PSG-OM (2-1), La Canebière académie les a bien embêtés

Aïoli les sapiens,

À partir du moment où les joueurs et l’entraîneur semblent satisfaits de leur match, il semble superflu de s’épancher davantage. Après tout, qui sommes-nous pour déplorer la perte de ce trophée anecdotique ? Après tout, nous ne chroniquons ici que depuis 8 ans, une période pendant laquelle nous avons pu assister au total éblouissant de trois finales couronnées de zéro titre. Même la Chardon à Cran Académie, pourtant notre mètre-étalon en matière de constance dans la médiocrité sportive, a eu droit au bonheur d’un titre de Ligue 2 dans l’intervalle.

Le match en lui-même n’aurait pas suffi à faire sortir Monsieur Lapin de son clapier, mais qu’il s’agisse des déclarations de Thauvin (« on les a bien embêtés »), de celles d’André Rudas-Garcias (« On était la meilleure équipe, on méritait pas de perdre. On était complets, sauf les buts. »), ou encore du titre PSGphile pondu par les viers in a suit du service com (« Le PSG tient sa revanche »), tout concourt à faire de ce club une institution repue de sa propre médiocrité. S’il y a de quoi être furieux en tant que supporters, on ne peut qu’en ressentir une certaine tristesse à l’idée de ces joueurs, qui ont troqué leurs rêves d’enfant contre le confort d’un football de fonctionnaires préfectoraux sans autre ambition que celle d’une carrière longue et pépère.


L’équipe

Mandanda (Pelé, 45e)
Sakai – Alvaro – Caleta-Car– Nagatomo (Lirola, 64e)
Rongier (Germain, 80e) – Kamara– Gueye (Sanson, 56e)
Thauvin – Payet – Radonjic (Benedetto, 56e)


Radonjic ou Payet ? Prince Fada ou Princesse Capricieuse ? Les deux, en fait : le démané de Nis conserve sa place à droite, tandis que Dimitri est aligné en faux-neuf, faute de vrais résultats chez notre vrai-neuf Benedetto et son vrai remplaçant Valère Germain, du moins quand celui-ci ne joue pas à un faux-poste.

À part ça, le banc voit l’arrivée de Sanson, de retour de blessure, ainsi que de Lirola, en provenance de la Fiorentina. Amavi est toujours blessé tandis que Kevin Strootman a trouvé une porte de sortie (provisoire) au Genoa.


Le match

L’affaire ne début pas mal du tout, en réalité, d’autant que Villas-Boas avant franchement annoncé son intention de stériliser tout ce qui pouvait ressembler à du jeu des deux côtés. L’OM presse haut et gêne considérablement la sortie de balle des parisiens : si ça ne gagne pas, au moins cela maintient le danger le plus éloigné possible de notre camp. La tactique vire cependant à la caricature quand ce pressing nous permet de gratter des ballons très intéressants, qui sont pourtant systématiquement joués en retrait. Autant le fait de ne pas partir à l’abordage paraît intéressant, autant le fait de jouer un 0-0 pour viser une séance de tirs au but contre Keylor Navas semble un peu hasardeux (sauf à faire entrer Yohann Pelé pour l’occasion, mais nous y reviendrons).

Plus ennuyeux encore, après quelques actions malgré tout prometteuses, l’OM se met rapidement à reculer, pour le plus grand bonheur de nos adversaires qui peuvent alors enchaîner les actions : Icardi place une tête de très peu à côté, puis deux buts sont refusés pour des hors-jeux de moins en moins nets. Collectivement faibles, les parisiens font la différence par leurs qualités techniques : Di Maria adresse une merveille de centre en profondeur pour Icardi, qui s’est faufilé entre Alvaro et Sakai. Mandanda exécute une belle parade-réflexe sur la tête de l’Argentin mais, le temps que tout le monde se rende compte que le ballon est toujours en jeu après avoir heurté le poteau, celui-ci peut suivre et conclure (1-0, 39e).

Icardi est tout près de nous convaincre de plier les gaules dès la mi-temps quand, après une perte de balle de Radonjic suivie d’une contre-attaque gérée en mode « policiers du Capitole », l’attaquant allume la barre transversale.


Pelé fait ensuite son apparition, mais 45 minutes trop tôt, la faute à une blessure à la cuisse de notre gardien. Cette deuxième mi-temps semble placée sous le signe du battage de couilles complet de la part du PSG, ce qui en soi représente un motif d’espoir plus tangible que nos propres capacités. Si nos adversaires ne proposent rien d’autre que des pertes de balle parfois suicidaires, nous n’arrivons qu’à les convertir en un florilège de tirs pour bêtisiers : alors que Radonjic, Payet ou Kamara gâchent par trop d’hésitation des situations intéressantes, Rongier et Sakai s’essaient à tour de rôle à des frappes aussi risibles les unes que les autres. Seule une jolie volée de Caleta-Car donne ainsi à Navas l’occasion de capter un ballon.

Face à tant de timidité offensive de notre part, les parisiens plient le score une main dans le slip. Icardi profite ainsi du fait que, depuis l’entrée de Neymar, Alvaro soit plus concerné par le fait d’arracher (littéralement) la tête du Brésilien que de ne pas couvrir le hors-jeu. Lancé en profondeur, l’Argentin constate que Pelé s’est lancé dans une sortie de tracteur et ne se fait pas prier pour réaliser un amour de plongeon. Dans l’esprit, il est évident que l’attaquant ne cherche rien d’autre que le pénalty, que Ruddy Buquet ne lui accorde d’ailleurs pas dans un premier temps. La vidéo vient cependant confirmer que la sortie de demeuré de notre gardien rend la sanction inévitable ; Neymar la transforme à la manière habituelle (2-0, 85e).

Alvaro avait pourtant travaillé ses mouvements en vue de son duel avec Neymar.


Contre toute attente, un semblant d’espoir renaît rapidement, quand Morgan Sanson, une nouvelle fois en décalage complet avec les événements, a l’idée saugrenue de prendre un ballon à Neymar sans chercher à l’envoyer à l’hôpital. S’ensuit une action relayée par Lirola, qui lance Thauvin pour un centre à ras-de-terre très habilement repris par Payet au premier poteau (2-1, 89e). On sent que le slipomètre s’affole chez les parisiens, quoique le temps additionnel ne nous permette de nous procurer qu’une seule occasion : Payet presse haut à la façon Ter Stegen (je ne sais pas si cela rappelle quelque chose à nos lecteurs de la capitale), mais c’est nous qui terminons le match par un « noooooooooon » quand, une nouvelle fois, l’action est ponctuée par une reprise ratée, de Thauvin en l’occurrence.


Les joueurs

Mandanda (2+/5) : Pas de chance sur son arrêt, qui aurait été comptabilisé comme une parade décisive si le ballon était sorti en corner. Évidemment, le fait que tout le monde sauf Icardi reste vautré comme des lamantins atténue la portée du geste. Vous me direz, sortir sur le centre aurait évité les débats sur la qualité de sa parade, mais si Steve savait faire ça, ça se saurait.

Pelé (2/5, 45e) : L’albatros vient se ranger aux côtés de la chauve-souris et du pangolin dans les animaux qui promettent de nous faire passer un début d’année de merde.

Sakai (3-/5) : Quelques failles défensives que l’on peut considérer comme le prix à payer pour son énorme activité du soir. Voyant s’échauffer Pol Lirola, il a pu se prendre pour Rambo aspirant enfin à la paix dans son monastère bouddhiste (avant que le gouvernement ne l’envoie en Afghanistan ; ou sur notre côté gauche, ce qui revient au même).

Alvaro (2+/5) : But d’Icardi mis à part, Alvaro a réalisé un match quasi-parfait jusqu’à l’arrivée de Neymar. Il a ensuite révisé ses priorités, lesquelles privilégiaient davantage la violence gratuite que le fait de remporter un match de football ou d’éviter une suspension pour la suite du championnat.

Toujours aussi acharné, le duel Alvaro-Neymar s’est poursuivi par une deuxième manche sur les réseaux sociaux.

Caleta-Car (3+/5) : En difficulté contre des cadors tels qu’Angelo Fulgini ou Moussa Konaté, l’Ours des Balkans a trouvé le moyen d’éviter de se mettre dans des positions similaires face à Icardi ou Mbappé : des défenses autoritaires, en avançant, pour permettre des transitions offensives rapides (non, sur ce dernier point je déconne, on a gardé le ballon pour lui remettre en retrait).

Nagatomo (3-/5) : Un duel qui n’est pas sans évoquer la dernière interview de Chibrald Darmanin par Anne-Sophie Lapix. Alors que tous les téléspectateurs s’attendaient à ce que le tout puissant ministre pose symboliquement (ou pas, d’ailleurs) ses parties intimes sur le nez de la journaliste dans l’une des émissions les plus serviles du PAF, contre toute attente il a enfin trouvé du répondant en face de lui. Ou alors, dans le cas de Yuto comme du Journal de 20h, c’est qu’on a tellement été habitués à la médiocrité que le seul fait de voir quelqu’un simplement faire son boulot nous approche de l’extase.

Lirola (64e, 3/5) : Une fois respectées les traditions de tout nouvel arrivant à Marseille (monter à la Bonne-Mère, dire que nous sommes le plus grand club français, prendre un jaune pour avoir essayé d’amputer Neymar), Pol a montré un aperçu plus ou moins prometteur de ses possibilités.

Kamara (3/5) : Plus serein quand il s’agit d’affronter Verratti et Paredes qu’à l’idée de tirer au but, un peu comme un enfant qui préfèrerait regarder The Cube plutôt que Mon Petit Poney.

Rongier (2/5) : Inconstant, excepté dans la qualité de ses tirs. Ceci n’est pas un compliment.

Germain (80e) : Témoin muet.

Gueye (2/5) : Sébastien Loeb au Dakar : ça roule vite au début, mais ça se perd rapidement dans le désert ensuite. [nda : les lecteurs voudront bien nous pardonner cette mention complaisante d’un sport financé par une dictature arabe. Notre football vaut bien mieux que cela, nous le savons tous]

Sanson (56e, 2/5) : Je viens de découvrir qu’il existait en virologie le concept de « Stratégie de la Reine Rouge », et celui-ci convient parfaitement à Morgan Sanson :


Thauvin (3+/5) : Le paradoxe de Thauvin, c’est de se montrer l’un des joueurs les plus constants et combatifs sur le terrain et de révéler vis-à-vis des parisiens une mentalité de carpette absolue en dehors. Ce qui vaut toujours mieux que l’inverse, nous sommes bien d’accord.

Ici sous-titrée, la conversation de Mbappé et de son acolyte Thauvin lors de leur échange de maillots à la mi-temps.

Payet (2+/5) : Positionné en faux-neuf, il a eu la même vocation que le Trophée des Champions : décorative. On peut néanmoins saluer sa réaction à la 89e minute, communsymbole de Facebook avec Donald Trump.

Radonjic (1/5) : Surnommé à la Commanderie « le couvre-feu de 18 heures » : il a sans doute rendu service mais à un moment il devient urgent de passer à autre chose.

Benedetto (56e, 1+/5) : Très belle mais malheureusement vaine tentative de semer la confusion dans l’esprit de Marquinhos, qui a dû se demander quelques instants si on jouait avec un attaquant de pointe ou toujours pas.


L’invité zoologique : Angel Di Mara

Le mara est un rongeur étrange, une sorte de très gros lièvre à la tête de dix pieds de long et au cul plus haut que les épaules. Cet animal ressemble à un assemblage de pièces hétéroclites qui n’ont aucune cohérence entre elles mais qui lui permettent somme toute d’être performant à la course et au saut. Il s’agit donc de l’invité approprié pour évoquer ce match contre un PSG dont le tout semble inférieur à la somme des parties.

– Les autres : La supériorité technique qui leur permet de nous battre une main dans le slip ; à voir cependant leurs défaillances collectives mais aussi mentales (quand ils relâchent leur concentration, ils ne font pas semblant), on comprend que leurs victoires soient plus compliquées quand leur adversaire n’a pas envie de se complaire dans son infériorité.

La source : L’image Thauvin-Mbappé est extraite de « Fantomar », de Gad.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook, sur Instagram et sur Twitter. Florent Llrns remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

8 commentaires

  1. Allez l’OM !^^^ j’y ai cru sur ta dernière reprise Flo.. ^^^ Allez l’OM !

  2. C’est Di Maria la passe, pas Marquinhos ;) Sinon très bonne acad comme d’hab !

  3. Je n’ai pas vu le match mais quand j’ai vu le score c’était la joie et le soulagement. Je suis tout de suite parti réveiller les enfants pour leur dire qu’ils pouvaient être fiers de leur père, qui n’avait jamais lâché l’OM. Vous voyez les enfants ? Avec la foi rien n’est impossible. La foi et la détermination. Hier on n’était rien. Aujourd’hui on a atteint la finale du trophée des champions, et on a regardé le champion droit dans les yeux, en levant la tête pour être à la bonne hauteur. On vit en banlieue parisienne mais c’est fini on continuera à se cacher mais sans baisser la tête. Parce que quoiqu’il arrive on sait maintenant qu’on n’a qu’un but d’écart. Et peut être onze joueurs.

  4. Avec le recul on aurait peut être dû éviter de faire marquer un Payet hors de forme. Au vu du résultat final il s’agissait peut être d’une provocation inutile vis à vis du PSG

  5. Je ne veux pas couper court au suspense mais ça sent le monsieur lapin nucléaire pour l’acad de OM – Nimes…

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