La Tsuicacadémie vous conte le choc de la Liga I Bergenbier

C’est chaud

Après deux matchs de la Tricolorii, on se retrouve pour une première en Liga I Bergenbier et quelle première ! Le choc entre le Pandurii et le Steaua, soit les deux premiers du championnat. Et le match a tenu toutes ses promesses…

 

Bucarest – Targu Jiu : 324 kilomètres. Si vous avez le loisir de vous asseoir dans un des trains de la CFR (équivalent de la SNCF), cela vous prendra à peu près 5 heures pour faire ce trajet. Eh oui chers amis, oubliez vos notions de temps et de rythme quand vous arrivez en Roumanie. Tout est à une autre échelle mais vous aurez au moins le temps d’apprécier le paysage, constellé de villages Roms, de champs pétrolifères et autres usines laissées à l’abandon. La Roumanie est un pays où Georges Moustaki eut été à l’aise car il permet de prendre « le temps de vivre », surtout quand vous êtes loin des 2-3 grandes villes comme Bucarest ou Cluj.

L’arrivée à Targu Jiu vous laissera songeur, surtout si elle se fait de nuit. C’est un peu comme arriver à Epernay ou Vichy, le premier réflexe est de regarder sur son portable pour voir s’il y a du réseau, se demander si les autochtones ont eu connaissance de l’existence de Mickael Jackson mais ça c’est surtout parce que toi et moi, on est des gros cons. Laisse toi porter par le charme désuet de ces petites bourgades !

Car tout le monde parle de Venise mais surtout ceux qui n’ont jamais connu Targu Jiu ! Oui Targu Jiu, c’est avant tout le grand Brancusi. Je vais t’éviter un tour sur Wikipédia : je te parle de Constantin Brancusi, un des plus grands sculpteurs du XXè siècle. Le genre de mec qui pouvait dire après avoir construit quelques chefs d’œuvre : « Les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c’est de nous mettre en état de les faire », certainement quelquechose qui parlera à vous autres procrastinateurs. Targu Jiu est donc remplie de sculptures du grand barbu, que ce soit la Porte du Baiser, la Table du Silence ou encore la Colonne Infinie. Mais ce n’est pas le seul charme de la ville : promenez vous au bord de la rivière Jiu avec en arrière plan la vallée de la Sohodoloi. Allez jusqu’à Hobita voir où le génie est né et a grandi. Allez jusqu’à Tismana voir l’Etoile de l’Orthodoxie, célèbre monastère ! Et surtout arrêtez vous dans un village (Runcu de préférence), parlez aux Gorjenilor (habitants du département) et ils vous offriront le Graal de votre périple : quelques verres de Tsuica.

 

Après notre quart d’heure « Bienvenue à l’Office de Tourisme de la Roumanie », passons au ballon rond. Hier, c’était le choc inattendu entre le Pandurii Targu –Jiu (25 points) et le Steaua Bucarest (28 points) pour cette 12è journée. Tu connais sûrement le Steaua donc je vais te présenter le Pandurii. Le club de Gorj a profité de la déliquescence du Craiova pour devenir le bastion de la région du Sud-Ouest de la Roumanie. Mais pas de palmarès clinquant, le meilleur classement étant celui réalisé la saison dernière avec une septième place après avoir longtemps squatté le top5.

 

 

 

Pandurii – Steaua, ce sont deux visions du foot qui s’affrontent. D’un côté, l’ogre Steaua (le PSG local) avec ses 12M€ de budget et son président Gigi Becali. De l’autre, un club qui se construit peu à peu avec un budget de 8M€ constitué principalement de fonds publics (la région bénéficiant notamment de mines de lignite et de grosses centrales thermiques). Ces dernières années, le petit club de Gorj a commencé à se faire une belle réputation notamment en termes de jeu et le Steaua est régulièrement venu piquer des joueurs avec en têtes de ponte les deux internationaux Chiriches et Pintilii.

Becali avait annoncé avant le match « On gagne au Pandurii et le championnat est plié. Il y a personne de notre niveau dans ce championnat ». Du côté du Pandurii, on restait mesuré dans les déclarations. Sur les coups de 21h30, l’ambiance était très chaude dans le stade Tudor Vladimirescu. Les supporters de Targu Jiu étaient bien décidés à jouer leur rôle de 12è homme.

Deux 4-3-3 s’affrontent sur la pelouse mais la fougue des jeunes du Pandurii prend rapidement le dessus sur les stars de Bucarest. La première mi-temps est à sens unique. A la 11è minute, l’attaquant lituanien Matelivicius rentre dans la surface côté gauche et centre fort pour Grigoras dont la reprise est repoussée par Tatarusanu. Le premier quart d’heure est une démonstration du Pandurii sous l’impulsion de Maxim et Radut (prêté par le Steaua et auquel Becali avait mis la pression avant le match). A la 30è, Radut trouve Matelivicius en profondeur qui temporise pour remettre à Maxim. Le petit ailier gauche se retrouve face à 4 défenseurs du Steaua qui tombent tous dans sa feinte de frappe mais Tata fait bonne garde encore une fois. A la 33è, Chipciu touche le ballon de la main dans sa surface mais l’arbitre ne siffle pas penalty pour les locaux, sous la bronca des supporters. Finalement à la 43è, l’excellent capitaine des Bleus et Blancs Vieira dribble deux joueurs sur le côté droit et centre fort pour Maxim qui manque le cadre à 6m du but…

La première mi-temps se terminera sur cette ultime occasion et l’impression que le Pandurii a clairement manqué le coche. Les joueurs du Steaua n’ont jamais pu mettre en place leur jeu et ont souffert face à la vivacité des joueurs du Pandurii. D’ailleurs Reghecampf fera rentrer ses deux internationaux Pintilii et Tanase à la mi-temps. Chipciu repassera arrière droit à la place d’un Gabi Matei complètement à la rue.

La deuxième mi-temps aura une physionomie complètement différente. La maturité et la force physique de l’équipe du Steaua prennent peu à peu l’ascendant sur la fougue locale. A la 53è, sur un centre du capitaine Bourceanu, le libéro Gardos réalise une superbe volée du point de penalty repoussée des poings. L’apport technique de Tanase et Pintilii sera décisif dans la construction du jeu des Stelisti. On retrouvera d’ailleurs un ciseau de Tanase à la 69è, non cadré. La fin du match restera globalement à l’avantage des Stelisti qui ne parviennent cependant pas à mettre à mal la bonne charnière Vieira – Mamele.

Au coup de sifflet final, les joueurs et supporters du Pandurii semblent satisfaits de ce bon point pris contre le grand Steaua alors qu’un feu d’artifice retentit. Du côté des entraîneurs, Reghecampf a loué la qualité de jeu du Pandurii alors que Grigoras s’est dit heureux d’accrocher le futur champion de Roumanie. Becali, dans son style si personnel, a lancé un pari selon lequel le Steaua sera champion avec 20 points d’avance…

 

Du côté des joueurs, pour le Pandurii, on retiendra l’excellente prestation de Vieira dans un style proche de Kodjo Afanou ainsi que la bonne tenue de la défense avec Mamele et Pleasca. Au milieu et devant, la technique superlative de Maxim et Radut (le next big thing en Roumanie) a enchanté les supporters et les journalistes roumains. Malheureusement, les deux se sont éteints après la 50è minute. A noter l’entrée du Franco-Marocain Boutadjine, ancien pensionnaire de l’ETG.

Ousmane Vieira

Du côté du Steaua, Tatarusanu a été égal à lui-même : rassurant, rien à voir avec un vulgaire Thébaux. Le latéral droit Matei n’a joué que 45 minutes cauchemardesques. Gardos a démonté toutes ses qualités défensives et a pointé le bout de son nez sur quelques actions. On se demande si le Milan ne ferait pas mieux de s’intéresser à lui plutôt qu’à Chiriches. Parvulescu, le latéral gauche, a fait du Jordi Alba dans le texte. Du côté des joueurs offensifs, on retiendra avant tout les bonnes prestations d’Adi Popa, Tanase et Pintilii qui ont dynamisé le jeu après la mi-temps. Chipciu, suivi de près par l’OM, a démontré ses qualités techniques et de vitesse en première mi-temps puis a très bien dépanné au poste de latéral droit en seconde mi-temps.

Au final, le Pandurii a gagné l’estime de tout le monde sur ce match en se montrant ambitieux dans le jeu, notamment en première période. L’effectif pléthorique du Steaua devrait cependant leur permettre de creuser l’écart dans la durée mais on en disait autant la saison dernière en L1…

Cette semaine, le CFR se déplace à Galatasaray en Champions alors que le Steaua reçoit Molde en Europa League. On se retrouve très bientôt et en attendant retournez lire l’article sur Nicolae Dobrin si ce n’est déjà fait !

Tristan Trasca

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5 thoughts on “La Tsuicacadémie vous conte le choc de la Liga I Bergenbier

  1. Y’a une corrélation entre la porte du Baiser et la Colonne Infinie? Peut-être qu’un roumain ni voit que de l’architecture, mais j’y vois de l’art pour adulte, ce qui n’est pas pour déplaire, encore que le charme des Roumaines m’est inconnue, puisqu’aucune n’a eu l’amabilité de mettre ses mains sur mon corps ailleurs que dans mes poches.

    Mis à part cette parenthèse nécessaire pour jouer du stéréotype, l’académie est toujours plaisante à lire. (merci d’ailleurs pour avoir répondu à la question que j’avais laissé en commentaire la dernière fois).

  2. Ah Willy, il faut que tu remédies à ce manque crucial dans ta vie. Tu ne sera certainement pas déçu !

    Merci Charlie !

  3. Très bon, encore une fois. Et avec des publications aussi régulières et de qualité, la Tsuicacadémie est bien partie pour s’imposer dans le paysage horsjeuien.

    La bise anale.

  4. Très bon travail, ça permet au roumainsquinesontpasdesroumainsmaisdesromsdumétro de remonter dans mon estim.

    Continue comme ça

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