OM-Dijon (2-0), La Canebière académie ne se presse pas

Aïoli les sapiens,

Une trêve internationale pour permettre de travailler un peu plus profondément, une dernière branlée contre Nice à effacer, une cinquième place comme maigre enjeu sportif, et toujours un stade mort faute de retour des supporters. Ajoutons à cela la faiblesse de l’adversité en la personne d’une équipe déjà morte pour la Ligue 1, et l’affiche du soir manquait sévèrement de glamour. Pour tout dire, on avait moins de chance de vouloir se flinguer en regardant Jeux Interdits sur C8.

Supporter serrant contre lui les espoirs sportifs de l’OM cette saison.

Faisons donc bref, pour une victoire minimale contre un adversaire conscient de son infériorité, une étape aussi vite oubliée qu’un tour de coupe contre un club de National 2… ah, merde.


L’équipe

Mandanda
Balerdi – Alvaro – Sakai
Lirola – Thauvin – Kamara – Gueye – Payet (Khaoui, 91e) – Luis Henrique (Cuisance, 68e)
Milik (Benedetto, 79e)

Caleta-Car suspendu, Sakai se voit titularisé à gauche de la défense à trois. Amavi, Nagatomo et Rongier sont toujours blessés. Luis Henrique se voit donc chargé d’animer le côté gauche en compagnie de Payet, la doublette Thauvin-Lirola se chargeant de la droite.


Le match

C’est mou. Si, très rapidement, Thauvin ôte une balle de but à Payet sur un bon centre de Lirola, les Olympiens se conforment rapidement au rythme de viers marins insufflés par les zombies d’en face. Les intentions sont là, les schémas sont bien dessinés, mais la vitesse d’exécution est une ode à l’administration de l’Éducation nationale. De plus, deux ans de villasboïsme ne s’effaçant pas d’un trait, la production marseillaise abonde toujours en passes en retrait superflues et refus d’initiatives multiples.

Du côté dijonnais, la rigidité cadavérique de l’équipe ne se rompt qu’à l’occasion de deux spasmes dans notre surface peu après le quart d’heure de jeu, et de trois cartons jaunes sur de splendides fautes de bourrins.

Alors que l’OM est déjà prêt à rentrer au vestiaire, les Bourguignons nous offrent un corner sans que nous leur ayons demandé quoi que ce soit. Emplis de bienveillance, ils évitent également de sauter ou de courir, si bien que Balerdi peut se promener une main dans le slip pour appeler la balle au premier poteau et, à la réception du corner de Payet, visser sans opposition une tête au fond des filets (1-0, 45e+1).


Pour secouer un peu l’ennui généralisé, Dimitri Payet se met en tête de faire de la merde à peu près à chaque ballon touché, y compris en foirant deux services idéaux de Lirola puis Milik. Le score étant toujours d’un à zéro à l’approche du dernier quart d’heure, les Dijonnais investissent enfin notre camp histoire de voir si nous n’aurions pas envie de saloper la rencontre comme nous savons si bien le faire. Notre défense centrale contient sans trop de problème ces assauts, mais notre jeu avoisine alors le fond de fosse septique.

N’ayant pas plus que ça envie de se refaire insulter sa mère en ce beau printemps, Dimitri se sort enfin les doigts à la réception d’une transversale de Kamara. Contrôle parfait, accélération, et coup-franc obtenu après une nouvelle faute de poète : Payet adresse un ballon parfaitement vicieux dans les 6 mètres, où Alvaro dévie de la tête. Un défenseur dijonnais finit le travail en déviant une nouvelle fois la balle juste devant son gardien (2-0, 79e).

Voici donc une victoire poussive, sans autre intérêt que de baliser le chemin de l’équipe dans sa progression à long terme : une notion toute relative compte tenue de l’état de l’effectif à la fin de la saison.


Les joueurs

Mandanda (NN/5) : Même reproche qu’à Jordan Amavi : quand on vient en spectateur, on fait l’effort de porter le masque.

Balerdi (4/5) : Sa performance face à Dijon est au football ce que les révélations de M6 sur les dîners clandestins sont au journalisme d’investigation : c’est clairement pas un sujet qui mérite le Pulitzer, mais ça fait quand même plaisir.

Alvaro (3/5) : Marquer un but face à des Dijonnais qui ne font pas de marquage sur coup de pied arrêté, c’est banal. Réussir à prendre son carton jaune suspensif contre une telle équipe, ça ressemble déjà plus à un exploit.

Sakai (4/5) : Plein de gros tacles la bave aux lèvres pour sauver la patrie en faisant « Aaaaaaaaargh ! ». Hiroki face à Dijon c’est comme moi sur une piste bleue : je sais très bien que c’est pas Kitzbühl mais laissez-moi kiffer, merde.

Lirola (4-/5) : Ce qui est déprimant c’est qu’au final, ses bons centres se sont avérés été aussi productifs que des saucisses de Sakai sur le gardien.

Kamara (2+/5) : On retiendrade belles intentionsd’aller vers l’avant en première période, et une fâcheuse tendance à vouloir activer le slipomètre plus que de raison pendant le maigre temps fort dijonnais.

Gueye (2/5) : Une timidité paradoxale au moment de tenter des passes vers l’avant, alors qu’il en tentait plus sous Villas-Boas. Un entraîneur qui l’encourage à ça, Pape n’était pas habitué, ça lui a fait un choc. Défensivement en revanche, on reste sur les standards cartonjaunesques habituels.

Thauvin (2+/5) : Une note difficile à établir justement tant est délicat de pondérer ses réussites et insuffisances aussi incontestables les unes que les autres dans ce match. Heureusement, Florian a atteint un niveau d’antipathie tel que l’on peut par défaut insulter ses aïeules sur quatre générations, ce qui facilite grandement la réflexion.

Payet (2+/5) : Une performance globale largement au-delà du scatologiquement correct mais bon, comme c’est aussi lui qui a apporté la ventouse à déboucher les chiottes, on respecte la prise de responsabilités.

Khaoui (91e) : Voilà.

Luis Henrique (2/5) : Un peu emprunté et en manque de réussite. Quand Nemanja Radonjic reviendra, il faudra lui montrer comment on fait pour rater ses dribbles avec un peu plus de panache.

Cuisance (67e, 2/5) : Une seule perte de balle mais une belle, l’équivalent d’une vignette brillante dans une collection Panini.

Milik (2/5) : Actif mais sans le pif nécessaire pour flairer les bons appels, certes aussi rares que des truffes au pied d’un champ d’éoliennes.

Benedetto (79e) : L’équivalent du gus qui entre dans une fête clandestine au moment où les gendarmes ont déjà renvoyé tout le monde chez soi.


L’invité zoologique : Bruno Eculé-Mangouste

La mangouste est doté de plein de caractéristiques remarquables, dont le moindre n’est pas celle d’être un animal dont globalement personne n’a rien à branler. Ne cherchons pas plus loin la pertinence de l’inviter à commenter ce match dispensable.

– Les autres : Il faudrait prévoir une procédure de fin de vie digne, pour les clubs de bas de tableau, qui les dispenserait des dix derniers matchs avant la relégation. Assister à un tel calvaire, c’es inhumain.

– Le classement : Dans tout ça, on oublierait presque que nous revenons à un point de la 5e place qualificative pour la nouvelle Conference League. Un objectif sportif en soi bien inférieur à celui de départ mais, l’un dans l’autre et vu les tendances qu’adopte le football actuel, il y a moyen de s’y marrer nettement plus que dans la Superligue-VIP-des-Champions. Y a pu’ qu’à s’y qualifier.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Atmane A. remporte le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

Un commentaire

  1. La production marseillaise abonde toujours en passes en retrait superflues et refus d’initiatives multiples, mais notre jeu avoisine alors le fond de fosse septique. Oui.

    Allez l’OM !! HIROKI JE T’AIME !

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