La Chardon à Cran académie présente son onze anal historique

En cette période d’incertitudes, de doutes, de remise en question de toutes les valeurs fondamentales (sauf la connerie humaine, seul lumière directrice parfaitement stable aux yeux de nos académiciens), il est toujours sain de se rassurer en contemplant avec délectation l’un des invariants qui fait la saveur de la vie : l’insondable nullité que recèle la grande histoire de son club.

Prenez avec nous le temps de vous pencher avec délectation dans les archives les plus malodorantes du club, avec nos petits moyens. Munis de votre masque en papier cul et de vos comprimés de chloroquine, il est grand temps de plonger dans la fosse à purin archivant les performances les plus honteuses des représentants les moins glorieux de notre histoire.

L’absence d’académicien historien et la relative jeunesse de vos serviteurs nous forcent nonobstant à tourner notre attention vers le passé récent de l’ASaNaL, qui n’a jamais aussi bien porté son surnom qu’en ces temps obscurs.

Aussi, grâce aux merveilles de l’internet et à la panoptique médiatisation croissante de notre sport (jusqu’en les replis les plus sombres de la vidéo-surveillance, on ne va pas revenir dessus), pouvons nous vous offrir avec ravissement ce onze anal de l’ASaNaL couvrant une grosse quinzaine de ces dernières années faites de bonheur, d’étoiles et de firmament, mais aussi et surtout de blessures incurables au rectum, de saignements fécaux, de malformations douteuses du patrimoine génétique et de douleurs fondamentales. N’ayant pas peur de la redondance, et conscients que notre club de cœur incarne dans ses grandes lignes l’essence même de l’analité footballistique, nous avons donc exhumé de l’orifice tabou de l’occident ce fier 4-2-3-1 composé des claque-patins les plus véritables, escrocs les plus patentés, des animaux humains les moins génétiquement codés pour respirer de manière autonome, et en règle générale, des plus nullards des nullards assermentés qui eurent l’heur de fouler à un moment ou à un autre la pelouse sainte et éthique de Marcel-Picot de leurs pieds carrés.

Placement vaguement contractuel


Le onze :

Grégorini
Panda, simili albatros et gardien pas franchement brillant tout à la fois, le bon Damien est désormais entraîneur des gardiens chez nous, ce qui doit expliquer pourquoi notre défense donne l’impression de flancher avec une telle régularité. Nommé par trois fois au célèbre ballon de plomb des Cahiers du foot, il aura recueilli les moqueries beaucoup moins tendres des supporters nancéiens au cours d’une carrière faite de quelques hauts, mais surtout de gros bas.

Calvé
Buteur magnifique lors d’une saison de Ligue 1 où Nancy fut la seule équipe à battre à l’aller et au retour un PSG fraîchement passé sous pavillon qatari, il a par la suite brillé par sa nullité et ses exigences salariales ridicules jusqu’à ce qu’il trouve un Mickaël Chrétien revanchard sur sa route : retour illico sur le banc, et le voilà parti dans l’errance des médiocres à la recherche du club parfait. Il cherche encore…

Sami
Ah Joël. Tu sais que dans le fond je t’aime bien Joël. Bon ok je préfère ton cousin Billy, qui gère si bien au piano. Ton oncle Cantona, lui aussi je l’avais bien aimé, dans un vieux film avec Michel Serrault. Oui, ok, je plaide coupable, la purée pleine de beurre de Robuchon, ça aussi c’était pas mal.
Bon, tu le sais Joël, le talent c’est pas de famille. Sinon, comme tes homonymes, tu en aurais, ne serait-ce qu’un petit peu. Avec tes quatre saisons quasi pleines chez nous, tes presque 200 matchs, comment as-tu pu faire illusion ? Combien de buts tu as coûté mon bon Joël ? T’en sais rien ? Moi non plus, j’ai arrêté de compter assez vite. Ton poids aurait pu être un atout face aux attaquants. Physiquement t’aurais pu t’en sortir, de la tête, des épaules. Même pas, t’as préféré te faire passer de vitesse par tous les attaquants de France et de Navarre. T’as préféré monter sur chaque corner pour voir le ballon passer devant ton crâne lisse sans t’imposer. T’as préféré faire des fautes dans tes 16m et faire briller Gregorini (blague).
Allez, sans rancune, et je vais te dévoiler un petit secret. Moi aussi je suis un homonyme.

Loties
Jordan Lotiès. Né à Clermont Ferrand. J’ai presque tout dit. Alors on ne choisit pas son prénom, ni son lieu de naissance, OK. Je ne vais pas lui faire ce procès. Mais il pourrait au moins contrôler sa page wikipedia et changer sa photo…
Sinon à Nancy, c’est plus de 100 matchs, quatre saisons de suite à plus de 20 matchs, un mec qui a pas mal joué donc… et je vous mets au défi, du peu de supporters de l’ASNL que vous connaissez, je vous mets au défi de demander à l’un d’entre eux s’il a des bons souvenirs de Jordan Lotiès (hors Football Manager où il était un crack, true story).
Si vous en trouvez un, ramenez le moi, nous nous soûlerons à la mirabelle tous les deux.

Lemaître
Comme son nom ne l’indique pas, il a été plus volontiers grand timonier du dérapage incontrôlé que du tacle maîtrisé. Un latéral très border-line que l’on a moins vu remonter le terrain à la recherche du centre parfait que tourner en rond sur lui-même se demandant où était passé le ballon.

Nicaise
Pas le pire joueur de l’histoire. Loin de là. Pas le meilleur non plus, loin de là. Mais une signature, pleine de traîtrise, chez l’ennemi messin à la fin de ton contrat. Alors oui, tu n’es pas le seul. Bien sur. Mais comme Arya Stark, les noms on les a. Et ne t’inquiète pas, ils paieront, eux aussi. Là c’est ton tour, alors mange.
Presque 120 matchs avec Nancy, une formation aux petits oignons (pas le resto rue Jeanne d’Arc), des compagnons de route comme Bérenguer, Biancalani, Dufresne, Kroupi, Lécluse, Puygrenier, Rambo ou encore Zerka (alors arrière droit), t’avais tout pour réussir chez nous. T’as préféré tout gâcher. Belle coïncidence, tu quittes le club et l’ASNL est champion de L2 l’année suivante. T’étais pas si bon que ça, avec le recul. T’étais même loin d’être bon.
Au final, c’était peut être un bon cadeau empoisonné que livrait Rousselot à son pote Molinari. Allez, dans le doute on te nomme quand même dans le onze de l’ASaNaL mais rassure-toi. On n’oublie pas Schemmel. Lui aussi il va payer sa trahison.

Clément
Jérémy fucking Clément aurait dû être le digne successeur de Benoît Pedretti dans notre milieu de terrain. Le facteur X détenteur des clés du jeu dictant son rythme, techniquement supérieur et néanmoins prêt à glisser un félon petit coup de crampon au bon moment. Au lieu de cela, il a passé l’intégralité de sa carrière nancéienne en retard, alternant performances piteuses et dégaine de dernier choisi au jeu du chou-fleur dans la cour de récré. Un lâcher de ballons a eu lieu le jour de son départ, la légende dit qu’il les aurait tous manqués.

Niculae
La patte Jean Fernandez sur le jeu du Nancy new look : voilà ce qu’il promettait. Sa pige à Auxerre avait marché grave peu avant l’époque où Rousselot et Jeannot se mirent à échanger des anti-dépresseurs sous le manteau tout en ayant encore la lucidité de ne pas forcer la dose. Mais comme ces deux camés, le Roumain a fini par dépasser ses limites, et sa condition physique de prof de techno n’aidant pas, il a épousé le moule Fernandez dans un sens que personne n’attendait mais que tout le monde a vite regretté.

Dosumnu
Alors oui je vous vois venir d’ici. Comment mettre Dosunmu dans les flops avec seulement 15 matchs au compteur… Oui, bonne remarque. Mais c’est moi qui écris et je fais ce que je veux. Voilà.
Ensuite pourquoi choisir le bon vieux Tosin Dosunmu ? Ce Nigérian d’alors 26 ans, fraîchement débarqué de Belgique, pour un petit sac d’or, censé faire la paire avec Curbelo, n’était finalement pas celui que Rousselot attendait. Contrairement à l’âge de sa carte d’identité, son talent n’a pas fait illusion. Malgré ses statistiques assez impressionnantes dans le championnat belge, il aura traversé la saison 2006-2007 comme un fantôme, barré par des joueurs déjà bien installés dans le onze et appréciés par le public (Zerka, Curbelo, Hadji, Fortuné).
Il n’aura joué qu’une quinzaine de matchs sous le maillot blanc et rouge, et c’est sans doute l’un des seuls des années Coupe de la Ligue, 4e de L1, coupe de l’UEFA (2006-2010 pour ceux qui ne suivent pas) qui avait sa place dans ce onze anal.

Jun Jo Gook
Là aussi, une petite vingtaine de matchs. Là aussi une énorme déception et un énorme raté dans le recrutement… Comme son compère Niculae, ça marche beaucoup moins bien dans le sens Auxerre-Nancy que dans le sens inverse (j’ai toujours pas digéré le départ de Sorin en plein hiver 2006). Ah Jeannot Fernandez, qui a formé Zidane à Cannes, qui a offert du Chablis à Mourinho, on connaît la musique. Jeannot nous a aussi ramené Niculae et Jun Jo Gook dans ses valises et ça putain c’était pas une bonne idée. Absolument pas intégré dans l’équipe, le Sud-Coréen n’y arrive pas.
Vite pris en grippe par un public qui n’en demandait pas tant, Jun Jo Gook fait partie de la nouvelle ASNL. Après les départs de Féret, Gavanon, Bracigliano, Chrétien, Ndiaye, Nguemo, c’est l’ASaNaL nouveau qui apparaît et qui va aussi disparaître du classement et des actualités de la L1 dans les années à venir. Cette année 2011-2012 pourtant pas mauvaise (11e de L1) n’est qu’une illusion sur ce qui nous arrive plus tard et le précipice n’était finalement pas si loin. Sans rancune Jo Gook, on sait tous que t’étais juste là pour jouer à la play avec Niculae. Et marquer un putain de but à Vercoutre.

Dalé
Mon cauchemar. C’est très simple, il est, je le pense sincèrement, dans le top 3 des pires joueurs que mes yeux ont pu voir en plus de 15 années d’abonné à Marcel Picot. Alors il a mis des buts (27 selon wikipedia), et il a joué beaucoup (141 matchs selon wikipedia), mais mon Dieu ce qu’il a vendangé, mon Dieu comme il s’est caché. Combien de parties de belote il a joué contre les gardiens adverses ? Rattrapé par le destin il est désormais à 34 ans, à Martigues (“J’ai un club pour toi … Martigues. Ca t’intéresse pas Martigues ? Alors essaie la créatine, tu verras la Juve” Quel film). Tu es désormais loin de moi Maurice Junior, plus de 700km d’après Mappy. Et c’est très bien comme ça.


Ils auraient pu y être :

Ndy Assembé
Ma Nemesis. Il aura marqué cette décennie 2010 par ses 150 matchs, par ses énormes boulettes, par ses pieds bien enfouis dans du béton sur sa ligne de but ou ses sorties foireuses (contre Metz à Picot en 2016). Je le hais. C’est peut-être personnel et sans grand intérêt mais après Grégorini, cet autre grand dadet n’a jamais confirmé les attentes qu’on mettait en lui, et ses titularisations ne sont dues qu’aux échecs des uns (Chernik) et départs des autres (Nardi). Ciao l’artiste et s’il te plait, si la direction a la bonne idée de vouloir t’enrôler dans notre staff, ne fais pas comme Gregorini, dis non.

Fischer
Paul Ficsher. Tant à dire pour ce joueur, ce dirigeant. Bandiera de l’ASNL : 278 matchs, jamais aucun autre club pro que l’ASNL. Ca force le respect et on le remercie pour ça.
Voilà, les honneurs passés. Malheureusement l’image qu’il laisse à l’ASNL c’est une charrette monumentale en tant que libéro, une fin de carrière compliquée où il n’a plus le niveau et surtout une seconde carrière de dirigeant qui n’a marqué les supporters que négativement. Tensions avec les ultras, responsable de mercatos plus décevants les uns que les autres, le seul Fischer qu’on tolère à Nancy c’est celui que l’on boit et qui un goût de bière légère.

Alou Diarra
« satisfait » de la seule saison qu’il a jouée chez nous en Ligain en dépit de l’ascenseur et d’une bonne partie de l’année passée à se faire reluire le chibre à l’infirmerie, le marathonien du rond central n’a gardé à l’esprit que son but contre le PSG dans un match finalement perdu, comme tant d’autres. Venu chercher un dernier challenge, il n’aura en fait conquis personne et laissé une image de bête individualiste là où il aurait pu briller par un sens du sacrifice et du collectif qui aurait été salutaire.

Loïc Puyo
Le plus exceptionnel escroc de l’effectif, l’Arsène Lupin du football, l’acrobate de nos vendredis soirs ! Venu au football par un obscur concours de circonstance qui l’a poussé hors du cirque qu’il n’aurait jamais dû quitter, le brave Loïc ne comprenait pas le football comme nous pauvres rationalistes européens gavés à l’exigence de résultat. Son foot à lui, c’est celui de ces artistes pieds nus dans les favelas d’Orléans qui ne veulent pas se racler la plante des pieds en jouant au sol. C’est la jonglerie comme art de vivre, le sombrero comme seul moyen d’éliminer un défenseur, la passe en profondeur lobée comme arme fatale, tel un joueur de PES 2008 jeté dans la vraie vie. Son football touche les étoiles même en plein jour, ses chandelles éclairaient nos rires. Plus aucun match pro après nous malgré une signature une nouvelle fois inexplicable à Amiens, c’est quand même un signe qui ne trompe pas.

Roger Piantoni-Vairelles et Marcel Picon

Marcel Picon

Ras le cul de toutes ces conneries.

2 commentaires

  1. J’ai de très bons souvenirs de Jordan Lotiès. Si, si.
    Bon, on se la descend, cette petite Mirabelle ?

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