Manchester United – Leicester (1-0) : La Raide et Vile Academy fait une démonstration de force

Chateau de Luke Seafer, bureau, intérieur nuit

Les épais rideaux de velours sont tirés, laissant la pièce dans la pénombre. Seules les lumières leds imitant de vives flammes crépitant au coeur d’une  cheminée (par souci d’éco-responsabilité) permettent de distinguer la scène qui se tient devant nos yeux curieux. Debout, tournant autour de son bien-aimé fauteuil en velours rouge, Luke Seafer dicte son académie à une assistante de direction. Le melon du mec quoi.

« Une seule victoire en championnat. Pire, trois petites victoires en six mois. Alors qu’Arsenal et Liverpool arrivent dans notre agenda, la réception de Leicester fait figure de dernière chance pour retrouver un tant soit peu de confiance en Premier League avant que les choses sérieuses ne démarrent vraiment (non, Chelsea ne comptait pas). 

Bien évidemment, afin d’ajouter une grosse lampée de suspense, c’est un match post-break international, ce qui signifie que les “titulaires de classe mondiale” sont évidemment fatigués, voire blessés. 

Alors vous me direz “en même temps, des titulaires de classe mondiale, vous n’en avez plus”.
Je vous répondrai poliment mais sereinement de la fermer. Surtout je soulignerai que nos titulaires ont eu la bonne idée de se blesser avant la trève. Comme ça pas de frustration.

Exit donc Anthony Martial, Paul Laflemme Pogba et Luke Shaw. Aaron Wan-Bissaka, seul joueur à s’être fait bobo durant le séminaire avec la Three Lions (double fracture tibia-clavicule) est toutefois revenu à temps. Quel homme. 

Enfin bref cela nous donne, Joséphine, vous intégrerez ici la compo. Non. Non. Quand je dis vous intégrerez la compo faut pas l’écrire. Faut intégrer la compo. Mais. Mais vous le faites exprès ? Mais. Non mais donnez moi ce clavier. 

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Le match résumé en quelques questions existentielles, car après tout, nous ne détenons pas la vérité et il paraît bien plus intéressant de réfléchir sur le sens de la vie, ou à défaut, un match de foot : 

A-t-on le droit de se satisfaire du malheur des autres ? En d’autre terme peut-on exulter quand on apprend que Jesse Lingard est malade (et que c’est pas une maladie grave hein) ?

Conséquemment, est-ce qu’Andreas Pereira est ce que l’on appelle un retour de karma ?

A quoi ça sert dans le fond, de jouer 90 minutes si tu peux te contenter de 10 et prendre les trois points ? 

Peut-on se satisfaire des trois points quand la manière n’y est pas, mais qu’en même temps ton effectif bon… ?

Est-ce qu’on serait pas du genre à toujours voir le verre à moitié vide à la Raide et Vile Academy ?

Si Ole Gunnard Solskjaer aime tant Jamie Vardy, pourquoi on n’a pas posé 50 miyons dessus cet été ? 

C’est pour devoir poser le double cet hiver ? 

Pouvait-on être content pour Jonny Evans quand il réussissait une intervention défensive ? 

Pourquoi ne faisait-il pas ça à Manchester United ? 

Si Mason Greenwood est si fort, pourquoi ne joue-t-il jamais ? 

Est-ce que la réalisation qui coupe le match pour diffuser le résumé du match de Liverpool, puis revenir sur le match (bloqué sur la camera plan large), mais avec le son dudit résumé pendant bien cinq minutes, c’est une performance artistique ? 

Si oui est-ce que ça vaut 30 euros par mois envoyés à Bolloré ? 

Putain on joue vraiment un club kazakhstanais jeudi soir ? Ca va pas un peu loin ce développement marketing à l’internationale ? 

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Les Diables : 

De Gea (4/5) : 
Il lui manquait un seul gros match pour dévérouiller le nouveau contrat… Du coup David a fait du David. Et vas-y que je me jette vite par terre, et voila que ta frappe sous la barre je l’expédie en tribune et que quand je suis complètement battu sur un coup-franc, ben finalement la balle passe juste à côté. Bingo !
Deuxième clean-sheet à domicile cette saison… Ben vous savez quoi ? Le record de la saison passée est égalé (!).

Young (2/5) : 
Détecté comme le point faible défensif de l’équipe (ô surprise), Ashley a été harcelé sur son aile gauche par les attaquants foxes, tel un petit vieux qui vient de retirer 1000 boules en cash sous les yeux d’une bande de petit délinquants.
S’il n’a pas franchement eu l’occasion d’apporter grand chose, au moins il n’a pas craqué et c’est déjà pas mal.

Maguire (5/5) :
Il a grandi Harry. Il a laissé ses copains de la campagne pour étudier à la grande ville. Alors quand ses potos lui rendent visite, il doit montrer qu’il a “step-up”, qu’il n’a plus rien à voir avec eux. Donc il a quasi remporté tous ses duels avec froideur, lucidité et surtout sans une once de regret ou de bon sentiment.
“C’est devenu un vrai connard” diront ses anciens camarades, en sifflant une kro dans le bus du retour. 

Lindelöf (3/5) : 
A une ou deux interventions hasardeuses près (notamment dès la 5e minute mais heureusement la frappe de Maddison a trouvé le pied de De Gea), il a enfin fait une bonne perf cette saison.

Wan Bissaka (3/5) :
On arrive quand même à se demander s’il ne fait pas exprès de rater ses premières interventions pour s’obliger ensuite à tacler tellement il aime ça. De plus en plus volontaire offensivement, ce qui est bien. Quand ce sera réussi, alors là, ce sera “pfioulala”. Oui Joséphine ‘pfioulala‘ et je ne sais pas si c’est en un ou deux mots, on s’en fout. 

McTominay (3/5) :
C’est quand je l’ai vu réussir une transversale pour la première fois de la saison que je me suis dit qu’il allait enfin faire un bon match. Et force est de constater que je connais le football. Scott McSauce comme il est surnommé affectueusement n’est peut-être pas (encore) le plus habile, mais on apprécie le fait qu’il ne se cache jamais et qu’il repart de l’avant toujours. On pourrait souligner ses défauts, on préfèrera saluer l’obstination. Faute d’effectif légendaire, les joueurs de caractère, ça sert.  

Matic (3/5) :
Ayant assisté à nos contre-performances du début de la saison en position d’observateur depuis le banc, Nemanja a eu le temps d’élaborer un plan : rester dans l’ombre, surtout ne pas trop en faire et pouvoir surgir pour réparer les conneries des autres (une passe dans l’axe, une remise foireuse, un fox oublié). Très bon travail de colmatage pour le plombier serbe. 

James (3/5) :
Oh c’est pas compliqué, c’est le seul qui peut nous faire lever du canapé sur une accélération, un crochet ou une frappe enroulée… Voire les trois enchaînés. Déjà adopté. 

Mata (2/5) :
Il est fatigué. Ses contrôles s’allongent alors que sa vitesse d’exécution ralentit. Et pourtant il est sans doute le seul à savoir mener une attaque à la baguette dans cet effectif mi-figue mi-molette. Oui c’est inquiétant oui.

Pereira (1/5) :
La science fait des progrès tous les jours. La recherche aussi. Pour preuve, après 4 journées de championnat à se demander ce qu’Andreas foutait sur un terrain de foot, on a découvert qu’il pouvait tirer les coups francs de manière pas dégueulasse (reste à tromper le gardien). C’est léger, mais la fondation horsjeu avance petit à petit. Envoyez des sous.

Rashford (2/5) :
Il va chercher son penalty tout seul comme un grand (plongeur) et il le transforme dans la foulée. Rien à redire. Après c’est 80 minutes perdues devant à faire les mauvais choix, à regarder les autres et à gêner le passage. C’est moi à la salle de sport. Elle est bonne non ? Ca vous fait pas rire Joséphine ? 
Ah oui il met un coup-franc sur la barre aussi. Osef.

Les Suppôts de Satan 

Fred pour Matic, 67e (NN) : 
On commençait à prendre l’eau sérieusement, il a amené un petit regain de vitalité salutaire. Comment ça on dirait un commentaire de lequipe.fr ? 

Chong pour Mata, 70e (NN) : 
Il a le nom stylé, il a le look travaillé, il a le sens du dribble. Faites qu’il januzaje pas sa carrière s’il vous plait. 

Tuanzebe pour James, 91e (NN)
Pour éviter tout drame dans les arrêts de jeu. 

Allez prochain match, Astana en Europa League. Que cette phrase est pénible à dicter. 


La bise inféranale

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

8 commentaires

  1. Excusez moi mais vous ne regrettez pas un peu José? AU moins il se passait quelque chose chez vous non?

  2. Manque le verre de cognac qui tourne en libérant sa belle couleur qui résonne au gré des leds.

    Mais sinon, j’ai envie de répondre à une de vos innombrables questions :

    Oui.

    Je vous laisse trouver l’interrogation correspondante. Cela vous apprendra à en poser autant à une bande de footeux bièrophile.

    • Figurez-vous que j’ai essayé de boire en même temps que je dictais ma divine prose, mais j’en foutais de partout. J’ai laissé tomber.

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