OM de Marseille / Paris SGEL (2-2) – La Porte de Saint-Cloud Académie en pleine crise d’octobre rouge

Camarades,

Dans une dizaine de jours, le monde va célébrer dans une indifférence polie le centenaire d’une Révolution qui ébranla ses bases. Il y a près d’un siècle, les gardes rouges s’emparaient du Palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg, actant la naissance du premier état communiste à l’ouest du Mississippi. Les camarades des soviets, qui n’avaient pour seul amour que celui de la Révolution, devaient ensuite marcher sur le monde, résistant aux assauts tsaristes, impérialistes, fascistes, tenant la dragée haute au capitalisme dans tous les monstrueux excès que celui-ci donna à voir au genre humain. Octobre 1917 a affolé le slipomètre des princes de toutes les contrées. Octobre 1917 a bruni les culottes des patrons, des banquiers, des prêtres de l’argent. Octobre 1917 a fait claquer des fesses jusque dans les cabinets (noirs) des républiques bourgeoises de la planète entière. Octobre 1917 a changé la face du monde.

Près de cent ans plus tard, les héritiers de la Révolution ne se montraient même pas capables de venir à bout d’André-Frank Zambo Anguissa.

 


L’ERSATZ DE RENCONTRE


 

Pour commencer, dérogeons aux habitudes de cette académie, et replongeons-nous dans les dernières semaines de l’existence de PSGEL. 17 septembre 2017. Paris Saint-Germain-en-Laye vient de boucler un premier gros mois de compétition sur un carton plein : 7 mâches, 7 victoires, 26 buts marqués, 3 encaissés. La manière est au rendez-vous, les nouveaux arrivants se sont greffés à l’ensemble aussi facilement que BHL à une révolution dans le monde arabe, à la différence notable qu’ils ont en sus apporté une plus-value indéniable au collectif par rapport à la saison passée, là où l’Entarté – l’Auguste Blanqui du pauvre – accuse un passif bien moins glorieux.

Toute l’équipe semble alors sur le chemin d’une montée en puissance qui n’entrevoit pas encore de limite visible : Saint-Aréole se mue tout à coup en patron de défense, reléguant son sparring-partner aryen sur le banc ; le trio de la défense centrale s’installe dans un roulement aussi régulier qu’efficace, avec la confirmation de Prunelle Quimperlé ; Adrien Rambo s’impose comme un pilier du milieu, poussant le brave Blaise à l’exil, aux côtés d’un Marcoco égal à lui-même ; le couloir droit est dynamisé par l’arrivée d’un Dani dont l’expérience et la qualité technique n’ont pas de prix (littéralement, puisqu’il était même moins cher que gratuit) ; les arrivées de Kiki et Némarre permettent enfin de soulager le guérillero Eddy, trop souvent esseulé à la pointe de l’attaque par le passé, mais surtout d’offrir de nouveaux circuits offensifs à l’équipe, tout en instaurant une concurrence bénéfique pour tous les attaquants, remplaçants compris. Et tout ce beau monde rentrait comme autant de rouages bien huilés dans le schéma mis en place par notre bien-aimé secrétaire de section, qui disposait ici des armes idéales pour l’accomplissement de ses desseins tactiques et stratégiques.

Un peu plus d’un mois plus tard, PSGEL est en plein doute. Ses résultats n’ont certes pas été catastrophiques depuis la mi-septembre, le bilan comptable demeure même très largement positif. Mais celui-ci doit beaucoup à une réussite devant le but que l’on peut aisément qualifier d’insolente. Les râclées infligées aux Bayernois, aux Bordeliens, aux Belgiens, sont autant de victoires en trompe-l’oeil, qui détournent le regard du mal insidieux qui enfonce peu à peu ses racines dans le jeu de l’équipe séquanaise. Le mâche de dimanche face aux Yankees du Midi en était l’un des plus parfaits exemples. Et pour la première fois de la saison, la chance de Paris-Saint-Germain-en-Laye a bien failli ne pas suffire à le sauver.

 

PSGEL à l’assaut du Vélodrome, sous le regard de la Bonne Mère.

 

Nous avions fait l’éloge, dans ces colonnes, de la tactique gagnante mise en place par le camarade Unai pour venir à bout du FC Bière Munich. Celle-ci consistait dans les faits à couper l’équipe psgélienne en deux, les trois offensifs étant chargés de mener les contre-attaques, tandis que le reste des Bleus-et-violets se trouvaient cantonnés à la défense pied à pied de la surface de Saint-Aréole. Ce découpage en deux groupes distincts, l’un d’attaque, l’autre de défense, avait fonctionné à merveille durant ce mâche, mettant délibérément de côté le pressing haut pour mieux aspirer l’adversaire et ouvrir les espaces dans son dos pour les trois flèches à l’avant, ainsi débarrassées du travail défensif.

Le système, qui avait fait ses preuves durant ce mâche, fut reconduit durant les rencontres qui suivirent (que ce soit par décision du coach ou par application de facto des joueurs suite à ce bon résultat, rien ne permet de le dire), malgré des contextes sensiblement différents. Et il a laissé de graves séquelles. Le principe de séparation entre l’attaque et le reste de l’équipe s’est institutionnalisé aussi solidement que les mesures de l’état d’urgence dans la constitution de la Cinquième. Le résultat, déjà visible durant le match face à Andeurlèchte bien que camouflé par le score final très flatteur, s’est cruellement fait sentir à Marseille : les offensifs, à l’exception du barbudo glabre, ont systématiquement boudé le travail défensif, plaçant leurs latéraux dans des situations fort délicates face aux ailes olympiadiennes, tandis que le milieu à trois, collé à sa défense pour compenser, ne put participer à la construction du jeu, si ce n’est par quelques percées rageuses d’Adrien la bouclette. Ces lacunes collectives, si elles ont pu être compensées par les qualités individuelles indéniables des attaquants face à des adversaires de niveau moindre, ont sauté aux yeux dans ce mâche où l’opposition était enfin à la hauteur défensivement.

Le partage des points à la pause s’avérait logique, tant les Marseillois avaient pu dicter leur rythme sur le mâche, à la cadence de leurs duels gagnés par un milieu très peu pressé (ce qui a permis au buteur sudiste de déclencher sa frappe aux 30 mètres sans se voir inquiété, 1-0), et contenir facilement des attaquants séquanais qui, prenant trop sur eux la responsabilité des offensives, agissaient en solo et s’enfermaient d’eux-mêmes au bout de plusieurs touches de balle superflues. C’est d’ailleurs sur l’une des seules actions où Némarre a daigné lever la tête de son guidon et chercher la combinaison avec un coéquipier ayant dépassé ses fonctions (ici, Adrien Rambo) que PSGEL a pu égaliser, sur un une-deux suivi d’une frappe moisie mais gagnante du Brésilien à neuf chiffres (1-1).

 

Le camarade-entraîneur harangue ses joueurs à la mi-temps.

 

À la reprise, le mâche prenait une autre tournure : après une première période très équilibrée dans la possession, marquée par un va-et-vient régulier d’un camp à l’autre et de nombreuses interceptions, la seconde voyait les Parisiano-saint-germanois poser le pied sur le ballon et s’installer à demeure dans le camp phocéptiquéen. Ici encore, cependant, les maux tactiques de PSGEL se faisaient sentir, et malgré son outrageante domination territoriale, l’équipe séquanaise ne se procurait aucune situation dangereuse. Là où il y a quelques semaines, les offensifs séquanais auraient permis, par une combinaison en première intention ou un appel fulgurant, de faire sauter le verrou adverse, ils ne brillaient ici que par leur obstination à s’empaler l’un après l’autre sur une défense bien préparée à gérer les individualités parisiano-saint-germanoises. Après une trentaine de minutes de cette occupation stérile, PSGEL finissait par être puni sur un corner, récupéré à l’opposé et transformé en passe décisive pour le but d’une fausse patte au nez bouffi par le gros rouge (2-1).

La fin du mâche tient presque de l’anecdotique : agacé de ne pas parvenir à résoudre lui-même à la fois le problème de l’égalisation et celui de l’équitable répartition des richesses dans le monde, Némarre se colle deux jaunes stupides en deux minutes, et est exclu comme le gros nul arrogant qu’il se trouve être en ce moment. La lumière salvatrice vient alors du camarade Eddy, notre chevalier de l’Apocalypse, l’homme à la chatte aussi grosse que la quadrature de ses pointes de pieds qui, sur ce qui constituait probablement l’un de ses premiers ballons en seconde mi-temps, se faisait bousculer à l’entrée de la surface. En véritable exemple de sang-froid et de détermination, il prenait le ballon d’autorité, pas dérangé pour une fois par la bestiole némarrienne, et claquait son coup franc à la dernière seconde dans un stade hostile, démontrant au passage que la chatte qui lui colle à la peau en ce moment n’a en fait d’égale que sa titanesque paire de couilles (2-2).

 


LE SOVIET PRESQUE CENTENAIRE


 

Sainte-Aréole (2+/5) : Il peut sans doute faire mieux sur la frappe lointaine de l’ouverture du score, mais il sort la parade qu’il faut sur la dernière grosse occasion marseilloise, juste avant l’égalisation.

Tom Miller (2/5) : Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, il n’a été aidé ni par son ailier, ni par son milieu. Donc il a souffert sur les contres adverses, forcément (vous le saviez, vous, que « meunier » se disait « miller », en anglais ?)

Momohamedinhos (3/5) : C’est pas parce qu’on a de bons défenseurs qu’il faut les laisser faire tout le boulot, quand même.

Titi Silva (3-/5) : Un bon mâche, jusqu’au moment où il s’est fait devancer par Thauvinasse et son gros pif.

Levain Courge-awa (2+/5) : Souvent en difficulté en défense, à l’image de son comparse belge, il a cependant eu le mérite de délivrer quelques centres dangereux dans le camp adverse.

Marc Verrier (1/5) : Il oublie de monter au pressing sur le premier buteur de la soirée, et lui laisse toute le confort nécessaire pour frapper. Il n’a pas oublié non plus de se montrer aussi transparent qu’une king size dans le jeu. Faut dire que la tactique mise en place (ou subie ?) par l’équipe, et qui le collait à sa défense faute de repli des attaquants, ne lui laissait pas beaucoup le loisir pour s’exprimer devant.

La Motte (NN/5) : Niveau invisibilité, Harry Potter a trouvé son maître.

(Remplacé à la 69e par la Drax, comme d’hab’)

Rabbi Adrien (3/5) : Le meilleur joueur du milieu parisiano-saint-germanois. L’homme aux papillotes s’est réveillé après plusieurs mâches de comateux, et s’est trouvé à l’origine du but de Némarre sur l’une de ses nombreuses percées de la première période. Malheureusement, il n’a pas eu la même réussite de l’autre côté du terrain, et se fait quand même salement bolosser sur le second but phocéanois.

 

Maître Adrien vit le centre partir et jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

Le K (1/5) : Le plus mauvais mâche du titi depuis son arrivée, qui nous a présenté l’éventail de ses plus beaux défauts : et qu’ça garde la balle mille ans, et qu’ça tente le dribble au lieu de lever la tête, et qu’ça accélère comme un dingue pour s’emplâtrer en sortie de but… Et même qu’ça prend des cartons débiles pour contestation (même si bon, oui, y avait main, mais bon). Continue comme ça, et tu suivras tout droit le chemin du mec d’en dessous (suivez mon regard (mais ne le croisez pas)).

(Remplacé à la 80e par l’Angelito de Marie, sans conviction)

Némarredecettenanalà (0/5) : Môssieur Némarre égalise sur une frappe toute pétée, môssieur Némarre se prend pour le sauveur de la nation et essaie de dribbler tout le monde, y compris ses copains, môssieur Némarre rentre la queue entre les fesses pour s’être énervé tout rouge comme un vulgaire apprenti frontiste.

Camarade Eddy (5/5) : Vous comprendrez aisément que cette note superlative ne vient pas récompenser objectivement la prestation du guérillero, assez médiocre dans l’ensemble, sevré de ballons qu’il fut durant toute la partie. Nous souhaitions simplement ici souligner le fossé qui sépare le comportement exemplaire de notre cher camarade de celui de certains joueurs séquanais dont nous tairons les noms (de toute façon je m’en rappelle plus de leurs noms à ces corniauds-là, alors on est bien avancé, tiens). Eddy fut le seul joueur offensif à tenter un tant soit peu de faire pression sur le milieu adverse, allant même jusqu’à se substituer à ses compères de l’attaque dans ce but. Les heures sup’ ne font décidément pas peur à notre cher avant-centre castriste, tout comme cette putain de pression, qu’il a prise par derrière à grands coups de hanches dans le fion sur le coup franc de l’égalisation, quand l’autre empaffé de Brésilien se la mangeait en plein visage et se faisait expulser. Continue comme ça, mon grantattakan. On te suivra jusqu’au bout du monde.

 


LE SECRÉTAIRE DE SECTION


 

Je ne veux pas croire que tu demandes à tes joueurs d’évoluer de cette manière, Unai. Je ne veux pas croire que tu acceptes de voir ton équipe jouer avec si peu de conviction dans un mâche de cette importance. Je ne veux pas croire que tu regardes tes attaquants chier à ce point sur le collectif sans avoir envie de leur en coller une. Alors, si tu ne veux pas me décevoir, Unai, il va falloir te sortir les doigts et remettre tous ces petits merdeux dans le bon sens. Parce que la crise de novembre (ou d’octobre, ça dépend si t’utilises le grégorien ou le julien, mais moi perso je préfère le républicain) – la crise de brumaire, donc, c’est juste un marronnier de fiotte laurentblanquiste et ça doit le rester. Allez, bon courage, tu en auras besoin.

 

PSG

 

Ciao les gauchiasses, je vous laisse avec mon gars sûr Papus Camarade pour la prochaine,

Georges Trottais

5 thoughts on “OM de Marseille / Paris SGEL (2-2) – La Porte de Saint-Cloud Académie en pleine crise d’octobre rouge

  1. Alors que George trottais, les marseillais gambadaient.

    Plus d’inspiration, tout ca pour dire que c’est très bon

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