La Chardon à Cran académie présente son onze mondial historique

Quelques semaines après que nous avons joyeusement tiré sur l’ambulance, la nouvelle est tombée, terrible pour les Lyonnais, soulagement pour tous les autres : c’en est fini des championnats pro cette saison. Un ministre havrais qui décide de ça, on se demande bien pourquoi quand on voit la saison de son club, tiens.

L’ASNL conclut donc cette saison à une honorable mais anonyme 12e place en attendant que pétromilliars et présus prêtés par le grand Monastère City affluent à l’intersaison. On ne va pas se mentir : la dynamique fortement déprimante qui avait cours avant l’interruption des matchs laissait entendre que nous n’allions pas finir plus haut, mais probablement bien au-dessous de cette 12e place.

Le contrat n’est donc pas vraiment rempli avec l’objectif affiché en début de saison, et bien moins encore avec celui de ce bavard de Rousselot (pour rappel, il visait les barrages). Peut-être que son successeur aura à cœur de faire un peu mieux. Pour réaliser cet exploit, la Chardon à Cran Académie, dans son immense mansuétude, propose modestement ce onze mondial historique. Composé d’une majorité de joueurs formés au club, il n’en reste pas moins un indicateur précis de ce qui manque à presque chaque poste : de vrais joueurs de football, puissants, techniques, intelligents, solidaires. Un peu tout ce qui fait une équipe de foot, quoi.

Qui pourrait entraîner ça ? Arsène Wenger ?


Le onze :

Bracigliano
Genna c’est une décennie 2000 passée à l’ASNL et plus de 200 matchs joués sous le blason du chardon. Tout de suite, ça calme. Homme fort de la 4e place de L1 obtenue en 2008, il est (comme Puygrenier) aux portes d’une équipe de France qui ne marque pas l’histoire avant de signer à l’OM et de fouler la pelouse du mythique Giuseppe Meazza pour une qualif’ contre l’Inter.
A Nancy on se souvient de lui comme un grand gardien, décisif sur le terrain, classe en dehors. On peut désormais le voir, toujours aussi beau, pas un gramme de pris, sur la pelouse de Picot à chaque échauffement d’avant match, et pleurer à chaudes larmes quand on constate l’étendue des dégâts à ce poste depuis son départ…

Chrétien
Pas tout à fait Philip Lahm, mais quand même un peu frisson, notre Mickaël. Avant un retour partiellement réussi en tant que défenseur central il y a 4 ans avec l’objectif atteint de la montée, il arpentait inlassablement le côté droit de la défense de fer de Don Pablo. Formé au club, titulaire à 18 ans puis international marocain et arrière droit du onze de Ligain en 2006, il a tout connu avec Nancy et surtout le succès. Tout sauf son héritier, que l’on attend encore…

Puygrenier
Incontournable de cette équipe type, le grand Seb’ a marqué les meilleures années de l’ASNL dans les années 2000. Présent dans l’équipe-type de L1 en 2008, le rouquin-chauve est excellent cette saison et un, si ce n’est le, principal acteur de la meilleure saison récente (voire meilleure de l’histoire) du club. Avec 25 buts marqués en quelques 200 matchs, Puygrenier est également un buteur intéressant pour son poste, sur corner mais surtout en fin de match où il joue littéralement 9 pour apporter le surnombre, comme c’était la mode à l’époque… Il partira vers d’autres cieux avant de revenir au sein de notre L2 chérie, pour notre plus grand plaisir.

André Luiz
Tireur de penalty et capitaine après le départ de Puygrenier, avec qui il formait probablement l’un des meilleure paires de centraux de la Ligain, il a forcément baissé une fois le départ de son partenaire. Pour autant, en 7 saisons passées à Nancy (dont une partie qu’il a joué en milieu récupérateur, signe que la polyvalence était de mise à l’époque), il n’a jamais dévié de sa mission et a contribué en leader aux succès qui ont fait les belles années du club.

Brison
Roux peut-être, malingre sûrement, pas bien technique effectivement, Jonathan Brison incarne toutefois ce qui manque cruellement à l’ASNL en ce moment : une combativité sans borne, un dévouement et un sérieux implacables, un coffre à double fond qui a dégoûté bien des ailiers. Sa polyvalence a aussi beaucoup joué en sa faveur, lui qui était capable de défendre comme d’attaquer sur son côté gauche.

Berenguer
Milieu des belles années, Pascal Berenguer était de ces bosseurs consciencieux motivé avant toute autre chose par l’amour du jeu et de son club. Ses larmes nous ont ému le soir de son dernier match à la maison. Quant à ses performances, elles nous ont la plupart du temps ravis, en particulier celles trop rares où il infligeait une frappe surpuissante au gardien adverse, parfois avec succès. Auteur d’un doublé lors de son dernier match à Picot, il reste comme l’un des joueurs les plus sympathiques que l’on ait connu sous le maillot blanc.

Gavanon
Incontournable dans le milieu victorieux des années 2000, Gavanon est le passeur officiel d’une équipe qui marque la moitié de ses buts sur coups de pieds arrêtés. Tireur de coup franc (dont un beau sur coup-franc direct contre l’OM son club formateur), de corner et de penalty, Gavanon soigne ses stats et devient meilleur passeur de L1 en 2007 et homme à tout faire de l’entrejeu nancéien. Avec sa gueule de beau-frère qui s’occupe du barbecue, il forme avec son pote sudiste Bérenguer une paire de milieux défensifs complémentaires, l’un aboyeur, l’autre créateur. Avec presque 300 matchs en rouge et blanc, Gavanon a une place bien gardée dans ce onze de légendes.

Platini
Michel Platini. Evidemment.
Meilleur buteur de l’histoire du club, LE joueur qui a mis l’ASNL sur la carte du football français, voire Nancy sur la carte de la France. Seul ballon d’or à être passé et formé à Nancy, il est de l’équipe historique de 1978 qui apporte pour la première et seule fois la Coupe de France en Meurthe et Moselle. Sept années passées sous le maillot blanc du chardon, pour débuter sa carrière et notre Marcel-Picot pour la terminer, dans un jubilé qui verra Maradona et Pelé, entre autres, fouler sa pelouse pas encore synthétique.
Les souvenirs lorrains des anciens nous le vantent comme le GOAT, et avec le chauvinisme qui nous caractérise, on va les croire sans douter.

Rouyer
Furieusement rapide en dépit des trois kilos que pesait le ballon à l’époque, la Rouille fait partie de cette autre génération dorée qui a rempli la Lorraine de joie. La fin des années 70, la génération Platoche, la Coupe de France remportée face à Nice (déjà)…bien des choses qu’on n’a pas connu en direct, mais que les tontons nous racontent avec des petits frissons et des commentaires acerbes sur la situation actuelle du club. Plus connue est la suite qu’il a donné à sa belle carrière, entre commentaires rigolos et choix politiques hasardeux et jusqu’à ses récentes prises de position en faveur d’une sensibilisation contre l’homophobie dans les stades.

Hadji
Près de 350 matchs, 86 buts, Youssouf Hadji est incontestablement le numéro 9 historique de l’ASNL. Formé à l’ASNL en 1998 (année historique pour son grand frère Mustapha), il prendra sa retraite, 20 ans plus tard et encore à Marcel-Picot, en 2018, s’offrant un dernier penalty pour son dernier match en carrière.
Pas le meilleur joueur que Nancy ait connu, pas le plus fantasque évidemment, mais une fidélité et une gentillesse qui le placent forcément dans la mémoire de tout supporter du chardon. Ses pénaltys, son jeu de tête, sa queue de cheval, les drapeaux du Maroc dans les tribunes pour lui (et quelques autres), autant de souvenirs me viennent en tête après avoir vu une (très) bonne partie des matchs à domicile de Youssouf Hadji, le 2e meilleur buteur de l’histoire du club, parti en retraite sur un maintien de L2 acquis à la dernière journée quelques mois avant le sacre russe des Bleus.

Dia
L’histoire des grands joueurs de l’ASNL semble toujours se dessiner en deux temps. Pas d’exception pour Issiar, d’abord ailier à la vitesse effrayante lors de la décennie 2000 parti se perdre à la recherche de « challenge sportifs » exotiques puis auteur d’un retour réussi lors de notre dernier séjour en Ligain. Il finira meilleur buteur lors de cet exercice que l’on a passé à s’extasier sur son culot et sur la taille Hazardesque de son postérieur.

Comment ne pas lire le nom de Pablo Correa ? Notre coach historique. Avec ses hauts et ses bas, qu’importe, Pablo c’est la famille ASNL.


Ils auraient pu y être :

Lenglet
On retient plus sa progression fulgurante que sa carrière nancéienne, finalement bien courte. Il n’empêche que tout son temps passé chez nous fut synonyme de succès et que son départ à Seville à l’intersaison a marqué le début des ennuis. Désormais au Barca et promis à une place en équipe de France tandis que nous nous traînons dans les recoins pas très recommandables d’un championnat de bas étage, Clément continue à nous rapporter de loin, puisqu’une coquette indemnité d’intéressement sur son transfert de Séville devrait renflouer les caisses du club incessamment.

Vairelles
Pur produit du cru car né à Nancy, le grand Tony pourrait être le héros d’un film ou d’un livre tant sa carrière et l’après sont riches en péripéties… Formé à Nancy dans les années 90, il arbore la coupe mulet et le blouson de cuir avec fierté avant de partir rejoindre le Pas de Calais où la mode ne subit aucun décalage. Meilleur joueur de D2 avec Nancy en 1995 et après trois saisons (et 15 ans de formation) à l’ASNL, Tony Vairelles fera les beaux jours de Lens puis d’une dizaine de clubs et sera le premier gitan à être sélectionné en équipe de France… avant de rentrer au bercail et faire les gros titres des quotidiens locaux.
Oui Tony, se pointer avec des armes devant une boite de nuit pour plomber les videurs qui t’ont refoulé 2h avant, c’est pas génial… surtout pour toi et ta famille, connus de tous à Nancy. Mais quoi qu’il se passe, Vairelles restera LE local préféré des supporters du chardon et ça c’est quand même une belle fierté.

Cascarino
Le deuxième Tony de cette équipe, et pas des moindres, The Irishman ! Pas celui de Scorsese, mais bien Cascarino. Après avoir appris la bagarre dans le sud de l’Angleterre puis à Londres dans l’enfer du Den de Millwall, Tony the Irish fait les beaux jours du Vélodrome puis de Marcel Picot. Un triplé pour son premier match avec Nancy, une envolée de buts, notamment de la tête grâce à son mètre 90, Cascarino est l’archétype du 9 grand, massif, pivot, qui prend tout de la tête et se bat (littéralement) avec les défenseurs adverses. Un classique des années 90’. Le souvenir qu’il laisse à Nancy est celui d’un des derniers attaquants majeurs de l’ASNL et incontestablement une place dans les meilleurs trois attaquants que le club au chardon a connu. My place is yours Tony, see you there and let’s drink together !

Pedretti
Beaucoup de doute à son arrivée. Autant de doute levé dès sa première saison avec Nancy.
1e saison, et déjà champion de L2. Avec Lenglet, l’homme fort de l’équipe cette saison là.
Tous les coups de pieds arrêtés passent par lui, tous les ballons du milieu sont transformés par son pied droit, et une tonne de passes décisives sont réalisées par l’ex-sochalien coiffé en pic.
Rapidement aimé par le public, il le rendra avec fierté et fidélité en rejoignant le staff nancéien après son dernier match. Désormais entraîneur adjoint, on peut le voir avec Bracigliano préparer les échauffements de nos joueurs avant les matchs : nostalgie garantie.

Biancalani
Le plus corse de tous les Lorrains aura connu l’ignominie d’une saison chez le voisin messin, certes, mais reste surtout dans le cœur des supporters de Nancy comme un de ces fidèles parmi les fidèles qui n’a jamais vraiment dévié de son club formateur. Le filiforme latéral gauche est même devenu entraineur de la section féminine après avoir mis fin à sa carrière de joueur. Une carrière au cours de laquelle il a connu trois accessions en Ligain et a eu le nez (qu’il a fort joli d’ailleurs) de conclure avant la relégation suivante. Un départ au sommet.

Kim
Le 22 avril 2006, les supporters nancéiens trouvent une nouvelle idole. Buteur victorieux face à Nice en finale de coupe de la Ligue, Kim devient dès lors un chouchou du public. Après deux premières saisons compliquées, le brésilien de 27 ans est un des joueurs les plus importants d’une équipe classée 4e de L1 à la fin de l’exercice 2007-2008. Ailier dribbleur, ses feintes font des ravages dans la défense adverse et Lyon, Monaco ou l’OM sont ses victimes favorites.
L’une des révélations de l’année en L1 est alors tout proche de signer à Marseille et à Lyon mais c’est l’Arabie Saoudite et sa monnaie qui le convainc. Sa carrière ne décollera plus. On garde alors un souvenir de joueur éphémère, mais si fort … l’un des derniers à avoir enflammé Marcel Picot.

Féret
L’élégance, l’intelligence et le talent. Tout ce a fait que son équipe pouvait régulièrement jouer avec sérénité tout en se permettant même de belles phases de jeu occasionnelles. Son passage à Nancy reste dans l’esprit des spectateurs comme une période où de vrais beaux joueurs racés faisaient les beaux jours du club. Pour dire, on lui avait même demandé de se tenir prêt pour une sélection en equipe de France, ce qui n’était pas arrivé à un de nos joueurs depuis Platini. Bon, ça ne s’est pas fait, mais ça illustre un peu l’écart avec ce que l’on voit de nos jours…

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

Un commentaire

  1. Quand on parle de joueurs de l’ASNL,il y en a un qui a été étoile d’or FranceFootball saison 84/85:Ruben Umpierrez après Michel Platini ,c’était le meilleur.

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