Nîmes-Rodez (1-0) : La Crocro Académie écrase la concurrence

À Nîmes on suit les tirs.

Nous voici de retour après un mercato estival des plus bizarroïdes, sorte de méchoui sous acide entre paris sur des jeunes inconnus (arrivées de Durand de Gevigney, Labonne et Vargas, premier contrat pour Delpech) et paris sur des vieux roublards de L2 (Tchokounté, ancien de Dunkerque), le tout relevé de prêts sur lesquels on a pas trop d’idée précise (N’Guessan, venu de Nice) et de retours de vieilles gloires du club venues pour un dernier tour de piste qu’on espère réussi (Nico Bénézet et Benoît Poulain, pour lesquels mon petit coeur est prompt à s’enflammer malgré les doutes sur leur état de forme). L’ensemble est pour le moins inattendu, et particulièrement imprévisible. Je me garderai bien de tout pronostic : je vois tout autant cette équipe capable de se chier dans les grandes largeurs et de lutter piteusement pour le maintien que de réussir à créer une alchimie entre le vieux et le moderne et nous sortir une saison potable à coup de VALEURS et de GRINTA – nous y reviendrons. Nicolas Usaï n’est pas un crack, mais il a désormais sous la main un effectif relativement homogène et complet, avec comme seule interrogation persistante le sort des partants pas encore partis (Eliasson et Benrahou notamment). Soyons prudents pour le moment.

Les deux premiers matchs de la saison virent nos gars perdre à domicile (enfin, à domicile, faut le dire vite, nous y reviendrons) contre Caen sur un but à la 90e et faire un match nul plutôt correct à Sainté dans un Geoffroy-Guichard à huis-clos. Pas facile d’en tirer des enseignements définitifs, si ce n’est cette observation très neutre en parfaite continuité avec la saison dernière : on a quelques joueurs de ballon, mais l’animation est très tristoune, et on manque de tranchant devant. Usaï semble décidé à jouer avec un système en 3-5-2 ou 5-3-2 qui densifie l’axe et permet de voir quelques déboulés de nos latéraux. A voir à l’usage.

Le vrai problème de la vie en Assafie, c’est la sinistrose terrible qui règne autour du club, avec une direction qui a réussi à tuer la vibe et à liguer la quasi-totalité du public contre elle. La dernière tentative en date de remédier au boycott du stade (initié par les Gladiators suite à la hausse des tarifs de la billetterie et la fermeture de la tribune Est) résume parfaitement la situation : le club a décidé de lancer une « supra-association » de supporters baptisée « Grinta Club », censée servir de système de socios à la Française, permettant aux adhérents de bénéficier de tarifs avantageux tout en participant indirectement au CA et au financement d’actions caritatives. Sur le principe pourquoi pas, mais la réalisation est pour le moment une quintessence du grotesque à la nîmoise : parrainage de l’asso par le pire ambassadeur imaginable (Jean-Jacques Bourdin), risque de renforcement des tensions, refus de la main tendue envers les ultras… Le projet risque malheureusement d’être mort-né.

Bref. Envie de chialer sur la situation de ton club alors que la saison débute à peine, c’est quand même un certain plaisir. Parlons foot, voulez-vous.


LE MATCH

2e match aux Costières, et encore un stade bien triste, même si la tribune Sud s’anime un peu par moments pour cet Occitanico du pauvre, partagé avec l’Aligot Académie pour un duel importantissime dans la lutte hiérarchique entre péquenots. La première mi-temps fut assez chouette à voir sur le terrain, avec pas mal d’occases de notre côté et une certaine maîtrise (si, si). Mais comme souvent la saison dernière, ce fut après avoir enfin concrétisé (sur un but aussi important que ridicule) que nous avons commencé à suer du derche et à reculer. Plutôt costauds derrière mais toujours ce manque de liant devant. Enfin bon, une victoire moche reste une victoire.

Le but mérite quand même qu’on s’y attarde : péno tiré par Benrahou sur le poteau, passivité étrange de la défense ruthénoise et surgissement d’Omarsson pour un but de filou.


LES ARTISTES

DIAS (3/5). Clean-sheet qui lui fera du bien au moral. Encore fébrile par moments, mais on va dire qu’on lui fait confiance vu qu’on a pas le choix.

GUESSOUM (3/5). Pas très rassurant, il va encore dépendre de la confiance que lui inspirent ses collègues.

POULAIN (5/5). Bon, qu’on soit clairs : Ben, c’est le captain. Il était déjà là en 2007, et en 2007 on avait tous les deux vingt ans, on était tous les deux beaux gosses, et à la Feria de Pentecôte 2007 j’avais enfin réussi à pécho Clémence R., qui depuis s’est mise avec une tête de con avec qui elle a eu 3 gosses, mais ce n’est pas le sujet, depuis je suis passé à autre chose et je ne pense plus à toi MAIS POURQUOI T’ES PARTIE CONNASSE ? Bref, je t’aime Benoît, merci d’être là frérot. En plus, aujourd’hui, t’as été bon.

DURAND DE GEVIGNEY (4/5). Un blaze de Versaillais et une gueule à sucer Stéphane Bern, mais une plaisir visible quand il s’agit d’aller à la bagarre : une certaine idée de la vieille noblesse Française.

SADZOUTE (3+/5). Après une saison avec Guéguette Paquiez titulaire, il faut avouer que ça fait bizarre de revoir un vrai joueur de foot à ce poste.

VARGAS (4/5). De l’allant, de l’envie : un mec formé à Montpellier qui joue bien chez nous pendant que Sainte-Luce est titulaire chez eux, une sorte d’éternel recommencement.

FOMBA (3/5). Bon match de Lamine, mais on a été tellement souvent déçus avec lui qu’on va pas s’enflammer.

THOMASSEN (3/5). On poursuit avec notre nouveau filon du joueur nordique inattendu. Buteur à Sainté, il a encore été intéressant dans le placement et le sens du jeu. Il sort blessé, on espère le revoir vite. Remplacé par Benrahou, qui a apporté quelques accélérations mais a raté son péno et semble déjà la tête ailleurs.

N’GUESSAN (2+/5). Encore un peu pataud, mais quelques séquences intéressantes, on va lui laisser un peu de temps.

TCHOKOUNTE (1+/5). L’impression qu’il pèse 300 kilos et qu’il n’est pourtant pas foutu de secouer son défenseur.

OMARSSON (3/5). Buteur opportuniste, j’aime bien ce joueur malgré son style assez anachronique. Remplacé par Koné, qui semble lui aussi pressé de passer à autre chose.

Allez, la bise et ALLEZ ROUGES !

Karoud

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