Bayern-Borussia (2-0), encore un titre pour die Bayerne Akademie
Même si c’est pas le plus beau
C’est la fin. La fin d’une longue saison. Saison terminée dans les esprits depuis déjà l’élimination en Ligue des champions contre de vulgaires franquistes. Mais bon, faut bien continuer à vivre en attendant une nouvelle saison et une nouvelle demi-finale. C’est donc Dortmund qui se dresse sur la route du Bayern pour réaliser un doublé coupe-championnat. Ce doublé permettrait d’achever sur une note positive une saison qui s’annonçait comme un triomphe avant de finalement devenir une tannée. Cette finale est surtout l’occasion pour Guardiola de se relancer, lui qui a déjà épuisé tout son capital de confiance et de sympathie (déjà qu’il en avait pas un énorme non plus)
Les compos :
Quelques surprises de la part de Guardiola. La plus bruyante c’est l’absence de Mandzukic, qui n’est même pas sur le banc. Le géant croate s’est apparemment embrouillé avec Guardiola, qui lui aurait alors souhaité bonne chance pour conduire le bus l’an prochain (en référence à un possible transfert à Chelsea). C’est triste de se dire que Mandzukic achève son histoire avec le Bayern de cette façon, mais c’est la vie, d’autant plus que l’arrivée de Lewandowski semblait rendre inévitable son départ. Seconde surprise, la titularisation d’Hojbjerg. Le jeune milieu franco-danois (mais surtout Danois) grappille du temps de jeu par-ci par-là depuis le début de la saison mais c’est sa première titularisation dans une rencontre de ce niveau.
Le match :
La troisième surprise de Guardiola est dévoilée dès le début du match. Boom, une défense à trois. Dante, Martinez et Boateng prennent place derrière. Devant eux, Rafinha et Hojbjerg occupent les couloirs. Lahm et Kroos sont les premiers relais devant la défense et devant Robben, Götze et Müller alternent (s’excentrant parfois, redescendant au milieu, partant dans la profondeur). Dès la quatrième minute, le Bayern se crée une occasion d’ouvrir le score. Une passe mal ajustée de Piszczek dans sa moitié de terrain est interceptée par Lahm qui donne à Robben. Et là, Robben fait un bon choix et une bonne passe vers Müller sur la droite. Müller croise sa frappe et Weidenfeller l’arrête de la tête. Les dix premières minutes sont dominées par les Bavarois avant que Dortmund connaisse un léger mieux pendant une dizaine de minutes également (avec plusieurs corners mais rien de bien dangereux). Le gegenpressing de Dortmund n’est pas aussi étouffant que d’habitude, le Bayern trouve facilement des solutions pour relancer. Mais ils ne font pas toujours les bons choix devant et, combiné avec des défenses en forme (oui c’est moins facile de marquer quand les défenseurs ne font pas quinze erreurs par match), les occasions se font rares. A la 30ème, Lahm prend un coup et doit quitter le terrain et Ribéry le remplace. En fin de première période, le Bayern se rapproche de plus en plus du but de Dortmund, rentre dans la surface, tire, centre, mais rien. La première période s’achève après une occasion de Lewandowski qui crochète Hojbjerg dans la surface mais envoie sa frappe trois mètres au-dessus.


La seconde période redémarre pareil. A la 56ème, Ribéry déborde sur le côté et centre au premier poteau. Müller surgit mais sa petite touchette est captée facilement par Weidenfeller. Un peu après, Neuer rate une relance, Lewandowski récupère et Kroos vient couper sa course juste devant la surface. Coup franc. Directement dans le mur. Mais à la 64ème, c’est le drame. Sur un coup franc, Lewandowski dévie le ballon au second poteau et Hummels plonge pour mettre la tête. Dante dégage le ballon, Hummels célèbre mais l’arbitre ne dit rien, le jeu se poursuit. Bon. Selon certaines sources qui s’autorisent à penser dans les milieux autorisés, le ballon serait rentré (ces informations sont à mettre au conditionnel). Pour moi, si le ballon ne franchit pas plus d’une quinzaine de centimètres à l’intérieur, c’est comme pour les vierges, ça compte pas.


« It’s good to stay at the Borussia »
Ensuite, pas grand-chose et le match va jusqu’aux prolongations. C’est là que ça devient intéressant. Aubameyang est pas loin de marquer dès la reprise mais loupe le cadre. Plus d’occasions (et encore) mais aussi plus d’arrêts de jeu entre Neuer qui se plaint de l’épaule et les crampes des joueurs. Mais, comme d’habitude, c’est finalement Robben qui rompt le jeûne et ouvre le score. Weidenfeller relance sur la gauche mais le joueur de Dortmund (Grosskreutz visiblement) laisse passer le ballon vers Boateng qui centre au second poteau. Sokratis décide lui aussi de laisser passer et c’est Robben qui reprend au second poteau. Sa frappe est en plein sur Weidenfeller mais lui aussi décide de laisser passer, voire même de pousser le ballon vers le but.

Après le but, le match devient un peu fou, on balance le ballon un peu partout, des occasions par milliers. Au bout du temps additonnel, Müller inscrit le second but et scelle le match. Perte de balle de Dortmund, Robben le reçoit et donne à Pizarro. Et là le génial génie offre une passe fabuleuse pour lancer Müller vers le but. Mais Müller est complètement cuit. Il se fait rattraper par Schmelzer mais parvient finalement à s’en débarrasser avant d’éliminer Weidenfeller et de marquer. Et on en reste là.

« Ta bite dépasse. – Encore ? »
Les notes :
Neuer 4/5 : Pas grand-chose à dire sur son match. Il fait ce qu’il faut. On pourrait lui reprocher une sortie étrange sur le non-but d’Hummels, mais je ne le ferais pas.
Boateng 5/5 : Très solide défensivement c’est lui qui presse pour récupérer le ballon très haut et centrer rapidement (et surtout parfaitement) au second poteau vers Robben. Bon, ça reste une saison bien caca pour lui mais finir là-dessus lui fera du bien.
Martinez 5/5 : Martinez au milieu. Martinez à l’infirmerie. Martinez sur le banc. Martinez dans la presse et maintenant Martinez dans une défense à trois. Si Guardiola l’a plusieurs fois utilisé en défenseur central, c’était toujours dans une défense à deux et avec assez peu de succès. Mais là, c’était le patron. De bonnes interventions, quelques découpages amicaux
Dante 4/5 : Comme les deux autres mais pas autant (et démerdez vous avec ça).
Hojbjerg 4/5 : Très présent défensivement sur son côté droit, quelques dribbles et passes intéressantes. Il a très bien tenu le choc pour une titularisation dans un aussi grand rendez-vous. Toujours aussi prometteur. Remplacé par van Buyten (tiens, il est vivant) à la 102ème.
Lahm 3/5 : Bon mais sans plus en début de match, il sort à la trentième à cause d’un problème au pied. Remplacé par Ribéry (3/5), de retour de blessure. De bonnes accélérations, de bons driblles mais rien de fabuleux non plus. Bien pour un retour.
Toni Kroos 4/5 : Métronome du milieu après la sortie de Lahm (156 ballons touchés, le second est Dante avec 118). Il a été très présent, mais peut-être pas assez dans le dernier tiers.
Rafinha 3/5 : Haha. Non il a été bien défensivement mais faut pas déconner non plus. Pas plus de 3.
Robben 5/5 : Le but de l’ouverture du score, plusieurs occasions, cinq dribbles réussis et pas autant de ballons perdus que d’habitude. Très bien.
Götze 3/5 : Ce n’était pas mauvais. C’était même bien dans le jeu. Présent dans la construction, dans les circuits de passes du Bayern mais il n’a tellement pas la magie qu’il devrait avoir. Putain, l’impression d’avoir une Ferrari conduite par l’Abbé Pierre. Mets de la vitesse bordel.
Müller 5/5 : Contrairement à son habitude, Müller n’a pas été ce fantôme qui traverse la rencontre de manière invisible avant de venir planter un but assassin. Bon il a quand même planté son but assassin à la fin, mais on l’a également vu dans le jeu plus que normalement. Et sept dribbles réussis (plus grand nombre du match), notamment sur son but où il élimine Schmelzer puis Weidenfeller.
Alors vous me direz, c’est quand même des notes très généreuses pour un 2-0 au bout des prolongations avec un but valable refusé. Et oui. Mais j’ai envie d’être un peu positif et joyeux (pas facile quand on est Allemand). Le 3-4-3 de Guardiola et sa (modeste) réussite ce soir montre que ce n’est pas fini. Il est capable d’évoluer et de faire évoluer le Bayern. Plus de verticalité, de vitesse, de duels et une solidité défensive retrouvée (mais encore trop de mauvais choix et beaucoup de place pour s’améliorer). De quoi espérer une saison prochaine, avec l’apport de Lewandowski et sans doute d’autres recrues, très excitante (sauf si Guardiola refait de la merde ce qui reste très possible).
A la saison prochaine !

