La PL Academy vous présente la dixième journée
football circus and chips
Les dix premières journées de championnat ont été jouées et si le grand n’importe quoi des premiers matchs s’est légèrement estompé, ce n’est pas pour céder le moindre pouce de terrain à une forme de rigueur footballistique que l’on laissera volontiers à l’Allemagne ou à l’Italie. On est toujours entre chiens fous, avec juste un peu moins de buts. Le mois de décembre s’annonce canon.
Crystal Palace 0 – 2 Newcastle
Entre deux briscards de PL (clubs comme entraîneurs), on pouvait s’attendre soit à une prudence excessive soit une déferlante impétueuse de n’importe quoi. Mais nous sommes fin novembre et la fantaisie a été bannie pour six mois de l’Empire britannique, il n’est plus question de verser dans le football-spectacle.
Crystal Palace, sans ballon, a bien tenté des choses en particulier en fin de match, mais Benteke, Kouyaté ou encore Batshuayi ont buté sur une défense solidaire. À force de se livrer, ils ont en revanche eux-même oublié de défendre et les Toons, vêtus de jaune, s’en sont allés inscrire à la 88e un but à la nantaise après une touche et des petits échanges aériens. À peine cette ouverture du score tardive validée par Callum Wilson, un nouveau contre ouvre la défense des Eagles comme un malheureux tourteau à noël et c’est cette fois Joelinton qui marque.
Mauvaise opération pour les hommes d’Hodgson qui en plus d’avoir offert sa première victoire à Burnley la semaine passée, relancent un concurrent au maintien qui restait sur deux défaites d’affilée.
Brighton 1 – 1 Liverpool
Vous vous souvenez du football sans la VAR ? Oui ? C’est normal : c’est tellement de la merde maintenant que la comparaison avec le passé est chaque fois plus douloureuse.
Klopp a fait tourner pour ce match, moitié pour blessures moitié pour gestion de l’effectif. C’est ainsi que les peu expérimentés Neco Williams et Nat Phillips ont pu jouer et que Mané a été reposé. La première période a été très poussive pour les Reds, si on exclut le but de Salah refusé pour un orteil – le fameux pied égyptien. C’est même Brighton qui a dû s’en vouloir, Neal Maupay expédiant à côté un pénalty concédé par Neco Williams. Vers l’heure de jeu, les Scousers ont cru se diriger vers un ugly win, profitant de la forme étincelante de Diogoal Jota, buteur après un joli slalom. Las, après le but du break de Mané refusé pour hors-jeu à la 95e minute, Robertson a été sanctionné pour une faute sur Welbeck que certains qualifieront de peu évidente (pas votre dévoué) ; après intervention de la VAR, le pénalty a été confirmé et transformé par Pascal Gross.
Liverpool a piétiné après sa démonstration face à Leicester mais reste en haut du classement avant de rejouer mardi en Ligue des Champions et d’accueillir les Wolves dimanche. Brighton recevra les Saints.
Manchester City 5 – 0 Burnley
Dans une saison où de nombreux gros bafouillent, il est presque surprenant d’assister au spectacle d’une des cylindrées les mieux armées du championnat écrabouillant un malheureux candidat à la relégation. C’est qu’on en oublierait que les principes de Pep peuvent mettre un certain temps à s’intégrer dans la caboche de ses jeunes joueurs et que Sergio Aguero n’est pas là en ce moment pour lui sauver le cul.
Face à des Clarets complètement dépassés, les Mancuniens bleu ciel ont pu s’en remettre au talent collectif de Kevin De Bruyne et surtout à celui, individuel, de Ryad Mahrez, auteur d’un triplé.
On apprend moins de ce genre de match que d’une contre-performance du gros poisson, mais on peut tout de même affirmer que le modèle Guardiola, s’il ne porte pas ses fruits en ce début de saison, est encore capable de prouver son efficacité face à des équipes limitées.
Sean Dyche et sa troupe pointent quant à eux toujours vers le bas avec une seule victoire et un fossé de plus en plus vertigineux entre leur position et les places à l’abri.
Everton 0 – 1 Leeds
Après un match convaincant et sans chatte face à Arsenal, les hommes de Bielsa se déplaçaient sur le terrain d’Everton où les Toffees d’Ancelotti souhaitaient confirmer leur reprise de la semaine passée. Caramba, encore raté !
Un bien beau spectacle, avec pléthore d’occasions, des ballons allant d’un but à l’autre, de l’engagement, de la vitesse et de bien beaux arrêts : notons celui-ci du jeune français Ilan Meslier et ne notons pas ceux de Jordan Pickford car il n’en vaut pas la peine. Si Leeds a encore une fois touché les montants de son adversaire, Leeds a également de nouveau manqué de réalisme (coucou Jack Harrison). Mais, pour une fois, les Whites ne s’en sont pas mordu les c… doigts : l’ancien du Stade Rennais, Raphinha, a déclenché une frappe des 20 mètres et donné la victoire aux siens.
Les Whites retrouvent le ventre mou de Premier League et renouent avec le succès avant, on l’espère (tous rédacteurs confondus), d’aller taper Chelsea ; les Toffees, eux, rechutent et restent sur 4 défaites en 5 matchs. Que paso Carlo ?
West Bromwich Albion 1 – 0 Sheffield
Ce duel au sommet du championnat à l’envers a tenu toutes ses promesses. Des occasions en pagaille (trente-cinq tirs en cumulé, mais seulement onze cadrés), un joli but en forme de reprise “comme elle vient” du tibia de Conor Gallagher et un raté invraisemblable de Lys Mousset dans les arrêts de jeu, qui rappelleront aux lecteurs de céans leurs plus belles rencontres en district. Cette belle performance permet aux Blades de reprendre la tête du championnat, pendant que leur adversaire du soir reste troisième.
Southampton 2 – 3 Manchester United
Le déplacement au St Mary’s stadium a tout du piège ces derniers temps et bien des équipes peuvent rapporter qu’elles se sont cassé les dents sur le bloc à la fois compact et explosif formé par les hommes de Hasenhüttl. Depuis le début de saison, les Saints enchaînent d’excellentes performances en s’appuyant sur un jeu d’une intensité exceptionnelle et les qualités techniques de son capitaine James Ward-Prowse entre autres.
C’est ce dernier qui offre le but de l’ouverture du score sur un plateau à Bednarek, plus haut que tout le monde sur un corner. Dix minutes plus tard, l’Anglais a tout le loisir de montrer pourquoi il est un des meilleurs tireurs de coup-franc du royaume en trompant De Gea de l’angle de la surface, ce qui porte le score à 2-0 avant la mi-temps.
Il est grand temps de changer les choses pour Solskjaer à la pause s’il ne veut passer pour un vulgaire paillasson des Saints parmi d’autres. De Gea a pris un coup ou une blessure à l’ego, peu importe : relâchez Dean Henderson. En attaque, exit Greenwood qui cède sa place à Cavani. À peine après un petit quart, l’Uruguayen se met en action et sert l’inévitable Bruno dans la surface pour la réduction du score. Puis les rôles s’inversent et c’est le Portugais qui tente un frappe de l’entrée de la surface sur laquelle Edi place une tête décroisée dont lui seul a le secret. Cette égalisation obtenue, tout est en place pour tenter une spéciale en hommage aux grandes heures du Fergie time. C’est chose faite grâce à Cavani qui vient couper un dernier centre de Rashford au premier poteau : victoire et soulagement pour les Raides et vils qui restent en première partie de tableau.
Chelsea 0 – 0 Tottenham
Le choc de cette journée entre des Blues, troisièmes, et des Spurs leaders, s’annonçait dantesq… chiant compte tenu des managers en présence : Jouzé contre Lampard, ou le bus contre la chèvre (roh allez ça va). Eh bien, ça a tenu toutes ses promesses.
Tottenham n’était pas venu pour jouer au football et comptait sur son adversaire pour le faire. Manque de pot : Chelsea ne sait pas jouer au football. Autant pour Jouzé c’est un choix de vie, autant pour Francky c’est une incapacité naturelle. Alors bien sûr, les Spurs ont fait ce qu’ils savent faire de mieux : attendre et contrer. Avec Son et Kane, ç’a l’habitude de très bien marcher. Ce coup-ci, c’est pas passé loin du tout à plusieurs reprises mais ça n’a pas fait tilt. Côté Blues, les multiples talents offensifs ont tenté de se débrouiller seuls mais, là aussi, chou blanc. A noter tout de même un but hors-jeu de Werner, le superbe arrêt de Lloris sur une frappe de Mount et le raté de Giroud.
Un choc qui ne profite à personne et qui engendre un statu quo en tête du classement avec le nul, également, de Liverpool. Alors que Chelsea défiera Leeds, Tottenham accueillera son adversaire favori : Arsenal. Vous la voyez la Jouzé’s special face aux Gunners ?
Arsenal 1 – 2 Wolves
Selon nos informations, la direction d’Arsenal aurait décidé d’abandonner la devise du club, “Victoria Concordia Crescit” supposant en effet que le club remporte occasionnellement des matches. Nous suggérons par conséquent au club d’adopter “Lasciate ogne speranza, voi ch’intrate”, qui aura au moins pour mérite de constituer un avertissement pour les nouveaux supporters.
Car que dire encore de ce club, qui traverse actuellement son pire début de saison depuis 1981 ? Deux tirs cadrés en quatre-vingt-dix minutes à domicile face à un adversaire prenable suffisent à résumer le porridge ambiant dans lequel les Gunners sont englués. Cette fois-ci, même Arteta semble complètement perdu, en témoigne son hésitation à sortir David Luiz après un abominable choc tête contre tête.

ça va, il a seulement été placé sous oxygène, rien de grave
Même si Raul Jimenez a quitté la pelouse avec une fracture du crâne, ce sont les Gunners qui semblent avoir été assommés, en témoignent les deux buts de Neto et Podence à la suite de parties de billards dans la surface. Entre-temps, Gabriel a égalisé sur corner, mais l’incapacité d’Arsenal à se montrer dangereux hors phases arrêtées a permis au Loups de gérer tranquillement en seconde période et de remonter à leur septième place totémique. Les Canonniers sont deux fois plus loin.
Leicester 1 – 2 Fulham
Les Foxes, solides en haut de tableau malgré leur défaite la semaine passée à Anfield, avaient à cœur de rebondir à domicile face aux Cottagers, bien mal embarqués cette saison et relégables.
Eh bien le rebond n’a pas eu lieu, à l’inverse de l’incroyable : Zambo-Anguissa, ancien chouchou d’Erzulie à la Canebière Académie, a remonté le ballon de sa moitié de terrain jusqu’à l’autre et délivré une passe dans le bon tempo pour Lookman qui a ajusté le gardien de Leicester. Quelques minutes plus tard, c’est Fuchs qui a commis l’erreur de faucher Decordova-Reid : le pénalty a été transformé par Cavaleiro – fait notable puisque les Cottagers restaient sur trois échecs dans cet exercice. Fulham, avec deux buts d’avance au bout de quarante minutes : les bookmakers sont déjà ruinés. La soirée n’était pas pour Leicester : avant les buts des Cottagers, la volée de Tielemans et la reprise de Fofana qui avait suivi avaient touché les montants de Fulham. Malgré les changements offensifs de Rodgers à la pause et la réduction du score de Barnes à la 85e, Leicester s’est fait prendre.
Les Foxes restent quatrième. À Fulham, on respire un peu en sortant de la zone rouge.
West Ham 2 – 1 Aston Villa
Le match entre les deux équipes que tout le monde confond (ils sont habillés pareil, pratiquent tous deux le football d’il y a vingt ans et au fond on s’en cogne d’eux) a permis aux Marteaux bulleux de remonter à la cinquième place du championnat. Pour ce faire, les hommes de David Moyes ont adopté une tactique simple mais efficace : démarrer chaque période pied au plancher, en ouvrant d’abord le score dès la deuxième minute sur une tête d’Angelo Ogbonna, puis en reprenant l’avantage dès le retour des vestiaires grâce à un centre de Benrahma repris de l’épaule de Jarrod Bowen. Entre-temps, Jack Grealish y était allé de sa jolie frappe sèche pour trouer les filets de Fabianski. Ollie Watkins aura deux occasions d’égaliser en fin de match, mais son pénalty s’écrase sur la barre du portier polonais et la VAR a sorti son microscope à balayage pour refuser son but dans les arrêts de jeu.
The table : Jouzé est toujours en tête du championnat, ce qui consolera notre académicien stéphanois en souffrance cette saison, la VAR c’est toujours de la merde, les équipes en bleu sont beaucoup trop bien classées et Fulham entrevoit la lumière. On se retrouve la semaine prochaine, avec notamment un alléchant West Brom – Crystal Palace.

Le résumé de West Ham-Aston Villa est très vrai. C’est assez drôle quand on y pense de voir ce cher David Moyes plus proche du titre que de la descente. Le Laurent Blanc écossais, ce type.
Bizarrement tout ça me fait penser à Marouane Fellaini ce bel homme, et je ne peux pas m’empêcher d’essuyer une petite larme.
Ah, j’allais oublier l’essentiel : rendez Edinson. Tout de suite.