Manchester United-Sheffield (3-0) : La Raide et Vile Academy livre ses notes.

Salut à tous !

hohoho qu’ils sont rigolos ces fans anglais avec leurs faces rougeaudes, leur accent tellement bizarre qu’on croirait qu’ils parlent leur langage naturel dans une langue étrangère, leurs banderoles supremacistes…tellement des rigolos que dès qu’ils voient un de leurs jeunes devenir prometteur, ils n’ont de cesse de le comparer aux cracks reconnus, aux hommes faits, aux joueurs « achevés ». Ainsi donc l’on voit fleurir du côté de Manchester et en Angleterre en général un engouement fort partagé pour un jeune gardien de but nommé Dean Henderson (qui ne se prénomme pas Richard – comprenne qui vieux). Le jeune Dean est assurément prometteur et semble devoir vivre un bel avenir. Le poste de gardien constituant de surcroît un grave problème civilisationnel pour nos amis d’outre-Manche, on sent qu’ils ont du mal à retenir les vannes naturelles qui les empêchent habituellement d’humecter leurs sous-vêtements de résidus de bière tiède à l’idée de voir évoluer le nouveau Gordon Banks sous les couleurs des Three lions. Les malheureux souffrent d’un tel déficit de talent à ce poste depuis des générations qu’ils voient immédiatement la fin de leur calvaire arriver dès qu’un jeune ganté à la détente vivace pointe le bout de son nez chez eux. Une telle candeur serait presque touchante pour nous si personne dans notre pays ne s’était jamais extasié sur le cas de Marvin Martin au point de le présenter comme le nouveau Zidane. Nulle maison n’est irréprochable. Ce qui est plus rigolo cependant, c’est que ce fameux Dean est sous contrat avec Manchester United et qu’il aurait juré ses grands dieux vouloir gagner sa place en tant que titulaire dans nos bois. De notre côté, on ne voit pas ça d’un mauvais œil car ambition et arrogance sont loin d’être des valeurs incompatibles avec le club. Ce qui nous chiffonne en revanche, c’est bien plutôt le discours de plus en plus offensif concernant la possibilité de l’éviction de David De Gea au profit du godelureau. Alors sous prétexte qu’il est anglais et commence à enchaîner quelques bonnes performances, vous vous priveriez du seul joueur de l’effectif à avoir connu l’odeur du titre en PL, élu quatre fois joueur de l’année et golden glove 2018 ? Avez-vous perdu la mémoire ou vous êtes vous fait laver le cerveau par Nigel Farage pour être à ce point prévisiblement britanniques ?

En attendant que chacun puisse tirer les conclusions qui s’imposent de la confrontation à distance entre les deux hommes qui s’annonce, nos gagneuses ont donc à s’employer face au club bénéficiant du prêt d’Henderson, puisque c’est Sheffield United qui a l’honneur de venir visiter Old Trafford en premier depuis le retour du championnat. Ledit prêté ne peut pas jouer, règles contractuelles obligent. Une branlée s’annonce donc en bonne et due forme étant donnée la forme des deux équipes.


Le match

Sans pitié, United confisque le ballon et se lance à l’assaut en s’appuyant sur ses forces principales : haut niveau technique au milieu favorisant la possession, vivacité devant pour appeler le ballon dans tous les sens. Sans tarder, la balle atterrit au fond des filets de Sheffield par l’intermédiaire d’Anthony Martial, qui a conclu à bout portant un centre à ras de terre en force de Rashford après un sombrero sur toute la défense. 1-0, 6e.

Pas la peine d’insister trop lourdement, mais nos gagneuses continuent à pousser les Blades et nous gratifient de plusieurs phases de jeu très agréables seulement mises en échec par quelque maladresse technique dans le dernier geste. Certaines phases de possession pourraient presque s’apparenter à du tricotage de pull-overs, mais alors que la mi-temps est proche d’être sifflée, l’une de ces longues séquences s’achève par un nouveau but de Martial, bien servi par Wan-Bissaka depuis son côté droit. 2-0, 44e.

En seconde période, nos gagneuses vivotent et racolent gentiment mais semblent avoir perdu l’appétit du but, tandis que leurs adversaires peinent à se montrer dangereux. Sheffield semble en avoir tellement marre de subir que ses joueurs commencent franchement à regarder le jeu et à prendre du plaisir à assister à de très belles circulations de balle devant leur surface. A tel point que c’est en spectateurs qu’ils laissent le ballon entrer pour la 3e fois dans leur but, par l’intermédiaire de Martial, encore lui. 3-0, 74e.

Le match aurait pu se finir dans un maelström infâme au cours du quel plus personne n’a envie de jouer, interruption et chaleur ne jouant pas en faveur de l’intensité. Seulement United a un calendrier démoniaque à affronter et Solskjaer le sait. Ce dernier change donc la moitié de l’équipe pour le dernier quart d’heure et l’on peut observer le bénéfice de la nouvelle règle des cinq changements, car l’envie et les courses reviennent immédiatement. Oui, on sait que cette règle temporaire n’est à l’avantage que des grosses équipes disposant de la profondeur de banc idoine, mais nous sommes une grosse équipe disposant de la profondeur de banc idoine. On aurait donc bien tort de se priver des bénéfices de ce type de mesure.


Les notes

De Gea Télétravail/5
Sheffield n’a tellement pas été dangereux qu’il aurait pu arrêter leurs tentatives de chez lui.

Wan-Bissaka 4/5
Nouvelle passe décisive pour lui qui témoigne d’une réelle et bénéfique progression en ce sens. Pour le reste, ses tacles et son style très peu académique font de lui une formidable raison de se marrer devant des matchs de Manchester United.

Lindelöf 3/5
Sobre, efficace, la routine. Jamais les critiques à son encontre ne cesseront car il n’a pas de style ni de gros charisme, mais il semble bien pourtant que sa présence régulière en tant que titulaire indique quelque chose quant à son niveau par rapport aux autres défenseurs de l’effectif.

Maguire 3/5
Match sans histoire dont le seul fait saillant est qu’on a pu se rendre compte, grâce au silence du huis-clos, qu’il s’adressait à ses camarades, adversaires et à l’arbitre de manière effroyablement et systématiquement vulgaire.

Shaw 3/5
Coriace en défense mais rarement inspiré en attaque alors que Rashford attendait souvent du soutien. Il reste primordial pour son coffre de cheval de trait, même s’il a encore parfois tendance à débrancher son cerveau lors de son repli défensif (il a d’ailleurs encore pris un jaune complètement con).

Matic 4/5
A peine son retour comme titulaire gagné, le Serbe nous a sorti un match de papa comme lui seul en a le secret. Récupération, petit dribble ou feinte pour se sortir du pressing, décrochage entre les centraux, relances qui cassent des lignes…le tout en pleine décontraction. Un seigneur.

Pogba 4/5
Scrutée jusque dans les moindres détails, son entrée au match précédent avait auguré de bonnes choses. Maintenant Paul n’a plus le temps et il sait que s’il veut convaincre Zidane de piquer la carte bleue de Perez, il doit rattraper ces longs mois où il était blessé en produisant de bonnes prestations. C’est chiant parce que à ce niveau, sans pression, avec la seule idée de jouer au ballon, il est évidemment injouable.

Fernandes 4/5
Hyper-actif et complètement fifou à l’idée de jouer avec de vrais joueurs de foot, le Portugais a galopé aux quatre coins du terrain pour accélérer le jeu et tenter toutes sortes de choses assez exubérantes. Si cela a parfois été trop osé pour ses camarades et provoqué des pertes de balle, on ne peut que saluer cette prise de risque permanente qui va toujours dans le sens du jeu.

Greenwood 3/5
Du mal à entrer dans son match dans une position qui ne lui est pas naturelle, mais une activité très intéressante sur son côté et toujours cette capacité à se mettre en position de frappe même dans un espace microscopique. On a aussi remarqué qu’il n’avait pas trop envie de laisser Dan James lui reprendre sa place, pour cela il a défendu de manière assez intéressante sur son côté.

Rashford 3/5
Le mojo d’avant sa blessure n’est pas encore tout à fait revenu et on attend avec impatience (moins que lui, sûrement) le prochain but qui devrait relancer la machine. En attendant, il a donné deux passes décisives, donc si cela doit se passer ainsi, on acceptera d’attendre encore un peu.

Martial 5/5
Premier triplé pour lui et de belles promesses quand on voit la qualité de ses buts. Toto continue sa mue et prend de plus en plus l’apparence d’un vrai 9. Encore une très belle réussite de la part de Solskjaer.


SUBS

McTominay, Pereira, Mata, James et Ighalo sont tous entrés à une quart d’heure de la fin, redynamisant quelque peu la rencontre sans pour autant produire quoi que ce soit qui nous ait donné l’impression d’être devant autre chose qu’un gentil amical de pré-saison.

Bobby Carlton

Bobby Carlton

Académicien et souteneur de la Raide et Vile Academy.

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