Internazionale – Genoa (2-0) : Une éclaircie dans le brouillard…
L’Inter visait les étoiles en début de saison. Je m’étais même permis de dire que si nous n’accrochions pas minimum la Ligue des champions en fin d’exercice je changeais de prénom. Les matches passent, les prestations mitigées voire dégueulasses s’accumulent, je commence à me demander comment je vais m’appeler en mai prochain. L’Inter a dépensé sans compter cet été. Joao Mario du Sporting Lisbonne pour 45M€, Candreva depuis la Lazio pour 27M€, Gabriel « Gabigol » Barbosa pour 30M€, Ansaldi pour 2M€, les arrivées libres de Banega et Erkin (qui sera resté trois semaines…), ça fait 100M€. Pour épauler une défense centrale, Miranda – Murillo, qui a montré de très belles choses l’an passé mais aussi qu’elle était capable de gros passages à vide, il faut des latéraux. Exit Telles, loin d’être ridicule sur son côté quand on voit comment Nagatomo se chie dessus à chaque sortie. D’Ambrosio n’est pas assurance tout risque, bien au contraire, Ranocchia n’aura jamais réussi à passer un cap depuis sa belle saison lors de son arrivée en 2011, pire il est devenu la tête de turc des tifosi. Faut bien avouer que quand Ranocchia joue, on a l’impression de jouer en infériorité numérique ou… non que l’équipe d’en face évolue à 12. Kondogbia aura fait quelques matches intéressants l’an passé et depuis plus rien. Il ne joue quasiment plus. Palacio et son déambulateur sont toujours là, tout comme la colonie d’Europe de l’est Perisic, Brozovic, Handanovic ou Jovetic. Icardi, dont sa femme est l’agent (belle casse-couilles), continue d’empiler les pions. Heureusement d’ailleurs car sinon, réellement, l’Inter jouerait le maintien à l’heure actuelle. Quand on voit l’équipe sur le papier on ne peut pas comprendre comment elle peut être à ce niveau au classement (9e au soir de sa victoire sur le Genoa). En interne, ou sur le banc plutôt, c’est un vaste bordel. Mancini a fait sa petite gueguerre avec le board de l’Inter, forcément ça se paie cash, exit Roberto, merci et au revoir. Frank De Boer, tout droit venu de l’Ajax d’Amsterdam, s’est assis sur le banc trois mois avant de se faire dégager comme une merde. L’équipe aura réussi à le faire virer, c’est bien dans cette mission qu’elle aura été la plus convaincante depuis le début de la saison. Pioli est arrivé début novembre pour tenir le rôle du sapeur pompier. Force est de constater que les flammes sont assez impressionnantes et que la saison de l’Inter a déjà plus que cramé. Néanmoins, et comme toujours lorsqu’un entraîneur en remplace un autre, on espère le changement. Déjà, il faut qu’il y en ait dans le jeu. On ne va pas se mentir, la raclée à Naples le week-end dernier (3-0) a montré les énormes carences dans la tactique de l’Inter, et contre le Genoa, que je vais détailler un peu plus bas, le jeu n’a pas non plus été flamboyant. Pourtant, en face, c’était bien faible.

Depuis le début de saison, l’Inter rime avec irrégularité. Capable du meilleur, enfin du bon, et du pire. Cette irrégularité fait que les Nerazzurri pointent (déjà) à 15 longueurs de la Juve. Insupportable. Insupportable et usant. Usant parce que chaque année de nombreux espoirs fleurissent dans les travées de Meazza, dans la tête des supporters. On tire un trait sur une année de merde et on se dit que la prochaine sera forcément meilleure. Bah non. Pas à l’Inter. On a claqué un fric monstre cet été, pour au final…
Passons au match.
Les compositions :

En voyant l’Inter s’échauffer j’ai compris pourquoi Nike avait proposé un flocage et des chaussettes en fluo. On y voyait rien! Alors peut être que sur une image HD on distinguait un peu mieux le jeu, mais sur mon vieux streaming de roumain, putain j’y voyais rien. « Mais pour voir quoi??? » me direz vous. Bah oui? Pour voir quoi? Rien d’extraordinaire.
Primo tempo :
- 9e minute : Veloso, à 25 mètres, frappe un coup franc placé dans l’axe, le ballon passe le mur mais Handanovic, rassurant hier, se saisit du cuir sans problème.
- 19e minute : Lazovic prend de vitesse le Japonais Nagatomo (qui n’a toujours pas débridé son moteur) et Murillo, centre en retrait, cafouillage dans la défense mais D’Ambrosio dégage en catastrophe.
- 23e minute : Encore Lazovic sur son côté, rend Nagatomo aussi inoffensif qu’un sushi, centre, Simone Ocampos et Rigoni se retrouvent quasiment seuls devant Handanovic, Ocampos manque sa reprise mais Handanovic stoppe le ballon.
- 26e minute : L’inarrêtable Lazovic déborde une nouvelle fois sur son côté, centre à mi hauteur, Ocampos reprend de la tête à bout portant mais miracle d’Handanovic qui se couche et repousse le ballon. L’Inter n’est pas dedans, Nagatomo est totalement dépassé, si Samir n’est pas dans un grand jour…
- 37e minute : Icardi à l’entrée de la surface du Genoa hérite du ballon, temporise, se retourne, frappe enroulée qui prend le chemin de la lucarne opposée de Perin mais Burdisso, 77 ans, détourne du dos. L’ostéopathe va avoir du boulot. Corner.
- 38e minute : Sur le corner qui suit, Joao Mario en profite pour entrer sous le feu des projecteurs. Il frappe le corner, le ballon s’élève, passe au dessus du regroupement devant le but de Perin, Marcelo Brozovic jaillit et reprend en première intention, RETEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE!!!!!!! Perin n’a pas bougé, Brozovic a placé le ballon, du plat du pied, hors de portée, 1-0 pour l’Inter. Putain ça fait du bien. Tueur. Brozovic a pleinement trouvé sa place dans le schéma de Pioli. Il joue bien, est décisif et ouvre le score dans ce match bien mal embarqué.
https://www.youtube.com/watch?v=Lxp75PbQPBE
1-0 à la mi-temps, quand je vois le déroulé des 45 premières minutes, je me dis qu’on a vraiment un bol monstrueux ou qu’Handanovic est notre étoile. Sans lui, ces dernières semaines, ces dernières années, qui sait où l’Inter serait aujourd’hui?

Secondo Tempo :
- 7e minute : Ocampos se présente, excentré, face à Handanovic, mais le Slovène repousse la frappe de l’attaquant argentin. Toujours 1-0.
- 23e minute : Joao Mario s’infiltre dans le camp du Genoa, élimine deux joueurs, entre dans la surface de réparation, fixe la défense, et a encore la lucidité, après un rush de 50 mètres, de donner à Brozovic seul au point de penalty qui se retrouve face à Perin, RETEEEEEEEEEEEEEEEEEE 2-0!!!! Quelle action de Joao Mario, il a construit cette phase offensive seule, rapide, précis, lucide, il donne un ballon en or à Brozovic qui n’a plus qu’à exécuter le portier des Rossobli. L’Inter fait le break!
https://www.youtube.com/watch?v=VQ4u2vXHDb8
- 33e minute : Joao Mario sur corner, le ballon atterrit sur la tête de Miranda, c’est claqué par Perin au dessus de sa transversale.
L’Inter s’impose sans réellement convaincre 2-0. Grâce à cette victoire, les Nerazzurri alignent une quatrième victoire consécutive à Meazza et remontent à la 9e place au soir de cette 16e Journée de Serie A. Le brouillard se dissipe, au moins pour une semaine…
Les notes :
Handanovic 4/5 : Très rassurant en première période, moins sollicité ensuite, Samir aura permis à l’Inter de ne pas être mené plusieurs fois lors des 45 premières minutes. Constant.
D’Ambrosio 3/5 : Ni plus ni moins, moins mis à défaut que son homologue de l’autre côté. C’est pas non plus assurance tout risque, je ne suis jamais rassuré quand il a le ballon, je change de slip quand il est en un contre un, j’ai toujours un flingue chargé dirigé contre ma tempe quand il doit dégager en catastrophe. Cependant, je note sa présence à la 19e minute quand il fallait mettre un pied, une oreille, une couille pour empêcher le Genoa d’ouvrir le score.
Murillo 3/5 : Il a dégagé quand il le fallait en seconde mi temps. Je ne vais pas dire le contraire. Mais. MAIS! En première période… Bouuuuuuuuuh putain ces sueurs froides… A la rue sur le premier arrêt d’Handanovic sur la frappe (ratée d’Ocampos), aux fraises sur la tête du même Ocampos qu’Handanovic va chercher en se couchant sur sa ligne. Ensuite ça s’est régulé, il a dégagé tout ce qui se présentait.
Miranda 3/5 : Comme Murillo, à côté de la plaque en début de match, il s’est ressaisi ensuite. Tout près de claquer son but sur un corner de Joao Mario mais Perin en décida autrement.
Nagatomo 2/5 : Le Japonais était comme trop souvent une contrefaçon chinoise. Putain même sur Aliexpress on ne le trouverait pas tellement ça se verrait que c’est du faux. Véritable danseuse de Lazovic, il l’aura laissé passer pendant 30 minutes, assez de temps pour foutre un bordel pas possible dans la défense interiste. Qu’est ce qu’il fout encore là ? Lui assurément en 1942 il se serait crashé à côté du porte avion à Pearl Harbor. Ce con.
Joao Mario 4/5 : Diesel, il est monté en puissance tout au long du match pour faire exploser sa force et sa vista sur le second but de Brozovic. Double passeur décisif hier soir, sans doute sa meilleure copie depuis son arrivée à l’Inter cet été. Grande! Remplacé à la 88e par Banega.
Candreva 3/5 : Antonio peine encore à réussir les mêmes prestations à l’Inter que sous le maillot de la Squadra Azzura. Je demande évidemment beaucoup plus de la part de Candreva. Il est capable de gestes et d’actions superbes, mais aussi capable de passes totalement ratées ou de mauvaises idées sur son côté.
Brozovic 4/5 : Marcelo s’est totalement trouvé dans le schéma de jeu de Pioli. Décisif depuis l’arrivée de l’ex de la Lazio, il a permis à l’Inter de s’imposer ce soir en claquant les deux buts. Juste dans les passes, il a bien pesé sur la défense du Genoa. Récompensé.
Palacio 3/5 : Rodrigo, c’est le mec qui a connu Nefertiti et Napoléon. Toujours là, à courir (dans le vide) aux quatre coins du terrain, à se placer à la réception du ballon, à tenter des choses. Remplacé à l’heure de jeu par Perisic.
Icardi 3/5 : En demi teinte en première période, il s’est signalé pour la première fois à la 37e minute où il a vu son tir être détourné par Burdisso en corner (celui qui amena le 1-0). Il aura essayé de trouver un partenaire mieux placé que lui dans la surface de réparation du Genoa, en vain.
Eder 2/5 : On a Gabigol acheté 30 patates mais on s’obstine à faire jouer Eder. Next. Je l’ai quasiment pas vu des 45 minutes qu’il a jouées. Remplacé par Felipe Melo à la pause.
L’Inter a gagné. On retiendra ça. On retiendra aussi tout de même les bonnes prestations de Joao Mario et de Brozovic qui se sont parfaitement trouvés. Et puis après la baffe reçue à Naples, sortir d’un match sans avoir encaissé de but, c’est toujours bon à prendre.
Prochaine journée le 18 Décembre avec le déplacement à Sassuolo à 12h30.
Forza Inter,
Baci anali,
Diego.
Cette semaine, j’ai failli être très content lorsque les journaux ont titré « L’inter est relégué ». Et puis je me suis rendu compte qu’il s’agissait de l’Internacional de Porto Alegre.
Cela dit, merci de l’acad, ça fait du bien d’avoir des nouvelles de ce côté des Alpes!!! Continue cher @diego et bon courage pour la suite !!!
Oui il n’y en avait pas (plus), donc je l’ai reprise au détriment de celle sur le Racing Club car je n’arrivais plus à voir les matches…
Le souci c est les latéraux, Nagatomo est bidon, mais un mec comme Santon c est pareil
Je suis content que tu parles du club, bonne continuation
Nagatomo est bidon. Il n’apporte pas gd chose devant et est surtout dépassé à son poste premier, en défense. Problème. Contre le Genoa, toutes les actions venaient de son côté. Pas cons les mecs, tu mattes un de ses matches tu vois direct le point faible. Tu appuies dessus comme sur une belle paire de couilles avec des hauts talons.
Effectivement, si Nagatomo n’a attaqué Pearl Harbor qu’en 1942, c’est qu’il était complètement à côté de la plaque. Faut dire, ils tiennent pas l’alcool les nippons, c’est physiologique.