Nancy-Dijon (3-1) et Alsace-Nancy (2-4) : La Chardon à Cran Académie y retourne, le cœur et le foie lourds

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Déjà qu’il n’est pas de bonne humeur en temps normal…

Je ne suis pas très doué pour les hommages, mais je ne suis pas trop mauvais pour ce qui est de râler. Alors j’aimerais, devant vous lecteurs, avant de commencer, râler publiquement et impudiquement contre les cons et les hautes sphères de la connerie qu’ils affirment représenter, les bêtes brutes sans couilles obligées de compenser la taille microsimale de leur libido avec des gros canons, les demeurés qui adulent sans cesse des dieux morts au mépris de la vie, mais aussi la fange intersidérale des donneurs de leçons qui savent mieux que quiconque ce qu’il convient de faire et ne se privent pas pour le dire, les têtes de guiche qui prétendent représenter les citoyens et qui se pavanent dans des salons proprets avec pour seul but de préparer leur réélection, les récupérateurs de tout poil au toupet sans fin, accusateurs d’une soi-disant décadence liée au rock’n’roll pour certains, prétendus Cassandre pour d’autres nous assénant leurs « je vous avais prévenu » éhontés…à vous tous je ne souhaite pas de crever, non : je ne le souhaite jamais à personne, sauf quand il s’agit de Bruno Roger-Petit ou Pierre Ménès. Je vous souhaite juste de passer une nuit bien pourrie comme celles qu’on a passées ces derniers temps, dans l’espoir que lorsque vous vous lèverez au matin la face encore bien rigide et piquante du manque de sommeil, et que vous serez encore trop engourdis pour vous mettre à salir le monde à l’aide de vos actes ou paroles imbéciles, le court temps qui vous sépare de votre premier café vous intimera peut-être le conseil judicieux de fermer votre gueule, et de nous laisser tranquilles encore quelques instants.

Dans le doute, je vous invite à vous laver les dents pour commencer :

D’avance merci. Sans transition, on y retourne.

Salut les clowns tristes,

Les journées de la Chardon à Cran Académie ont oscillé entre euphorie et chagrin, ces derniers jours. Un peu schizo, j’ai d’abord craqué mon slip de plaisir grâce à une victoire éclatante sur ces arrogants de Dijon, venus à Picot en prétendants sérieux au titre de l’équipe qui pique le plus dans le sillage de l’ogre Messois, puis repartis la queue basse, leur moutarde battue comme pâte à crêpe et restituée sous forme de mayonnaise-sauce cocktail/barbecue écœurante, une bonne leçon de foot sainte et éthique plus tard.

Je nous préparais une bien belle académie, triomphante comme une verge fièrement dressée au matin, quatre pages noircies de lignes serrées de live minute par minute regroupant une véritable chiée de jeux de mots navrants et bien souvent de mauvais goût tels que « Tavares cherche Gomez dans la profondeur », « Poyo se fait descendre par un Bamba triste de le voir partir dans son dos », de railleries lourdaudes à l’encontre du gabarit poids vermisseau de Frédéric Samèrgitano, de niaise adulation envers notre buteur insatiable #Cétout2016, etc.

J’avais même trouvé une photo chouette de Miss Mirabelle en plein tourisme sexuel, elle qui parcourt le monde à la recherche de sosies d’Olivier Rouyer (pas dispo pour les mégères, ma petite).

Qu’est-ce qu’il a son short ?

La pauvresse ferait sûrement tourner quelques têtes plates en tribune Hazotte, mais elle n’a pas eu la chance de se sortir ses Barbies de la tête le jour où on lui a appris à écrire les nombres en lettres…ne me remercie pas, miss Miramoche, tu dois déjà savoir que tu iras plus loin que moi dans la vie, de toute façon. Au moins sur Twitter.

Bien joué Léa : c’est effectivement « merci » qui est invariable. Mille fois.

Et puis sans prévenir, d’odieux simples d’esprit ont décidé bien malgré nous que la Panamie n’aurait pas droit à sa fête du week-end, et ont sorti des arguments pertinents et courageux afin de le faire comprendre à la ville et au monde.

Comme ils avaient relancé les ventes d’un canard en perdition en janvier, on peut dire qu’ils ont une nouvelle fois réussi leur coup : désormais le monde entier se réclame du mode de vie du bobo parisien du onzième arrondissement, se lance dans des marathons terrasse et se découvre une passion pour le rock décadent.

Seulement, même si en simple être humain je ne me sers d’internet que pour me branler et envoyer des formulaires de demande d’aides à la CAF, il a fallu s’enquérir d’autres gens lors de ce vendredi de malheur. Alors, quand les nouvelles pas bonnes sont tombées, c’était un peu difficile de se dire qu’il allait falloir retourner sur les internets. Car si sur la toile il y a heureusement Horsjeu.net, on y trouve aussi des kilotonnes d’immondices charriées dans un fleuve au cours implacable, qui emporte raison et sérénité au confluent de l’océan du vide : les journaleux, les enragés de la violence qui ne jurent que par le recours aux armes (plus d’armes pour faire la paix, voilà qui est malin, je m’étonne de ne pas y avoir pensé), les sombres crétins qui croient détenir la solution en deux touites…bon, et bien sur, les plans de communication fort pénétrants des instigateurs de la grande parade, courageux mais pas téméraires puisque bien au chaud dans leurs palais pendant qu’ils envoient en première ligne de jeunes écervelés biberonnés à leur fanatisme bon teint (les soldats de Dieu ? Mais quel genre de dieu intime à ses fidèles de tirer sur des rockeurs et des fans de foot, bordel ?). Si ces mecs avaient la moindre once d’humour, on pourrait croire qu’ils se foutent gentiment de notre gueule lorsqu’ils nous traitent d’« idolâtres », eux qui se disent envoyés par je ne sais quel voix dans la tête les armes à la main pour vider leurs chargeurs sur de dangereuses et agressives terrasses de café, ou encore sur de scélérats et impies auditeurs de concert.

Parmi ces derniers, Moké était de ceux qui aiment l’ordre. Dans l’orthographe, du moins : il n’y tolérait pas le moindre écart, et assénait un virulent coup de matraque verbale à l’impudent qui souillait la langue. Des langues souillées à l’aide de sa matraque, il n’en manquait pas, d’ailleurs. Il aimait aussi le désordre et l’invective, chose qui n’est pas sans me plaire, mais jamais ne sortait du cadre de l’humour, de la bonne humeur et du Balto. Ou peut-être que si, mais pas à coup de ceinture de dynamite, à ma connaissance. Bref, je ne vais pas vous refaire tout le parcours, et je me joins à mon tour à l’unanime hommage des copains ; nul académicien ne peut nier l’influence de Moké sur son propre travail, moi le premier.

Si on m’avait dit un jour que je rendrais hommage à un flic…

À Lola aussi, je dois bien rendre le dernier hommage, vu que nos chemins se sont croisés quelques fois. C’est ringard de se dire qu’on ne s’est « pas assez parlé », ou qu’on « aurait pu partager plus »… Pour autant, je n’oublierai pas les quelques verres échangés et les nombreuses galéjades prononcées au Macumba de Saint-Malo, un été.

Si on m’avait dit un jour que j’honorerais une femme…

Pour en revenir à des choses plus (b)anales, je vous le disais plus haut : les chardons ont bien correctement écrasé quelques impudents Dijonniens il y a deux week-ends. Au temps des réjouissances, on se disait que ça jouait bien à Picot, qu’on était prêts pour la Ligain, tout ça…mais bon, vous l’avez compris, la Lorraine n’a pas la tête à développer des tartines de bonheur aujourd’hui : 5/5 pour tous les chardons qui piquent plus que la moutarde : Ndy, Cétout2016, Lenglet, Chrétien, Muratori, Aït-Bennasser, Guidileye, Pedretti, Robic, Dalé, Puyo, Busin, Hadji, et même Iglesias.

En coupe de France aussi, l’ASaNaL a fait des miracles. Puisque nos prolos du foot ne cessent pas de jouer en pleine trêve, et que c’est ironiquement au moment de cette sus-dite trêve que les crânes vides se sont décidés à frapper, les chardons se sont déplacés pour faire des minutes de silence et des Marseillaise…au beau milieu de l’Alsace. Pied de nez historique à la bonne tenue d’une république vacillante, nos chardons sont allés montrer ce qu’était l’union sacrée à des bouseux même pas soumis aux mêmes impôts qu’eux et, pour cela, Pablo a envoyé la jeunesse. Difficile de trouver plus jeune que son onze titulaire, ceci dit. Alors il a intronisé Brice Black Samba dans les cages, point fort de Nancy quand il s’agit d’introduire un soupçon de n’importe quoi dans une équipe qui commence peu à peu à redevenir sérieuse.

L’âne de Shitigheim. Youssouf Hadji en pyjama jaune. Brice Samba. L’anal a définitivement repris ses droits.

Pari gagné : la victoire a été au bout, avec en bonus un but encaissé selon les principes les plus profondément ancrés dans la guignolerie que le Brice eut pu explorer. Un aperçu de son talent et sa détermination à partir de 5′ 10 » dans cette vidéo. Un match commenté pour la première fois en mondovision par un sac congélation enrhumé.

Pas plus de notes pour ce match que de pudeur ou de dignité dans l’hémicycle : on reviendra à des bases plus classiques après être venus dicter notre loi ce vendredi à des Lusitanos coriaces, mais complètement non avenus.

Ou alors, je dessoulerai, et n’aurai à vous offrir que de modestes invectives pas drôles. En attendant, portez vous bien, tas de vivants que vous êtes.

Marcel Picon.

8 thoughts on “Nancy-Dijon (3-1) et Alsace-Nancy (2-4) : La Chardon à Cran Académie y retourne, le cœur et le foie lourds

  1. C’est vrai que c’est une académie de fort beau gabarit, qui au contraire de ces fous d’Allah vise juste. Comme quoi on peut supporter Nancy et être un mec bien.

  2. Je ne savais pas trop ou poser mon modeste hommage et ma sentiniaiserie. Ce petit coin de nature, que personne jamais ne parcourt, est le lieu idéal.
    J’en ai chialé, et pas qu’en voyant vos b…s mal rasées, tas d’anonymes qui faites désormais partie de mon quotidien. Mais le seul endroit où le rire se mêle aux larmes, c’est ici, sur HorsJeu. C’est la plus belle réponse de Moké, d’où qu’elle vienne, et c’est pour ça qu’on vous aime. Un peu.

  3. @Mech

    ça y ressemble…je ne connais pas la nature réelle des sévices infligés à ce pauvre animal. #jesuisâne

  4. Cher M. Picon,
    Pour tous les connards que tu décris dans l’intro, puisque tu ne désires pas leur mort (perso j’avoue que ça ne m’empêcherait pas de dormir), tu peux leur souhaiter de vivre longtemps, mais en mauvaise santé.
    La bise où vous voulez

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