La Calcio Académie vous raconte la 36e et 37e journées de Serie A (20-21)

Ciao ragazzi,

Beaucoup de choses à débriefer avec vous car la journée en semaine a foutu un bordel monstre en haut et en bas du classement ! Non. Pas du tout. En haut tout le monde a gagné (l’Atalanta, le Napoli, la Juve et le Milan), avec panache pour Milan qui en a foutu sept au Torino… avec un peu moins de panache pour la Juve qui l’emporte contre Sassuolo malgré une belle domination des Neroverdi.
En bas, Benevento coule toujours, et le Torino, vous l’avez lu plus haut, en a pris sept dans la musette. On a vu Inzaghi et Sirigu plus heureux.
Tout se décide donc à la 37e journée (que l’on va raconter ci-dessous) et la 38e, ultime, le weekend prochain.


Spezia – Torino (4-1) :

Rien ne sera épargné aux pauvres supporters du Toro. On en connait et bien qu’on ne saisisse pas toujours exactement pourquoi ils se sont infligés une telle souffrance, on peut vous assurer que ce sont des types tout ce qu’il y a de plus normal. On le précise car on pourrait l’imaginer amateur d’autodestruction, de masochisme sordide, non, que dalle. De prime abord, ils sont comme vous et moi. Alors on ne dit pas qu’il n’y a pas un petit truc qui cloche, on n’est pas psychologue hein et on est bien content de ne pas l’être. Cette saison en enfer, pour paraphraser Rimbaud, grand supporter devant l’éternel du Toro, est loin d’être terminée. Y’a encore des souffrances à s’expier. La Spezia remporte haut la main le match. La défense fut catastrophique, les remplaçants cataclysmique. Les Turinois poussent le bouchon au point de faire entrer le 99, Alessandro Buongiorno. Comme son nom l’indique, il a passé vingt-sept minutes à dire bonjour à tout le monde. Putain Alessandro, tu couvres encore de vingt mètres, là !!! Mais oui con, il est parti taper la bise au stadier que veux-tu. Bref, si le Toro perd son match en retard contre la Lazio, la dernière journée sera folle contre Benevento. En espérant qu’ils ne fassent pas rentrer Francesco Arrivederci.

La saison du Toro en une image

La Spezia, pour sa part, s’impose avec les honneurs et la complicité d’un Daniele Orsato qui avait envie de prendre une douche bien chaude. L’homme du moment s’appelle Riccardo Saponara. Depuis son retour au mois de mai, le joueur prêté par la Fiorentina est en pleine bourre. Il a relancé une équipe qui commençait à trembler pour ses miches. La Spezia parvient donc à se maintenir, le challenge semblait presque impossible. Vincenzo Italiano l’a relevé.
Nota Bene : Le Toro a pris un point contre la Lazio et nous prive de ce dernier match dantesque. Pas merci les gars.

Buts : Saponara (19e), Nzola (42e et 74e) et Erlic (84e) / Belotti (55e)


Benevento – Crotone (1-1) :

Comme un symbole de leur saison… ces statistiques : 21 tirs dont 8 cadrés pour Benevento.
Et un seul petit but marqué. Voilà ce qui leur a couté le maintien. J’étais optimiste tout au long de l’année car, au bout d’un moment ça allait payer, ce jeu offensif, ces prises de risque… mais en Serie A la naïveté défensive se paye chère. Encore aujourd’hui en Campanie. Benenvento avait pourtant fait le plus dur en marquant d’entrée et jouant à onze contre dix après l’expulsion d’un joueur de Crotone. Des occasions en pagaille, une barre transversale du frère Insigne, tout allait bien. Avant l’égalisation à la 93e. Ce but de Simy, le 20e pour lui, malgré la descente. Énorme performance sur laquelle on reviendra, évidemment.
Cette fois c’est clair, Benevento redescend, main dans la main avec son copain promu.
Espérons les revoir vite, c’était une belle aventure de les suivre, et on espère ne pas perdre de vue certains petits joueurs comme Lapadula, Caprari, Viola ou Insigne…

Buts : Lapadula (14’) ; Simy (93’)


Juventus – Inter (3-2) :

Ce match c’est un condensé du football moderne, un résumé en une rencontre et en un duel. C’est un duel de géants aux pieds d’argile, l’un est tout juste champion et déjà sous une cure d’austérité avant même la fin de saison. C’est pour cette raison que le troisième maillot de l’Inter est si moche. Ils ont juste rassemblé des vieux draps des gamins du centre de formation pour faire le troisième maillot. Les gars ils se disent que Balenciaga fait ça depuis des années et t’as bien des connards qui en achètent. L’autre est dirigé par un parfait abruti qui ne parvient pas à penser autrement que par le prisme de ses débiles de gosses. Lui, il voudrait des matchs de douze minutes, des trampolines pour faire des tirs spéciaux, bref du spectacle, merde. Le gars veut révolutionner un sport qu’il ne comprend pas. Ce n’est pas comme si on confiait, je ne sais pas, à Luc Besson des cours de cinéma ou pire une école de cinéma pour lancer des nouveaux talents. Ah merde, j’ai dit une connerie ? Donc les acteurs, convenons-en, sont des biens beaux exemples du football actuel. Ils incarnent, à leur façon, le football et ses dérives ou les dérives et le football, chacun choisira son ordre prioritaire.

L’argile, ce fléau sous-estimé

Venons-en au match. On a tout eu : des péno, la VAR, pas de VAR, encore la VAR, presque la VAR mais pas tout à fait la VAR, une frappe contrée, un carton rouge sévère et finalement une victoire au bout du suspense sur une action gaguesque, rocambolesque, pittoresque. Ça sentait bon le Calcio d’avant, le Calcio d’antan. Par moment, les deux équipes parvenaient à jouer au ballon, ce n’était pas un spectacle déplaisant. Mais il ne fallait pas trop s’y habituer car ça ne durait jamais bien longtemps. Forcément quand un match se termine ainsi, tu as le droit aux inévitables talks, aux éternels débats débiles mais agrémentés de chouettes décolletés qui méritent le coup d’œil et ravivent une soudaine curiosité. Ce match c’est le foot moderne avec ses excès mais sans les tribunes. A ce petit jeu du vidéaste arbitre, la Juventus revient dans la course à la Ligue des Champions (dont elle sera probablement sanctionnée mais c’est une autre question et un autre sujet).

Buts : Ronaldo (24e), Cuadrado (45e et 88e) / Martinez (34e) et Chiellini (CSC 83e)


Genoa – Atalanta (3-4) :

À 3-0 à la mi-temps, l’Atalanta fêtait déjà la qualification en LDC, récompensant leur admirable saison, leur deuxième place quasi-acquise et leur formidable jeu offensif.
Zapata, Malinovskyi, Gosens, Pasalic, voici les quatre buteurs du soir et il n’est étonnant pour personne de voir ces noms.
Petit point statistiques : Zapata c’est 15 buts, 10 passes dé ; Malinovskyi 8 buts 12 passes dé ; Gosens 11 buts 6 passes dé ; même Pasalic, milieu central a marqué 6 buts. A titre de comparaison, Calhanoglu le numéro 10 titulaire du Milan est à 4 buts seulement…
Bref, l’Atalanta a torpillé le Genoa avant de se faire reprendre de volée et friser la contre performance dans les dernières minutes. Il n’en est rien finalement, l’Atalanta valide officiellement son ticket pour la LDC. Et on les félicite car, comme l’an dernier, cette équipe était le véritable bonbon de notre saison.

Buts : Shomurodov (48’, 84’), Pandev (67’) ; Zapata (9’), Malinovskyi (26’), Gosens (44’), Pasalic (51’)


Roma – Lazio (2-0) :

La Roma n’avait pas battu la Lazio depuis 2018. Trois longues années à voir le rival sortir fièrement du terrain et trois années à le voir fanfaronner au haut du classement. Cette année, la Roma a répondu autant que la Lazio a déçu. La Roma a même, l’instant d’un moment qui ne fut pas trop long, eu le sentiment ou l’espoir d’avoir un destin européen.
La Lazio s’est fait écraser, balayer, terrasser et même éparpiller. Depuis qu’ils sont fixés sur leur sort, les Laziales ne font même plus semblant d’être en vacances. La Roma n’a pas encore assuré son ticket européen. Ça serait bien dommage de ne pas voir José dans des académies en feu après un match de conférence Europe. Mais si les Giallorossi nous livrent le même match, ils devraient éviter l’écueil d’une catastrophe.

Buts: Mkhitaryan (42e), Pedro (78e)

La Lazio peut en profiter


Fiorentina – Napoli (0-2) :

Victoire tranquille du Napoli sur le terrain de Florence, deux pions, une transversale, un poteau, les joueurs de Gattuso ont logiquement gagné et gardent leur destin entre leurs mains pour la ligue des champions. On reviendra également sur la phase retour où ils ont pris un nombre conséquent de points…

Buteurs : Insigne (56’ sp), Venuti csc (67’)

Udine – Sampdoria (0-1) :

Je ne sais pas si c’était le thème du jour dans le Frioul ou si c’était la journée mondiale des petits câlins (ce qui expliquerait les derniers évènements géopolitiques dans le monde), toujours est-il que les acteurs du jour se sont fait des papouilles, des bisous papillons et partagent de franches poignées de mains à la rudesse virile mais avec un soupçon de délicatesse pour montrer qu’on est, avant tout, des copains. Dans cet océan de bons sentiments et de bonnes intentions, il était totalement logique de voir les locaux laisser les visiteurs s’imposer sur un penalty transformé par un sénior. Fabio Quagliarella inscrit son douzième but. La Sampdoria l’emporte. Le jour où l’UEFA créera une quatrième coupe d’Europe, faudra compter sur eux pour essayer de s’y qualifier. En attendant, beaucoup aurait signé pour que cette saison se termine avec autant de sérénité.

Orzotto alla verdure, une recette parfaite pour digérer le futur départ de la star de l’équipe.

L’udinese partage aussi ce sentiment général. Le magnifique De Paul aura peut-être joué son dernier match dans son stade vide. La fin de l’histoire serait un peu triste. L’Udinese va devoir une nouvelle reconstruire, comme un éternel recommencement.

But : Quagliarella (88e)


Parma – Sassuolo (1-3) :

Sassuolo reste complètement dans le coup. Ils remportent un match où les buts fut plus beaux les uns que les autres (si on excepte le péno bien sûr). Regardez le résumé du match, vous pourrez admirer l’égalisation de Bruno Alves pour Parme, une reprise du droit en pleine lulu, vous vous enthousiasmerez sur la finition de Defrel et la reprise de Boga. Pour les amateurs des mains et des gants en cuir qui font mal (on garde toujours une petite pensée pour les supporters du Toro), vous saurez apprécier les arrêts successifs de Consigli.
Parme s’apprête à dire au revoir à la Serie A. L’objectif est rempli. Bravo.

Un résumé qui vaut le coup d’œil

Buts : Bruno Alves (32e) / Locatelli (25e), Defrel (62e)et Boga (69e)


Milan – Cagliari (0-0) :

Tous ceux de devant ont gagné. Et Milan joue en dernier. Les Rossoneri savent ce qui leur reste à faire pour valider officiellement leur participation en LDC : une victoire. Maitres de leur destin, ils ont trois points à prendre ce soir pour être tranquille dimanche prochain à Bergame.
Rien de tout ça n’a été fait.
21 tirs, pour seulement 2 cadrés. Une asphyxie générale pour les joueurs offensifs qui témoignent du manque de leader criant en l’absence d’Ibrahimovic. Aucun but marqué et pire, aucune situation où Milan n’a su ni n’a pu prendre l’avantage.
Milan jouera sa qualification à Bergame, sur le terrain d’une Atalanta qui torpille tout le monde. Cette fois-ci, encore, victoire obligatoire des Rossoneri. Sinon, l’enfer.

But : Personne, la con de ta race.


Hellas – Bologna (2-2) :

Les vacances ne sont plus très loin les gars, encore une petite semaine, une semaine à se trainer à l’entrainement, une semaine à se lever le matin, une semaine à attendre avant de partir en Floride. Les deux équipes nous ont livré un match de fin de saison. Le rythme n’est pas dingue, la pression n’est pas folle mais chacun joue sa partition avec le minimum de conviction. Le match n’était pas désagréable, il a même le charme des choses qui ne servent à rien ou presque mais qui nous manquent une fois qu’elles ont disparu. A ce petit jeu, Palacio nous livre une bien belle prestation, il inscrit son petit but. Le quasi quarantenaire marque son cinquième but de la saison. C’est une performance remarquable. L’ancien nerazzurro peut jouer un sacré tour à la Juve dimanche prochain. On ne doute pas qu’il en très envie mais en sera-t-il capable ?
De son côté, l’Hellas conclue sa saison à domicile sur un nul. Ils auraient probablement pu prétendre à un meilleur classement vu le niveau de jeu affiché cette saison. Il faudra confirmer la saison prochaine.

Un florilège de buts de Palacio, offert par la Calciooooo Académie

Buts : Faraoni (2e), Kalinic (53e) / De Silvestri (32e), Palacio (82e)

Note Artistique de la journée : 4/5

PaPier Paolo Sopalini

Papier quadruple épaisseur. Le meilleur et le pire du Calcio, parce qu'on parle même du Napoli.

Un commentaire

  1. « Comme un éternel recommencement », c’est le nouveau communsymbole ?
    Très joli ces petits buts des maçons verts et blancs, soit dit en passant.

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