Les souvenirs d’Europe de tonton Georges – Episode 1 : 1960, à jamé lé premié

Salut le monde d’après,

L’avocat de Balkany à la Justice, un violeur à l’Intérieur, Saint-Denis socialiste, le fouteballe annulé, et ce foutu mur qui tombe à Berlin : ces dernières semaines (et années) ont été traumatisantes à plus d’un titre. On perd nos repères (et vice et versa), on sait plus où qu’c’est qu’on a mis nos identités nationales en danger et nos masculinités en crise dans ce merdier en proie aux délires progressistes du salafisme écologiste.

C’est kékun ki ma di que le communimse n’avait jamais marché.

Dans tout ça, tonton Georges non plus il ne sait plus où il est, parce que comme tous les vieux cons de son espèce, il ne peut « plus rien dire ». Pauvre de lui.

Alors, tout comme tous les vieux cons de son espèce, tonton Georges s’en remet à ses souvenirs : ah ! c’était le bon temps quand on pouvait entrer sur le marché du travail à 12 ans. Ah ! c’était le bon temps quand les femmes aimaient bien qu’on leur mette des mains aux fesses. Ah ! c’était le bon temps quand on pouvait ne pas choisir entre boire et conduire.

Et puis, c’était le bon temps quand il y avait du fouteballe, que l’Euro n’était pas annulé, que l’URSS était une grande équipe de football, qu’elle régnait sur l’Europe et faisait trembler le monde. Et comme il se trouve qu’aujourd’hui même, c’est le soixantième anniversaire du premier et unique titre européen de la Sbornaïa, et bien tonton Georges a décidé de sortir un bon vieux hors-série hors-jeuïen comme on les aime. Un truc en quatre actes pour autant de finales européennes, et pour faire la nique à ces gros•ses nul•le•s de théâtreuseux et aux indécrottables de la dissertation en trois parties.

Dans ce premier épisode, il sera question des souvenirs heureux d’une époque où l’antifascimse n’était pas encore le vrai facimse (mais aujourd’hui on peut plus rien dire de toute façon, alors), histoire de se rappeler que le football a existé (et existera peut-être encore plus tard, mais pas sûr), et puis ramener un peu de joie sur les tristes visages des enfants des favelas de Beauvais et d’ailleurs.

Le sport et la doctrine

Cette première édition de la Coupe d’Europe des nations a tout des temps héroïques du sport-spectacle. Imaginée par un Français (comme toutes les compétitions internationales de football dignes de ce nom), boudée par les Angliches (idem), cette coupe Henri-Delaunay est aussi l’un des premiers tournois d’envergure disputés par la sélection soviétique.

Il faut dire que le sport soviétique est venu relativement lentement à la compétition internationale. La doctrine sportive du régime, à ses débuts, se cantonne à la culture physique et à la gymnastique, excluant toute notion de compétition entre camarades de la grande URSS.

Assez vite, cependant, la doctrine se plie volontiers aux ambitions internationalistes du parti, et la course au record et à la performance prennent le pas sur l’hygiénisme des premiers temps. La pratique sportive se spécialise, la figure de l’athlète devient celle du « héros normatif », au miroir duquel doivent se reconnaître les masses laborieuses, unies au sein de la « nation ultime ». Le sport devient un véritable devoir civique.

Mais il faut attendre l’après-guerre et l’opposition Est-Ouest pour voir le régime soviétique s’emparer de la propagande par le sport, entrée dans le domaine politique et diplomatique dès l’entre-deux-guerres, et opposer enfin directement ses sportif•ve•s dopé•e•s à la doctrine à celleux des pays occidentaux.

Les athlètes soviétiques, footballeurs compris, prennent part aux Jeux olympiques pour la première fois en 1952, en Finlande. Quatre ans plus tard, l’équipe de pied-balle russe remporte son premier titre aux Jeux olympiques de Melbourne. En 1958, elle participe à son premier Mondial en Suède, s’inclinant contre le pays hôte en quarts de finale. Il faudra attendre 1965 pour voir les clubs d’URSS prendre part aux compétitions de l’UEFA.

Antifascimse et antititimse

Au milieu de tout ça, il y a donc cette Coupe d’Europe des Nations, première du nom. La sélection soviétique s’amène en France avec quelques certitudes, forte de ses récentes bonnes performances aux J. O. 1956 et au Mondial 1958.

Le parcours de qualification, relativement court avec 17 équipes en lice, est rondement mené par nos amis rouges : en huitièmes de finale, la Hongrie, dont le Onze d’or a été démantelé après l’exil de ses meilleurs joueurs suite à l’insurrection de Budapest en 1956 (mine de rien, les chars soviétiques avaient de la suite dans les idées), est laminée 4-1 en matches aller-retour.

En quarts de finale, face à l’Espagne franquiste, l’opposition fascimse / communimse n’aura pas lieu : le Caudillo, qui n’a pas trop trop pardonné à l’URSS d’avoir aidé les Républicains pendant la guerre civile, refuse de laisser les Di Stéfano et autres Gento (un Dieu du ballon, rappelons-le) aller affronter les Soviétiques au stade Lénine. Après d’infructueuses négociations menées par l’UEFA, la victoire est donnée aux Rouges sur tapis vert – le vert de l’islam, comme de par hasard.

Les Islamo-gauchisses sont d’ailleurs, comble de l’horreur, en majorité lors de la phase finale, organisée sur notre bonne vieille terre de France. Parmi les quatre qualifiés, en plus des Bleus et des Soviétiques, on retrouve les Yougoslaves et les Tchécoslovaques. Le Grand Remplacement communisse est en marche, et avec lui son cortège de diktats écolos-bobos.

Les demi-finales sont une formalité pour nos srabs de l’Est, qui se débarrassent des Tchécoslovaques à Marseille, par trois buts à zéro. De leur côté, les Yougos se défont de la bleusaille (privée de leurs héros de 1958, Fontaine et Kopa, blessés), l’emportant 5-4 après avoir été menés 4-2 à quinze minutes de la fin.

L’affiche de la finale oppose donc l’URSS à la Yougoslavie, deux nations que tout oppose, le football ne faisant pas exception. L’antagonisme politique, officialisé dès 1948 (rappelons que Staline aura tenté plus d’une quarantaine de fois de faire assassiner Tito), s’incarne footballistiquement dès 1952 en Finlande, lors des premiers Jeux olympiques disputés par les Soviétiques. Les deux équipes, qui s’affrontent en huitièmes de finale du tournoi de football, reçoivent des télégrammes personnels d’encouragement des deux dirigeants rivaux avant cette rencontre qui prend une importance capitale.

Le match, disputé à Tampere, est à la hauteur de l’enjeu : après avoir été menée 4-1, la Sbornaïa revient à 5-5 dans les toutes dernières minutes. Lors du match d’appui, le surlendemain, les dissidents yougoslaves s’imposent cette fois 3-1. Les représailles ne se font pas attendre après cette déconvenue : le CDKA Moscou, club de l’armée ayant fourni la majeure partie des joueurs de la sélection olympique, est tout bonnement dissous, et son entraîneur Boris Arkadiev, qui dirigeait également l’équipe d’URSS aux J. O., est déchu de tous ses titres honorifiques. Miskine.

Quatre ans plus tard, en 1956 à Melbourne, la Sbornaïa prend sa revanche contre les totos titistes, et en finale cette fois, ma bonne dame. Staline n’était plus là pour voir ça, tant pis pour lui. En 1958, premier Mondial en Suède, et premier quart de finale pour nos sympathiques athlètes-fonctionnaires d’État, qui confirment leur montée en puissance sur la scène sportive.

10 juillet 1960 : le jour où Yachine la lève (vous l’avez ?)

Et en 1960, rebelote, donc, revoilà les Yougos en finale de l’Euro français. Avec encore pas mal de têtes médaillées d’or dans les rangs rouges, notamment le capitaine Igor Netto et le légendaire gardien Lev Yachine, « l’Araignée noire » et ses 270 clineshites au compteur (c’est pas Yohann Pelé qui cracherait sur de telles stats, hein ?). L’équipe est également toujours menée par son sélectionneur tout aussi médaillé Gavriil Katchaline, décidément l’homme des premiers succès internationaux de la Sbornaïa.

L’équipe dans son ensemble sent bon le foute moscovite, sept titulaires sur onze étant issus des Spartak (Netto, Maslyonkine, Krutikov), Dynamo (Yachine), Torpedo (Metreveli, Ivanov) et autres Lokomotiv (Bouboukine), qui se sont partagé les premières places du championnat d’URSS dans les années 1950. Ajoutons-y le Rostovien Ponedelnik, les Géorgiens du Dinamo Tbilissi, Chokheli et Meskhi, et l’Ukrainien du Dynamo Kiev, Voïnov.

WM à l’ancienne

Dans un Parc des Princes qui sonne le creux (un peu moins de 18 000 pélos venus voir des cocos taper sur des cocos), à l’opposition de doctrine politique s’ajoute l’opposition de style footballistique. Si les Yougoslaves brillent depuis l’entre-deux-guerres par leur culture technique, leurs qualités individuelles et leur sens de l’improvisation, les Soviétiques héritent de leur côté de près de 30 ans de programmes étatiques de développement scientifique de la performance sportive. Cette culture technologique et politique du sport influe sur le jeu de la Sbornaïa, marquée par un dévouement total des joueurs au collectif, l’application rigoureuse des consignes tactiques, mais aussi et surtout par l’introduction de la donnée physique dans un sport jusque-là essentiellement tourné vers la seule valeur technique.

Face aux virtuoses yougoslaves que sont Kostic, Galic ou Sekularac, qui font étalage de leurs talents offensifs en première mi-temps, les Soviétiques opposent un collectif parfaitement rodé, imposant peu à peu sa large supériorité physique dans les nombreux duels en un contre un qui émaillent le match.

Après un bon vieux round d’observation, à grands dégagements vers l’avant des deux gardiens de but, les titistes finissent par trouver la faille juste avant la mi-temps : Drazan Jerkovic, l’avant-centre du Dinamo Zagreb, est décalé à droite, et élimine son défenseur d’un crochet spectaculaire, énième geste de classe de la part des Slaves du Sud. Il centre, le joueur du Partizan Milan Galic plonge pour couper au premier poteau et trompe Yachine (1-0).

La réaction soviétique ne se fait pas attendre en seconde mi-temps : peu après la reprise, Igor Netto récupère la balle au milieu de terrain, puis le contre est lancé par l’ailier gauche Mikhaïl Meskhi, qui sert Valentin Bouboukine, pour une tentative de frappe aux 20 mètres, plein axe. Le gardien adverse, le Macédonien Blagoja (oui oui, Blagoja) Vidinic, est sur la trajectoire mais relâche maladroitement la balle, ce qui permet à Slava Metreveli d’égaliser à bout portant (1-1).

La partie tourne à l’avantage des Soviétiques, plus endurants. Yachine a cependant l’occasion de faire étalage de sa classe en s’envolant sur un coup franc dangereux de Bora Kostic. Malgré une grosse occasion pour Valentin Ivanov à quelques minutes de la fin du temps réglementaire, la solution ne vient pas avant les prolongations. Complètement rincés, les Yougos subissent, Jerkovic nous fait une Bakayoko 40 ans avant l’heure en loupant le cadre à trois mètres des cages soviétiques, avant que la délivrance n’arrive après une succession de corners à l’avantage des Rouges : sur l’un d’eux, Ivanov centre depuis la gauche, Viktor Ponedelnik s’élève plus haut que tout le monde, et place une tête croisée, en amorti. 2-1, victoire pour les Popofs, champions mon frère, à jamais les premiers, triomphe du football scientifique sur les hérétiques du dribble et de la fioriture titiste.

Party hard.

A suivre dans le prochain épisode : 1964, Espagne-URSS, le mâche retour.

Et puis Paris-Saint-Germain-en-Laye, ce sera pour plus tard.

Bisous,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

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