OM-Montpellier (3-1) : la Canebière Académie est finalement contente d’y retourner

Forcément, au vu des derniers événements aux États-Unis, les censures bolloresques qui touchent le diffuseur de la rencontre du soir font figure de gentil caprice. Pour autant, le licenciement de Stéphane Guy pour un simple mot déplaisant au Chef, pour anecdotique qu’il soit à l’échelle de la planète, illustre toute l’impatience de certains dans notre pays à rejoindre la grande fraternité humaine des fils de putes et de leurs sycophantes.

Si la démocratie réside dans notre capacité à défendre les victimes d’injustice même quand elles nous cassent les couilles, alors le cas de Stéphane Guy nous fait nous sentir très, très démocrates. Quoi qu’il en soit, en attendant de reverser notre abonnement Canal à l’amicale moscovite des pilotes de chasse-neige alcooliques, il était temps de s’intéresser au match du soir. Contre toute attente, l’OM a eu le bon goût en guise d’étrennes de ne pas nous apporter les sempiternels chocolats goût merde (on n’avait pas fini ceux de l’Avent), mais de nous offrir un vrai beau spectacle.


L’équipe

Mandanda
Sakai – Alvaro – Caleta-Car – Nagatomo (Khaoui, 79e)
Kamara – Gueye
Thauvin – Cuisance (Strootman, 65e) – Radonjic (Payet, 72e)
Benedetto (Germain, 79e)

SURPRISE MOTHERFUCKERS ! Victime d’un préjugé post-fêtes, préservé en vue d’autres échéances ou fouetté dans son égo, Payet est mis au frais sur le banc. L’humiliation est d’autant plus grande que c’est rien moins que le prince fada Nemanja Radonjic qui prend sa place.

Moi devant la composition d’équipe.

Amavi est toujours blessé, ce qui amène Nagatomo à prendre sa place. Une petite déception pour Yuto, que ce devoir oblige à céder son tour à Mauricette pour devenir la première personne âgée en France à recevoir le vaccin. La présence de Yuto oblige à isoler Luis Henrique, positif au coronavirus et donc forfait. Rongier est également absent pour cause de suspension, de même que Sanson pour cause de blessure.


Le match

Premier enseignement de 2021 : affronter une équipe qui sait quoi faire du ballon, ça pique les yeux et l’anus autant qu’en 2020. À la récupération de la balle, les Montpelliérains se trouvent les yeux fermés, sans heureusement que nous subissions d’autres dommages qu’un slipomètre écarlate dès la 5e minute. En comparaison, la propensions de nos joueurs à sembler se demander « et maintenant, je fais quoi, là » dès qu’ils sont en possession du ballon apparaît d’autant plus agaçante.

Cependant, un élément vient largement contrebalancer cette entame pessimiste : si les Héraultais sont orfèvres dans la contre-attaque, ils sont terrassiers dans la finition, et clairement pires ouvriers de France pour ce qui est de défendre. Concernant la titularisation de Radonjic, une nouvelle hypothèse émerge alors : que Villas-Boas ait fait ce choix non pour faire chier Payet, mais bien pour les qualités propres de Nemanja, jamais aussi pertinent que lorsqu’il s’agit de galoper à fond dans les boulevards.

Côté opposé, Thauvin passe son temps à explorer les orifices laissés béants à grands coups de centres plongeants. Si Benedetto salope ainsi plusieurs occasions dont l’une proprement énorme, si nos joueurs arrosent la cage sans parvenir à tirer ailleurs que sur le gardien, notre persévérance finit par payer peu avant la pause. Un Gueye omniprésent adresse un amour de transversale pour Thauvin, qui réitère son merveilleux centre vicieux. À la réception, Radonjic passe devant son défenseur et, de la tête, bat Omlin de près (1-0, 41e).


L’avantage à la pause est mérité, mais doit aussi beaucoup à la chance de voir Gaétan Laborde déjà se prendre pour un n°9 de l’OM : juste avant la mi-temps, seul à la réception d’un centre, l’attaquant rate ainsi une tête immanquable.

L’OM aborde la seconde période de manière un peu plus passive, sans cependant aller jusqu’à l’une de nos trop fréquentes débandades de retour de vestiaires. Nous n’avons cependant pas le temps de jauger l’importance de ce recul ni de nous en inquiéter, puisque les arbitres se chargent de mettre un terme à toute incertitude. Sur une perte de balle de Nagatomo au milieu de terrain, un long ballon est adressé vers Delort et Mollet. L’Algérien se trouve un bon mètre hors-jeu et, devant Alvaro, laisse passer le ballon pour Mollet qui, lui partait de derrière. Le temps que notre défenseur hésite, et l’Héraultais a déjà battu Mandanda d’un tir croisé précis. Le ralenti ne laisse aucun doute sur le fait que le car vidéo invalidera le but, Delort étant à la fois hors-jeu et participant à l’action. Pourtant, Stéphanie Frappart accorde l’égalisation de manière incompréhensible, sans même que ses assistants ne l’avertissent d’une éventuelle couille dans le pâté. Si nous avons déjà eu ici l’occasion de disserter d’une multitude d’interprétations arbitrales douteuses en faveur ou en défaveur de l’OM, le fait de voir les arbitres réécrire les règles juste pour nous reste relativement inédit (1-1, 52e).


Dans une confiance mitroglesque, Benedetto gâche immédiatement après une offrande montpelliéraine. Puis, de manière tout à fait licite cette fois, Mollet est tout près de donner l’avantage à son équipe en déviant un centre juste à côté du but. La perspective de revoir l’OM abandonner tout espoir à la suite d’une enculerie arbitrale, quand bien même il resterait plus d’une demi-heure à jouer, menace plus que jamais. Sans se procurer beaucoup d’occasions, l’OM parvient peu à peu à reprendre le contrôle du milieu, aidé en cela par l’entrée de Strootman. 20 minutes avant le terme, Dimitri Payet sort enfin du frigo, ce qui nous donne l’occasion d’un interlude pédagogique :

Notre entraîneur nous prie d’insérer ce petit précis à l’attention des anti-villasboaxx.


Bref, Dimitri entre les patates au fond du filet, et il ne lui faut pas dix minutes pour, après un une-deux avec Kamara, se promener devant Daniel Congré et visser une frappe à ras-de-terre de l’entrée de la surface (2-1, 80e). L’OM se charge de reléguer définitivement l’égalisation au rayon des anecdotes irritantes, avec un troisième but impliquant encore les remplaçants. Khaoui réalise ainsi une astucieuse déviation pour Kamara, qui fixe la défense et le ressert à gauche. Le centre de Saïf-Eddine est très adroitement repris aux six-mètres par Germain, d’un plat du pied décroisé (3-1, 84e).

Certes aidés par des Montpelliérains aussi joueurs qu’incapables de défendre, nos joueurs entament l’année par un spectacle très plaisant, couronné de la victoire, d’une réussite totale des choix de l’entraîneur et de la rare absence de carton jaune.


Les joueurs

Mandanda (3/5) : Surpris par le moment de flottement précédant l’égalisation. Le reste de sa partie a consisté à insulter Gaétan Laborde pour son énorme raté avant de se rendre compte qu’il ne jouait pas encore pour nous.

Sakai (2+/5) : Comme d’habitude, un match valant « bof » et une notre autour de 2 ou 3. Comme aujourd’hui il fait froid et que je suis grognon, ce sera 2.

Alvaro (3-/5) : Sobriété et confiance absolue, de celle qui font dire aux coéquipiers : « ne vous inquiétez pas, je maîtrise », quand l’attaquant d’en face vient de saloper une grosse occasion.

Caleta-Car (3-/5) : De même, une réussite finale qui équivaut à rouler bourré sur la route de Saint-Rémy-de-Provence : on a quand même eu du bol qu’aucun platane ne traverse hors des clous.

Nagatomo (2/5) : Le côté gauche Nagatomo-Radonjic s’annonçait au moins aussi épique que la prise du Capitole par des types en peau de buffle. Finalement, hormis sa propension à se faire dessus dès qu’un ailier le dribble, Yuto nous aura procuré peu d’émotions fortes.

Khaoui, 79e : Le but était sans doute de lui donner du temps de jeu pour donner envie à Nîmes ou Grenoble de le recruter, mais s’il nous refait des entrées comme celles-ci on va pouvoir rappeler le Bayern.

Kamara (4/5) : Curieusement, Boubacar est bien meilleur associé à Gueye qu’à Rongier ou Sanson. À part le Printemps républicain qui y verra une préférence communautariste et qu’on encule au passage, je ne vois pas qui pourrait s’en étonner et encore moins s’en plaindre.

Gueye (4/5) : Le rythme et la justesse pour Marvin Gueye, le sexual healing de notre milieu de terrain.

Thauvin (4/5) : Florian qui fait l’un de ses meilleurs matchs quand il peut signer gratuitement n’importe où, c’est ce dictateur africain qui dit « tiens, au fait, on a découvert un nouveau gisement de cobalt chez moi. »

Cuisance (2/5) : Initialement prévu dans un 433 vite transformé pour raisons tactiques en 4231, Michael a trouvé sa place comme une coquille d’œuf dans un aïoli.

Strootman (65e, 3/5) : Une entrée de bon soldat précieuse pour remettre l’équipe vers l’avant. Au mieux ça donnera un peu plus envie aux autres clubs de payer son salaire, au pire ça nous rendra d’incontestables services.

Radonjic (3+/5) : Contrat réussi pour Prince Fada, avec ses nombreuses percussions en première mi-temps, ponctuées de ce but très bien senti. La raréfaction des espaces et la réapparition de ces gestes techniques qui n’appartiennent qu’à lui ont ensuite convaincu Villas-Boas du fait que les meilleures choses avaient une fin.

Payet (72e) : Tête de lard et couilles de bison.

Benedetto (1/5) : En l’absence de public, Dario n’entend pas les supporters l’insulter quand il rate ; il les imagine, ce qui semble encore pire.

Germain (79e) : Sa traditionnelle entrée comme false-latéral-défensiv… ah, non, comme avant-centre, tiens. Bon, bah but, alors.


L’invité zoologique : Joris Chocard

Le chocard est un passereau de la famille des corvidés, proche parent du crave à bec rouge dont l’on peut entendre le chant sur les falaises de l’Hérault. Cet oiseau est réputé pour se nourrir des déchets des alpinistes, y compris le pain qu’il ne digère pourtant pas et qui peut le conduire à des ennuis mortels. Bref un oiseau assurément très joli mais assez con pour risquer de se tuer tout seul, ce qui en fait l’invité approprié pour évoquer notre adversaire du soir.

– les autres : partisans du « marquer un but de plus que l’adversaire », un état d’esprit louable mais qui relève vite du sacerdoce lorsqu’ils laissent ledit adversaire marquer trois buts à chaque match.

– le classement : Lille et le PSG perdant des points, seuls les lyonnais réalisent une opération au moins aussi bonne que la nôtre. L’envahissement du capitole par les supporters, même pour fêter un titre de champion d’automne, c’est en revanche un peu excessif.

les boutons : les petites choses ci-dessous intitulées « faire un don » et « rejoins-nous » te font de grands yeux attendrissants pour que tu viennes cliquer dessus.

– les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Padls gagne un concours zoologique dépourvu de la proposition « Daniel Congre » pour la première fois depuis 1972.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

4 commentaires

  1. Il paraît que Germain c’est 100% de réussite depuis le début de la saison : 3 buts sur ses 3 tirs cadrés (info lékipe, j’ai pas vérifié).

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