Kir Académie – Faites entrer l’accusé : « Le casse du Moustoir »
Une enquête édifiante
Christophe Hondelatte (Les vrais savent que seul Christophe doit avoir les clefs de FELA) : C’est un homme hagard, groggy que la police repère lors d’un contrôle de routine. Il semble sonné. En le ramenant au poste, les policiers tentent de le réconforter, de comprendre ce qui lui est arrivé, mais cet homme qui a le regard vide ne dit rien. Ils ne le savent pas encore, mais ils viennent de mettre le doigt sur une affaire qui va changer l’histoire de la Ligue 1, une affaire que l’on appellera plus tard, « le casse du Moustoir ».
Voix off Hondelatte : C’est au soir du 28 janvier 2017, aux abords de Lorient, que la police récupère un homme perdu le long d’une route. Il ne parle pas, semble ailleurs. Afin d’en savoir plus, les agents le ramènent au poste. Sur lui, pas de pièce d’identité, mais un papier griffonné dans une langue inconnue. Par chance, un officier a une idée qui va débloquer le mystère.

Policier : « Je m’y connais en cinéma des pays de l’Est, alors j’utilise Google Traduction pour effectuer mes petites recherches… Cinéphiles… J’ai tout de suite senti que c’était du hongrois, alors j’ai tapé et là bingo ! Il y avait écrit « Sale entraineur de merde va chier », on a tout de suite contacté les services d’ordre hongrois avec la photo de cet homme et ils nous ont fait revenir un nom : Bernard Casoni… Ainsi que des insultes à son encotre. »
Voix off Hondelatte : Bernard Casoni, les policiers s’empressent de rentrer son nom dans le fichier et ils découvrent qu’il a un lourd passé d’escroc. Il a monté plusieurs arnaques au fil des dernières années. Le mode opératoire est le même, il séduit des présidents de clubs grâce à son palmarès de joueur sans avoir de qualités d’entraineur, s’installe au poste, empoche le salaire et finit par couler le club. Marseille, Evian, le Club Africain en Tunisie, Auxerre, Valenciennes, Videoton en Hongrie. Et voilà qu’il est désormais installé dans la région, plus précisément à Lorient et qu’il occupe, tiens donc, le poste d’entraineur. Voilà longtemps que les policiers hongrois cherchent à lui mettre la main dessus mais les faits sont proscrits. Ils ne peuvent le mettre en garde à vue mais toujours groggy, ils le gardent au poste et décident de prévenir son employeur.
- Alors Loic Fery vous êtes président de Lorient. À l’époque votre entraineur était Bernard Casoni, comment est-il arrivé chez vous ?
- Il me dit qu’il a joué deux finales de Ligue des Champions, qu’il en a gagné une, je vérifie et je vois que c’est vrai, donc je lui fais confiance et je l’engage.
- Vous ne vous doutez pas que c’est un escroc ?
- Je commence à avoir des soupçons, disons à partir du début janvier 2017.
- Et tout bascule réellement le 28 janvier ?
- Oui voilà exactement. On m’a appelé ce soir-là d’abord pour me dire que l’on s’était fait braquer. Alors j’ai tout de suite essayé de joindre Bernard mais pas de réponse, puis plus tard dans la soirée la police m’a prévenu pour me dire qu’ils avaient retrouvé Bernard et que je devais venir tout de suite au poste.
Voix off Hondelatte : Au poste, Loic Féry explique s’être fait braquer et ne pas avoir réussi à joindre Casoni durant toute la soirée. Il n’en faut pas plus à la brigade de Lorient, Casoni est placé en garde en vue et suspecté du braquage.
- Alors Dominique, quels sont les éléments à disposition des enquêteurs ?
- Christophe, les enquêteurs vont se rendre au stade du Moustoir et procéder à un relevé d’empreintes. Ils vont aussi passé la scène de crime au Blue Star, c’est une solution chimique que l’on repend et qui vire au bleu si du sang est présent, même si la pièce a été nettoyée au préalable.
- Et alors, résultat ?
- Le stade est ma-cu-lé de sang. Le braquage a été d’une violence inouïe mais ce sont les empreintes qui vont parler, des empreintes qui vont matcher avec le fichier national et un nom en particulier va intéresser les enquêteurs, celui de Jordan Lotiès.
C’est une enquête un peu bizarre. Un suspect qui ne parle pas, une scène de crime maculée de sang et des victimes introuvables. Les policiers étaient sur le point de rendre une petite visite à ce fameux Jordan Lotiès quand un témoin va venir leur raconter des choses très, très intéressantes.
Voix off Hondelatte : C’est un dénommé Olivier Thual qui va faire avancer l’enquête. Il était là, il a TOUT VU ! Il n’en peut plus, il veut, tout raconter à la police. Ce sont des Dijonnais qui ont fait le coup et il a des noms, à donner.
« J’étais là ce soir-là, je faisais mon boulot d’arbitre. J’ai reconnu Bernard Casoni sur le banc. Dans l’exercice de mes fonctions je l’ai croisé à plusieurs reprises, je savais que c’était un incapable, un escroc. Je connais bien Loic Fery, il est un peu simplet mais c’est un bon bougre alors quand j’ai vu arriver les Dijonnais avec leur attaque de feu, je me suis dit que je devais intervenir. Vous savez Diony a marqué dès la 10e. Avec Tavares et Pierre Lees-Melou ils ont commencé à violenter les Lorientais, à vouloir leur prendre leurs 3 points, c’était trop. À la 28e Diony a marqué une nouvelle fois, donc là j’ai sifflé un hors-jeu imaginaire, pour faire souffler les Merlus vous voyez… À la mi-temps je suis allé voir Bernard, je lui ai dit « Oh Bernard, réveille toi, tu dois faire quelque chose là, ils sont en train de vous enculer à sec avec du gravier, Ciani a le fion qui saigne bordel ». J’ai l’impression qu’il m’a entendu parce que Marveaux marque dès la 46e. Mais je vois que ça continue comme en première, les Dijonnais s’amusaient à faire tourner les Lorientais. Donc quand j’ai vu Lang faire faute en dehors de la surface, beh je siffle. Waris transforme Lorient repasse devant. Je me dis que c’est bon que j’ai fait le boulot, mais les Dijonnais, c’étaient des vrais brigands, des durs à cuire, ils se sont battus et ils ont égalisé par Lotiès. Je me suis mis à regarder cet enculé de Casoni qui ne faisait rien et je me suis dit, je tente le tout pour le tout, je vais siffler une nouvelle fois un penalty imaginaire mais Waris, certainement encore sonné par les exactions qu’il venait de subir, il rate son péno. Là derrière, les Dijonnais se déchainent, une violence terrible, ils marquent à la 92e par Lees-Melou, ils remontent leurs pantalons et repartent avec les 3 points ».
Hondelatte : Les policiers vont être é-ba-his par ce récit. Ils vont interpeller de ce pas les Dijonnais et notamment Lotiès qu’ils connaissent bien. Il avait déjà braqué les Lorientais en octobre en marquant à la dernière minute. Tout le monde est placé en garde à vue.
- Nathalie Boy de la Tour vous êtes le juge d’instruction chargée de cette affaire. On a désormais des suspects écroués, un témoin Olivier Thual, un mobile les trois points, mais où sont les victimes ? Où sont les Lorientais ?
- Alors vous devez comprendre que ce sont des victimes traumatisées, que l’on a eu énormément de mal à faire témoigner. Ils ont perdu trois points, se sont fait agresser, sexuellement même, et par-dessus tout, ils ont joué comme de véritables brêles. Ils ne voulaient pas que l’on voit leurs visages, ils restent très marqués.
- Alors madame le juge, les Dijonnais vont passer aux aveux.
- Oui, très vite, il y avait même une certaine satisfaction dans leurs récits, la joie du travail accompli, c’est la première fois qu’ils braquaient loin de leurs terres.
Le juge annoncera des peines qui varieront selon les actes des prévenus :
Reynet 4/5 : Un arrêt énorme devant Philippoteaux, un pénalty sauvé, encore un grand match !
Lang 2/5 : Souvent dépassé, le jeune Hongrois est loin d’être à l’aise à droite.
Rüfli 2/5 : En progrès même s’il a souffert face à Marveaux.
Varrault 3/5 : Notre capitaine a beau avoir 37 ans, il est toujours aussi solide.
Lotiès 4/5 : Si défensivement il n’a pas toujours été irréprochable, sa grinta nous a remis dans le bon chemin.
Abeid – Balmont 3/5 : Les deux milieux défensifs ont encore fait du bon boulot. Il n’a pas toujours été simple de contenir Mvuemba et Mesloub mais leur pressing permanent à 2 a pu permettre à la défense dijonnaise de souffler.
Martin 3/5 : Le nouveau Zidane revient petit à petit. Ailier sur le papier il a souvent décroché devant les deux milieux défensifs. Son influence sur le jeu grandit et c’est de bonne augure.
PLM8 4/5 (Homme du match) : À l’origine de tous les bons coups, une passe extraordinaire pour Diony, le but de la victoire, le gamin roule sur la Ligue 1.
Tavares 3/5 : Un boulot ingrat, des déviations, tenir le ballon, aller au combat, heureusement tout cela Julio sait faire et sort encore un bon match.
Diony 4/5 : Toujours dangereux et une combattivité à toute épreuve. Il devient en plus un vrai finisseur, toute la panoplie du parfait attaquant.
Des peines lourdes pour les Dijonnais, Casoni lui sera jugé séparément et écopera de sursis pour incompétence. Les Dijonnais seront libérés dès le week-end prochain et il n’est pas dit que l’on entende plus parler d’eux.
C’est encore mieux foutu qu’à la télé.
J’estime qu’Abeid mérite un blow job deepthroat pour son contrôle orienté et passe décisive sur le 3e but.
C’est superbe, on s’y croirait !