Nantes-OM (3-2), La Canebière académie tempère l’euphorie

Nicolas Palourde.

Aïoli les sapiens,

Entendons-nous bien, à côté de la situation plus globale en ville, le marasme olympien reste une chiure de mouche. Quand on accepte qu’un gus soit envoyé en prison ferme pour avoir jeté un caillou vers une caméra, ou que les condés envoient une grenade lacrymogène dans la figure d’une mamie au 4e étage sous les applaudissements de l’Assemblée nationale, on peut raisonnablement parvenir à s’accommoder d’une nouvelle défaite ridicule concédée par les troupes de Rudi Garcia.

Ce que l’on va donc faire, en conséquence, Messieurs Garcia et Eyraud, c’est que l’on va rester calmes autant que faire se peut, nous contenter de vous souhaiter d’aller bien, mais alors bien vous faire foutre, et passer sans plus attendre au nouvel exploit des viers marins placés sous votre responsabilité.

 

L’équipe

Mandanda

Sarr (Amavi, 74e) – Rami – Rolando – Kamara

Sanson – Strootman – Luiz Gustavo

Thauvin – Germain (Mitroglou,82e) – Ocampos (Payet, 74e)

L’équipe passe en 433, mais Rolando n’en est pas moins indéboulonnable. Caleta-Car se brise sur son sort de titularisation éternelle, de même que Kamara ; ce dernier glane tout de même une place à un étrange poste de latéral gauche.

Sakai est blessé, Lopez et Payet sont laissés au repos, et c’est ce soir Valère Germain qui sert de pointe émoussée.

 

Le match

Trois pertes de balle dans les trente premières secondes : le pressing nantais ne nous veut pas du bien. Après dix premières minutes légèrement slipométriques, l’OM prend enfin pied dans la rencontre, et visite à son tour la surface adverse. Par deux fois, Rolando est à la réception d’un coup-franc mais ne trouve pas le cadre et, globalement, on peut dire que l’OM se met plutôt à dominer les débats. Enfin, quand je dis « débats », c’est pas la controverse de Valladolid, non plus, on serait plutôt sur un plateau de Pascal Praud en direct du PMU de Bollène.

Mauvais choix, mauvaises passes, mauvais contrôles, mauvais, mauvais, mauvais, tout est mauvais dans ce match, placé sous la signe de la purge absolue dont un but minable viendra peut-être décider du sort.

Première erreur, et heureusement pour nous : le but survient, et il n’est pas dégueulasse du tout. Rolando monte balle au pied et adresse un amour de service pour Ocampos, dont le centre en retrait trouve Sanson à l’entrée de la surface. Plein axe, la reprise de Morgan est déviée juste ce qu’il faut pour échapper au gardien (0-1, 28e).

Seconde erreur, et tant pis pour nous : ce but n’était pas appelé à être fils unique. Sans doute confortés dans leur évidente supériorité par leurs récents exploits contre Francfort ou Reims, nos joueurs pensent avoir fait le plus dur et s’autorisent à se comporter dès la remise en jeu comme de parfaits branleurs. Eux qui se comportent d’ordinaire sur les tibias adverses comme des bergers allemands sur des couilles de facteur, Luiz Gustavo et Ocampos se font subitement déchirer par Touré. Presque surpris de toujours avoir le ballon, le Nantais ne se démonte pas et adresse un centre parfait pour Sala. Fier de ses trois clean-sheet consécutives (dont une avec but), Adil Rami se sent en confiance et tente de ne pas se placer au marquage de l’Argentin, comme ça, juste pour voir ce que ça fait. Eh bien ça fait but (1-1, 30e).

Mortifié de se voir ainsi pris en flagrant délit de manque de combativité, Ocampos se vide les tripes pour remporter un duel puis éviter la sortie en touche. Il trouve en retrait Kamara, dont le centre est dévié par Germain sur la main d’un Nicolas Palourde en pleine imitation de l’éolienne. Le pénalty est transformé par Thauvin, barre rentrante (1-2, 36e).

Si ces multiples péripéties égayent un match que l’on promettait triste, l’essentiel du spectacle reste caractérisé par le concours du fond de jeu le plus dégueulasse auquel se livrent les deux équipes. Et vas-y que ça tatane dix mètres trop loin vas-y que ça tente des percussions individuelles improbables… À ce jeu, puisqu’il ne reste qu’à espérer qu’un miracle se produise, autant essayer de maintenir le ballon à proximité de la surface adverse. Les Nantais l’ont bien compris et s’y emploient, alors que nous nous contentons de gérer notre avantage (i.e abandonner toute ambition offensive et se contenter de serrer les fesses en attendant que le temps passe). Le coup-franc excentré frappé par Boschilia sur la barre de Steve-cul-de-plomb résonne comme un avertissement : l’OM s’est jusqu’ici vu plutôt gâté par la chance et, si en seconde période nous ne changeons pas de cap, la déconvenue sera probable.

Sauf que la mi-temps, contrairement à ce que semblent croire nos joueurs, n’est pas encore arrivée. Dans le temps additionnel une balle en cloche tout ce qu’il y a de plus aléatoire échoit ainsi à Sala, qui s’en saisit malgré Rolando et deux autres joueurs. Ce sont même quatre olympiens qui entourent l’attaquant, puisque Luiz Gustavo quitte son poste pour aller prêter main forte aux collègues : évidemment, le Nantais s’en sort et transmet à Touré, dont notre Brésilien venait justement de lâcher le marquage. Ocampos n’a pas pensé à compenser, Strootman est trop loin, et l’extension maximale de Mandanda ne lui permet pas d’effleurer un ballon pourtant placé un bon mètre à l’intérieur de la cage (2-2, 45e+1).

L’OM est tellement bouleversé par son adversaire que même Rudi Garcia se fait piquer son habituel sketch arbitral : dès la reprise, c’est Vahid Halilodzic qui conteste une décision et se voit intimer l’ordre de rejoindre les tribunes (ou plus exactement d’enjamber le muret de 20 cm qui sépare le banc nantais du reste de la tribune).

Pour le reste, comme contre Reims, l’OM répète son schéma de haute volée technico-tactique consistant à envoyer le ballon dans le coin du terrain pour y gagner des corners. Pas beaucoup plus ambitieux, Nantes s’applique dans les duels, attendant le moment où l’un de nos petits prétentieux refusera de faire l’effort qu’il faut. C’est chose faite peu après l’heure de jeu, quand Bouna Sarr ne met absolument aucune énergie dans son corps de lâche pour aller disputer le ballon à Lima. Aussi sûrement que Mathieu Bastareaud échappe à un plaquage de Jean-Paul Rouve, le Nantais dévale le boulevard qui lui est offert, avant d’ajuster une passe parfaite pour Boschilia, qui conclut dans le dos de Kamara (3-2, 63e).

Alors qu’il ne leur reste qu’une demi-heure pour éviter de consommer ce haut degré de ridicule, l’OM repart dans son accumulation de centres donnant au mieux des corners, au pire des caviars pour Diego Carlos et Nicolas Palourde, les deux centraux ayant depuis longtemps enfoui Germain jusqu’à ce qu’il ne dépasse même plus de leurs shorts. Un centre de Sanson un poil trop fuyant pour Ocampos, et un gros cafouillage sur lequel la chance se décide enfin à nous tourner le dos et à envoyer le ballon sur le poteau : voici en tout et pour tout les deux seules réelles occasions de cette dernière demi-heure. Nantes ne profite pas des espaces laissés en contre-attaque, si bien que le match peut sereinement s’achever dans une ambiance de merde, joueurs et entraîneur commençant à baver au micro sur l’état d’esprit des uns et des autres.

Entre des attitudes individuelles effectivement impardonnables et les tâtonnements incessants pour ne produire rien qui ressemble de près ou de loin à du jeu collectif, les torts ne pouvaient être mieux partagés que ce soir. Voilà comment, alors que Marseille avait bien besoin de ses sportifs pour lui redonner, ne serait-ce que symboliquement, un peu d’espoir et de sens de la dignité humaine, Eyraud, Garcia et les joueurs se donnent la main pour entraîner le club dans le cloaque. Il y aura sans doute des jours meilleurs, mais les questions « quand ? » et « avec qui ? » peinent à trouver des réponses propres à susciter l’optimisme.

 

Les joueurs

Mandanda (2/5) : Le problème des gardiens félins, c’est qu’ils vieillissent comme le matou obèse et castré à peine capable de se lécher son absence de couilles sur le radiateur de la grand-mère.

Sarr (1/5) : Devenu latéral à force d’humilité, de travail et d’abnégation pour, une fois qu’il se sent parvenu, se montrer nul à chier avec une constance et une désinvolture qui forcent le respect. On dirait ceux qui passent le permis juste pour le plaisir de conduire ensuite à 150 km/h bourrés comme des huîtres.

Amavi (74e) : Entré au poste de latéral gauche pour absolument zéro plus value, mais comme dit toujours ma Môman, « quand t’as droit à trois tu prend trois, tu vas pas leur laisser ce cadeau ». J’imagine que c’est valable aussi pour les remplacements.

Rami (1/5) : Dis, Monsieur « je positive-sans-me-remettre-en-question », trois buts dans ta gueule enfarinée, tu les comptes comme une clineushite, aussi ?

Rolando (2+/5) : Une première mi-temps remarquable (les termes « exceptionnelle » ou « de haute volée » étant déjà pris), à l’exception de cette minute additionnelle pendant laquelle il fait partie des quatre clampins infoutus de neutraliser un avant-centre esseulé. Qu’il aille faire un stage dans une CRS, bordel, eux quand ils sont à 4 sur un type en jaune, ils savent le défoncer.

Kamara (1+/5) : En revanche, pour ce qui est d’en mettre plein la gueule à un jeune, Rudi Garcia n’a rien à apprendre de la police. Et tout ça sans flash-ball, s’il vous plaît.

Strootman (1+/5) : André-Frank Zambo Anguissa, les soirs où il n’arrivait à rien, au moins il nous faisait rigoler.

Sanson (3/5) : En ce moment, choisir l’homme du match, ça devient vraiment un casting pour l’affiche du Téléthon. Faut juste réussir à trouver dans notre masse d’handicapés celui qui ne bave pas trop et reste un minimum présentable en public.

Luiz Gustavo (2+/5) : Comparé à d’autres joueurs, il n’a pas été catastrophique. Comparé à lui-même au temps jadis où il pissait sur ce genre de petites équipes, il y aurait comme une petite baisse de flamme.

Thauvin (2+/5) : Tente beaucoup de choses, pas forcément pour les réussir mais au moins pour montrer au peuple qu’il en a encore quelque chose à foutre.

Ocampos (3-/5) : Décisif sur trois buts : deux pour nous et un pour eux. On reconnaît bien là l’hyperactivité de Lucas, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire, rarement pour le beau jeu.

Payet (74e) : Entré pour réparer un jeu olympien dont l’entraîneur a depuis longtemps perdu la notice de montage.

Germain (1+/5) : Ne me parlez pas de tâche impossible contre Diego Carlos et Nicolas Palourde : dans Kung-Fu panda, le héros est obèse et totalement dépourvu de la moindre aptitude au combat, et pourtant il se hisse à l’égal de maître Rhino Volant et maître Boeuf Ravageur. Mais oui, bon, c’est un film pour enfants, ça n’est pas la réalité. Tiens Valère, tu devrais plutôt aller manger des bambous au zoo de Beauval, ce serait plus en rapport avec tes capacités.

Mitroglou (82e) : SUPER SUUUUUUB non je plaisante, il a fait une entrée à chier, vous vous doutez bien.

 

L’invité zoologique : Anthony Libombyx.

Le bombyx du mûrier est un papillon absolument dégueulasse à l’œil, mais réputé pour produire une soie dans laquelle les riches pourront envelopper leurs gros culs paresseux. L’insecte ignoble mérite ainsi autant de respect que ces bourgeois prétentieux et oisifs méritent de coups de pieds au cul. Cette parabole fait du ver à soie l’invité approprié pour parler de cette nouvelle désillusion de l’OM-Champions-Project-mes-couilles.

– Les autres : À vomir. Ils sont nuls. Vraiment. Ni plus ni moins que nous, après tout, si ce n’est qu’eux ont eu le mérite d’aller de l’avant et de produire les efforts mentaux et physiques nécessaires pour revenir au score puis s’imposer.

– Le classement : Montpellier, Lyon, Saint-Étienne perdent : le statu quo dans la nullité nous maintient à la cinquième place, les chiffres nous autorisant ainsi l’espoir que l’on perd en regardant les matchs.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Nicolas Palourde Didier A. remporte un concours zoologique débordant d’originalité.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

3 Comments

  1. On reste quand même à 4 points du 2e et il y a encore 22 matchs à jouer…

    J’annonce une saison à la Elie Baup. Tristesse du jeu, frustration du supporter et les deux pieds sur le podium en bout de course.

  2. Superbe.
    Coach Rudi a passé une saison à semer l’amertume et la plainte à tous les vents, forcément quelques graines de zizanie nous sont tombées entre les pattes. Et ça pousse bien !

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