Pays de Galles – Suisse (1-1) : Introducing la Sheep-Shagging Academy

Alors certes nous sommes à la bourre, mais je rappelle à toutes fins utiles aux peines-à-jouir et autres sycophantes que d’une part on parle là d’un match délocalisé en Azerbaïdjan et que d’autre part, désolé de vous le dire de façon aussi triviale, mais un Pays de Galles-Suisse, ce n’est pas exactement ce qu’on appelle l’affiche du siècle MAIS le glorieux onze que voici profitera à n’en pas douter de cet Euro bizarroïde pour botter des culs et fermer des bouches.

Botter des culs, disais-je, comme ceux de la bande à Wilmots en 2016, si vous vous rappelez. Les origines du seum belge, c’est ici. Le dépit sur la face rougeaude de Kevin De Bruyne, c’est ici. L’Euro est cette parenthèse enchantée durant laquelle les Britanniques qu’on attend ne sont pas toujours ceux qui terminent, comme me le dit souvent ma femme.


ZE GAïME

A l’heure de la xénophobie rigolarde que permet l’Euro, je me permets de préciser qu’il n’est que peu de choses que je juge plus haïssable qu’un Suisse. Haïssables surtout quand ils se rendent coupables d’une domination que l’on qualifiera volontiers d’outrageuse sur une bonne partie de la première mi-temps, où les gars de Galles évoluent en bloc bas façon « collé-serré-caca-slip », en espérant qu’un éclair de lucidité de Xerdan Shaqiri ne vienne pas contrecarrer les plans. Le danger n’est cependant pas si marqué que ça. La première grosse situation est d’ailleurs pour la Cymru Team, via un corner de Davies parfaitement posé sur la tête de Moore : il faut une grosse parade de Sommer pour éviter la surprise. Le gars Moore se blesse dans la foulée et récupère un magnifique bandage Dickhead pour le reste de la partie.

Une série d’occases suisses plus tard, dont une fort belle madjer de Schär proprement sortie par Danny Ward, et la mi-temps permet aux rouges de souffler. Le retour des vestiaires est tout aussi pénible, puisque les neutres d’en face attaquent fort, notamment Embolo qui transperce la défense et oblige Ward à une nouvelle parade. Mais le corner qui suit lui permet de se venger en échappant au marquage et en glissant une tête subtile sur le côté gauche (0-1, 49e). Fok.

S’en suit une longue séquence assez molle, une sorte d’entre-deux footballistique où les Suisses sont trop mauvais pour achever la bête, et ladite bête trop limitée pour réellement se mettre à jouer au foot. Il en faut plus pour décourager les gars de l’Ouest, qui réussissent à rester dans le gaïme jusqu’à ce corner joué « à la Galloise », i.e avec deux passes avant un centre parfaitement donné par Morrell sur la tête de KIEFFER FOCKIN MAAAWWWRRR pour le 1-1, 74e. On passe pas loin du gros coup 10 minutes plus tard sur une action bien construite (si, si) avec talonnade de Gareth dans la course de Brooks dont le centre est un poil trop hors de portée pour Ramsey. C’est ensuite le festival des fesses qui suent, avec un but refusé pour Gavranovic et deux occases notables pour Embolo, mais le score en reste là. Good job, lads.


CHWARAEWYR

Danny WARD (4+/5). A vaillamment défendu la patrie. Si un jour les Gallois ont quelque velléité d’indépendance, qu’ils lui fassent signe.

Connor ROBERTS (1/5). Tu t’effaces bien trop facilement sur le but d’Embolo, mate. T’as cru quoi ? Que t’étais une Anglaise ivre caisse à Cardiff en sortie de boite ?

Chris MEPHAM (2/5). Boarf, à avoir des parpaings aux pieds, tu pourrais mettre des taquets avec. Charnière estampillée béton armé, même s’il a souffert face à Embolo.

Joe RODON (3/5). La Royal Air Force de l’Ouest. Prends ça dans ta gueule la neutralité suisse.

Ben DAVIES (3/5). On ne gardera pas un souvenir impérissable de ses inexistantes chevauchées vers l’avant, mais une bonne qualité de centre et une occase sur un second ballon. Et puis du fighting-spirit, t’as vu. Et puis surtout ceci :

Joe ALLEN (1+/5). Théorème N’Golo Kanté : « Quand tu ne vois pas la sentinelle du match, c’est que tu domines outrageusement ou parce que tu as la chiasse ».

Joe MORRELL (2/5). Le troisième Joe du 11 est un peu comme le troisième frère Dalton : pas le plus doué ni le plus intelligent, et qui compense le tout par un sens aigu du collectif. Grosse activité à l’ancienne, genre high-kick-and-rush.

Aaron RAMSEY (3/5). Fâcheuse tendance à vouloir être partout, quoiqu’il en soit presque capable, le bougre.

Dan JAMES (1/5). C’est encore bien fragile. Bon, on va dire que l’adversité était trop costaude, hein.

Gareth BALE (3/5). C’était pas impérial, mais un gros abattage défensif et une capacité à aspirer les défenses. Bogosse.

Kieffer MOORE (4+/5). Menace permanente, belle mèche gominée puis beau bandage cintré, tête plongeante décroisée parfaite pour l’égalisation, c’est ce qu’on appelle un match plein, mate.

Allez, see you soon, lads. And keep pushing Cymru !

Ryan Gigue

Ryan Gigue

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