Nîmes-Ajaccio (0-2) : La Crocro Académie coule

Salut les pitres,

Bien, pour donner la coloration d’ensemble, j’ai demandé l’avis de la populace, car j’oscillais après cette purge entre le besoin de sang et l’apitoiement sur moi ou sur le club. La tendance à la mi-journée donnant une tendance très nette, autant sortir la sulfateuse.

Oui, parce qu’à un moment, la pondération c’est pour les pleutres. Le club sombre doucement dans une dépression générale, avec une absence de révolte qui fait peur. On tourne toujours un peu en rond en cherchant les responsabilités, mais que voulez-vous, le football est une histoire de répétitions. Pour la peine, on va se faire une évaluation simplifiée, si ça ne vous ennuie pas.

LES CHEVRES

Note d’ensemble : 0/5.

Je n’ai même pas envie de rentrer dans le détail des notes individuelles, tant c’est l’immense performance collectivo-anale. Les onze et quelques trous du cul qui ont ce soir porté la tunique rouge au croco ne manquent pas de potentiel, et c’est sans doute ça le pire. Il ne s’agit pas de les voir plus beaux qu’ils ne sont, mais simplement de noter qu’avec ces joueurs, dans ce championnat, il y aurait au moins matière pour créer un semblant de football. C’est sans compter sur la démotivation générale qui semble émaner du groupe (et du club en général, nous y reviendrons). On en revient toujours à ces concepts délicats à définir, « grinta », « amour du maillot », « état d’esprit », mais que dire d’autre après une telle purge ? Gaëtan Paquiez, un des derniers survivants de l’époque Blaquart (avec l’éclopé Briançon, dont on peine malheureusement à croire qu’il puisse revenir un jour à son niveau), l’a dit lui-même d’une façon assez juste : quelque chose s’est cassé, l’alchimie particulière qu’avait créée Blaquart, faite d’émulation, de jeu offensif et d’état d’esprit irréprochable incarné par quelques joueurs locaux, s’est bel et bien volatilisée.

Encore une fois, difficile en y regardant de plus près d’observer une baisse en qualité de l’effectif par rapport à l’année dernière. Des renforts pour pas mal de postes, des types avec des qualités techniques indéniables, mais une mayonnaise qui ne prend pas. Si on s’efforce de creuser un peu, on peut essayer de distinguer plusieurs groupes. Du côté des « locaux », anciens ou plus récents, censés incarner l’attachement au club et tirer l’ensemble vers le haut, Paquiez et Martinez semblent biens seuls, et surtout bien trop à la ramasse sur le terrain pour paraître légitimes, de même que Briançon, encore blessé, et dont l’envie de rester au club semblait de toute façon très limitée. Les jeunots (formés au club ou arrivés jeunes), type Guessoum, Valério ou Sainte-Luce, me semblent trop tendres pour prétendre à un rôle de taulier. La tragi-comédie de la perte d’agrément du centre de formation cet été n’a évidemment pas de quoi nous rassurer à long terme quant à l’éclosion de nouveaux talents à la Bastide. S’ajoutent à cela un contingent d’attentistes, où on pourrait mettre les recrues récentes, dont un bon contingent d’étrangers (les Cubas, Eliasson, Omarsson, Bratveit…), dont le professionnalisme n’est absolument pas en cause, mais qui ne semblent pas être les plus à même d’insuffler une révolte. Si on ajoute quelques types à la motivation en berne ou au sérieux douteux, pour de bonnes ou de mauvaises raisons (Koné, Ferhat, ou encore Sidy « je l’ai mise au fond » Sarr), sans compter les véritables erreurs de casting (Aribi), voilà comment on arrive à une sorte de bouillasse de football. Quelques individualités surnagent, comme Benrahou, auteur d’un bon début de saison, mais même lui marque le pas. Difficile d’y voir clair, surtout quand le cap n’est pas défini. Nous voilà donc coincés dans le ventre mou avec la lutte pour le maintien qui se rapproche, sans aucune victoire depuis le 21 août. Yeah.

LE BERGER

Pascal Plancque : à la ramasse/5

Ma sympathie pour le personnage est réelle, je lui trouve une bonne tête quoiqu’un peu toujours tristoune, il s’exprime de façon posée, intelligente et réfléchie en conférence de presse et ne se cherche pas d’excuses. Mais quelle déprime, punaise… Il donne le sentiment de n’avoir prise sur rien, de subir les évènements, de ne rien pouvoir insuffler aux joueurs. Largué, sans solution et avec le sentiment qu’un long chemin de croix reste à parcourir, un peu comme un hypothétique enfant bâtard de la directrice de campagne d’Anne Hidalgo et de l’avocat de Pierre Ménès. On va bien évidemment y croire jusqu’au bout et parier sur un rétablissement miraculeux après la trêve, on a déjà connu ça, mais on s’appuie là sur de la croyance plus que de l’analyse.

Finalement, la conclusion qui risque de s’imposer pour lui est simple : il ne semble pas avoir les épaules pour un rôle d’entraîneur principal. Et on en vient quand même à se demander pourquoi un club comme le nôtre, après trois saisons en L1, n’a pas été en mesure d’attirer un entraîneur avec un pedigree supérieur.

Il est fort probable que l’aspect pécuniaire rende son débarquement problématique et qu’il reste encore un moment chez nous, et la perspective n’a pas l’air de le réjouir d’ailleurs. C’est bien, déprimons ensemble, on a déjà fait ça avec plein d’autres gars dans le passé.

LE PROPRIO

Rani Assaf : moi contre le reste du monde /5

Je veux pas y passer la nuit, ni refaire l’histoire depuis l’origine, mais quand même. On rappellera simplement que la majorité de l’argumentaire de notre président est construit sur deux axes : 1/ c’est moi qui sors l’oseille donc je fais ce que je veux, et 2/ avec moi, le club se « professionnalise » et adapte ses structures aux dures lois du foot moderne, je suis pas sympa mais au moins je suis sérieux. Sur le premier point, même si c’est déplorable, il nous a a en effet bien montré qu’il se torchait allègrement avec tout ce qui constitue une opinion « hostile », quitte à faire peur à tout le monde en brandissant d’absurdes menaces de poursuites, y compris d’ailleurs sur des forums de discussion entre supporters, ce que même un Jean-Michel Aulas de la grande époque sous kétamine n’aurait probablement pas osé faire, épisode lamentable s’il en est, qui n’est resté confidentiel que parce que personne au fond n’en a grand chose à foutre du Nîmes Olympique.

Mon président > ton président

En revanche, sur le deuxième argument, on va dire que soit il prend vraiment son temps, soit il se fout complètement de notre gueule. Il faudrait quand même expliquer un jour en quoi « modernisation » veut dire suppression de l’agrément du centre, hausse incompréhensible du prix des places, conflit ouvert avec les groupes de supporters et rognage tous azimuts des dépenses jusqu’à un point grotesque. Ah oui, on va m’objecter que tout ceci, c’est parce que tu as un plan sur le long terme. Et ben en fait j’en ai ma claque de parier sur ce supposé « plan de Rani Assaf ». Aaaah c’est vrai, la comm’ c’est pas son truc, aaaah c’est vrai, en ce moment c’est pas facile, aaaah c’est vrai il aurait pu éviter de déféquer sur la tête de tous ses interlocuteurs, MAIS MAIS MAIS tout ça c’est réfléchi, c’est par amour du club, en parallèle il va moderniser les structures, il assainit les comptes, il vire les pique-assiettes, et puis le nouveau stade va être bieng, vous allez voir ce que vous allez voir !

Sauf que ça fait déjà un moment qu’on attend de voir justement. Je mets de côté la question du stade, sur laquelle on aura l’occasion de revenir. Tout ce qu’on voit, ce sont des successions de séquences qui seraient risibles si elles n’étaient pas si dommageables pour l’avenir et l’image du NO, si dommageables pour ce qu’elles donnent à voir de nous. Dernier épisode en date ? Ce match contre l’ACA, justement, où on a réussi à offrir une vitrine si déplorable qu’on passe pour des branques aux yeux des Corses (ce qui en soit est déjà un exploit) et de la France entière. Qu’Assaf veuille réduire les coûts de fonctionnement parce que le football voyez-vous ma bonne dame c’est un spectacle qui coûte cher, comme il aime à l’expliquer dans un sabir macronien fumeux, ça me révulse, mais admettons… mais dans ce cas qu’il assume au moins le minimum pour que les gens qui daignent laisser leur pèze soient traités décemment ! D’une certaine façon, quand on voit comment sont déjà traités les supporters Nîmois aux Costières, pas étonnant que les visiteurs soient reçus comme de la merde. Mais cette histoire est proprement honteuse, et malheureusement révélatrice du dédain affiché sur la gestion quotidienne.

L’excuse du projet de futur stade, qui accaparerait tout, n’est plus audible. Investir dans le futur n’empêche pas d’assurer la BASE du fonctionnement quotidien d’un club (genre vendre des billets et de la bouffe, ce genre de choses). Je ne reviens pas sur le cœur dudit projet d’ailleurs, d’autres l’ont déjà fait, et avec talent. Je reste pour ma part dubitatif, plutôt favorable à l’idée d’un nouveau stade (et sur une capacité limitée), mais vraiment pas convaincu par l’insistance mise sur la partie immobilière de l’histoire. Un projet immobilier ne fait pas un club de football, jusqu’à preuve du contraire.

Assaf va probablement faire la sourde oreille comme d’habitude, se murer dans un silence obtus et attendre une nouvelle occasion de pratiquer la terre brûlée en s’inventant un nouvel ennemi (quand ce ne sont pas les Gladiators, c’est l’Association, etc.). Tout ceci crée une ambiance délétère au sein du club. Si comme il aime à le rappeler, le chef c’est lui, alors qu’il se rappelle que dans ce cas-là, la responsabilité, c’est lui aussi. Si on m’objecte que les quelques très belles années qui viennent de s’écouler sont à mettre à son crédit, je répondrais que oui, évidement, mais qu’aujourd’hui je n’en suis plus si sûr de la primeur de son rôle, qu’on a sans doute vécu une parenthèse dorée avant tout grâce à un formateur hors pair (Blaquart), quelques bons joueurs du cru (Ripart, Briançon etc.) et un vrai crack qui marchait sur l’eau (Savanier). J’ai plutôt l’impression, avec le recul, qu’on a fait de lui un messie parce qu’on n’avait connu qu’une ribambelle de tocards avant son arrivée. Alors merci pour ça, mais pour tout le reste, merde. Le NO mérite mieux que des avalanches de mépris et une gestion à la hussarde. Notre histoire, notre passion et tout ce que ce club transpire nous donnent le droit de rêver à quelque chose de solide et respectueux à la fois, un projet semblable a minima à ceux d’honnêtes clubs de l’élite comme Angers, Brest ou Lorient, dont on ne me fera pas croire qu’il s’agit de bastions de foot plus étoffés que le nôtre. Alors franchement, essayons de ne pas devenir Alès.

Bises et à samedi, je serai du dép à Guingamp, où on risque (scoop) de se faire désosser.

Allez NO, putain.

Karoud

Karoud Fider

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