FRANCE – PORTUGAL (0-0) : L’ACADEMIE FRANCAISE ABHORRE LE BOREDOM BORDEL

La Révolution aura duré 72 heures. Le Champion du monde, tout-puissant, étoilé, affrontait le Champion d’europe inespéré, usurpateur, nul, flasque, porteur d’eau de CR7, honni. Rendez l’Euro putain. Un combat entre deux nations qui se connaissent bien et s’adorent, c’est bien connu. La preuve en images. La France s’excuse d’avance pour ce film et pour le match objet de la présente.

Les pisse-froid diront qu’on s’est copieusement ennuyé ; les pisse-chaud, ben, ils devraient aller chez le toubib. Outre la sensation désagréable, mélange d’incontinence, de goutte et de lames de rasoir caressant la plus intime des sensibilités, les pisse-chaud auraient en effet bien besoin de consulter s’ils ont pris du plaisir devant ce triste match. A noter : allez lire la revue de l’adversaire, au moins il y a des jolies images.

La compo :

Après les expériences en 3-5-2, retour à un schéma plus classique. Ce sera en réalité davantage un 4-4-2 losange, contrairement à la présentation officielle, Grizou jouant 10. Grosse équipe dans le principe avec 9 Champions du Monde titulaires tout de même.

Le derrière :

Une charnière qui a tout de la charnière titulaire. Idem pour les latéraux, faute de mieux (sauf un).

Le milieu :

Vraie surprise que de voir Rabiot titulaire aux côtés de Pogba et Kanté. Dans un « gros » match, entouré de titulaires devant, derrière et à côté de lui, Adrien joue gros.

Le devant :

Pas de surprise ici : Grizou en maître du jeu, Giroud en pointe/pivot/remise et Mbappé autour.

Le match :

Que c’était chiant, déjà. En plus de devoir supporter Xavier Domergue et Robert Pirès sur M6 – oui, c’est mieux que Denis Balbir et Jean-Marc Ferreri, non c’est pas mieux que Margotton et Lizarazu même si ces deux-là ne sont pas à se taper le cul par terre –, il a donc fallu supporter 90 minutes d’une rencontre qui n’avait, dans le jeu, rien d’un choc, rien de chic et même pas de love chac baby.

Pour se mettre dans l’ambiance du jeu léché qui attendait les spectateurs, Ruben Dias a d’emblée mis un coup de coude à Giroud jusqu’à faire saigner le pauvre Olivier. Jaune mérité, malgré les protestations du nouveau défenseur surpayé par Guardiola qui ne résoudra aucun des problèmes défensifs de City. Le match est équilibré dans la médiocrité pendant le premier quart d’heure. Les Portugais haussent un peu le ton et dominent légèrement les Bleus jusqu’à la fin de la première période. A noter seulement la très belle intervention de Lucas chien-enragé Hernandez devant Ronaldo dans notre surface.

A la mi-temps, l’ennui mène déjà largement devant le football par six passes en touche à une occasion franche.

Quelques actions ponctuent la reprise, les hommes du terrain souhaitant eux aussi lutter contre le sommeil à leur manière. C’est ainsi que Mbappé profite du décalage d’Hernandez pour enrhumer Danilo Pereira et inquiéter le portier portugais (mais sa frappe en piqué est trop molle et nulle) avant que Ronaldo ne manque de pousser le ballon au fond sur un bon centre de l’ancien Lorientais Guerreiro.

Les Bleus passent tout près d’un but du vieillard Pepe, toujours vivant et sur ses deux jambes en charnière, qui reprend de la tête un ballon de Guerreiro mais se trouve hors-jeu. N’y tenant plus, les joueurs arrêtent d’essayer et se font autant chier que nous. Il n’y a guère que Ronaldo pour tenter lamentablement d’inscrire un but dans les arrêts de jeu, allant contre toute la logique philosophique du match. Heureusement, Lloris veille et repousse la lourde du Portugais d’une main aussi ferme que le jouet préféré de Gérald Darmanin (la matraque, bande de mauvaises langues).

0-0. Bien la peine de féliciter les Bleus d’avoir révolutionné le concept de match amical il y a trois jours si c’est pour nous sortir des prestations amicales lors des matchs qui ne sont plus vraiment amicaux mais presque. Merde.

Le (retour du) débrief :

Un nul logique pour un match où, comme le dit l’expression consacrée, « les défenses ont pris le pas sur les attaques ». Avec aussi peu de créativité au milieu et des latéraux aussi tranchants qu’un couteau à beurre sur du saucisson, pas étonnant. Le système n’aidait pas à créer sur les ailes, certes. Alors quoi ? Revenir au 3-5-2 avec des pistons aussi nuls que ceux déjà testés (Dubois, Cissoko, Digne…) ou en essayant de nouveaux sans aucune garantie de succès compte tenu de leurs performances en simples latéraux (Pavard et Hernandez) ? 4-2-3-1 avec deux ailiers (Coman ? Mbappé repositionné ?) ? On verra déjà le choix de DD face aux Croates.

Alors qu’Eurosport découvre le pot-aux-roses. Mais dites-moi, il paraîtrait même que l’Equipe de France est entraînée par le même homme depuis 8 ans et que c’est toujours la même rengaine non ?

Avouez que ça donne envie hein ? Le sélectionneur portugais fait dans l’honnêteté au moins. Mais a-t-il essayé d’obtenir des pénaltys pour marquer ? C’est une tactique spécifique déjà en oeuvre dans certains clubs.

Les notes :

Lloris (4/5) :

Peu sollicité pendant 90 minutes si ce n’est sur des frappes anodines, Hugo a sorti le bel arrêt au moment opportun. Capital capitaine.

Hernandez (3/5) :

Sérieux derrière, douteux devant, comme un symbole de *compléter avec votre propre vanne grivoise*. Ça reste mieux que son compère de l’autre côté ; au moins, Lucas a envie et essaye un peu plus.

Varane (3/5) :

Peu inquiété car solide, ce qui est mieux pour son intégrité physique qu’inquiété car gazeux.

Kimpembé (4/5) :

Beaucoup l’ont nommé homme du match mais je ne peux accorder un tel honneur après une rencontre aussi naze. Disons qu’il a très bien fait ce qu’il avait à faire, sans pour autant qu’il se soit transformé en meilleur défenseur du monde – ce titre étant toujours attribué à José-Karl Pierre-Fanfan.

Pavard (2/5) :

Que Benjamin ne se méprenne pas : jamais je ne militerai pour que Léo Dubois prenne sa place et soit titulaire en Bleu. Mais qu’il n’abuse pas de ma tolérance sinon je fais appel à Kenny Lala. Ou je rappelle Bacary Sagna histoire de revoir des centres improbables aussi inefficaces que les 200 centres de l’OL cette saison.

Kanté (2/5) :

Il récupère toujours autant de ballons mais il ne sait toujours pas quoi en faire ensuite. On le savait déjà mais sur ce match-là, son incapacité à dépasser sa fonction en donnant la passe juste ou en orientant le jeu ici ou là après avoir gratté le cuir a sauté aux yeux.

Pogba (3/5) :

Bien meilleur que sous la tunique mancunienne, Paul n’a pas été incroyable pour autant. Précieux sous la pression et assez rigoureux, il n’a toutefois pas été la première rampe de lancement du jeu, manquant d’inspiration (et de solutions autour de lui, ne nous mentons pas).

Rabiot (2/5)

Il pouvait tout rafler, il a tout perdu (enfin, pour moi). Le Duc avait l’air d’un com(te) ce soir. Appliqué défensivement, il a été beaucoup trop timide et passif offensivement. Plusieurs fois, le jeu dictait qu’il accompagne l’attaque, qu’il soutienne l’action. A chaque fois, Adrien est resté derrière tel JLM en 2017 malgré les recomptages de voix. DD lui a accordé sa confiance contre toute attente et il a déçu : cette performance remettra-t-elle au goût du jour le trio avec Tolisso – champion du monde de son état et plus régulier en Bleu à défaut d’être flamboyant – ou bien inaugurera-t-elle l’intronisation d’un Camavinga ?

Grizou (2/5) :

Ce n’est toujours pas le grand méchant Grizou mais on sait bien que sa saison au Barça va enfin décoller et qu’il inscrira le but vainqueur lors du Clasico le 25 octobre avant de rouler sur la Liga et sur l’Europe avec les Bleus. Mais si, mais si, croyez-y.

Giroud (2/5) :

Un coup de coude dans la tronche et y’a plus personne… Ah il est beau vôtre successeur de Platoche hein ! Et il faudrait rien dire ? C’est du White (French Catholic) privilege ? Alors que si ça avait été Karim Benz… Ne me parlez pas de racisme ! Arrêtez avec le racisme ! Bref, Olivier a été mauvais. Remplacé par Martial (74e), non noté.

Mbappé (2/5) :

Faute d’avoir eu beaucoup de ballons exploitables, Kylian est plusieurs fois redescendu les chercher. On s’est donc souvent trouvé avec trois joueurs techniques au même niveau sur le terrain (Grizou, Paulo et Kyky) sans qu’aucun ne soit capable de créer du jeu – y’en avait plus qu’un devant aussi, m’voyez ? Remplacé par Coman (84e, non noté), à propos duquel je n’ai pas manqué d’apprendre à mon paternel qu’il avait été condamné pour violences conjugales, histoire que cela soit su y compris dans la campagne chinonaise.

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Didier Décampe

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