Manchester United – Crystal Palace (2-1 a.p.) : La Raide et Vile Academy jubile.

Van Gaal sauvé ?

Cette académie est la première intéressée, mais pourtant elle ne citera pas une fois le nom d’un Portugais aussi arrogant que talentueux. Ou l’inverse.

Salut à tous !

Pour le dernier match de la saison, nos péripatéticienne royales de Manchester United marchaient sur la capitale mondiale des beaux stades pour affronter une horde sauvage de Londoniens battant pavillon de Crystal Palace. Je vous épargne les jeux de mots à base de cristal, de titres de films avec Bruce Willis, expression évoquant la fragilité et autres événements historiques peu reluisants, l’Équipe a déjà frappé fort en la matière par le passé.

Toujours est-il que c’est la Cup qui se jouait messieurs-dames, et pas une tranche de mimolette, alors haut les cœurs : depuis le temps que Manchester cherchait un trophée, il y avait fort à faire pour sortir de cette disette beaucoup trop longue par rapport au standing du club.

Pour rappel, il n’y a pas de « trophée en bois » en Angleterre. Même la Coupe de la Ligue est plus vieille que le championnat de France, et n’a rien à voir avec une petite compétition moustachue organisée pour égayer les dernières heures de lucidité de Daniel Lauclair sur la télévision publique. La Cup, elle, est la plus ancienne compétition mondiale, regroupe des centaines d’équipes professionnelles et amateur (759 selon Wikipédia, et personne ne se soucie que cela fasse un exempt chez ces glands d’encyclopédistes ?), et ne se gagne pas dans un fauteuil, loin de là, mais à Wembley.


COMPOSITION INFERNALE

Une finale se gagne donc avec des muscles, selon Van Gaal, puisqu’il aligne tout ce qu’il a de plus brutal (certains diront « expérimenté », pas forcément à tort) : Valencia, Rojo, Fellaini. Les contacts s’annoncent rigolos.


LE MATCH

Au début, le plan est simple : on multiplie les centres ou les coups francs dans la surface à destination de Fellaini. Cela n’a pas d’effet notable car nos adversaires sont appliqués, et nos passeurs plutôt maladroits. Rooney est la gagneuse la plus en vue en début de match, au point de se livrer à des manœuvres audacieuses comme taper à suivre pour lui même (et avec succès) à la manière de ces pousse-ballon à la mode d’un rugbyman, ou d’adresser la première frappe cadrée du match qui met légèrement en difficulté le gardien adverse. Au bout d’un quart d’heure, quand même.

Smalling écope d’un carton jaune prématuré pour un contact pas facile à juger sur une course en profondeur d’un ailier adverse ; surtout, la décision est étrange de la part de l’arbitre étant donné qu’en laissant leur l’avantage, Crystal avait de fortes chances d’ouvrir le score. L’orage est cependant de courte durée, car les occasions recommencent rapidement à s’enchaîner en notre faveur. Il faut une belle parade du gardien adverse pour empêcher Mata d’ouvrir le score sur un tir à ras de terre après un contre favorable. Peu de temps après, Fellaini manque le cadre en voulant trop croiser sa tête sur un corner de Blind. La défense adverse commence à pouvoir être qualifiée d’héroïque lorsque sur une percée, Rashford a le coup d’œil et transmet à Martial au deuxième poteau. La frappe du Golden Boy est contrée in extrémiste mais pas terroriste par un défenseur (cette phrase est sponsorisée par Stéphane Guy)

Le talent de Rashford est indécent, mais en face, un Zaha revanchard donne du fil à retordre à nos arrières, et il faut une intervention pleine de bourrinade de la part de Rooney (qui aurait largement pu valoir penalty) pour empêcher l’ex Mancunien d’embêter David De Gea.

En deuxième mi-temps, il faut attendre un peu moins de huit minutes pour voir Fellaini botter violemment le ballon dans la surface suite à une talonnade sublime de Rashford. L’équerre repousse le tir, ce qui est légèrement décevant. Peu de temps après, c’est Martial qui voit sa tête croisée être repoussée par le poteau, ce qui est particulièrement éreintant. À noter que Valencia est à l’origine des deux occasions. Le drame arrive lorsque Martial tarde un peu à remonter sur un corner de Crystal Palace dégagé par Fellaini, le français se trouvant couvrir Puncheon, qui venait d’entrer. Le ballon revient sur ce dernier, qui tire sans se poser de question. De Gea est crucifié, Richard. 0-1 (La danse de Pardew est ici, pour ceux qui ne l’ont encore pas vue, ou ceux qui aiment se moquer – personnellement je m’en suis fait un best of).

Oui mais voilà qui ne plaît pas du tout à Wayne Rooney, qui a déjà fait un match très correct, mais ne compte pas en rester là. C’est ainsi qu’il se rappelle les belles heures de sa carrière passée, quand il s’amusait un peu avec tous les défenseurs du monde. Il se lance dans un slalom géant de toute beauté, feinte la frappe, crochète à nouveau, va s’enfermer dans un coin de la surface, mais parvient tout de même à centre à l’aveuglette, et la balle traverse la surface pour atterrir pile sur la poitrine de Fellaini. Le contrôle du Belge est un peu long, mais ce n’est pas bien grave, car Mata arrive pour compléter en vivacité cette fort belle séquence qui se conclut par une reprise du gauche au fond du filet Crystal Palasien. 1-1, et joie renouvelée. Attention, je vais désormais manquer d’euphémismes pour la suite de la description.

Les prolongations partent sur un faux rythme, signe que personne n’en voulait vraiment. Palace aimerait sûrement éviter de devoir passer par les tirs aux buts face à De Gea, mais ils n’ont pas plus de solutions qu’auparavant en attaque.

Fait intéressant : l’avertissement pour Fellaini n’intervient qu’au terme de 101 minutes de jeu. Smalling s’en trouve totalement désorienté au point d’oublier qu’il est lui-même averti. Sur un duel perdu au milieu de terrain, il se retourne pour voir l’immense vide qui se trouve derrière lui, et surtout qui s’offre à Bolasie qui vient de lui piquer le ballon pour filer au but. Alors dans un ultime réflexe de conservation, le bon Chris attrape la jambe du fripon, et se voit signaler avec force raison son exclusion immédiate, pour un deuxième jaune.

Aussitôt après, David De Gea est sollicité et s’en sort, comme d’habitude.

À dix, nos cocottes continuent néanmoins d’attaquer, même si elles redoublent de prudence derrière. Il n’y a que deux joueurs mancuniens dans la surface (Martial et Rooney, inusable) quand Valencia centre à ras de terre assez fort pour assommer un buffle. Ledit centre est contré avant que Toto ait l’occasion de tirer, mais la balle arrive pile sur Jesse Lingard qui savate magnifiquement en lucarne pour une « finition clinique » grandiose typiquement anglaise, burlesque et pleine d’une spontanéité merveilleuse, et c’est la joie, c’est le titre, les caleçons explosent à Manchester dans la liesse d’antan enfin retrouvée, ouiiiiiiiiii !!! Ce but là ma petite, on n’est pas prêts de l’oublier, d’autant qu’il s’inscrit parfaitement dans la lignée des buts venus d’ailleurs qui font un peu le sel de nos victoires inespérées. Merci pour ce moment, et bravo au joueur, que tout le monde voyait déjà livré aux appétits féroces des clubs nuls de PL cet été sur le marché des transferts.

VICTOIRE FINALE !

Manchester United remporte la douzième Cup de son histoire, ce qui ramène son palmarès sur la plus haute marche, à égalité avec Arsenal. Michael Carrick et Wayne Rooney empochent le dernier trophée qui manquait à leur palmarès : ils ont tout gagné en club. Tout.

 

Bon, ok il ont perdu le bouchon de la coupe. Respect quand même.

Les autres peuvent se féliciter de ramasser enfin un trophée après le Community Shield obtenu par David Moyes en 2013 (oui, certains journalistes français ont tendance à le négliger, probablement parce qu’ils comparent ce vénérable trophée authentique qui les toise du haut de ses 94 ans à cette merde de Trophée des Champions), mettant ainsi fin à une période de creux beaucoup trop longue.


LES NOTES.

 

De Gea 3/5 Pris en défaut par le missile de Puncheon sur le but, il n’a en revanche pas tremblé le reste du temps, et a encore sorti des arrêts de classe. La routine.

Valencia 4/5 Impliqué sur un paquet d’occasions, dont le but final de Lingard. Son activité sans relâche a plus payé que sa précision de centre légendaire, mais au final, on se moque bien de savoir que c’est d’une de ses nombreuses tentatives ratées que la victoire est venue.

Smalling 2/5 Il s’est sacrifié un peu connement, mais la joie de la victoire lui permet de bénéficier de l’indulgence du jury. D’autant qu’il n’aurait certainement pas rattrapé Bolasie, qui lui a fait multiplier les courses désespérées tout au long du match.

Blind 3/5 Une partie sobre et plutôt tranquille, même si Zahia l’a parfois fait tourner en…

Rojo 3/5 …bourrique. Bon, cette fois il a été costaud, et a eu le bon goût de ne pas trop vendanger de centres.

Carrick 4/5 Voilà donc son palmarès enfin complété par cette Cup, pour laquelle il a joué un de ces matchs dont il a le secret, tout en finesse et en passes soyeuses. On l’a même vu courir, signe qu’il était prêt à tout donner. Un grand homme.

Fellaini 3/5 Son apport a été crucial dans l’impact physique. S’il n’a pas marqué, il a néanmoins grandement contribué à bâtir ce succès, avec une passe décisive un peu chanceuse certes, mais aussi une activité constante.

Mata 4/5 Un point bonus pour le but de l’égalisation, qui ne m’a même pas laissé le temps de désespérer. Et puis une bonne partie dans l’ensemble, au cours de laquelle il a surtout fait preuve d’une forte dose d’opportunisme ainsi que d’une bonne entente avec Valencia.

Rooney 5/5 Le captain a répondu présent comme il sait encore faire parfois dans les grands matchs. Affamé, capable de retours défensifs fous furieux comme de splendides chevauchées balle au pied dans le camp adverse, il a honoré son statut avec classe, et a contribué à accrocher cet ultime trophée à son tableau de chasse, avant de commencer à battre les derniers records individuels qu’il lui reste à atteindre.

Martial 2/5 Un match sans pour Toto. Ne serait-ce que le fait qu’il était évidemment surveillé de près, ou qu’il a manqué de réussite, passe encore. Malheureusement, c’est lui qui tarde à remonter sur le but de Puncheon ; une négligence qui aurait pu coûter bien plus cher.

Rashford 4/5 Quel brio, quel culot, quel pépite ! Le jeune fonce au défi comme un cheval fougeux contre des armoires à glaces, multiplie les appuis qualitativement supérieurs, joue en déviation, trouve des ouvertures que lui seul voit…sa maturité paraît assez incroyable. On espère de tout cœur qu’il confirmera la saison prochaine.

 

SUBS

 

Darmian 3/5 besogneux et prudent, c’est tout ce qu’on lui demandait.

Young 2/5 Inutile, mais contraint par la nécessité. Il est d’abord entré pour jouer en pointe, puis a joué ailier gauche quand Lingard a fait son apparition, et enfin, l’exclusion de Smalling l’a poussé à jouer latéral gauche. Difficile de tirer son épingle dans ce bordel…

Lingard 5/5 Il n’a pas touché beaucoup de ballons, mais au bout d’un moment, on s’en fout pas mal. Car le seul qu’il fallait mettre au fond, il l’a mis, et de la plus belle des manières. Merci.


La liesse est bien vite retombée comme chacun sait, avec l’éviction honteuse (oui) de Papy. Nous reviendrons sur toutes ces histoires dans le bilan de la saison, à venir bientôt. En attendant, profitez ensemble de cette victoire, avec le concours de la Raide et Vile Academy :

Bloody Mary : 4 cl de vodka, 12 cl de jus de tomate, 0.5 cl de jus de citrons, 0.5 cl de sauce worcestershire, 2 gouttes de tabasco, sel de céleri, sel, poivre. Versez sur le corps d’une vierge dévêtue. Buvez. Recommencez. Vous pouvez aussi regardez ce compte rendu du parcours de nos demi-mondaines en Cup tandis que vous sirotez ce malin breuvage. Vous y verrez notamment des buts sublimes de Rooney et Rashford, ainsi que la joie magnifique de Martial après son but en demi-finale. N’hésitez pas à vous plaindre de la musique en commentaire.

 

 

Bobby Carlton.

4 thoughts on “Manchester United – Crystal Palace (2-1 a.p.) : La Raide et Vile Academy jubile.

  1. Emirates FA Cup, y’a pas à dire, c’es vachement plus classe que la ligue 2 Domino’s Pizza ou encore la défunte Ligue 1 Jus d’orange

  2. J’avoue être resté sur la faim, certes ça fait plaisir de gagner la Cup, notamment pour Carrick et Rooney, mais le match en lui-même m’a plutôt déçu, et puis on n’a pas pu vraiment savourer avec de suite la rumeur du départ de Van Gaal, ça détournait du simple plaisir d’avoir gagné un titre (et puis même si je ne peux pas blairer Van Gaal, c’est quand même un peu salop pour lui de lui avoir gâché son seul petit moment de gloire au club).

    Smalling étonnamment largué, Blind un peu fatigué, l’arbitre qui oublie de siffler pour Palace un péno de Rooney en première période… Heureusement que ça n’était « que » Palace en face parce que malgré les deux barres en deuxième mi-temps, on n’a rien proposé de spécial pour une finale et eux nous ont un peu remué en contre.

    Tu as tout très bien dit sur Rashford (qui hier a marqué au bout de deux minutes pour son premier match international avec l’Angleterre, putain…), et Martial a bien été muselé avec un plan spécial contre lui.

    On gagne à l’arrache tiré par la peau du cul, mais on gagne la Cup qui est effectivement un titre important et ça permet d’avaler un peu moins amèrement ces deux saisons vangaalesques. Au-delà de cette FA Cup record, la seule chose pour laquelle je remercierai Van Gaal c’est d’avoir permis à Marcus Rashford de jouer.

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