Marignane-Nîmes (1-1) : La Costières Académie à la maison

En ces temps troublés, le football peut, dans certaines conditions, constituer paradoxalement un refuge pour celui qui tente d’éviter de participer à l’hystérie ambiante. Dire des conneries sur le foot fait toujours moins de mal que dire de la merde quand il y a des morts dans l’équation, tenons-nous le pour dit. Et ça marche aussi avec les autres : il est toujours préférable de lire les analyses finies à la pisse de Daniel Riolo sur les coulisses du Pessegé que les délires paranoïaques et logorrhéiques de Pascal Praud et ses potes sur le conflit au Proche-Orient. D’une certaine façon, le football pourrait constituer une sorte d’oasis obligatoire pour tous les esprits malades : dites de la merde sur le foot, au moins ça nous sauvera de votre pauvre vernis analytique et votre géopolitique d’attardés mentaux. Ou alors dites de la merde sur le rugby, tiens, ça aussi c’est bien.
En ces temps de défaites rugbtystiques et de frustrations arbitrales qui vont avec, justement, trouvons de menues satisfactions dans nos accomplissements locaux, si modestes soient-ils, comme ce déplacement en terre frontalière à Marignane. La date était cochée dans les agendas depuis belle lurette : c’est un derby du pauvre qui devait permettre à la tifoseria nîmoise d’aller voir son équipe tout en continuant à boycotter les matchs à domicile, belle façon de continuer à faire vivre la flamme pour le club tout en rappelant opportunément à Rani Assaf d’aller se faire enculer.
D’une certaine façon, les différentes péripéties tragi-comiques d’avant-match furent un condensé du grotesque auquel le club nous a habitué ces dernières années. Mais, chose exceptionnelle, nous eûmes le plaisir d’être secondés dans le nawak par les autorités locales, car en matière de tocards, il est rassurant de constater que nos voisins des Bouches-du-Rhône ne sont pas en reste. La sauce monta progressivement : appel au déplacement des groupes de supporters côté NO, silence côté Marignane concernant les conditions d’accueil des supporters visiteurs hors parcage, pataquès de part et d’autre, puis début de panique symbolisé par un article de La Provence présentant le match comme potentiellement risqué en terme de sécurité publique. Parfaite illustration de la façon dont est perçu le public footeux en France et de la façon dont les autorités parviennent à créer un merdier à partir d’une situation simple. Aucun problème au départ, aucune animosité ni rivalité quelconque entre les deux clubs (on est certes tombés bien bas, mais pas au point d’avoir un contentieux avec le Marignane-Gignac-Côte-Bleue, bordel de bite), mais voilà qu’un déplacement d’une heure pour 300 Nîmois pour un match de National devient soudainement une menace ingérable. Il ne s’agit pas de moquer le manque de structures du MGCB : c’est un club amateur dont les moyens sont par définition très limités. Mais ce n’est pas vraiment comme si un arrivage conséquent de supporters visiteurs n’était pas à prévoir sur ce match… On l’a déjà répété, mais notre savoir-faire en la matière, déjà reconnu et admiré par nos voisins européens, est encore une fois à souligner. Arguant également d’une mauvaise expérience passée avec des supporters toulonnais, le maire de Marignane s’empressa alors de demander le huis-clos puis, devant le refus de la Fédé, conseilla à ses administrés de ne pas venir au stade : la technique du Bernard-l’hermite ou du retrait, dont on pourra désormais qu’elle existe également sous le nom de « technique Eric Le Dissès ». Un peu d’archéologie des internets permet au demeurant de se rendre compte que le bonhomme est un bon gars typique de la droite méditerranéenne, le genre dont on se passerait volontiers.

Nan, mais on peut plus rien dire
LE MATCH
Bon, à l’arrivée, les tocards du 13 ne sont finalement pas notre problème, et du reste le club a largement compensé la nullité du maire en publiant après coup un communiqué très sympa qui prouve que non, figurez-vous, les supporters ne sont pas tous des demeurés assoiffés de sang. Notons plutôt avec gourmandise que « la sécurité du NO » a visiblement pris plaisir à indiquer que ses propres supporters étaient « durs à gérer », après tout on n’est plus à une crotte de nez près. Pour le reste, il y eut bien quelques ultras Marseillais venus en voisins pour dire bonjour, mais aucun contact direct, et finalement un beau parcage (littéralement un parcage, d’ailleurs) prouvant s’il le fallait que quelque chose vit encore autour du club, malgré tous les efforts de la direction.
LES GARS
PARADOWSKI (2/5). Il restait sur plusieurs matchs solides et a sans doute voulu se fondre dans le décor. En faisant lui aussi une boulette sanctionnée d’un but, il montre à Dias qu’il le soutient. Remarquable esprit d’équipe. Plusieurs bonnes interventions en deuxième MT.
SY (1/5). Il fallait qu’il soit là pour qu’on soit 11.
GUESSOUM (2+/5). Constant, à défaut d’être transcendant.
DIOUF (2+/5). Récolte un carton con qu’il devrait pouvoir purger sur le match de Coupe de France.
MENDY (2+/5). Pas grand chose de notable. On dira que l’avantage c’est que l’équipe est homogène, mais je dois avouer que j’ai quand même du mal à faire la diff entre les joueurs parfois.
DOUKANSY (2/5). Pas là pour déconner.
MEXIQUE (2+/5). De la justesse technique et quelques fulgurances, mais un peu trop sur courant alternatif.
SACKO (2+/5). De la bonne volonté pour compenser des pieds en métal.
BURNER (2/5). Flemmard sur ce match.
PICOULEAU (3+/5). Un coup-franc claqué en lucarne sur une frappe enroulée qui pue le sexe, le genre d’émotion qui te fait oublier pendant cinq secondes que tu joues en National.
MBINA (2+/5). Grosse présence mais pas assez tueur.
Allez, la bise et allez Rouges,
Karoud