Inter – AC Milan (4-2) : La Rossonera Accademia vous raconte difficilement le derby

Vingt-troisième journée de Serie A qui voit s’affronter deux équipes de Milan en forme.
L’Inter qui peut égaler et même passer devant la Juve au goal average ce qui en fait un concurrent réel au titre de champion d’Italie ; et Milan qui ne cesse de surprendre depuis la trêve hivernale avec sept matchs sans défaite.
L’Inter part évidemment grande favorite, au classement déjà, mais aussi dans la force collective du onze de Conte, objectivement meilleur que celui présenté par Pioli.
Comme toujours, les tifos sont de rigueur, la Nord et la Sud se sont préparées et nous dévoilent un spectacle magnifique.

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La Compo :

Pioli ne surprend personne en titularisant Rebic, bien plus en forme que Leao, Castillejo qui est très bon depuis que Pioli lui fait confiance et Conti en lieu et place de Calabria … Blanc bonnet, bonnet blanc. Kessie, Calhanoglu sont là eux aussi … Misère de misère. Retour de Bennacer et d’Ibrahimovic, absents au dernier match et c’est tant mieux, avec Ibrahimovic et Théo Hernandez ce sont les quatre hommes forts du Milan et c’est par eux que les bons résultats passent.

Le Match :

Deux matchs en un. Voilà comment on peut résumer ce derby de la Madonnina.

Une 1e mi-temps dominée, sur-dominée par un Milan méconnaissable. Redoublement de passes, pressing haut, de grosses occasions, dont la première de Calhanoglu touche le poteau… Ibrahimovic s’impose physiquement (comme à chaque match depuis son arrivée) et permet à Rebic de marquer dans le but vide, avant de se démarquer de Skriniar pour marquer de la tête face à une parodie de gardien. Handanovic a du faire la gueule.
Pioli a géré parfaitement son entame de match, ses consignes bien appliquées : marquage individuel de Calhanoglu sur Brozovic, Bennacer qui attire les ballons au milieu, Rebic qui bouge autour d’un Ibrahimovic physiquement impérial et Castillejo (pur gaucher) qui prend beaucoup son pied droit pour tromper la défense adverse. Milan mène 2-0 à la pause, et c’est totalement mérité.

L’avantage au score est clair, net et Conte doit réagir. C’est maintenant que les tifosi du Milan ont peur, peur d’une réaction attendue de l’Inter, et surtout de Conte qui sait toujours comment s’en sortir.
Et c’est bien cette peur qui paralyse aussi les joueurs du Milan, moins bons au marquage, Calhanoglu laissant Brozovic ajuster de 25m et d’une frappe magnifique Donnarumma (1-2).
50e minute et déjà plus qu’un but de retard pour l’Inter. La Curva Sud se tait, la Nord pousse les siens et évidemment, dans ces cas-là l’égalisation approche et arrive. La défense du Milan se rappelle à son errance des mois derniers et laisse Sanchez puis Vecino s’amuser (2-2).
La suite n’est qu’un rouleau compresseur bleu et noir, qui, répondant au même rouleau compresseur rouge et noir de la première mi-temps, occupe le terrain, ce même demi-terrain devant la Curva Nord, et marque un troisième but sur corner. Romagnoli, lache son marquage et De Vrij en profite (3-2). Le rouleau compresseur compresse les milanisti, devenus de jolies petites paquerettes réduites en pâture pour les brebis de Roberto Bettégras.
Eriksen en profitera pour se montrer et faire résonner l’équerre du but de Donnarumma sur un coup franc sublime de 30m. 1-1 c’est désormais le score aux poteaux, avant que Milan ne prenne l’avantage par Ibrahimovic, encore lui, qui s’impose, encore oui, dans les airs. Le poteau d’Ibrahimovic à la 89e aurait pu changer la donne et apporter un point misérable à Milan. L’histoire s’écrit autrement, à la 93e c’est Lukaku qui parachève la partition, se déjoue de Kjaer au marquage, enlève son maillot et devient roi de Milan, pour un soir, et la saison (4-2).

Le Pagelle :

Donnarumma,3/5 : pas grand-chose à lui reprocher. Toujours irréprochable, toujours de l’envie, c’est toi qui dois avoir le brassard Gigio.

Conti , 2/5 : étonnamment en vue en première mi-temps, il s’est rappelé aux bons souvenirs de notre côté droit en prenant le bouillon. Les buts ne viennent cependant pas de son aile, on ne va pas tout lui reprocher.

Kjaer, 2/5 : oublie de marquer Lukaku dans un match déjà fini, a pris l’eau toute la 2e mi-temps dans un match pas encore perdu.

Romagnoli, 1/5 : capitaine qui ne doit jamais l’être. Bouffé dans les duels, en profondeur, de vitesse. Il laisse De Vrij marquer sur corner, il oublie Vecino sur le 2e but. Son impuissance fait écho à son manque de niveau dans les grands rendez-vous, et c’est problématique.

T.Hernandez, 2/5 : on attendait beaucoup plus de Théo, surtout plus longtemps. Une 1e mi-temps bonne où il apporte du danger. Clairement craint par Conte, le Français a quand même bien combiné avec Rebic avant de s’éteindre complètement et de faire ce qu’il n’aime pas (et ne sait pas bien) faire en 2e mi-temps : défendre. Et ça s’est vu. Au moins deux buts viennent de son côté.

Bennacer, 4/5 : énorme en première mi-temps l’Algérien s’est senti chez lui partout. Combatif, technique, prise de risque et réussite maximale, Bennacer a ébloui l’entrejeu avant de beaucoup plus subir et courir, tout en restant très utile. Grosse prestation.

Kessie, 2/5 : on parle souvent de son impact, de son physique athlétique. OK. Arrêtons-nous là, c’est pas d’un pilier dont le Milan a besoin, mais d’un milieu de terrain qui sache quoi faire d’un ballon, ce qui n’est vraisemblablement pas le cas. À Everton pour 30 millions cet été.

Rebic, 4/5 : très en vue en première mi-temps, il confirme sa forme du moment et marque encore. Difficile de lui imputer la mauvaise deuxième mi-temps … Il sera, je l’espère, un homme fort du renouveau rossonero (s’il a lieu) ces prochains mois.

Castillejo, 4/5 : comme Rebic, il est en forme, ça se voit, ça se sent. Intelligent, il ne s’entête pas avec son pied gauche comme Suso et a trompé plus d’une fois la défense de l’Inter qui avait positionné A.Young face à lui.

Calhanoglu, 2/5 : j’aurais pu lui mettre plus. Oui mais non. Il est épuisant de connerie. Il peut te sortir un dribble, frappe enchaînée à 25m sur le poteau, te marquer à la culotte un Brozovic tel Marcel Desailly sur Roberto Baggio dans les années 90, puis lâcher complètement sa deuxième mi-temps, son marquage et paniquer. Fatiguant.

Ibrahimovic, 4/5 : impressionnant. Ibrahimovic est impressionnant. A 39 ans, sortant de deux ans en MLS, il arrive à s’imposer physiquement, à garder une envie et un comportement irréprochable. Passeur décisif et buteur. Impliqué sur la majorité des buts du Milan depuis son arrivée. Patron.

Note Artistique de l’équipe : 3/5 :

C’est élevé pour un derby perdu et quatre buts concédés en 45 minutes. Certes. Mais le 3/5 comprend beaucoup de choses à la fois :

  • Le match en lui-même qui était un régal. L’envie, la détermination, l’ambiance, le stade à guichets fermés (80 000 spectateurs), les occasions de buts, les poteaux. On a assisté à un vrai match de foot comme j’en vois rarement ces derniers temps.
  • La 1e mi-temps évidemment, qui était magnifique à regarder côté Milan, une intensité et un pressing dingues, des occasions,… Un Milan qu’on ne reconnait pas et qui rend fier.
  • Ibrahimovic : j’étais sceptique, très sceptique. A 39 ans, un gros salaire, une impression de réagir, dans l’immédiateté, sans préparer. C’est peut être le cas, mais donnons raison à Boban et Maldini. Ils ne se sont pas trompés. Il n’y avait pas grand monde de plus disposé que Zlatan en ce mercato d’hiver pour relancer à ce point Milan. Décisif dès son premier match, plus que décisif dans ce derby, il le sera surement encore ces prochaines semaines. Sa présence a l’air de transcender ses coéquipiers, de faire peur aux adversaires, et c’est exactement cela qu’il faut.

Oui Milan perd encore un derby, le quatrième de suite. Oui Milan ne gagne toujours pas face à l’Inter en Serie A, depuis quatre ans. Et oui Milan a sombré, plus que sombré, en 2e mi-temps, mais qui prévoyait une domination comme celle de la 1e mi-temps ? L’Inter était grande favorite et a fait respecter la loi du plus fort et la loi du classement, chose qu’on ne peut, pour l’instant lui opposer. Ce premier derby des années 2020 signe donc à nouveau la suprématie du rival, du cugino, comme c’était le cas en 2010 après le sacre ultime de l’Inter. On ne sait pas de quoi demain sera fait, on ne sait pas de quoi la décennie 2020 sera faite. On sait tout de même que Milan a des ressources et peut beaucoup mieux faire qu’une 10e place au classement, et ça c’est déjà quelque chose.

Franco Baresilles

Franco Baresilles

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