.

Que le chemin semble long, vers le sommet de l’Europe ! Nous repartons de zéro ou presque, les amis (on a évité le troisième tour préliminaire, tout de même). L’époque où toute l’Europe nous respectait et nous craignait est terminée, désormais Manchester United ne fait plus peur du tout. Tout ce qu’une transition légèrement foireuse (euphémisme) après le départ du tant aimé Fergie a laissé en mille morceaux par terre est à rebâtir, et la première étape de cette quête a lieu ce soir, avec la réception du Club Brugge.

La composition est la même, se reporter plus haut pour s’extasier sur le génie de Van Gaal.

LE MATCH

En première période, personne n’a vraiment le temps de se montrer attentif devant sa pinte, que les Belges se montrent dangereux. Pas de tour de chauffe : ils sont arrivés en quart de l’Europa League la saison dernière, et ce n’est pas le nombre de blessés s’approchant de notre total de l’année dernière qui les fait reculer.

Le plan de Prud’homme est simple : se syndiquer, attaquer son patron pour harcèlement, empocher les thunes. Euh…non. Le plan de Preud’homme, pardon, consiste en un pressing tout-terrain et un jeu rapide en contre, que nos milieux désapprouvent fortement.

Heureusement, une fois ce pressing passé, les mecs en face ne paraissent pas excessivement solides. On se relâche donc rapidement en tant que spectateur lorsque les diables parviennent à s’incruster aux alentours de la surface adverse avec la possession du ballon.

Mais c’était sans compter sur la fameuse carte Scoumoune, que cette charmante garce de fatalité nous sort dès la neuvième minute de jeu, quand sur un coup-franc tiré comme par un cul-de-jatte bourré par Victor Vasquez, le ballon entre en « royale inverse » dans le but de Romero, après un rebond contre Januzaj puis un autre contre Carrick. 0-1.

Un tour particulièrement fripon du destin consiste en nous l’enfoncer directement dans le fondement une fois exhibée.

Carrick, pas dans son match, décide tout de même de se rappeler au bon souvenir des esthètes qui l’admirent cinq minutes plus tard. Suite à un mouvement parti de la droite, Rooney lui transmet le ballon en retrait. Le grand Michael fouette le ballon vers Depay sur l’autre aile, et ce dernier enchaîne contrôle de la poitrine, coup du sombrero, contrôle de la tête, série de dribbles et frappe à ras de terre dans le petit filet opposé. C’est magnifique, ça va à une vitesse diabolique, ça fait surtout 1-1. C’est bon, ce match peut repartir sur de bonnes bases, s’il vous plaît ?

C’est au moment où paquets de clopes et briquets sont sortis, où de nouvelles pintes sont commandées et où l’on se dit qu’un petit but avant la mi-temps ne ferait pas de mal, que Memphis décide de se montrer à nouveau, en contrôlant magnifiquement une passe orgasmique de Daley Blind dans l’intervalle, puis en enroulant une sorte de roquette V2 au deuxième poteau qui trompe Bruzzesse et jette le Stretford End ainsi que toute la Mancunie dans une délire extatique. 2-1 (43e).

En seconde mi-temps, les gagneuses repartent à l’assaut en tentant de creuser l’écart, mais les plat-paysans restent dangereux en contre. À noter que Van Gaal a rapatrié Carrick sur le banc au profit de Schweinsteiger pendant la pause. Malgré sa passe décisive, Michael n’a pas vraiment été au niveau, c’est vrai.

En dépit d’une domination oppressante, à laquelle s’ajoute un vent de folie propre au contexte, les diablesses ne parviennent pas à libérer leur public en inscrivant le troisième but. Pire, on constate une saute de concentration incroyable de la part de Romero, digne des zombies de son homonyme ; on attend toujours qu’il dégage cette passe en retrait de Darmian sur laquelle se précipite l’attaquant adverse. Un petit contact et un bon épisode de pleurnicherie plus tard, l’arbitre donne un coup de sifflet salvateur, quoique fort indulgent, et l’on peut se dégager.

Après un peu de flottement, on se ressaisit, à l’image de Luke Shaw, qui gagne un ballon sur son côté droit, puis le perd sous le coup du pressing adverse, mais le poursuit dans l’axe (le ballon, pas le pressing) et le regagne, avant de lancer sa turbo-course sur le côté droit. Pendant que les jardiniers sortent dare-dare le matériel lourd (extincteurs, lances à eau, neige carbonique), le centre pied droit de Luke atteint Rooney, qui d’un exter aveugle vers l’arrière, propulse Depay seul face au but pour le 3-1, mais ce dernier, plutôt que de violemment frapper cou de pied à ras de terre comme tout être humain normalement constitué, décide de viser la lucarne, et n’atteint malheureusement que le 25e rang de la tribune. Fou, comme la limite est ténue entre but d’anthologie et raté d’anthologie. L’incendie laissé par Shaw éteint, le jeu peut reprendre.

Les Belges, totalement écrasés physiquement, ne parviennent plus à voir le jour. L’entrée de Chicharito leur fait encore un peu plus de mal, tant le Mexicain multiplie les courses, les appels dans le dos de la défense et le pressing sur le premier relanceur. L’expulsion de Mechele apparaît presque logique étant donné le virage pris par le match.

Mais c’est environ dix minutes après l’entrée de Hernandez que la physionomie du match se transforme radicalement, avec l’entrée de Fellaini. Mort de faim, le géant belge attaque tous les ballons, se damne sur le terrain au service du jeu, multiplie les appels et les déviations, jusqu’au coup de grâce : un centre parfait de Depay dans la surface depuis le côté gauche, dont la trajectoire est tellement précise et veloutée que Marouane n’a besoin que d’effleurer la balle des cheveux pour que celle-ci fasse trembler les filets adverses. 3-1, on jouait l’ultime minute, merci messieurs-dames, au revoir, bonsoir.

LES NOTES :

Romero 2/5 : Pas fautif sur le but, mais pas beaucoup plus rassurant par la suite. Pour le peu qu’il a eu à faire, son match n’apparaît pas franchement comme excitant pour l’avenir. Quant à ses relances au pied, il s’acharne à ne jamais jouer que court sur les défenseurs, ce qui frise l’absurdité lorsque l’adversaire presse aussi haut. Et d’autant plus quand des mecs de la taille de Schneiderlin ou Carrick arpentent le milieu de terrain.

Darmian 3/5 : Très solide défensivement, l’Italien n’a pas eu à faire preuve de roublardise contre les Belges. Voir un vrai spécialiste du poste dans l’équipe est un luxe qui n’avait pas été offert aux fans de MU depuis trop longtemps.

Smalling 4/5 : La résolution d’inter-saison de Chris : devenir impassable. Déjà très incisif contre Tottenham et Aston Villa, notre désormais vice-capitaine a délivré un match quasiment impeccable, terni seulement par quelques erreurs de relance.

Blind 5/5 : Daley a perdu ses cheveux, mais pas ses pouvoirs de séduction. Plus fort que Samson, il n’a de cesse d’impressionner son monde en défense centrale, où il apparaît au diapason de Smalling, la qualité de relance en plus. Ajoutez à cela une passe décisive, vous voyez le tableau.

Shaw 4/5 : Au début de la saison 2014-2015, Van Gaal trouvait que Luke avait du bide, et lui a prescrit une cure d’amincissement. J’aimerais bien connaître la méthode qu’il a employée pour en faire ce golgoth débarrassé du besoin de souffler, qui s’autorise non pas des aller-retours, mais des tours de terrain entiers balle au pied lorsqu’il s’agit de regagner le ballon et de lancer les contres.

Schneiderlin 3/5 : Contre une équipe qui tente systématiquement de sauter le milieu de terrain, il a eu peu de choses à faire. En tout cas, ses adversaires ont vite compris qu’ils n’auraient pas le droit de tenter autre chose que de lancer des attaques par les côtés…

Carrick 2/5 : Pas dans son match, et totalement désappointé par ce but contre son camp, « l’infortuné Michael Carrick » (Stephane Guy, premier sur le qualificatif) a encore eu du mal à peser dans la rencontre. Même si d’un éclair, il trouve Depay pour le but égalisateur. Souhaitons qu’il revienne vite à son niveau. Remplacé par Schweinsteiger.

Mata 3/5 : Toujours assez juste techniquement, mais pas mis en position de faire usage de ses qualités de finisseur. Depuis la reprise, ses sidekicks Herrera et Valencia semblent lui manquer. À sa décharge aussi, le jeu a énormément penché à gauche, sur ce match.

Januzaj 3/5 : Match sérieux du jeunot, qui a démontré que ses qualités de vitesse et de percussion pouvaient s’avérer précieuses pour la suite. Même si la performance de Depay a quelque peu diminué son impact, il a eu son utilité. Remplacé par Hernandez.

Depay 7/5 : Tout. Il a tout fait. À lui seul, neuf frappes (!), deux buts somptueux qu’il ne doit quasiment qu’à lui seul, un centre décisif sur la tête de Fellaini, des accélérations fatales, un jeu systématiquement tourné vers le but adverse… le scénario du match achève d’en faire le nouveau chouchou du public ; souhaitons juste qu’il confirme cette performance hors-norme.

Rooney 3/5 : Captain a bien relevé la tête après ses deux premières performances ratées en championnat. Même s’il n’a pas ménagé ses efforts au poste de pointe, il n’est vraiment apparu à son avantage que pendant les dix minutes qui ont précédé sa sortie, lorsqu’il a joué dans son antique rôle en soutien de Chicharito. Remplacé par Fellaini.

REMPLACANTS

Schweinsteiger 3/5 : Entré en pompier à la mi-temps pour suppléer un Carrick pas au niveau, il a apporté la même stabilité que son homologue anglais lorsqu’il est en forme. Malgré quelques erreurs sans conséquences, il a bien libéré le milieu de terrain. En revanche, le jeu en mouvement semble lui manquer.

Chicharito NN : Les Brugeais réfléchissent certainement à une plainte en harcèlement, tant le petit pois a été oppressant durant les vingt minutes où il a foulé la pelouse d’Old Trafford. Une bonne entrée, et un vrai plaisir de le voir de retour à la maison.

Fellaini NN : non noté, mais le 5/5 revient à Van Gaal pour son entrée. Tout le temps de sa présence suffi à Marouane pour déstabiliser totalement la défense adverse, parce que le jeu de son équipe est passé de combinaisons au sol à d’innombrables centres et transversales vers l’avant. Son but vient récompenser le coup tactique proche du génie du coach, et devrait nous protéger d’une mauvaise surprise mardi prochain.

 

Bobby Carlton.

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