OM-Metz (1-1), La Canebière académie est dans sa bulle.

Aïoli les sapiens,

De retour dans un Vélodrome désert, nos joueurs ont décidément bien du mal à se transcender. André Villas-Boas, qui a donc lu « Total Football » (ici sur Horsjeu – mâtin, quel site !), a eu l’idée de faire diffuser des chants d’ambiance via la sono du stade pour remédier à ce problème. Un pis-aller qui ne trompe personne, puisqu’hier encore le réalisme aurait exigé que l’on diffusât aux joueurs le son de 60 000 supporters leur demandant d’aller niquer leurs mères.

La victoire contre le PSG a ajouté un capitonnage de plus à une bulle pandémique bien confortable pour nos joueurs et l’entraîneur, que deux égalisations miraculeuses coup sur coup éloignent encore un peu plus du moment de la remise en question. Personne n’est inquiet que le jeu soit nul et que les points perdus s’accumulent : c’est la faute à une préparation tronquée, c’est la faute du stade vide (alors que les branlées du printemps seront sans doute à mettre sur le compte d’un public hostile), c’est la faute aux méchants qui ne font rien qu’à empêcher Payet et Thauvin de dribbler, c’est la faute aux mères de Rongier et Sanson qui leur ont dit de ne pas prendre de risque et de ne pas parler aux inconnus, aux joueurs qui ne se connaissent pas assez alors qu’il jouent ensemble depuis le premier mandat de Jean-Claude Gaudin, c’est la faute à la direction qui n’a pas retenu Villas-Boas avec assez d’amour alors qu’il est déjà bien gentil de rester pour un an de plus, c’est la faute à Voltaire, c’est la faute à mon vier.


L’équipe

Mandanda
Sakai  – Alvaro – Caleta-Car (Lopez, 84e) – Nagatomo (Khaoui, 77e)
Rongier (Germain, 77e) – Kamara (Gueye, 84e) – Sanson
Thauvin (Radonjic, 84e) – Benedetto– Payet

À l’exception de Bouna Sarr, blessé, et d’Amavi, suspendu, tout le monde est opérationnel. Nos performances navrantes, notamment au milieu de terrain, n’inquiètent pas Villas-Boas qui reconduit la même équipe-type.


Le match

L’OM montre un léger mieux, sinon dans la qualité du jeu du moins dans l’entrain avec lequel il aborde ses rencontres. Le pressing est plus ardent, la présence dans le camp adverse est plus dense, et de belles occasions surviennent, gâchées par un manque de précision de Payet ou Benedetto. Metz, de son côté, ne se prive pas de nous transpercer sur quelques récupérations de balle, obligeant notamment Mandanda à une sortie in extremis devant Niane.

À mesure que le match progresse, les Olympiens se montrent toujours incapables de maintenir une emprise constante sur le jeu. Nous conservons notre milieu de terrain Netflix, qui captive ses abonnés une fois tous les six mois et remplit le reste du temps avec 80 % de production insipide. Nos meilleurs mouvements proviennent ainsi de grandes tartines adressées depuis l’arrière et que Thauvin ou Sakai tentent, avec beaucoup de déchet, de convertir en actions propres. Au final, chaque équipe se procure une grosse occasion en fin de période : Kamara exécute un amour de tacle dans les six-mètres pour priver Metz d’un but tout fait, avant que Benedetto ne reprenne en ciseau acrobatique un centre de Thauvin : la précision n’est toujours pas au rendez-vous, mais le fait d’exécuter ce genre de geste nous rassure au moins sur l’état de confiance de l’attaquant.


La seconde période reprend sur les mêmes tendances de cette fin 2020, qui sont d’ailleurs l’exact inverse des tendances de la fin 2019 : c’est désormais nous qui nous faisons rouler dessus au retour des vestiaires. Notre torpeur permet aux Messins d’approcher de la surface, où leurs maladresses et leurs mauvais choix transforment leurs actions en tournée prématurée d’adieu à la Ligue 1. On aurait cependant mauvaise grâce à s’en moquer, tant de notre côté le déchet technique suffirait à surélever Entressen de deux mètres. Pire, comme constaté lors des dernières rencontres, ce qui nous reste d’esprit collectif part aussi en lambeaux, avec des starlettes se mettant à perdre le ballon sans se battre et à tenter des gestes individuels improbables tout en râlant contre le monde entier.

À un moment, même Metz peut être capable de profiter de notre mentalité détestable. Udol est attaqué par dégun et centre facilement, Niane est marqué par dégun (il est partout, celui-là) et place tranquillement sa tête hors de portée de Mandanda (0-1, 71e).

Le tout est de savoir désormais sur quel scénario minable Metz va faire parler sa lose et nous offrir une égalisation imméritée au possible. Villas-Boas joue la carte « Fessenheim » et se décide enfin, juste avant que tout nous pète à la gueule, à modifier un schéma qu’il avait maintenu largement au-delà de la durée raisonnable. En l’occurrence, la stratégie consiste plutôt à rajouter des tendeurs et du chatterton un peu partout en attendant un miracle, celui-ci se nommant comme bien souvent Steve Mandanda. Après un premier contre sauvé in extremis par Sakai, Steve se détend pour éviter que le match ne se conclue par un CSC du cul de Khaoui.

Alors que leur quart d’heure de présence consistait jusqu’ici en un message d’espoir à tous les infirmes moteurs et handicapés mentaux, Saif-Eddine et Radonjic attendent l’ultime action pour se muer en joueurs de foot. Khaoui commence par rater sa remise mais fait preuve d’une belle combativité pour conserver la balle, avant de la conduire selon la tactique kung-fu dite « de l’homme ivre ». Il transmet un très bon ballon à Benedetto, qui lance Radonjic dans la surface. On ne saura jamais ce qui s’est passé dans le ciel marseillais à ce moment-là, une étoile filante ou plus prosaïquement un gabian qui lui a cagué dessus, toujours est-il qu’un événement exceptionnel conduit Nemanja à lever la tête. Ceci l’amène à apercevoir Sanson, posté de manière tout aussi exceptionnelle dans la surface adverse : attendant tranquillement au point de pénalty pendant que tous les Lorrains couraient vers leur but en criant « Aaaaaaaaaaaaaah ! », Morgan a le temps de contrôler et de placer la balle au fond (1-1, 95e).


Les joueurs

Note de la Canebière Académie : les joueurs se sont vu octroyer un jour de repos ce dimanche. D’après les experts, il ne faut bien évidemment pas y voir malice, mais plutôt une exigence basique de récupération physique et mentale. Nous ne pouvons que souscrire à cette préoccupation. Aussi, dans le souci d’apporter notre pierre à la bonne marche de notre club de cœur, nous avons choisi de confier les appréciations à un expert motivationnel de premier plan. Gageons que ses mots sauront placer les joueurs dans les meilleures conditions de performance. Voici donc les commentaires de notre consultant, le sergent-instructeur Hartman.

Mandanda (4/5) : Dis-moi Mère Teresa,ça te fait plaisir de sauver le cul de ces petits cons ? Tu crois qu’il te le rendront ces fils de putes ? Tu seras le premier crevé par les Viet-congs, oui ! T’es pas à l’Armée du Salut ici, la prochaine fois que je te prends à sauver les miches d’un de ces salopards c’est mon pied au cul.

Sakai (2+/5) : Nom de Dieu, c’est ça qui nous a mis minables à Pearl Harbour ? Dis-moi trou du cul, il faut habiller tes coéquipiers en porte-avions pour que tu réussisses à les viser ?

Alvaro (2/5) : Bordel de merde, c’est des fillettes de 15 ans en face, encore heureux que t’as tenu le coup. Tu veux pas une médaille non plus ? La seule médaille que t’as récoltée elle est au fond de ton slip tellement t’as sué de la raie. Vas-y, vas-y, montre ton slip à toute la compagnie, Blanche-Neige, qu’on rigole !

Caleta-Car (2/5) : Alors c’est toi l’ours des Balkans ? Mon cul ! T’es un teddy bear, t’es un doudou dégueulasse plein de morve, je le donnerais même pas à ma fille pour qu’elle lui suce une oreille. La prochaine fois que tu vois un attaquant dans nos lignes, tu le colles, même si c’est pour lui faire un câlin au lieu de lui arracher la tête je m’en branle, mais tu tiens ton marquage, Bisounours.

Lopez (84e) : T’inquiète pas, je vais toucher deux mots à ce trou du cul de colonel Villas-Boas, je te fiche mon billet que tu auras ta chance de faire tes preuves une prochaine fois, histoire que tu te fasses insulter ta gueule à ton tour.

Nagatomo (2/5) : Oh putain, ils sont plusieurs, c’est un guet-apens ou quoi ? Attends, t’es un vétéran aussi toi, ou c’est juste que t’as une gueule de vieux ? Quand je serai à la retraite je t’enrôlerai dans mon escadron de dominos, mais en attendant si t’as rempilé c’est pour en chier. C’est pas parce qu’il y a du Covid partout qu’il faut prendre mon club pour un Ehpad, bordel de merde. Ou et puis non, finalement t’as raison : allez bande de larves chiées du cul de leur mère, je mets les jeux France 3 en boucle sur les écrans géants du stade, j’arrête seulement s’il y a un seul connard parmi vous qui me fait un 100 mètres en moins de 15 secondes.

Khaoui (77 e) : Baisse la tête et enlève-moi ce sourire à la con tout de suite. Tu vas me faire la même conduite de balle dans le champ de mines, là-bas, comme ça je verrai si t’es bon ou si t’as juste eu du bol.

Kamara (2+/5) : T’as tiré un sacré coup de fusil sur ton tacle en pleine surface, dis-moi. Ça doit toujours faire un coup de plus qu’avec ta bite de puceau, espèce de branleur. J’ai vu des concombres de mer qui sortaient leurs tripes plus vite que tu sors le ballon, enfoiré.

Gueye (84e) : Même tarif que le puceau Lopez, t’as intérêt à en faire dix fois plus à l’entraînement pour que la prochaine fois, même ce bouché de Villas-Boas ait envie de te foutre à la place d’un des abrutis de devant.

Rongier (1/5) : Tu nous fais quoi, bichette, du stress post-traumatique ? T’as eu une tache de merde trop dure à essuyer pendant ta dernière corvée de chiottes, c’est ça, ça t’a perturbé et tu veux plus retourner au combat ? T’en fais pas guerrier, je vais appeler le psy de l’armée pour qu’il te remette vite sur pied MAIS NON, N’IMPORTE QUOI, TU VAS ALLER AU BOUT DU TERRAIN ME CHERCHER CE BALLON PENDANT QUE J’ARROSERAI LE CHAMP DE TIR AU CANON DE SEIZE, ÇA TE REDONNERA L’ENVIE DE TE BATTRE, AHURI.

Germain (77e) : Bien, les remises de la tête. Je croyais avoir un avant-centre j’ai un haricot sauteur. Allez, vas-y, saute encore, ça a l’air de faire marrer tes copains.

Sanson (1+/5) : REGARDEZ-MOI BIEN CELUI-CI, TOUT AUTANT QUE VOUS ÊTES. AH QUE JE L’AIME, LUI, ÇA A ÉTÉ L’OFFENSIVE DU TÊT PENDANT TOUT LE MATCH, ET LUI IL REGARDAIT LES FEUX D’ARTIFICE. ET VOUS, VOUS LUI DITES MERCI QUAND IL ARRIVE À LA FIN AVEC L’AMBULANCE POUR RAMASSER LES MORTS ? ALLEZ, UNE HEURE DE POMPES POUR TOUT LE MONDE SAUF POUR MON CHOUCHOU MORGAN, ÇA VOUS APPRENDRA À ÊTRE PLUS EXIGEANTS ENVERS VOS CAMARADES, BANDE DE RAMASSIS DE BRANLE-MOUS.

Thauvin (2/5) : SERGENT GUIGNOL, C’EST TOI JOHN WAYNE ICI OU C’EST MOI ? J’EN AI RAS-LE-CUL DES PLEUREUSES ENVOYÉES PAR KHROUCHTCHEV POUR SALOPER LE MORAL DE MES SOLDATS. TES ÉTATS D’ÂME, TU LES ÉCRIS DANS TON JOURNAL, TU TE LE ROULES DANS TON CUL ET TU MONTES AU FRONT AVEC LES AUTRES AU LIEU DE CHOUINER, C’EST COMPRIS LARVE DE BLATTE ?

Radonjiic (84 e) : RIEN À FOUTRE, CHEZ MOI TU T’APPELLES BALEINE. C’EST COMPRIS, DUCON ? ÇA TE PLAÎT, COMME NOM, ENGAGÉ BALEINE ? VIRE-MOI CE SOURIRE NIAIS DE TA GUEULE DE RAIE, T’ES SI TOCARD QUE TU PASSERAIS POUR UN CHEF D’OEUVRE DE L’ART MODERNE ! Oui, non, d’accord, t’as fait un truc bien, je le concède. Et repose-moi ce fusil, imbécile, tu vas faire une connerie.

Payet (1/5) : SERGENT GRANDE-GUEULE, ELLE PLAÎT AUX FILLES AU MOINS TA GRANDE GUEULE ? DIS-MOI QU’ELLES MOUILLENT, QUAND ELLES VOIENT TON BEL UNIFORME SUR LES PHOTOS, OU QUAND TU TE LA RACONTES DANS LES BARS ? T’AS PAS DE BOL ICI, SERGENT GRANDE-GUEULE, ICI C’EST MOI QUE TU DOIS FAIRE BANDER, ET C’EST PAS AVEC TES ABDOS BUDWEISER ET TES EXPLOITS DU MOIS DERNIER QUE TU VAS ME DONNER UNE DEMI-MOLLE. FOUS TOI TOUT DE SUITE À POIL ET FAIS-MOI RÊVER SUR LE PARCOURS DU COMBATTANT, ET JE TE PRÉVIENS T’AS INTÉRÊT À ASSURER, JE DIFFUSE LA VIDÉO À TES COPINES EN DIRECT SUR TWITTER.

Benedetto (3/5) : Je vois qu’il y en a au moins un qui m’a écouté la dernière fois, ça fait plaisir, tas de lopettes. Heureux de te revoir au combat soldat, par contre je sais pas quel produit t’as pris pour retrouver tes couilles mais il va falloir arrêter, histoire de te remettre à viser juste.

« UNE DERNIÈRE CHOSE, RAMASSIS DE VERS DE FUMIER, JE CONFIE MON CHAPEAU À MON ASSISTANT, C’EST LUI QUI SERA CHARGÉ DE VOUS BOTTER LE CUL EN ATTENDANT QUE JE REVIENNE VOIR SI VOUS AVEZ CHANGÉ. C’EST BIEN COMPRIS MES PETITS CHÉRIS ? »


L’invité zoologique : Farid Boulayack

TOI LE YACK, T’ES QU’UNE GROSSE VACHE HIPPIE, TROU DU CUL PACIFISTE, T’ES JUSTE BON À CHIER DES BOUSES POUR CHAUFFER LES CABANES DES PAYSANS, JE TE MÉPRISE ESPÈCE DE GROS P

Note de la Canebière Académie : nous remercions le sergent-instructeur Hartman pour l’éclairage constructif qu’il nous a apporté sur cette rencontre. Le directeur juridique nous prie d’ajouter que les propos de notre consultant n’engagent que lui, dont acte.

– Les autres : D’excellentes intentions salopées par une insondable maladresse, l’idéal-type du relégable sympathique. Merci au passage à Vincent Hognon pour son changement à la 94e minute, qui nous a donné les 30 secondes additionnelles manquantes pour égaliser.

– Le classement : Difficile de tirer des enseignements d’un tel classement dans l’immédiat, et nous ne disons pas ça parce que le Stade Rennais est largement en tête.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Dromadame gagne le concours zoologique.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

3 commentaires

  1. Bordel cette Masterclass de Hartman! Bordel ce match de merde merde merde…

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