La Calcio Académie vous raconte la 29e journée de Serie A.

L’avez-vous senti ? Ce vent nouveau qui souffle dans les tunnels sombres qui sentent pas très bon du HorsJeu building ?


Un bel accent chantant tout droit venu d’Italie remplace doucement mais sûrement le monotone accent parisien. Et puisqu’il faut battre le levain tant qu’il est encore chaud et qu’à la fin ce sont toujours les allemands qui gagnent ou un truc du genre, voici notre modeste contribution collectiviste à la domination mondiale du calcio. Collectiviste parce que bon, PaPier Paolo Sopalini a plusieurs personnalités. Rassurez-vous, nous ne sommes rien de plus qu’une bande de bolchéviques mangeurs d’enfants.

Le principe est simple : dix matches résumés de manière tout à fait inégale et subjective, une note artistique de la journée (à partir de la semaine prochaine, on commence déjà à vous décevoir) parce que la diaspora nancéienne est au moins aussi importante que la diaspora italienne, è basta.

Un billet d’humeur risque de s’y glisser à l’occasion, parce que si le calcio reste le plus beaux des championnats (avec la Domino’s ligue 2), c’est également le championnat où l’on se fait suspendre pour blasphème, ou on gronde très fort les racistes en leur faisant promettre de ne plus recommencer, où les champions corrompus repartent parfois en B avec des points de pénalité, où les rosaneri (lorsqu’ils y sont) changent sept fois de mister dans la saison… on pourrait continuer indéfiniment mais on va plutôt vous parler des matches de cette vingt-neuvième journée de Serie A.


Sampdoria 1- 0 AC Milan : A-t-on déjà connu autant d’inconstance chez un joueur ? Après un derby assez bien maîtrisé la semaine dernière Donnarumma a prouvé à tout le monde pourquoi il n’est pas encore un grand gardien et pourquoi il a encore beaucoup à apprendre. 38e seconde, les tifosi pas tous installés, le gardien rossonero commet une boulette incroyable, une relance dans les pieds de Defrel qui marque dans le but vide. Silence dans le stade avant explosion lorsque tout le monde comprend la chose. Gattuso pourra nous concocter ses changements incompréhensibles dont il a le secret Milan n’arrive à rien, joue à l’envers, sans plan de jeu si ce n’est le pied gauche de Suso. Sans ce même Donnarumma, sans son montant, Milan en aurait pris 4. Une performance beaucoup trop éloignée des ambitions d’un 4e de Serie A … qui se retrouve avec seulement trois points de plus que la Lazio (5e avec un match en moins) et que l’Atalanta, 6e (vous suivez bien). Quand on sait que la qualification en Ligue des Champions est indispensable pour les comptes du club, Leonardo et Maldini doivent cauchemarder des choix et du jeu installé par Gattuso depuis quelques mois. Surprise, les deux bandiere étaient à l’entrainement le lendemain matin.


Bologne 2-1 Sassuolo : Avec Frosinone et le Chievo déjà quasiment relégués, il ne reste qu’une seule place à prendre pour le train direction la Serie B. Une place pour 4 équipes, Bologne, Empoli, Udine et la Spal qui se tiennent en quatre points… Et personne ne semble pressé de monter à bord. Ce Bologne-Sassuolo était donc d’une grande importance pour le bas du classement et il était complètement fou. C’est toujours un plaisir de voir jouer les Dzemaili, Palacio et même Andrea Poli qui retrouve un peu de temps de jeu après ses errements à Milan … Bologne ouvre le score en 2e mi-temps sur penalty concédé sur Palacio et croit tenir la victoire mais Sassuolo égalise à la 91e après vérification de la VAR (utilisée à quasiment tous les matchs en Italie …). Dernier corner, 95e, Mattia Destro, l’éternel espoir âgé de 28 ans vient d’entrer … et claque un coup de boule salvateur pour tous les rossoblù. Victoire qui donne de l’air à Bologne et qui enfonce Sassuolo (trois défaites et deux nuls en cinq matchs) dans la pénombre du ventre mou italien. Le nombril, oui.
Les buts : Pulgar 68e et Destro 90+6e pour Bologne – Boga 90+1e pour Sassuolo

Udinese 2-0 Genoa : Dans la course au maintien, Udine a besoin de points. Le Genoa lui n’a rien à jouer. Vous voyez où je veux en venir ? Loin de moi l’idée des mallettes ou des petits arrangements entre amis/ennemis, mais Udine a gagné. Voilà, vous en tirerez les enseignements que vous voulez. Deux choses à retenir : Okaka, vous savez le petit jeune de PES 5, qui avait 16 ans et qui avait 99 en vitesse ? Il a 29 ans et a ouvert le score dans le match, voilà. Deuxième chose, allez voir le but somptueux de Mandragora, peut être le but du weekend en Serie A. Belle perf’ d’Udine qui tient la cadence dans la course au maintien.
Les buts : Okaka 4e et Mandragora 61e

Chievo 0-3 Cagliari : Jusqu’à la lie. Quatorze points derrière l’Empoli barragiste, dix-sept points derrière les bolognesi premiers non relégables, le Chievo Vérone y va tout droit. Cagliari ne s’est d’ailleurs pas fait prier pour leur marcher sur la tronche dans leur jardin. Bien aidés par un Nicolo Barella qui n’en finit plus d’impressionner, les Sardes n’ont laissé aucune chance à leurs adversaires du jour. 0-3 à la mi-temps, on aurait pu s’arrêter là. Le Chievo a tout de même usé de cette énergie du désespoir qui anime les condamnés tout au long de la seconde période, mais Cragno a tout sorti. TOUT. Gros bémol supplémentaire : un stade qui sonnait creux. Les habitants de Vérone, fief de la Ligue du Nord et de ses idées de merde, étaient sûrement trop occupés à défendre la famille traditionnelle dans les rues de la ville. Une famille c’est un papa, une maman, mais aucun des deux n’est tifoso.
Les buts : Pisacane 16e, Galvao 33e et Ionita 43e

Parme 1-3 Atalanta Bergame : C’était un match d’une importance extrême pour l’Atalanta qui, avec la victoire, s’installait confortablement à la 6e place (européenne) à trois petits points de la 4e (ce que vous savez déjà si vous suivez bien tout). Spoiler alert : l’équipe lombarde qui aime les déplacements (3e du classement à l’extérieur) a largement remporté son match. Gervinho ayant ouvert le score, Parme n’aura cependant existé que 20 minutes avant de prendre un bouillon tout le reste du match, bouillon cuisiné notamment par Pasalic ; l’ancien Monégasque (et milanista mais personne ne s’en souvient) place un petit pont merveilleux avant d’étriller le pauvre gardien de Parme. Zapata marque deux fois et signe ses 18 et 19e buts pour cette saison. L’Atalanta confirme que c’est un gros poisson, affichant un jeu attractif et offensif. Après la 4e place il y a deux ans et une 7e place l’an dernier, l’héroïne lombarde peut encore viser une place européenne et consolider une situation sportive et une gestion très séduisante de la part de Gasperini l’entraineur et de sa direction qui a failli laisser filer Papu Gomez l’été dernier et qui a repêché un Zapata perdu sur le port de Gênes.
Les buts : Gervinho 8e pour Parme – Pasalic 24e et Zapata 75e, 90+4e pour Bergame

Juventus 1-0 Empoli : Un bon match d’anti-football comme on les aime. Comment ça non ? Entre une Juve remaniée pour faire face aux nombreux forfaits (entre temps, Allegri a annoncé en conférence de presse qu’il n’y aurait que treize joueurs du groupe pro disponibles contre Cagliari, parfait avant d’aborder le Milan et l’Ajax) et une équipe d’Empoli qui joue avec ses qualités – plutôt discrètes – on a pas eu droit à un grand moment de football. Le match type de cette saison lorsque les bianconeri affrontent une petite équipe. On s’emmerde, mais ils gagnent quand même. Et c’est encore Moïse Kean qui sauve la mise. Raiola doit s’en frotter sa panse rebondie à deux mains.
Le but : Kean 72e

Roma 1-4 Napoli : La journée était douce et le soleil était haut quand les partenopei ont marché sur Rome hier (insérer ici chant de guerre). Une Roma à l’image de ses ruines aussi majestueuses qu’inutiles lorsqu’il s’agit de se défendre d’une attaque adverse. Pendant la première mi-temps de cette affiche de Serie A en première journée de reprise, les Napolitains ont fait fort, mais ça n’a pas été pour autant toujours simple. Milik a ouvert le score après un enchaînement splendide et la domination napolitaine a commencé à paraître évidente. Mais ce qui était encore plus évident c’était les failles énormes dans la défense de la Roma : les espaces que ces derniers ont laissé dans leur dos étaient si vastes qu’un défilé de camions de ravitaillement humanitaire pouvait y passer. Le milieu de terrain romain était triste à voir, à l’image du collectif, il fût facilement dépassé et disons-le à la rue. A la perte du ballon, le rythme était lent et aucune agressivité n’était dirigée sur le porteur adverse. La veine des Romains en première mi-temps était que le Napoli comme souvent manquait de réussite dans le dernier geste, ça et Mario Rui qui aurait pu porter le maillot giallorosso que ça serait pareil tellement il a été à la ramasse. À une autre époque on l’aurait poursuivi dans les rues avec des seaux de goudron et des plumes. Ce sera évidemment lui qui permettra à la Roma d’égaliser sur pénalty.

Après la mi-temps, les Romains semblaient revenir un peu plus déterminés mais la révolte a été vite étouffée, et les Napolitains en ont profité pour en claquer trois de plus. Il y a eu dans le tas quelques occasions romaines timides et une dangereuse qui a été sauvée par la barre, Meret ayant fait quelques erreurs de placement et quelques sorties douteuses pendant le match.
Conclusion : Ce n’est pas parce qu’on ne peut pas gagner un scudetto depuis mille ans qu’on ne peut pas s’amuser un peu avec les proies faciles. Quand on se prend un but de Younes…

L’instant sessouel : Le toucher de balle soyeux de Fabian qui a fait un match bien classe.
Les buts : Perotti 45+4e sur peno pour la Roma – Milik 2e, Mertens la mif 49e, Simone Verdi 54e et Younes 81e pour Naples.

Inter 0-1 Lazio : Dans mon langage courant c’est le match de la peste et du choléra du Calcio, donc j’y suis allée en traînant des pieds mais je n’étais la seule ; apparemment les joueurs aussi n’étaient pas chauds pour cette confrontation. Les dix premières minutes, l’Inter a dominé mais c’est la Lazio qui a planté le seul but de la rencontre. Fait intéressant : Wanda n’était pas titulaire sur le terrain ce soir, probablement un autre engagement médiatique.

L’Inter a continué à pousser pour revenir au score mais sans succès, Politano, Keita et Icardi sont restés – pour reprendre les expressions communes du journalisme foot qui rend propre – muets. La possession pourtant était largement du côté des intéristes mais tonton Spaletti a fait peut-être le changement de compo de trop au milieu et en pointe. Possession stérile donc, mais aussi un beau gros bus bien moche des laziali, une réminiscence et un hommage à la Ligue 1. Ils ont joué dans un 3-5-2 bien compact et l’adversaire se sera épuisé sans résultat pour percer le bloc. Strakosha était pour une fois, bien en réussite ce soir. Les Milanais ont frappé encore et encore, à chaque fois dans ses gants.
Le but : Milinkovic Savic 12e

Frosinone (0-1) SPAL : Qu’on se le dise : ce match, SPAL’affiche de rêve de la journée. Et si vous pensiez que j’allais m’arrêter là dans le mauvais humour, et bien vous aviez tort. Les visiteurs ayant rapidement marqué sur un corner ou la défense des canarini planait complètement, on a eu droit à un attaque-défense pour le reste du match. Et Frosinone à l’attaque, SPAL’a référence absolue du pays. Ajoutez à ça un Viviano des grands jours bien épaulé par ses montants, et vous obtenez une excellente victoire à l’extérieur de la SPAL qui, si elle n’est pas encore tirée d’affaire, s’offre une bonne dose de répit en enfonçant un concurrent direct dans les tréfonds du classement. Et ce maillot bordel, quelle pépite. Je me devais de vous en parler, même si SPAL thème de cet article.

ALLEZ STOP.
Le but : Vicari 13e

Fiorentina 1-1 Torino : Le Torino a craqué son slip dés le début du match en défendant approximativement comme dans un five du dimanche matin (comprendre encore en état d’ébriété) et la Fiorentina en a profité pour claquer le premier but par l’intermédiaire de Simeone. Les Turinois se sont repris un quart d’heure après : un enchaînement impeccable et un amour de but tout en puissance de Baselli dans la lulu.
La Fiorentina ratera par la suite une occasion en or de prendre l’avantage et le score en restera là. Il faudra remercier Sirigu qui fait l’arrêt décisif et sauve son équipe du 2-1. Pas le meilleur match de cette journée de Serie A, mais idéal pour digérer le repas tranquillement calé au fond du canapé. Les buts : Simeone 7e pour la Fiorentina – Baselli 34e pour le Torino

LA CLASSIFICA (ça veut dire le classement en italien de la diaspora).

Conclusion :

Qu’il était bon tout de même de retrouver cette vieille Serie A après cette trêve. Pas de grosse surprise, à part la défaite du Milan et le manque de rythme de la plupart des matchs. On pardonne, mais on attend la prochaine journée avec impatience en espérant que d’ici là le rythme sera revenu. La course pour le Scudetto est certes enterrée (en attendant dans l’ombre le jour du renversement du régime en place), mais derrière ça se bouscule entre Milan, l’Inter, la Lazio et l’Atalanta, alors que la Roma que l’on a cru un temps sur de bon rails rechute.

Baccio Anale.

Pharaon Rolantournevis

Fils de Dalida et de Roland Courbis cong.

4 commentaires

    • En homme de goût, je savais qu’un article sur le Calcio vous plairait. Je dirai aux Papier Paolo Sopalini de ce monde de faire les Bacci Anali au pluriel.

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