PSG-OM (0-1), La Canebière académie la joue à l’ancienne

Aïoli les sapiens,

C’était pourtant l’un de ces dimanches à vous dégoûter du sport. Les hasards du calendrier faisaient se succéder l’étape-vedette du tour de France avec le sommet de la Ligue 1, pour un dénouement prévu d’avance. Sur deux roues, un collectif de golgoths monté à grand renfort de méthodes douteuses, roulant sur la concurrence col après col jusqu’à écœurer à la fois les rivaux et les nostalgiques d’épopées héroïques. On n’avait pas assisté à de véritables envolées alpestres depuis plus de 20 ans, une époque qui exhalait certes le soufre mais aussi une certaine idée de la passion sportive.

Sur la pelouse, un collectif de golgoths monté à grand renfort de millions, roulant sur la concurrence championnat après championnat jusqu’à écœurer à la fois les rivaux (nationaux) et les nostalgiques des joutes enflammées. On n’avait pas assisté à une victoire en terre honnie depuis bientôt 10 ans ; quant à parler de vraie rivalité, c’est plutôt aux mêmes années 1990 qu’il faut remonter, une époque qui exhalait certes le soufre mais aussi une certaine idée de la passion sportive dans la gueule.


Jusqu’aux alentours de 17h30, tout se passait comme prévu. Les leaders despotes du Tour de France avaient déroulé leur plan d’où était exclue toute fantaisie, le spectacle cycliste s’était comme attendu avéré à chier, et je pouvais maudire ce jour où, enfants, mes parents avaient choisi « Les sommets du Tour de France » comme cadeau-bonus chez France Loisirs plutôt que le recueil de photos de femmes à poil.

C’était sans compter sur ce je-ne-sais-quoi de testostérone qui flottait sur la capitale. Oh, au début ce n’étaient pas les phéromones viriles des guerriers de Sparte, non, plutôt les émissions mal maîtrisées  des prépubères, qui s’étalaient comme autant de carte de France sur les banderoles disséminées par le « Collectif Ultras parisiens » aux alentours du Parc. Il n’en demeure pas moins que leur champ lexical basé exclusivement autour des mots « suce, salope, sodomie » trahissait cette vérité : il y avait ici des couilles qui ne s’étaient pas vidées depuis trop longtemps.

Et justement, « couilles », André Villas-Boas sait depuis la saison dernière que ce terme parle à ses joueurs. Si l’OM s’amuse à subir le jeu depuis des mois contre des Brest, des Amiens ou des Angers, c’est justement pour être prêt à en chier comme des vrais hommes au moment d’endurer la vraie tempête. Face à des parisiens qui ont trouvé plus judicieux d’aller choper le coronavirus à Ibiza plutôt que de se préparer sérieusement, l’occasion était belle de montrer, enfin, de la tripe et du mollard. Le football était dans tout ceci chose accessoire, de toute façon Dimitri ou Florian allaient bien se débrouiller pour créer quelque chose à un moment. Enfin, sans doute, cela fait neuf ans qu’ils essaient.


L’équipe

Mandanda
Sakai – Alvaro – Caleta-Car – Amavi
Rongier – Kamara – Gueye (Benedetto, 57e)
Lopez (Strootman, 68e) – Thauvin (Germain, 77e) – Payet (Radonjic, 77e)

Sarr et Sanson manquent pour cause de blessure. Surprise, Benedetto n’est pas non plus de la partie, Villas-Boas tentant un coup avec la titularisation de Lopez aux côtés de Thauvin et Payet.


Le match

Oui, c’est le moment ou jamais de les battre. Mais notre complexe d’infériorité, lui, n’est pas au courant et nous voit attaquer le match de manière on ne peut plus timorée. Mandanda doit produire sa première RAIE devant Di Maria dès la deuxième minute d’un match qui s’annonce interminable. Petite consolation, si les duels sont anémiques et le football inexistant, l’OM sait enfin sortir les mandales quand il s’agit de répondre. Regrettant l’époque plus tranquille où nous nous faisions souiller en disant merci, l’inexpérimenté Jérôme Brisard lance la rencontre sur les bases d’un carton jaune toutes les 4 minutes.

Après une demi-heure passée arc-boutés pour parer les assauts qataris, Rongier et Kamara se disent qu’un peu plus d’impact au milieu de terrain ne seraient pas de trop et, pour l’une des rares fois de ce début de match, s’imposent enfin à l’épaule et finissent par obtenir un coup-franc. Pour ne pas faire les choses à moitié, Payet et Thauvin nous rejouent le coup-franc de Zidane pour Henry à la coupe du monde 2006 : lâché par Bernat, Florian reçoit le bijou et allume de près Sergio Rico. Autre clin d’œil historique, on appréciera la performance kassimadballesque de Kimpembe, assistant à toute la séquence bras levé pour réclamer un hors-jeu inexistant (0-1, 31e).

Clairement à côté de leurs pompes, les parisiens se perdent dans des échanges salivaires et linguistiques entre Di Maria, Alvaro et Neymar, qui réclament l’arbitrage vidéo à tour de rôle. D’une sérénité totale devant les événements, Monsieur Brisard préfère avertir Pape Gueye pour un tacle pourtant parfait.


Signe des temps, l’OM n’encaisse l’égalisation ni dans le temps additionnel, ni en début de seconde période.  Ce n’est pourtant pas faute de subir comme des victimes, face à des Parisiens pourtant toujours très peu tranchants. Ça résiste, ça voit Steve exécuter deux nouvelles RAIES, ça souffre, mais ça tient. Sur le banc, Benedetto ronge son frein, ronge les sièges, ronge la glacière et André Villas-Boas le lance en jeu avant qu’il ne ronge le quatrième arbitre. Le temps d’un nouveau claquement de slip suite à un but de Di Maria logiquement refusé pour hors-jeu, et Dario se met en branle : récupération haute de Rongier, Lopez décale Thauvin dont la frappe croisée est repoussée plein axe par Rico. Sans contrôle, Dario allume et exulte (0-2, 63e). Enfin, c’est ce qui se serait passé dans un monde normal, puisqu’ici l’assistant lève son drapeau et le car-vidéo assure l’arbitre d’une position de hors-jeu, que les images démentent pourtant sans équivoque. C’est-à-dire que nous avons donné la possibilité aux arbitres de revisionner les actions pour détecter les éventuelles erreurs d’arbitrage, qu’ils ont donc ici VU que le but était valable et l’ont pourtant refusé. Comme dirait Nasser El-Khelaïfi, « je ne comprends pas ». Ou ceci dit, en l’occurrence, peut-être que cette action, il l’a comprise. Enfin, je me comprends. Bref (finalement toujours 0-1, 63e).

La tension monte et certaines actions commencent à ressembler à Intervilles davantage qu’à du football. Chacun de son côté, les entraîneurs tentent d’apporter de la sérénité au débat en faisant entrer respectivement Strootman et Paredes (rires).

Si Neymar fait passer un dernier frisson slipal en manquant de justesse de reprendre un centre, les parisiens se désintéressent bien vite de l’égalisation en préférant réviser leurs cours de vivisection sur Payet. Les centres s’accumulent cependant dans notre surface, repoussés par des Olympiens solidaires, courageux, et pour une fois concentrés à l’extrême.


Le temps additionnel débute et Alvaro tente à tout hasard de faire passer une partie de ces 6 minutes en faisant dégoupiller Neymar (nous reparlerons de la méthode ci-après). En bon pro, le Brésilien tombe dans le panneau à pieds joints et l’on approche ainsi sans encombre de l’ultime action. Puisqu’il paraît que le PSG-OM est nommé le « Clasico », Benedetto prend l’appellation au pied de la lettre et invite son compatriote Paredes à achever le match par une bonne filade argentine des familles. Les parisiens n’attendant que la première occasion pour dégoupiller définitivement, le plan était parfait pour que le match s’arrête là-dessus. Seul bémol, Amavi a tenu à ne pas laisser nos hôtes participer seuls à la fête et récolte l’un des 5 cartons rouges décernés au cours de la sauterie (Paredes, Kurzawa et Neymar d’un côté, Dario et Jordan de l’autre, donc).

Finalement, il en va des victoires au Parc comme des frustrations sexuelles, quand libération il y a, c’est rarement esthétique mais toujours salvateur. Après ce combat dantesque mais ô combien important, nul doute que l’OM retournera à Marseille plus apaisée, dans des dispositions idoines pour enfin se mettre à jouer au football.


Les joueurs

Mandanda (5/5) : 9 ans d’avantages sabotés, d’erreurs défensives ridicules, d’humiliations insondables, d’égalisations à la dernière seconde, de gros plans sur sa mine dépitée… mais ce soir il n’y avait pas moyen. Se faire battre par des Lyonnais souffrant de la gastro, passe encore, se faire éliminer par l’Association sportive forézienne Andrézieux-Bouthéon, à la rigueur, mais là, perdre contre des parisiens vaillants comme des académiciens au 3e jour des Horsjeuïades, cela aurait vraiment été la claque de trop.

Sakai (4/5) : Pas un seul boulon qui branle ce soir : Hiroki a empilé les sacs de sable, colmaté les ouvertures et écopé tout ce qu’il pouvait à chaque fissure. L’homme humble sait qu’il ne peut pas battre le tsunami, mais il sait comment le rendre inoffensif.

Alvaro (5/5 sous enquête des commissaires) : Le taulier. Il coupe tout ce qu’il peut, il filtre les indésirables, et expédie les importuns en gestes et en paroles avec la classe de Patrick Swayze dans Road House.

MAIS comme beaucoup de patrons de bar, il se pourrait qu’Alvaro ait la langue un peu trop en verve dès qu’il s’agit de parler des gens de couleur. C’est en tout cas l’avis de Neymar, qui l’accuse d’insultes racistes. On aimerait que le Brésilien se préoccupe autant de la question quand le président qu’il soutient évoque l’éradication des indigènes, mais bon, ça, ça le regarde. Nous, à Marseille, ce qui nous regarde c’est de savoir si les faits sont avérés et, le cas échéant, de sanctionner notre joueur comme il se doit, c’est-à-dire lourdement et sans hésitation. Affaire à suivre, donc.

Mais si, elle est bien, ta défense. Je dis juste que tu aurais mieux fait d’ajouter quelques blancs, quelques whites, quelques blancos, pour être plus crédible.


Caleta-Car (4/5) : Duje a commis plusieurs erreurs de relance qui d’habitude contre le PSG aboutissent à un but. Mais justement, c’était Duje en défense, donc ça va.

Amavi (4/5) : Plus doué au football qu’à la bagarre, je n’aurais jamais cru écrire ça un jour.

Kamara (4/5) : Alors qu’il échangeait encore des Pokémon au moment de la dernière victoire de l’OM sur le PSG, Bouba s’est montré parmi les plus matures. Pas de carton, pas de bagarre de cour de récré, et surtout l’autorité d’un  CPE d’école privée pour refuser aux parisiens l’accès à la zone interdite.

Rongier (4/5) : Une entame plus que timide qui laissait craindre le pire, avant de caresser son bouc magique pour actionner immédiatement ses secondes paires de poumons, de jambes et, bien évidemment, vous l’aurez deviné, de couilles.

Gueye (4/5) : Du temps à se mettre dans le bain, avant de montrer un impact tout à fait appréciable. Amateur des marmottes de France 3, il a tenté un tacle sur Neymar pour voir si ça faisait bien pareil. Et il s’avère que ça fait bien pareil, tellement d’ailleurs que l’arbitre s’est laissé abuser en lui adressant un carton jaune injuste.

Benedetto (57e, 4+/5) : Peu convaincant a priori, le choix de le mettre au repos en première mi-temps a porté ses fruits. Dario est entré comme « impact player » rentrant dans le lard de tout ce qu’il trouvait, marquant un but invalidé moyennant l’achat de deux Rafale par l’émirat du Qatar, allant au sacrifice pour obtenir de précieux coups-francs, et provoquant une somptueuse bagarre finale pour faire tourner le chronomètre.

Lopez (4/5) : La discipline, la rigueur, l’abnégation, toutes ces sortes de choses qui font que les Marseillais ont dansé après le match, à la différence de ceux qui ont dansé avant.

Strootman (68e, 4/5) : Précieux comme un Néo-Zélandais chargé de pourrir les mêlées ouvertes dans les 10 dernières minutes d’un match (note aux nouveaux académiciens : n’essayez même pas de mettre du cyclimse ou du rugby dans vos académies à vous, faut être un ancien pour s’autoriser ça).

Payet (5/5) : D’après les archives municipales, aucun Marseillais n’avait aussi bien assumé sa grande gueule dans les actes depuis l’expédition de Pythéas en 325 avant Jésus-Christ.

Radonjic (77e) : Avec sa tronche de Syd le Paresseux dans l’Âge de glace, on ne pouvait qu’attendre la gaffe monumentale. Finalement, il n’a rien causé d’irréparable, excepté à nos slips.

Thauvin (5/5) : Décisif sur nos deux buts en autant d’occasions, on n’a jamais vu quelqu’un aussi bien tirer quelque chose à partir de rien (excepté bien sûr Gérald Darmanin, capable de monter une polémique raciste à partir de la recette de la pizza à la poêle).

Germain (77e) : Entré comme false nine advanced libero, ce rôle dans lequel il s’exprime pleinement en maintenant les adversaires loin de notre but tout en n’ayant pas à s’approcher trop du leur.


L’invité zoologique : Angel Di Lama

Quand Angel Di Lama fâché, lui toujours faire ainsi. Et d’expédier donc, un crachat riche en virions vers nos défenseurs. Comme tous les camélidés ou presque, le lama est en effet une tête de con authentique dès que les événements ne vont pas dans son sens. Ses caprices ne sont toutefois pas très impressionnants pour l’éleveur expérimenté : une paire de claques, tu te mets où on t’a dit de te mettre, et on reparlera de cette histoire de crachat plus tard.

– Les autres : Comme prévu, c’était le moment ou jamais pour les battre. Les parisiens n’ont fait parler leur talent individuel que sporadiquement, avant de gentiment sortir du match et mettre plus d’application à construire des fractures que des occasions.

– Le classement : Cinquièmes avec un match en retard : surtout avec cette avant-saison chaotique, le départ ne pouvait être meilleur.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, et sur Twitter. Je remporte le concours zoologique ; rien à foutre, cela faisait 8 ans que j’attendais d’académiser une victoire, j’ai bien le droit.


Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

13 commentaires

  1. Match tout à fait inepte, à l’inverse de l’acad’ qui en découle.

    Je ne suis pas trop inquiet pour l’OM cette année, y’a quand même de quoi faire dans l’effectif.

  2. On appréciera cet élan de réconciliation Parisien, en forme d’hommage à leur invité du soir… en plus de se faire élargir le fion sans chercher le plaisir, ils sont allés se fourrer la bite dans une tapette géante…

  3. Bravo pour ta victoire dans le concours Blaah !
    Tu l’as bien méritée !!!

  4. Ils étaient si peu frais, les Monchus, pour être comparés à des académiciens du 3ème jour ? Si ça se trouve, ils se sont simplement suzés dans les vestiaires avant le match, se vidant ainsi de toute énergie (et autres fluides corporels).
    En tout cas, le résultat de ce soir pourrait-il être lié au fait que Labrune soit Président de la LFdP ? #JPLQ #ComplotMondial #IlluminatisReptiliens #RaptorJesus

  5. Tu m’as achevé sur la note de Germain, je l’ai même pas vu entrer.

    • Il a fait le boulot, rien à redire. En fait, il n’y a guère que Radonjic qui n’était pas au diapason des autres.

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