La Calcio Académie vous raconte la 13e journée de Serie A (21-22)

Salut à toi l’Italien,

J’ai laissé les deux beaux Milanais vous narrer la douzième journée du meilleur championnat du monde dans le monde, trop occupé à regarder les mouches chier au plafond et le monde n’en plus finir de s’écrouler. Ah, et le travail aussi. Malheureusement, mon travail n’est pas de me fader les dix matches de Serie A chaque semaine et de vous les rendre ici chargés de bile et de restes de pizza à l’ananale. Moi j’aurais voulu être comunitimanageure de la Juventus. J’aurais été viré sans ménagement après avoir posté des trucs pas très gentils sur le club au bout d’une petite semaine, mais vous auriez probablement esquissé un sourire en lisant mes élucubrations alors tout n’aurait pas été à jeter. Trêve de digressions, et trêve de Roberto parce qu’entre nous on s’en branle un peu, où en est le Calcio ? Avant la treizième journée, le Napoli a toujours un brin d’avance sur le Diavolo, mais le choc contre l’Inter s’annonce dantesque. L’Inter justement, parlons d’elle. Elle est en embuscade et s’accroche à sa troisième place en regardant droit devant. S’ensuit une palanquée d’équipes qui se tiennent en quatre points et qui flottent au dessus du bien nommé ventre mou, surplombant lui-même le ’’ fond du fait-tout’’ comme on dit dans le jargon. Dans quel jargon exactement j’en sais rien, mais dans un jargon en tout cas ça c’est sûr. Quatre petits points séparent Spezia 17e de la Salernitanale, 20e et pour qui la tâche s’annonce raide comme la perspective d’un autre quinquennat de droite. Voilà pour le foot, place au cocktail :

LA MADONNA CON BAMBINO

1/3 de Smirnoff Madonna’s edition (surtout pas, ne faites pas ça)
1/3 de Sambucca con la mosca.
1/3 de spumante Bambino

Et… un trait de San Pe parce qu’on est dans la Calcio Académie, bordel.


Lazio – Juventus (0-2) :

Une histoire de rigore comme on les aime et comme vous les connaissez bien. Bon faut dire que les tacles de dégénérés dans la surface (mention spéciale à Reina qui, s’il est bien coiffé, n’en est pas pour autant un fin tacleur) ça laisse peu de place au doute. Victoire importante des Bianconeri qui accrochent un concurrent direct au pré-ventre mou/Europa League et peut éventuellement rêver à la C1. La Lazio… ben la Lazio c’est la même chose mais sans les trois points.

Le buteur : Bonucci (23e et 83e S.P.) pour la Juve.


Inter – Napoli (3-2) :

C’était tout simplement un match de fou. L’Inter terrasse le Napoli au bout du suspens. Menés rapidement au score par une merveille de frappe de Zielinski, les Nerazzurri ne trembleront pas longtemps.
La technologie leur permet de repasser devant juste avant la pause. La Var, tout d’abord, rappelle l’arbitre pour une main que le référé n’avait pas vu. Le péno est évident et transformé. La Goal Line Technology, ensuite, fait vibrer la montre de Monsieur Valeri. Simone Inzaghi fait un sacré travail à l’Inter. Sous Conte, l’équipe gagnait, c’était solide, mais c’était aussi très chiant à regarder. Inzaghi prône le mouvement et un mouvement offensif. Lautaro se sent comme un poisson dans l’eau et toute l’attaque se met au diapason. Sur une chouette inspiration de Correa, Martinez claque son doublé. Le Napoli réagit par Mertens et pousse dans le dernier quart d’heure. Portés par un Anguissa magistral, ils seront tout prés d’égaliser. Handanovic, loin d’être irréprochable jusque là, sauve son équipe avec un arrêt improbable. L’Inter est revenu, le championnat est relancé.

Le bonbon du week-end

Buts : Lautaro X2, Perisic / Zielinski et Mertens


Salernitanal – Sampdoria (0-2) :

Troisième défaite de rang pour les Granata qui n’auront d’autres choix que celui d’espérer un arrêt du championnat, une pandémie de (nique le) Covid-21, la destruction de quelques villes de la botte ou encore mieux, une extinction de masse subite pour pouvoir espérer à un maintien dans l’élite. Mais serait-ce bien à-propos ? Car si la Salernitanale atteint souvent le point « couilles », nous savons pertinemment que ces deux petits ballots poilus de viande blanche ne servent pas à grand-chose. Transmettre son patrimoine génétique, amortir ponctuellement un ballon lancé à grande vitesse, pourquoi pas. Gagner un match de foot ? C’est moins sûr. Se sauver alors qu’on ne cadre pas 20 % de ses frappes ? Allons…

Les buteurs : Di Tacchio (40e, autogol) et Candreva 43e pour la Samp’


Atalanta – Spezia (5-2) :

Comment ne plus se faire marcher dessus ? Je ne sais pas si vous vous posez cette question, mais si étiez un tifoso de Lo Spezia, vous vous la poseriez sûrement. BIBA Magazine, expert en la matière, nous donne 10 trucs et astuces pour ne plus subir la loi des autres comme un pleutre. Un papier, digne du prix Albert Londres, que nous allons vous résumer comme il se doit :
1. On a confiance en nous. On sait ce qu’on vaut. Putain, c’est con. Fallait juste y penser. Hey Motta, bombe le torse mec, sois fier un peu. Dandine-toi, si on veut on peut.
2. « On rétablit la balance des responsabilités (sic) » En gros, à chaque conflit, tu détermines le responsable. Comme ça, à chaque fois, ça fixe les choses, on sait qui fait quoi. Quand tu en as pris cinq à l’Atalanta, ça va être sympa de compter les points à la séance vidéo, ça va finir en guerre civile…
3. On ne fait aucun compromis sur nos principes. JAMAIS. Si ton projet c’est de faire n’importe quoi, tu continues. Tu défends comme une merde, ton alignement ressemble à l’Union Européenne, ta défense est plus lourde que le menu complet du Pedra Alta. Mais pas de compromis les gars, on continue !
4. On n’hésite pas à dire non. Pareil, ça c’est l’astuce tout conne et personne n’y pense. Non, monsieur Zapata, vous ne nous humilierez pas. Même quand tu le demandes gentiment, y a toujours un arbitre pour venir te niquer par derrière. Déjà que le péno ne ressemble à rien, tu parviens à le stopper et boum, on te le fait retirer.
5. « On est entier. Non seulement on ne laisse pas les autres empiéter sur nos principes mais on applique aussi nos valeurs ». Alors ça ressemble vachement au point numéro 3 sauf que tu changes « principes » par « valeurs ».
6. « On est tolérants avec les autres » A ce niveau-là, pas de soucis, Lo Spezia est au taquet.
7. On reconnaît et on s’excuse. Rendez-vous ce lundi à la Piazza Sant’Agostino pour une petite séance d’autoflagellation et d’expiation publique.
8. On accepte de ne pas plaire à tout le monde. Boarf, il y a incontestablement un peu de travail de côté là car ils commencent sérieusement à nous plaire.
9. On ne lâche pas l’affaire. Quand on veut, on peut. Avec ce sens tactique, c’est probablement Pascal Dupraz qui a écrit l’article.
10. On reste zen. Compris les Tifosi, on reste zen. C’est bon, on ne panique pas. Il reste le Genoa les gars.

On tient déjà le prochain BIBA pour Thiago Motta

Coté Dea, tout va bien. Ils ont joué piano e tranquillo. Il faudra garder cette sérénité pour battre les petits Suisses en milieu de semaine.

Buts : Pasalic X2, Zapata, Muriel et Malinovskyi / Nzola X2

En bonus, le résumé du match. Sept buts pour commencer la journée, l’apéro Serie A


Genoa – Roma (0-2) :

La Roma l’emporte contre un Genoa pathétique. Cette victoire dans la douleur coûte une paire de grolles à Mourinho. Felix Afena Gyan méritait son cadeau. La Roma revient dans la course à l’Europe. Pour le Genoa, l’arrivée de Sheva ne fut pas miraculeuse. Le technicien ukrainien reste le meilleur attaquant de l’effectif. Le jeu est plus stéréotypé qu’un épisode d’AB Production, moins original que le dixième Marvel de la saison, plus chiant que le dernier Biolay. Regarder le Genoa c’est presque une expérience métaphysique, une des rares occasions de pouvoir regarder et observer le néant pendant 90 minutes. On ne veut pas être négatif mais ça ne sent pas super bon…

Le Genoa non plus

Buts : Felix Afena Gyan X2


Hellas – Empoli (1-2) :

Visiblement Simeone n’avait pas regardé Rocky la veille du match. A l’image de son équipe, il était aux abonnés absents en première période. La seconde ne fut guère meilleure. Le salut (bien tendu le bras selon la tradition locale) viendra du Tchèque Barak. Il ouvre le score sur la seule occasion de son équipe malgré sa domination timide mais réelle. Empoli se fait piéger sur un contre et un éclair de génie. Ils ne désespèrent pas pour autant. A force de pousser, les visiteurs égalisent par un Pinamonti opportuniste.
Le locaux se mettent à jouer un peu plus. Leurs intentions seront récompensées. Barak écarte Tameze dans la surface de réparation. Sa frappe contrée trompe le pauvre Vicario. Empoli repart avec une défaite bien, sévère.

Buts : Barak et Tameze / Pinamonti


Bologne-Venezia (0-1) :

Superbe opération pour le Venezia Calcio qui fait la bonne opération en gagnant chez un solide Bologne. Pourtant Romero a subit les assauts des joueurs rossoblu tout le match… s’en sortant très bien (mieux que d’habitude) et permettant même à Okereke de marquer le seul but du match.
Victoire qui permet à Venise de se positionner dans le ventre mou du classement, loin des abysses mais aussi très loin d’une surface de l’eau inatteignable.

La plus belle action du match des locaux

Buteur : Okereke


Sassuolo – Cagliari (2-2) :

On vous a déjà parlé de Scamacca, le grand attaquant italien qui brille quasi toutes les semaines avec Sassuolo dont la défense est aussi nulle que leur ligne d’attaque Boga Scamacca Berardi est élégante.
Scamacca, donc, ouvre le score sur un face-à-face bien maitrisé avant que Keita Baldé nous offre peut être le but du Weekend (à débattre avec Saponara, Forestieri, et plusieurs buts dans le Inter-Naples) avec un ciseau retourné barre rentrante à apprécier ci-dessous. Berardi et Galvao marqueront chacun un pénalty, l’arbitre ne pourra pas être insulté de tous les noms par l’une ou l’autre tifoseria.

Buteurs : Scamacca, Berardi ; Baldé, Galvao


Torino – Udinese (2-1) :

Belle victoire du Toro qui sort la tête de l’eau et se classe dans le ventre mou italien qu’il connait si bien.
Brekalo ouvre le score d’une magnifique frappe de 30 mètres à ras de terre superbement placée avant que Bremer marque sans doute le but le plus improbable de la journée.
Un cafouillage de 8 vraies secondes dans un espace de 3 mètres devant la ligne de but de l’Udinese. 8 secondes c’est court, mais dans le foot c’est long, et croyez moi, quand vous visionnerez les images vous comprendrez. Forestieri réduira l’écart sur un CF pleine lucarne et prétendra lui aussi au top but de la journée.

Buteurs : Brekalo, Bremer ; Forestieri


Fiorentina – Milan (4-3) :

Match assez fou dans ce classique de la Serie A. Milan et la Fiorentina nous sortent deux 11 affaiblis par les titulaires habituels (Maignan, Tomori, Calabria, Rebic absents notables côté Milan par exemple) ont livré 7 buts, plus ou moins beaux, plus ou moins chanceux.
Milan assaille en premier le but florentin sans aucune efficacité… comme d’habitude. De son côté la Viola attend, profite des faiblesses défensives du soir avec un Gabbia totalement perdu et un Tatarusanu qui convainc moins qu’à l’accoutumée. C’est donc ces deux acteurs qui occasionnent le premier but du match, but gag s’il en est. Milan continue de pousser, se crée des occasions plus grosses que le tour de poitrine de Maradona (rip) mais c’est Saponara qui vient punir les rossoneri juste avant la mi-temps, d’une frappe en lucarne. Milan qui pourrait mener 3-0 se retrouve avec un 2-0 dans la tronche.
Soirée cauchemar pour Milan, Gabbia s’aligne mal et c’est Vlahovic qui marque le 3e but florentin dans un face à face très bien mené. Milan sombre pour la première fois de la saison, c’est dur mais quand on ne met rien au fond, on finit la queue entre les jambes. Ibrahimovic marquera bien deux fois (lui qui n’a pas fait un bon match) et les tifosi du Milan croiront à une remontée avant que Theo Hernandez et sa défense ne fasse la 2e bourde du match dont Vlahovic se délectera. Ibrahimovic encore lui forcera un défenseur à marquer un csc malheureux à la 93e, trop tardivement pour croire à une invincibilité maintenue.

Buteurs : Duncan, Saponara, Vlahovic x2 ; Ibrahimovic x2, Venuti (csc).

Note Artistique de la journée (4/5) :

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même du Napoli.

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