Paris Street G / Olymstreet lyonHé! (2-1) – La Porte de Saint-Cloud Académie se met au street de rue

Si c’est confo, c’est street.

 

Salut, c’est Georges profondes. Streeteur professionnel depuis 2003.

Dans ce nouveau numéro de DocuStreet, après la team hardcore, nous allons explorer à nouveau les tréfonds du street de rue et nous intéresser à une discipline méconnue et pourtant très agréable à regarder : le street de foot.

À la différence des autres déclinaisons du street de rue, le street de foot se pratique en groupe, de préférence de 5 à 42, sur terrain urbain ou mouillé, et oppose deux équipes de streeteurs dans une joute de figures artistiques des plus impressionnantes. Certaines régionales intègrent une sphère de type plastique simili-cuir dans leurs compétitions officielles pour ajouter à la spectacularité du jeu. C’est le cas du tournoi séquanais qui se tenait ce week-end, et dont nous avons suivi la finale pour vous, au plus près des protagonistes. Pour faciliter la compréhension de l’épreuve par les néophytes sans pour autant dénaturer la spontanéité de la discipline, les expressions techniques propres au jargon du street de foot seront explicitées entre parenthèses.

Avant cela, et pour rappel, les fondamentaux du Street de rue, rappelés par G-Rome dans ce programme vidéoludique :

 

 


LA STREET RENCONTRE


 

Dans la salle polyvalente du Parc des Ceprin, qui avait exceptionnellement été arrachée aux infâmes kayakistes (*pédés), les équipes de Paris Street G (pour G-Rmain) et de l’Olymstreet lyonHÉ! s’affrontaient ce dimanche soir lors de la grande finale régionale de street de foot de Seine. Au menu, une série de figures imposées (notamment le célèbre « passing ») à respecter, mais aussi des programmes libres de Street Acting  (notamment le fameux « dribbling ») destinés à démontrer la crédibilité urbaine des concurrents. La sphère de cuir plastoc tenait dans ces exercices une place prépondérante. Rappelons qu’une figure réalisée avec le ballon vous fera toujours bien voir des juges, mais sera également un atout majeur avec les filles.

Ce n’est pas pour rien que les footstreeteurs lyonnés tentaient dès le début du mâche de subtiliser la précieuse boule des pieds séquanais, qui avaient toutes les peines du monde à enchaîner les backflips en freerun (*ou « relances au sol »). Plusieurs fois, les représentants du Rhône se voyaient octroyées des options d’enchaînement freestyle sur phase arrêtée en angle (*ou « corner » dans le jargon du street de foot). C’est sur l’une de ces figures aériennes qu’était inscrit le premier gain obtentionnel libre (*ou « G. O. L. », qui correspond à l’obtention de cent points dans le décompte final des juges) pour les Lyonnés, très tôt dans la rencontre, sur un enchaînement headspin / frontheadkick (*on parle aussi de kick « à bout portant » dans le langage châtié des streeteurs rhodaniens).

Après ce coup dur, les streeteurs parisiano-saint-germanois sortaient peu à peu la tête hors de l’eau, notamment par le biais de leurs esthètes transalpins, Past-OR et Verrastyle. Le premier nommé, streeteur professionnel depuis 1999 et vainqueur de trois régionales consécutives en PACA entre 2002 et 2004, brillait par la finesse de ses figures individuelles et collectives. En position de right-streetrunner (*on parle aussi de « wingman » dans les situations d’entraînement en duo) à la demi-heure, il échangeait le cuir avec A-Di-M, et remisait à nouveau pour Rabi_0 au terme d’un run plein d’audace sur l’aile droite. Deuxième G. O. L. de la rencontre, signé par ce jeune streeteur plein d’avenir, tout juste auréolé de son premier podium lors la départementale des Hauts-de-Seine en décembre dernier.

Dans la foulée d’un très beau dive 180 (*aussi appelé « plongette » dans certaines régions du Nord) du pays-basien 2-Pay face à la sortie freestyle de Kev’trap, Past-OR était une fois de plus au coeur d’une très belle combinaison collective de Paris Street G côté gauche, conclue par un central smooth volley de DJ Draxter (*tir avec le ballon effectué depuis le centre de la trizone (*espace rectangulaire positionné autour des boîtes à trous (*expression communément utilisée pour désigner l’espace où la figure dite de la « balle au prisonnier » est interdite (cf. la jurisprudence « boudoir »))  de chaque équipe, et qui triple les scores de chaque figure qui y est réalisée)). Deuxième G. O. L. pour PSG. Ce fut le moment choisi par le coach des Lyonnés, G-Nez-Yo, pour demander un temps mort technique afin de procéder à la mise en GIF des dernières figures filmées par ses soins (et aussi pour changer de carte SD parce qu’il avait plus de place dans sa cam).

Peine perdue, puisque la fin de la rencontre devait se révéler bien pauvre en gestes techniques, les streeteurs parisiens accumulant les figures de base pour grappiller des points sans risques, tout en sortant de leur camp par moment pour ne pas s’attirer les foudres des juges. Paris Street G pouvait de toute façon se reposer sur une confortable avance acquise notamment grâce à leur meneur latino, lequel devait finir ce meeting avec 57 points à son actif, soit le meilleur total individuel du jour. Après 90 minutes de freestyle, la rencontre devait finalement s’achever sur l’injonction du président Jean-MichOLAS, qui n’avait plus de forfait sur son GSM. Paris Street G l’emportait donc sur l’Olymstreet LyonHé! sur un score collectif de 247 points à 162.

 


LE SOVIET FLEURISTE SUR LA DALLE


 

Kev’trap (26 points) : Où sont passées les puissantes enjambées du grand vainqueur des interrégionales ouest-allemandes 1987 ?

Serjorié (37 points) : L’éléphant de Malmédy a joué son va-tout en provoquant le facefight avec le hollandiste 2-Pay. D’abord dépassé par l’enjeu et la vitesse d’exécution de son vis-à-vis, il a fini par remporter haut la main les suffrages des juges en prenant son temps pour enchaîner les passes qu’il avait élaborées dans son quartier. C’était vraiment trop beau.

Marquibald & Thiago Satan (32 et 40 points) : Le célèbre duo de la team hardcore a tenu son rang dans cette régionale, malgré l’antijeu manifeste de plusieurs streeteurs lyonnés qui cherchaient clairement à les empêcher de street acter tranquillement.

MaXXXwell (18 points) :  Petit score pour l’ancien champion de Rio 1993 et 1995, qui est resté discret et s’est contenté de quelques figures sans risques.

MC Verrastyle (48 points) : Deuxième plus gros score individuel de la soirée pour le régional de l’étape, qui a imposé ses open high kicks (*ouvertures) et ses grosses semelles dans le rond du centre (*plate-forme circulaire au centre du terrain, où la pratique de la figure de la balle au prisonnier compte double (cf. la jurisprudence « boudoir »)).

AdBlock Rabi_0 (39 points) : Sa coiffure est très street.

A-Di-M (35 points) : Je sais plus quoi inventer.

Past-OR (57 points) : Lumineusement étincelant. On aurait dit Jeep Purple dans ses années vendéennes. Ah quel pied, putain, quel pied ! Quand on a vu ça, et toutes les conneries habituelles, etc.

DJ Draxter (41 points) : Son nom est très street.

(Vous m’en voudrez pas, j’ai pas trouvé de surnom pour Cavanini, et puis de toute façon je vais pas vous mentir, je commence sérieusement à me désolidariser de cette académie mi-sans inspiration, mi-promotionnelle pour une petite chaîne qui monte. On va finir sur un petit peu de musique, vous voulez bien ? Parce que c’est pour ça qu’on est là, finalement, non ?)

 

 

Restez street,

Georges Trottais

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

3 commentaires

    • De truculentes pepistreet mon cher, bien que les rois des street teufers restent Barcelo#%….

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