Autriche-Ukraine (1-0) : La Prater Akademie livre son diagnostic
Le Profezeur ne sous-estimerait-il pas son équipe ?
Bonjour, installez-vous. Un cigare ?
En fait c’est nul, l’Ukraine ? Vous auriez pu me prévenir. Nous sortions d’une piteuse défaite contre les Pays-Bas, une autre contre les Ukrainiens m’aurait envoyé en vacances anticipées. Bernique, je devrai m’atteler à ma science un match de plus, même si l’Italie devrait définitivement signer mes congés en huitièmes de finale.
Donc, l’Ukraine c’était nul, au point que le match nous a paru presque facile. Sans une maladresse incroyable dans le dernier geste, l’affaire aurait même pu être pliée à la pause. Il va falloir d’ailleurs m’expliquer comment Arnautovic a raté ceci (à 1 min 30 ci-dessous) :
Enfin, non, il ne va pas falloir me l’expliquer, c’est moi qui vais vous l’expliquer, comme d’habitude. Il faut préciser qu’Arnautovic revenait de suspension, pour une attitude jugée raciste lors du match d’ouverture.
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On comprend le trouble qui s’empare du joueur lorsqu’il constate que les instances considèrent comme raciste un geste qui n’est qu’amour. En effet, un but marqué, de surcroît dans une grande compétition, provoque un afflux d’adrénaline dans l’organisme du joueur, ce qui peut l’exposer au moment de la célébration à exprimer ses pulsions les plus refoulées. Ici, la signification du le rond avec les doigts est limpide : on peut l’affubler a posteriori de toutes les significations que l’on souhaite, il s’agit bien sur l’instant de mimer un vagin, le vagin maternel en l’occurrence. Un premier but dans un tournoi est une naissance, c’est ce qu’a voulu souligner le joueur. On remarque que le rond n’est pas parfait, des doigts restant levés : il s’agit bien entendu de mimer le clitoris maternel, de manière exagérée, comme pour mieux dire « tu as vu maman, je suis grand maintenant, je sais marquer des buts et je sais que tu es une femme, faisons du sexe ensemble, je t’aime maman. » C’est donc injustement qu’Arnautovic a été châtié pour un geste totalement innocent.
NB : j’entends dans le fond rappeler qu’Arnautovic a également crié « l’Albanais, j’ai baisé ta mère ». Vous êtes priés de ne pas perturber ma conférence avec ce genre de détails, je vous remercie.
Or donc, voici notre joueur revenant de suspension, contrit et décidé à se consacrer exclusivement au football. La contre-attaque autrichienne est lancée et le voici servi seul face au but. C’est forcément ici que tout se bouscule. Le but est ouvert, grand ouvert – ouvert donc comme le vagin maternel, est-il besoin de vous le rappeler. Parallèlement, la question de la célébration du but revient en tête du joueur avant même la conclusion de l’action ; tous les enjeux géopolitico-historiques de l’Europe de l’Est se bousculent alors en lui : « Alors, l’Ukraine, est-ce que je les aime bien ou pas, voyons… je suis Autrichien mais d’origine Serbe, je ne peux pas insulter les Albanais de Macédoine du Nord, ça je le sais, mais les Ukrainiens… c’est Russe ou pas ça l’Ukraine, ça a l’air compliqué… et puis ils ont leur club du Shqiptar Donetsk, là, ça fait un peu albanais quand même… oh Maman, pourquoi me laisses-tu si seul ? »
Et donc, le plus simple dans cette histoire, c’était encore de rater le but.
L’Autriche peut en revanche remercier l’absence de protocole commotion dans le football, qui permet à Baumgartner de rester sur le terrain malgré un gros choc tête contre tête. Notre joueur a le temps d’ouvrir le score sur corner, avant de voir voler des éléphants roses et de finir par sortir dix minutes plus tard. Mourir sur le terrain oui, mais pas sans avoir marqué le but de la victoire, il n’y a que le football pour nous procurer de si belles émotions.
Les notes :
Bachmann : 3/5 – Deux arrêts solides au milieu d’un océan de tranquillité.
Dragovic : 3/5 – On peut sans trop s’avancer imaginer que ce sera un peu plus compliqué contre l’Italie.
Alaba : 4/5 – Avec la fin de cette défense à trois bâtard, le capitaine s’est trouvé replacé sur le côté, pour le plus grand bonheur de tous.
Hinteregger : 4/5 – Pour la première fois je vais livrer une appréciation passionnée sur ce joueur : il a fait un bon match.
Lainer : 3/5 – Arpente son couloir nez au vent et coude à la portière, décontracté.
Grillitsch : 4/5 – D’autant plus brillant à la récupération du ballon que les Ukrainiens le perdaient volontiers tout seuls.
Schlager : 4/5 – Parfait complément du précédent, en espérant que les compères parviennent à débiter du milieu azzurro avec le même entrain.
Laimer : 3/5 – Assure l’indispensable quota d’insignifiance de la sélection autrichienne.
Baumgartner : ko/5 – ADRIENNE
Sabitzer : 2/5 – Malgré une domination autrichienne presque enthousiasmante, il faut bien avouer que plus on se rapproche du but, plus le spectacle devient gênant.
Arnautovic : 1/5 – Il n’y a ni Noir ni Albanais dans l’équipe d’Italie, cela devrait mieux lui convenir.
Les remplaçants :
Schöpf : 3/5 – Auteur de la passe du 2-0 goinfrée par notre avant-centre.
Ilsanker, Kalajdzic : rien à signaler.
Place donc à ce huitième de finale contre l’Italie qui, malgré tout l’attachement patriotique que je porte à notre sélection, n’a guère de chance de me conduire à devoir reporter mes vacances. En attendant cette ultime consultation, veuillez transmettre mes respects à votre maman et ne pas oublier de me faire parvenir votre règlement – et non, je ne prends pas la carte bancaire.
Battez l’Italie !
Sacré Marko, c’est ce qui s’appelle repousser son Œdipe sur le voisin.