Brétigny – AC Ajaccio (1-2) : L’Aiacciu livre ses notes, I Sanguinari en infiltration

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Ah les charmes de la Coupe de France, du foot amateur, de la vie post-attentats, de l’automne, de la banlieue parisienne et des déplacements réunis en une seule journée. Récit d’un samedi pas comme les autres.

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Tout commence dans la banlieue de la banlieue parisienne. Imaginez la tristesse. Direction l’hôtel des joueurs. Tout autour ? Des chevaux, des champs et des forêts. Tu t’apprêtes tranquillement à partir au stade et là tu vois arriver le sosie de Jean-Pierre Treiber, avec un pantalon de velours, un béret et un imper’ beige, qui vient frapper à ta portière. À ce moment-là, tu regardes autour de toi – tu te rends compte que tu es seul sur le parking – et tu n’as pas d’autres choix : tu lui ouvres la vitre.

“Oui bonjour, excusez-moi, je suis en panne juste là-bas, vous pourriez me dépanner ?”

Tu réfléchis, tu pèses le pour et le contre, et au final tu dis “Oui, d’accord, j’arrive.” Un dernier coup d’oeil pour checker si ce n’est pas un guet-apens, tu réfléchis à quoi faire en cas d’attaque ou de viol par surprise et tu te lances. Tu ouvres ton capot, tu sors les pinces, tu démarres ta voiture. Tout se passe bien. Et là, le sosie de Jean-Pierre Treiber met sa main dans la poche intérieur de son imper’, te fait un grand sourire et te dit

“- Attendez, je vais vous donner quelque chose… – Non merci ça va aller, je vais y aller !”

Voilà comment on échappe à un tueur en série. Direction le stade. Plan d’alerte attentats oblige, tu passes un barrage, deux barrages, on te fouille,  on te fait tout poser à l’entrée. Et là, la première chose que tu entends quand tu t’assois en tribune c’est un père qui dit à son fils “Oh regarde ce que j’ai trouvé, c’est une douille de pistolet”. Véridique. Elle sera vite amenée aux stadiers, qui étoufferont “l’affaire”. Ça commence bien. Quelques minutes plus tard, les joueurs entrent sur la pelouse. C’est parti pour le cérémonial d’avant-match : une minute de silence parfaitement respectée puis une Marseillaise crachée par une vieille enceinte et très peu reprise dans les tribunes. Sauf par un type derrière moi qui avait de la bonne volonté mais qui ne connaissait pas les paroles. Un exemple ?  “Les cendars sanglants est levé”.  

Viendra ensuite le coup d’envoi. Initialement, il devait être donné par Ricardo Faty, ancien joueur de Brétigny et de l’ACA, qui arrivera finalement à 14h30. Ses explications après-match ? “Je mangeais tranquillement à côté, je croyais que le match commençait à 14h30 !”

Sur la pelouse, Olivier Pantaloni avait sorti son onze-type ou presque. Anthony Scribe était de retour dans les cages, la charnière centrale était composée de Cissé et Aine alors que Diabaté et Lippini étaient chargés des couloirs. Gonçalves et Vincent étaient titularisés à la récupération, avec devant eux Madri, Cavalli et Nouri. Et enfin, en pointe, on retrouvait Andrey Panyukov, encore préféré à Toudic.

Vous vous souvenez du match de Coupe de France à Quimperlé il y a deux ans ? Et bien les similitudes avec ce match à Brétigny sont nombreuses : un petit terrain rendu difficile par la pluie, une équipe de DSR qui donne tout et qui ouvre vite le score et une qualification à l’arrache dans les derniers instants. Si les Acéistes ont vite été accrocheurs et ont répondu présents physiquement, c’est techniquement que le bât a blessé. Des frayeurs défensives, du mal à bien relancer, des pertes de balles trop rapides et des joueurs de DSR qui dribblent des professionnels de Ligue 2 bien trop facilement. Des difficultés qui ne passeront pas inaperçues chez les supporteurs du CSBF. “C’est eux qui sont en Ligue 2 ? C’est le CA Ajaccio, c’est ça ?”, dira un mec sérieusement. Un autre, plus loin, passera 90 minutes à gueuler toutes les 120 secondes “Oh Lippini, tu es nul!”. Le même qui, plus tôt, ironisait avec des “Hey mais c’est des nains Ajaccio!” ou insultait avec des “sales terroristes !”.

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Sur le terrain, la différence de niveau ne se fait absolument pas ressentir. Ce sont les locaux qui se procurent les plus grosses occasions en début de match, malgré une frappe trop molle de Madri dès la 5ème minute. À la 14ème minute, après des difficultés à dégager un corner, l’attaquant de Brétigny, esseulé sur le côté gauche de la surface, a pris le temps de contrôler et de placer le ballon sous Anthony Scribe. 1-0, c’est la folie dans le stade. Les supporteurs s’emballent et en perdent leur français. “Faut qu’ils y croivent !”, lancera le fameux type de la Marseillaise. Fort heureusement, l’ACA ne tardera pas à revenir au score, grâce à la vitesse d’exécution et à la précision de Nouri qui servira le rapide et efficace Madri. 1-1. Le match va alors s’enliser. Et l’ACA ne s’en sortira pas. Il faut dire qu’en plus des conditions météorologiques, les pertes de balles trop rapides, le manque de disponibilité, de folie et de solutions ne permettaient pas d’espérer mieux. Il faudra attendre la fin du match et l’entrée de Toudic couplée à une baisse physique des amateurs pour clairement reprendre possession du jeu. La délivrance viendra de Toudic, qui provoquera un CSC libérateur à la 89ème minute. Pas de prolongations, pas de fatigue en plus, pas besoin d’attendre 30 minutes de plus dans le froid dans les tribunes. La manière n’était pas là, mais le résultat, lui, y est. Et c’est bien l’essentiel dans ce genre de match piège. L’ACA enchaîne deux victoires de suite pour la première fois depuis le 12 décembre 2014 et un enchaînement victoire contre Borgo puis contre Nancy.  

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ANNUTAZIONI :

Anthony Scribe la moyenne/5 : Durant ses 5 semaines de suspension, il a dû longtemps penser à son retour : un stade plein, un grand soleil, une victoire nette et sans bavures et un match parfait de sa part. Il n’aura rien eu de tout ça. S’il n’a pas eu d’énormes arrêts à faire, il aurait pu éviter le premier but avec une sortie plus rapide. Mais on mettra ça sous le coup de l’appréhension. Le reste du match ? Tranquille.

Anthony Lippini 2/5 : Ricardo Faty n’est pas le seul à avoir eu 30 minutes de retard, Lippini aussi. Pas entré dans le match, c’est lui qui laissera beaucoup d’espaces à son vis-à-vis et c’est lui qui laissera le joueur adverse sans marquage sur le but. Du mieux par la suite.

Pape Cissé la moyenne/5 : Il aura fait plusieurs frayeurs à ses coéquipiers, en prenant des risques aux abords de sa surface ou à cause d’un manque de communication. Ce qui lui vaudra plusieurs remontrances de ses coéquipiers.

Hugo Aine la moyenne/5 : À la réception de plusieurs ballons, de la tête ou de la poitrine, avant un carton jaune pour un pied haut sur l’attaquant de Brétigny puis un coup de coude dans un duel qui l’enverra à l’hôpital à la mi-temps : le pauvre ne savait plus où il était, contre qui il jouait et quel jour on était. Remplacé par N. Borodine.

Zié Diabaté 3/5 : Pas dérangé sur son côté où il avait à faire à “tu vois le rebeu là-bas ? Il m’énerve, il rate tout, il est pas bon” selon un type de Brétigny derrière moi. Passé en défense centrale en deuxième mi-temps, il a parfaitement géré, avec notamment plusieurs dégagements de la tête.

Christophe Vincent 3/5 : Il a mis autant de conviction, de détermination et de force dans ses duels que dans ses autres matchs.

Claude Gonçalvès la moyenne/5 : Il aurait pu beaucoup plus apporter offensivement s’il avait réussi plus de dribbles et s’il n’avait pas perdu trop de ballons sur des passes mal ajustées.

Riad Nouri 3,5/5 : L’Acéiste le plus dangereux de la rencontre. S’il est à créditer d’une jolie passe décisive, il a également tenté sa chance à plusieurs reprises, faisant de lui le joueur ayant le plus tiré au but. Beaucoup de mouvements sur le front de l’attaque.

Mouaad Madri 3,5/5 : On aurait eu besoin de sa vitesse plus souvent. Mais peu importe, la seule fois où il a véritablement accéléré, il a trompé le gardien en face à face d’un beau plat du pied. Un but sur sa seule occasion, une efficacité qui fait du bien.

Johan Cavalli la moyenne/5 : C’est dans un match comme cela qu’il aurait dû apporter vitesse, précision, disponibilité mais au final, on ne l’a pas beaucoup vu.

Andrey Panyukov 1,5/5 : Il a tellement tricoté qu’en un match il a réalisé le stock russe de chapka pour un an. Quand il ne passait pas son temps à dribbler aux abords de la surface (des dribbles réussis, mais il en faisait trop à chaque fois, oubliant de servir ses coéquipiers), on ne le voyait pas, sans impact dans le jeu et sans force de proposition. Et il a beau être Russe, ses frappes contre Brétigny sont beaucoup moins précises que les frappes de Poutine sur Daesh.

I RIMPIAZZANTI :

Nicolas Borodine, 45ème minute, 3/5 : Entré à la mi-temps sur le côté gauche de la défense, il a immédiatement mis le bleu de chauffe en allant directement au contact et en n’hésitant pas à prendre son couloir. Ce qui débouchera sur plusieurs bons centres.

Laurent Abergel, 60ème minute, NN : Une belle activité au milieu, avec de la vitesse d’exécution.

Julien Toudic, 75ème minute, NN : Excellente entrée en jeu avec beaucoup plus de poids et de présence offensive que Panyukov. S’il s’est tout de suite mis en évidence par deux frappes, c’est l’un de ses centres venu du côté droit qui forcera un défenseur de Brétigny à tacler et à dévier le ballon dans ses propres filets.

Perfettu

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