Manchester City-OM (3-0), La Canebière académie s’y prend trop tard

Aïoli les sapiens,

Résumé de l’épisode précédent : en mauvaise posture face à l’Olympiakos, l’Olympique de Marseille bénéficie de l’intervention d’un deux ex machina, en l’espèce un pénalty venu de nulle part. À 15 minutes de la fin, il ne manque qu’un but à l’OM pour passer devant le club grec et se hisser en position favorable pour une qualification en Europa Ligue. Après une série de matchs ultra-timorés, les joueurs olympiens y voient l’occasion de se lâcher et de se ruer vers le but adverse, bien décidés à se faire pardonner leur début de saison catastrophique.

Un coup de sifflet venu du banc les rappelle immédiatement à l’ordre. C’est Villas-Boas qui interpelle ainsi ses joueurs, sourire matois aux lèvres. Quel troisième but ?, s’étonne-t-il. Allons donc, il est trop tôt pour prendre tous les risques, alors qu’un dernier match restera à jouer. Assurons donc cette victoire et restons en place, voulez-vous.

Vous voulez des émotions européennes ? Quoi de mieux dans ce cas que d’aller chercher cette qualification que vous espérez tant sur le terrain du grand Manchester City ? Croyez-en ma science du football, les Anglais sont déjà qualifiés et seront forcément émoussés : là il sera temps pour nous de lâcher nos chevaux, et ceux qui se sont moqués de nous vont voir ce qu’ils vont voir !

On a vu.

L’équipe

Mandanda
Sakai – Alvaro – Balerdi– Nagatomo
Gueye (Strootman, 75e) – Kamara (Rongier, 67e) – Sanson
Thauvin (Aké, 75e) – Payet (Cuisance, 67e) – Germain (Benedetto, 75e)

Amavi est blessé et remplacé par Nagatomo, tandis que Balerdi est préféré à Caleta-Car. Gueye est titularisé à la place de Rongier, et Germain à la place de Benedetto. Sur ce dernier point, une petite surprise se constate dès le coup d’envoi : c’est Payet qui joue en pointe dans un rôle de faux-neuf tandis que Germain connaît encore une évolution de sa fiche de poste. Notre false nine advanced libero devient ici false-defensive-winger-occasional-striker, très concrètement chargé de colmater les potentielles fuites de Nagatomo sur la gauche.


Le match

La composition modifiée du soir ainsi que l’attitude plus globale de l’OM dans cette Ligue des Champions n’incitent pas à un pronostic optimiste. Après huit minutes encourageantes survient la traditionnelle boulette qui vient tout gâcher, lorsque Kamara perd la balle devant notre surface. Pour une fois, la maladresse est pardonnée puisque Mandanda brille en remportant son face-à-face avec Mahrez. Un bonheur n’arrivant jamais seul, Porto ouvre le score à la 10e minute contre l’Olympiakos, ce qui nous amène potentiellement à la troisième place du groupe.

L’OM s’efforce de proposer un bloc compact et même, de manière assez inédite, d’utiliser ses quelques possessions de balle pour produire du jeu. On peut s’étonner de voir ces ambitions poindre lors du dernier match contre l’adversaire le plus relevé du groupe mais bon, que celui qui n’a jamais essayé de boucler toutes ses tâches le vendredi à 16 heures après s’être touché les couilles pendant toute la semaine leur jette la première pierre.


Évidemment, nos bonnes dispositions ne nous empêchent pas d’ouvrir des boulevards défensifs mais, dans la mesure où Manchester City ne manifeste guère l’intention de faire trop d’efforts, tout ceci passe relativement inaperçu. À mesure que le match progresse, les Anglais se mettent même à faire n’importe quoi. D’un extérieur du pied plein de classe, Dimitri Payet est tout près d’ouvrir le score, ce « tout près » résidant en l’occurrence sa position de deux mètres hors-jeu au moment de recevoir la passe.  Quelques mauvais choix et des tirs ratés de peu, de la part de Sanson notamment, laissent autant de regrets que d’espoirs pour la suite.

Malheureusement, sur le chemin qui les ramène des vestiaires, les joueurs mancuniens tombent par hasard sur le post-it « penser à marquer un but » qui s’était échappé de la poche de leur entraîneur. Après s’être dit « Ah oui, tiens, c’est vrai » en se frappant le front, les bleus entreprennent de fendre notre bloc en deux passes simples. Voyant Mahrez se livrer à un sévice gérontophile sur la personne de Nagatomo, Germain accourt à la rescousse de son aîné, mais dévie le ballon en direction de Ferran Torres qui se fait un plaisir de conclure de près (1-0, 47e).


Bien que Balerdi passe près de l’égalisation sur corner trois minutes plus tard, on constate rapidement que marquer ce but indispensable ne va pas être de la tarte. City nous laisse moins approcher et se montre prêt à punir nos erreurs de relances. Entre la 67e et la 75e, Villas-Boas change la moitié des joueurs de champ. Ça y est, le stratège portugais est enfin arrivé au pied du mur, ça passe ou ça casse, il n’a plus le choix, c’est le moment de jouer sa dernière carte, à la Mel Gibson dans Maverick.

La dernière carte olympienne en question.


Une minute après son entrée, Strootman se fait manger sur la tête par Nathan Aké à la réception d’un corner. Steve y va de son arrêt miraculeux mais ne peut rien sur la reprise d’Agüero (oui, parce que Pep a joué quelques petites cartes qu’il avait en main, aussi… y a pas eu bataille – 2-0, 76e). Tout espoir étant désormais envolé, l’alternative réside entre pousser pour sauver l’honneur ou tenir pour éviter la rouste. Ce ne sera finalement ni l’un ni l’autre : servi sur notre gauche droite, Torres voit son tir croisé détourné par Mandanda. Le ballon revient sur Alvaro qui utilise le seul moyen à sa disposition pour éviter le but de Sterling : marquer lui-même (3-0, 90e).


En bref, une piètre soirée dont les joueurs, en soi, n’ont pas tant que ça à rougir. Les intentions étaient affichées, et c’est seulement quand City s’est décidé à jouer que la différence de niveau est apparue pour ce qu’elle est : himalayesque. En revanche, l’absence d’ambition affichée au Pirée, les défaites sans combattre contre Porto et surtout le refus d’aller chercher ce troisième but qui aurait tout changé contre Olympiakos resteront une impardonnable salissure de l’identité européenne de l’OM, plus encore que les pourtant lamentables résultats chiffrés. Terminer au sommet de notre triste championnat ne consolerait en rien, il s’agira juste du minimum requis pour que l’on accepte éventuellement de laisser glisser la pilule.


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Un arrêt impressionnant d’entrée de jeu pour nous confirmer que tous les espoirs étaient bel bien permis ce soir pour l’OM. Ah ah, naïfs que nous sommes ; et pourquoi pas un bon jeu au pied de Steve, pendant qu’on y est ?

Sakai (3/5) : Alors qu’on lui promettait une heure et demie d’enfer, Hiroki a produit l’un de ses matchs les plus corrects de ces dernières semaines. Un peu comme dans les comédies nunuches, quand il suffit à l’héroïne moche d’enlever ses lunettes et défaire son chignon pour s’avérer passablement baisable. C’est scénaristiquement un peu gros mais comme on est bon public, on prend.

Alvaro (2+/5) : Tombé les armes à la main.

Balerdi (3-/5) : Des récupérations de balle à procurer des frissons partout dans le slip. Des relances aussi, d’ailleurs.

Nagatomo (2-/5) :

Mahrez, Walker, Silva et Torres ont tenu à exprimer tout leur respect envers notre vénérable latéral.

Kamara (2+/5) : À deux doigts de zambo-anguisser le match dès les premières minutes. Sorti de cela et de quelques autres pertes de balle plus ou moins slipométriques, Bouba semble retrouver un volume de jeu plus conforme à ses promesses.

Rongier (67e) : Arrivée de sang frais dans un match en train de faisander.

Gueye (4/5) : Toujours propre et bien placé. On objectera que, tant qu’à prendre 3-0, autant rigoler en regardant plutôt des milieux de terrains qui courent partout, tout le temps et n’importe comment.

Strootman (75e) : Il est évident que le futur porte-avions français ne pourra que s’appeler Kevin Strootman : un truc cher, lourd à manœuvrer, et dont on ne sait pas vraiment si on aura l’occasion de s’en servir.

Sanson (2/5) : Masterclass tactique de Villas-Boas : pour la première fois de sa vie, Pep Guardiola s’est avéré incapable de répondre aux questions : « pourquoi ce joueur se trouve-t-il à cet endroit du terrain et qu’est-il censé y faire ? ». C’est dommage d’ailleurs, ça nous aurait bien aidé qu’il trouve la réponse, nous on la cherche encore.

Thauvin (1/5) : De ses performances en Ligue des Champions dépendra sa base de négociation en vue de prolonger son contrat chez nous : soit  « je préfère vous prévenir, j’ai reçu une offre de Tottenham avec les exigences sportives et financières qui vont avec, il va falloir vous aligner », soit « je préfère vous prévenir, j’ai reçu une offre de l’AS Saint-Étienne, je baisse mon salaire par 4 si vous voulez mais ne m’obligez pas à aller là-bas, par pitié ». Malheureusement, on accomplit rarement de bonnes choses dans la crispation.

Aké (75e) : Léger.

Germain (2/5) : Pour toute occasion, une tête piteusement ratée. Il est vrai que son assignation au côté gauche pour servir d’auxiliaire de vie à Nagatomo ne l’a guère aidé à se concentrer sur l’aspect offensif de la question.

Benedetto (75e) : Spectateur.

Payet (2+/5) : Plutôt intéressant et joueur, maisversion « jouet de Noël », ceux avec les piles d’usine épuisées au bout de trois quarts d’heure.

Cuisance (67e) : Dans la désorganisation générale, Michael a été généreux sur le quota de passes ratées.


L’invité zoologique : Riyad Maraie

La raie n’est pas un animal du genre à multiplier les efforts. Un roupillon enfoui dans le sable et quand une proie passe à portée, paf, un bon coup de torpille pour assurer le repas du soir sans se fouler. Il s’agissait donc bien de l’invitée appropriée pour commenter ce match.

– Les autres : Franchement à côté de leurs chaussures en première période, il leur a suffi d’accélérer une main dans le slip pour nous remettre à notre place.

Le classement : Hormis le fait d’avoir évité le zéro pointé, notre classement peut par tous les autres aspects être qualifié de : nul. Derniers de la poule avec trois points grattés en partie grâce à un pénalty tombé du ciel, et un jeu honteux les deux-tiers du temps : nous nous sommes nous-mêmes interdits d’espérer quoi que ce soit, dans une poule qui n’était pourtant pas la pire du plateau. Si les deux derniers matchs ont permis de – très légèrement – relever la tête, cette campagne européenne ne peut pas passer pour autre chose qu’une honte, si ce n’est dans les résultats, du moins dans l’attitude.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Dromadame remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

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