Dijon-OM (0-0) : La Canebière Académie regarde tomber la neige.

Aïoli les sapiens,

« Écoute mon bon Dimitri, t’es un joueur modèle. Mais si, t’as que des qualités. Et physiquement t’es redevenu comme je pouvais l’espérer : c’est le bonheur rangé dans une armoire. Et tu vois, même si c’était à refaire, je te recruterais de nouveau.

Mais tu m’emmerdes. Tu m’emmerdes gentiment, affectueusement, avec amour, mais tu.m’em.merdes. »

Bientôt 34 ans et des caprices de pisseuse parce que l’entraîneur l’a mis sur le banc une fois de trop. Dire qu’on en a pris jusqu’en 2024 minimum.


L’équipe

Mandanda
Sakai – Alvaro – Caleta-Car – Nagatomo
Kamara (Strootman, 65e) – Gueye (Cuisance, 60e)
Thauvin (Aké, 76e) – Rongier – Radonjic (Payet, 60e)
Benedetto (Germain, 60e)

Vu que la composition du match précédent a fonctionné au-delà des espérances contre Montpellier, Villas-Boas tient à vérifier avec la plus grande rigueur statistique qu’il ne s’agissait pas d’un coup de bol : on remet la même (Rongier pour Cuisance excepté), on console Dimitri qui boude sur le banc avec un gros câlin ou un gros coup de pied au cul (rayez la mention inutile), et vogue la galère.


Le match

A priori, on reste sur notre lancée : les défenseurs adverses sont une nouvelle fois à chier, Thauvin ainsi que Prince Fada Radonjic sont toujours aussi intenables [note du service spoil : ça ne va pas durer], et le burn-out de Benedetto ne semble pas près de guérir.

Après deux tirs de Radonjic en 7 minutes, dont l’un mal repoussé et que Dario ne parvient pas à reprendre de près, la soirée semble s’annoncer favorable. La première contrariété survient à la 22e minute, quand Dijon réussit trois passes de suite ; nos défenseurs, qui ne s’attendaient pas à un tel événement, sont instantanément dispersés et laissent Baldé se présenter seul face à Mandanda. Fort heureusement, les Bourguignons ne sont pas derniers pour rien et l’attaquant rate un but tout fait en tirant sur le poteau.

Cet événement slipométrique marque un tournant dans le match de l’OM, un peu de la même manière que le coronavirus anglais dans le mandat des élus du Printemps marseillais, quand leurs prises de paroles sur le confinement révèlent qu’en guise de lendemains qui chantent on a finalement affaire à des gens capables de se montrer aussi bêtes que Renaud Muselier.

L’embellie vécue contre Montpellier se dissipe très vite dans la même mélasse sans cohérence que les Olympiens nous ont trop souvent servie cette saison. La nullité de la défense adverse nous offre toutefois quelques boulevards, que notre propre inanité offensive gâche immanquablement. De leur côté, les Dijonnais peuvent d’ailleurs sensiblement la même chose, tant les espaces abondent également dans notre camp.

Comble de malchance, les soudures qui empêchaient le cerveau de Nemanja de fonctionner n’importe comment commencent clairement à lâcher en début de seconde période. Marseille a des occasions mais les gâche, Dijon a des occasions mais les gâche, et entre les deux le jeu ne ressemble à rien : nous sommes en pleine partie de Flubupte. Villas-Boas cherche alors à reprendre un peu de maîtrise sur les événements en faisant entrer Payet, Germain et Cuisance à l’heure de jeu.

Un problème majeur vient contrarier cette tactique : sa Majesté n’a pas digéré le crime de lèse-meilleur-joueur-de-l’équipe dont elle a été victime, et a bien l’intention de le faire savoir. Pas de duel tenté, des pertes de balles désinvoltes, des corners tirés à 20 centimètres de haut : je suis prêt à parier qu’à la fin du match, Dimitri s’est enfermé dans le vestiaire en marmonnant « d’abord j’en ai rien à foutre, et s’ils veulent me virer je les emmerde, puis de toute façon si c’est ça je m’en vais et ce sera bien fait pour leur gueule ». À la rigueur, c’est peut-être quand il a essayé en vain de trouver des boutons d’acné à se percer devant la glace qu’il s’est rappelé être père de famille et avoir passé l’âge de ces conneries, auquel cas tout espoir ne serait peut-être pas perdu. Le joker Payet est donc grillé d’office, et Valère l’est très rapidement aussi : Aké remplace en effet Thauvin sur l’aile droite, où il se montre d’un niveau abyssal. Germain et lui échangent donc leur place, si bien que Marley est toujours nul en pointe, et Valère désormais décoratif sur l’aile. Quand à Cuisance puis Strootman, leur entrée est insipide.


Incapable de capitaliser sur ses réussites, l’OM retombe donc dans ses défauts, à savoir l’absence totale de maîtrise y compris contre des adversaires d’un niveau affligeant. Et là, vous me direz, ce résumé manque de blagues. C’est vrai. Mais ses 3 500 caractères sont déjà généreux au regard de la purge subie ce samedi soir. À titre de dédommagement, veuillez accepter cette petite blague bien dans l’actualité hivernale : connaissez-vous la différence entre l’abominable homme des neiges et l’abominable femme des neiges ?


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Séance de torture raffinée pour Steve, avec une défense de mastres qui l’oblige à rester vigilant en permanence, mais des Dijonnais infoutus de cadrer un tir pour qu’il puisse se sentir utile.

Sakai (3-/5) : Une remarquable activité, y compris offensive. Mais entre la qualité de finition de ses actions et la qualité de finition des attaquants sur ses rares centres réussis, on peut dire qu’en une saison Hiroki Sakai accomplit une passe décisive autant de fois qu’il neige.

[Précision du service anti-fake-news : nous devons à la vérité d’informer nos lecteurs que l’affirmation précédente est inexacte : pour la saison 2020-2021, les statistiques font état de deux épisodes neigeux pour une passe décisive d’Hiroki Sakai.]

Alvaro (2/5) : Laisser les Dijonnais tirer au but c’est comme laisser parler Marine Le Pen dans un débat d’entre deux tours : c’est encore plus efficace de les laisser se ridiculiser tout seuls.

Caleta-Car (2/5) : Même remarque que le précédent, en soulignant par ailleurs que Duje estl’auteur de l’action la plus construite de notre fin de match (une tartine de 80 mètres pour obtenir un corner).

Nagatomo (2+/5) : Yuto a réussi à dominer ses vis-à-vis, et ce ni à la pétanque ni au sudoku mais bien au football. Ce n’est pas pour autant qu’il a eu une quelconque utilité dans le jeu, mais saluons au moins ce remarquable exploit défensif.

Kamara (3/5) : Le profil : « jeune fonctionnaire territorial » : une nouvelle génération très prometteuse, mais pas encore assez aguerri pour convaincre à lui seul ses collègues quinquagénaires de retourner au boulot après seulement un quart d’heure de pause pastaga.

Strootman (65e, 2/5) : Le collègue quinquagénaire en question. Un thermomètre dans la main, un badge FO-Territoriaux dans l’autre, et hop, droit de retrait.

Gueye (3-/5) : Lui aussi un ton en dessous, avec de surcroît son enchaînement « carton jaune pour antijeu » puis « pied dans la gueule de l’adversaire cinq minutes plus tard » qui a réveillé le souvenir des turpinades les plus sombres de notre histoire. Je veux dire, il va falloir que Pape apprenne rapidement à maîtriser ses longs membres ; ce n’est pas comme s’il était ministre de l’intérieur, ici il peut y avoir de vraies conséquences.

Thauvin (2+/5) : On parle de Payet mais lui aussi a réalisé un festival de coups de pieds arrêtés foireux. Autant on se méprend et il y a une vraie dimension militante, je sais pas, du genre « les joueurs NBA mettent un genou à terre, eh bien nous on tire nos corners à terre ». Mais si c’est ça il faut prévenir qu’il y a un message derrière. Sorti de ça, un match passable, caractérisé en 2e période par un nombre remarquable de positions favorables ignorées par ses coéquipiers.

Aké (76e) : L’intérêt de son entrée, c’est éventuellement de nouer contact avec Dijon pour un prêt. Le terrain d’entente semble facile à trouver étant donné qu’en l’état, ni lui ni eux n’ont grand-chose à faire en Ligue 1.

Rongier (2/5) : Les défenseurs dijonnais perdant le ballon dès qu’une motte de terre faisait un pressing, il est d’autant plus dommage que notre rongieur de ballons se soit montré aussi sage.

Radonjic (2+/5) : Un début de match enthousiasmant, où il se trouve à point nommé pour tirer au but. Hélas, il est d’abord mis en échec par le gardien, avant de l’être par ses propres jonctions synaptiques.

Payet (60e, 0/5) : Honteux. Logiquement, il va prochainement marquer un but d’anthologie et le célébrer soit par un « chut », soit par un mime de grosses couilles. Au fond, être complètement immature, c’est peut-être sa façon a lui de rester jeune, un peu comme les académiciens Horsjeu qui ne cessent pas les blagues de bite à 40 ans passés.

Benedetto (1-/5) : Ah, tiens, puisque l’on en parle : bite.

Germain (60e, 3/5) : Tout jouette de retrouver un vrai poste d’avant-centre, des espoirs rapidement douchés quan d Villas-Boas lui a assigné un poste de « fig-leaf-right-winger » (en français : « je sais que c’est pas juste mais mets-toi là à la place de Marley parce que s’il reste à ma portée je le gifle »).


L’invité zoologique : Wesley Lautarie

L’otarie n’est élégante que lorsqu’elle se trouve sous le niveau de la mer. À la surface, l’altitude est déjà trop élevée pour elle et elle se montre pataude, voire grotesque. L’otarie est donc bien l’invitée appropriée pour évoquer Dijon, qui a bien respiré parmi nous mais qui va devoir se hâter de replonger, maintenant.

– les autres : nuls au milieu, nuls en défense, nuls pour exploiter les cadeaux qu’on leur a fait. Exactement comme nous ce soir, ceci dit, mais bon, eux ça a l’air plus, et plus souvent.

– le classement : Paris gagne, Lille gagne, Monaco gagne, Lyon est champion d’automne. A force de ne pas s’en alarmer, voilà comment on se retrouve à être diffusé sur la 2e chaîne du multiplex, une humiliation inédite en 8 ans de Canebière Académie.

– la devinette : En réponse à notre devinette de tout à l’heure, la différence entre l’abominable homme des neiges et l’abominable femme des neiges, c’est bien évidemment une abominable paire de couilles. Merci de votre attention.

les boutons : les petites choses ci-dessous intitulées « faire un don » et « rejoins-nous » te font de grands yeux attendrissants pour que tu viennes cliquer dessus.

– les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Pourtant très pris par ses 16 podcasts (Arsenal, le cyclisme, la Jouzé Académie) Johny Kreuz trouve le temps de remporter le concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 commentaires

  1. Réponse : une ABOMINABLE PAIRE DE COUILLES !!
    Ah ? La réponse était donnée plus haut ?…

  2. Un classique qui fait toujours rire. Je parle de la blague. Celle des abominables. Et celle de l’ado minable aussi, en fait.

  3. Dijon est 18e et non pas dernier. Vous êtes bien content de nous trouver pour accompagner vos grillades et relever vos sauces, il serait peut-être temps d’enfin nous tolérer en Ligue 1 Monsieur Blaah !

    • Alors en effet, j’ai découvert aujourd’hui que Lorient et Nîmes étaient encore plus nuls que vous. Vous m’en voyez positivement ébahi.

  4. Punaise. J’ai dû chercher sur mon moteur de recherche la réponse à la devinette… Je n’ai pas pu attendre de finir de lire la canebière.

    Blague abominablement machiste.

    Je valide.

  5. Après jouer Dijon c’est toujours compliqué. C’est quand même l’équipe qui a fait match nul contre Metz.

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