Juventus- AC Milan (2-1) : La Bianconero Académie remercie

Quand un rival historique te devient sympathique, c’est qu’il y a un problème. Tu gardes généralement ce type de sentiment plein de condescendance pour les petites équipes, celles qui t’accrochent en fin de saison alors que t’as plus rien à jouer tandis qu’elles donnent leur âme pour survivre dans cette jungle qu’est la Serie A. Mais le truc avec la Juve, c’est qu’elle en a mille des rivaux. Le Torino, parce que la ville. La Fio, parce que Baggio. Le Napoli, parce que la frustration (de ne pas avoir eu Maradona dans son équipe). L’Inter parce que c’est des enculés. J’en passe. Avec le Milan c’est particulier, l’antagonisme étant avant tout sportif. La Juve accueille donc l’équipe de Rino Gattuso (lui aussi très sympa, décidément) dans une rencontre qui n’a que très peu de valeur pour elle. Et elle est là la véritable tristesse. Comment peut-on recevoir les Milanais sans la boule au ventre ?

LA SQUADRA

Szczesny
De Sciglio – Rugani – Bonucci – Alex Sandro
Bernardeschi – Emre Can – Bentancur – Spinazzola
Dybala – Mandzukic

L’équipe est remaniée en vue, surtout, du match de mercredi en Ligue des Champions. Sans pour autant aligner tous les seconds couteaux, Allegri revoit le système qui sur le papier passe pour un classique 4-4-2 mais dans les faits se joue à la 3-5-2 avec tantôt De Sciglio tantôt Sandro qui vient faire nombre en défense. Devant, retour de la doublette Dybala-Mandzukic qui devrait rappeler de bons souvenirs aux supporters.

LA PARTITA

Les 15 premières minutes sont compliquées pour la Juve qui est pressée haut et rencontre d’énormes difficultés à construire ses actions. Certains joueurs sont perdus sur le terrain, à commencer par les deux gauchers Bernardeschi et Dybala (Sandro ne compte plus comme joueur de foot cette saison). Mandzu ne touche pas un ballon, le milieu est inexistant. Ça balance de longs ballons sur les côtés, pour généralement trouver un Spinazzola toujours en jambe mais qui, trop seul, doit tout faire tout seul. Rien de bien folichon dans ce ramassis de gerbe qui ne ressemble en rien à du football. Un contexte favorable à l’entrée en jeu de Khedira donc. Mais le premier tournant du match arrive à la 34e sur une main de Sandro, non sifflée par l’arbitre, qui va quand même vérifier à la VAR histoire de parfaire sa connerie. S’ouvrent alors les portes des enfers. Une minute plus tard, Merducci perd un ballon en relance et laisse la voie libre à Piatek qui trompe Szczesny du droit (0-1, 39e). L’équipe de Rino trouve l’ouverture légitimement après avoir dominé techniquement et physiquement les débats. Sursaut d’orgueil en fin de période. Mandzu s’envoie en l’air, style finale de LDC 2017, rare folie dans un match qui jusqu’à la pause n’offre aucune émotion sinon le dégout.

En début de deuxième, le pressing est plus haut mais les approximations techniques font peine. Cette équipe de panais n’aligne pas deux passes et laisse aux visiteurs les occasions de faire le break. Les espaces sont de plus en plus nombreux, le Milan joue bien et attaque en nombre. Sauf que les rossoneri se montrent trop polis et la Juve remercie. Paulo va gagner un péno inespéré et pendant quelques secondes tu comprends pourquoi ailleurs en Italie on déteste ton équipe. Bat les couilles, toi tu kiffes comme un cinglé et pardonne tout à Fantomas qui score en prenant Reina à contre-pied (1-1, 59e). Pas trop le temps de se réjouir, cinq minutes plus tard l’Argentin se fait remplacer par le grand Kean. Un changement qui libère Bernardeschi et lui permet de prendre plus d’espaces au milieu de terrain. Sa montée en puissance fait plier l’équipe adverse mais c’est surtout l’entrée de Mire Pjanic qui fait définitivement fondre les Milanais. Le match s’ouvre, les occasions se multiplient et les équipes sont coupées en deux. Rugani se fait manger par Piatek, Bentancur et Kean mangent des buts tous faits mais le Bosnien, pas avare en caviars, envoie le jeune Italien fusiller Reina à 5 minutes du terme (2-1, 84e). Le stade explose devant tant de fraîcheur. Le match, lui, ne pouvait se terminer que sur un assaut rossonero. Reste que l’équipe de Gattuso ne gagne plus, à Turin, depuis 2011 avec… Allegri sur le banc et Gattuso seul buteur du match. Ils sont vraiment sympa quand même.

LE PAGELLE

Szczesny (3/5) : Le beaulonais ne peut rien de plus face aux assauts répétés des Milanais.

De Sciglio (2+/5) : Il est gentil Mattia, trop gentil. Se faire dribbler par Borini pourquoi pas, mais il faudra comprendre un jour que défendre dos à l’adversaire ça se fait plus passé un certain âge.

Rugani (2/5) : Jadis, on en parlait comme un crack. Un match pas dégueu mais qui laisse toujours un goût amer en bouche. Jamais serein, il se fait dominer tout le long du match par Piatek.

Le numéro 19 (1/5) : Monsieur 50-50 tape son plus beau sprint pour aller taper la pose avec le nouveau héros bianconero. Il n’attendait que ça et ça s’est vu. Toujours plus ridicule.

Alex Sandro (2/5) : Un match, comme à son habitude, indigeste. Le temps passe et le souvenir de ses bonnes prestations s’efface peu à peu. Rares seront les personnes qui, encore, pourront en conter la légende.

Bernardeschi (3/5) : Un match on/off. Trop de déchets en première mi-temps. Plus libre en seconde, surtout après la sortie de Dybala.

Emre Can (?/5) : Son match aura pas duré bien longtemps mais n’augurait pas grand chose. Remplacé par son sosie, en plus vieux.

Bentancur (2+/5) : L’Uruguayen nous fait une involution bien sympa depuis quelques matchs. Attention à l’effet Sturaro.

Spinazzola (3+/5) : Une presta généreuse, bien épaulé (non) par le fantôme de son acolyte brésilien.

Dybala (2+/5) : Le péno qu’il va récupérer et scorer n’est que l’arbre qui cache une forêt bien touffue du néant footballistique qui compose ses matchs.

Mandzukic (3/5) : La bave aux lèvres, il touche zéro ballon mais ne vit que pour la bagarre. Quel Homme

LA PANCHINA

Khedira (2/5) : Se paye une petite promenade de santé sur l’un des plus beaux prés de Turin. Malin.

Pjanic (5/5) : Il prend les choses en main dès son entrée en jeu et régale. A la récup comme à la construction, il change complètement le match de son équipe. Le but de Kean, c’est lui. Il récupère et lance l’Italien pour la gagne. Grand.

Kean (5/5) : On va pas s’emballer hein mais… KEAN EST UN PUTAIN DE CRAAAACK.

Alessio Tachycardie

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