Real Sociedad-Real Madrid (3-3) : la Txuri-Urdin académie rend hommage à Montanier

Salut l’artiste

« Il a les larmes aux yeux
Devant les cathédrales
Il a le cœur en deux
Quand un enfant à mal
Et il ferme les yeux
Sur tous ses souvenirs
Pour mieux se faire mentir »

Le verdict est tombé mardi : Monty, c’est fini. La chute était connue de tous. Et depuis bien longtemps : cette saison était la dernière. Parce que les dirigeants ne voulaient plus de toi, Philippe. Parce que les supporters ne voulaient pas de toi.

Longtemps, je t’ai cru masochiste. Plus les critiques montaient, plus tes choix détonnaient. Un génie du troll ? Presque. Un génie du foot, mêlé à un scatophile assumé. Tu savais te faire chier dessus, Philippe. Pour mieux chier sur les autres. Beaucoup te détestaient. Depuis le début. Parce qu’il est appréciable de te détester. Parce que tu es un gars froid, peu souriant, étonnant et que tu es Français. Certains t’appréciaient tout de même. Peu, mais ils existaient. Ceux-là, Philippe, tu es allé les chercher avec tes couilles. Parce que Philippe, tu es grand.

Tes détracteurs disent de toi que tu as fait, cette saison, le strict minimum avec une équipe de grande qualité. Ne leur en veut pas, Philippe, leur haine est viscérale. D’autres disent que ta saison a été belle. Qu’ils ne t’aiment pas, mais que ta saison a été belle. Tu te rends compte, Philippe ? J’espère que tu es fier de ça. Mais écoute : certains regrettent même ton départ. Parce qu’ils ne t’aimaient pas, mais que tu as su les convaincre. Tu as su convaincre des Basques, Philippe ! T’entends ça ? Mais ça, tu n’aimes pas. Je le sais. La gloire, les félicitations, c’est pas ton truc. Alors comme toujours quand les choses commencent à aller bien, tu te tires une balle dans le pied. PAN. Tu annonces à deux journées de la fin ton départ du club. Dans la foulée, tout le monde t’accuse, déjà, d’être coupable de terminer à la 5e place. Philippe, tu es grand.

Quant à moi, Philippe, je te remercie. Oh non, ne m’embrasse pas si vite ! Je n’ai pas dit que je t’appréciais, mais que je te remerciais. Je te remercie pour m’avoir, le temps d’une saison, offert le droit de rêver. Car Philippe, en deux saisons, tu as su me faire apprécier des matchs de Liga, ce que peu avaient réussi jusque-là. En deux ans, tu as monté une équipe. Une belle équipe. Et basque, en plus. Non ne te méprends pas, Philippe. Ta saison n’a pas été parfaite, loin de là. Mais l’heure n’est pas encore aux crachats –réservés pour ton départ définitif. Car avant que tu ne partes et que tous les supporters ne viennent vomir leurs souvenirs, je veux t’adresser un dernier merci. Merci pour ces trolls, d’une qualité toujours irréprochable. Pour m’avoir rendu heureux de te détester. De détester tes choix, ta personnalité, ton espagnol, même ta doudoune. Oh oui Philippe, j’ai aimé te haïr. A tel point que j’ai su t’apprécier, Philippe. Assez pour vouloir que tu restes. Non, ne le raconte à personne. Surtout pas. Cet échange doit rester secret. Car tu devais partir, Philippe. C’était ton destin. Continue de chier à la gueule des gens, Philippe. Tu es grand. Salut l’artiste.

6ff5fb452ca9a3d0c10f1194392a416e

 

L’hommage rendu, place au jeu. Avec un message personnel. Un dernier. La ligue, si tu m’entends : tu es une salope.

Voilà deux semaines que l’académie connaît un arrêt forcé. Alors que je devais paisiblement suivre l’une des rares fin de saison à enjeu du club, il n’en a rien été. D’abord, à cause de ce match du lundi à 22h exclusivement réservé aux chômeurs et aux chastes, catégories auxquelles je me réjouis par ailleurs de ne pas appartenir. Après la défaite contre Getafe –la 2e en six mois-, Valence revenait à 2pts et la Real devait en principe l’emporter facilement contre Grenade. En principe. Sauf qu’un but à la 94e minute est venu anéantir le doublé d’Agirretxe. Résultat, un affreux 2-2 et Valence qui recolle à égalité de points. Mauvais avant de se déplacer à Séville… En principe. Puisque là, c’est après un très gros match et un nouveau but d’Agirretxe –la ligue, tu es une salope- que la Real s’est imposée 2-1. Résultat au classement, on devance toujours Valence à la simple différence de but. Chaudard, avant de recevoir le Real.

Ou presque. Sans refaire l’histoire du Real –disponible sur tous les sites sportifs de troisième zone-, on sait qu’ils sont largement prenables. Mais comme un symbole d’équité, la Real a décidé de se mettre au niveau de son adversaire. Mourinho annonce son départ ? BAM, Montanier annonce le sien. Cristiano Ronaldo est absent ? BAM, Carlos Vela l’est aussi. Histoire qu’on vienne pas nous dire que notre victoire est imméritée.

Pre-jokoa :

« [Silence] »

Compo Madrid

Jokoaren :

6’ : Mikel perd le ballon dans l’axe après une sale passe de Markel. Higuain récupère et marque. 0-1.

8’ : Seul face à Diego Lopez, Agirretxe tente le lob. Au-dessus.

11’ : Sur un coner, Mikel récupère la balle dans les 6m et frappe dans le petit-filet. Pas le bon.

19’ : Parade réflexe de Diego Lopez sur une tête de Griezmann. On parle quand même d’une tête de Griezmann.

20’ : Agirretxe remet ses lentilles en place. Le but est proche.

22’ : Diego Lopez claque en corner une tête lobée d’Agirretxe. Les lentilles commencent à faire effet.

24’ : Chory Castro réussi la transversale de l’année. Jaloux, Griezmann répond par le hors-jeu de l’année.

26’ : C’est officiel, Arbeloa n’avance vraiment pas. En même temps, qui en doutait encore.

28′ :

T'inquiètes pas va, ça arrive à tout le monde d'avoir un p'tit accident
T’inquiètes pas va, ça arrive à tout le monde d’avoir un petit accident

32’ : Sur un centre d’Illarra, Agi remet le ballon sur la tête de Griezmann. Essien contre.

40’ : Tête d’Agirretxe captée par Diego Lopez

41’ : Chory frappe aux 25m, Diego Lopez capte en deux temps.

42’ : Lancé par Xabi Prieto, DLB centre en retrait dans les six mètres. Griezmann se jette… suffisamment pour enlever le ballon à Agi, seul au deuxième poteau. Putain de merde.

43’ :

En souvenir de son CAP coiffure manqué, Markel tente de chercher des poux à Marcelo. Sans succès.
En souvenir de son CAP coiffure manqué, Markel tente de chercher des poux à Marcelo. Sans succès.

Mi-temps : 1 occasion à 10. 1 à 0. BAM.

49’ : Agirretxe récupère le ballon dans la surface. Sa demi-volée est repoussée par Diego Lopez.

52’ : Sur un long ballon madrilène, Bravo part aux fraises. La tête en retrait d’Iñigo frôle le csc.

57’ : Kaka centre face à C.Martinez. Callejon ne se détache de personne et trompe Bravo. 0-2. En bons spectateurs, Iñigo et DLB applaudissent.

63’ : Penalty pour la Real après une main grossière de Khedira. Xabi Prieto le frappe, Diego Lopez part du bon côté. Mais Dieu est trop fort. 1-2.

69’ : Di Maria frappe sur Bravo. Sur le contre, Griezmann est lancé seul face à Diego Lopez, le dribble mais décide finalement de frapper à côté.

75’ : Coup-franc frappé par Ifran à l’angle de la surface. Diego Lopez repousse sur le pied d’Agi, face à lui. La balle passe à côté. Et la chatte de Diego Lopez commence à dépasser de son slibard.

77’ : Lancé par Ifran, le 67e centre de C.Martinez débouche sur la 67e occasion de Griezmann. 67+67=134. La Real égalise. 2-2.

80’ : Bundes une-deux Khedira-Ozil. Khedira pique son ballon face à Bravo. 2-3. Alors que Allemands gagnent tout dominent la Ligue des champions, passe encore. Mais qu’ils viennent pas nous emmerder pour y aller.

81’ : Conscient de la faiblesse de son pied droit, Zurutuza décide de tester le niveau de son tibia. C’est un échec. Quoi que son tibia ne soit pas spécialement inférieur à son pied droit.

84’ : Long centre d’Iñigo pour la tête de Prieto, lancé. Diego Lopez claque en corner.

85’ : Débordement de Di Maria qui centre à mi-hauteur au deuxième poteau. Higuain se jette, à côté.

90+1’ : Centre de Jose Angel pour Agi seul, lancé et plein axe. Sa tête passe à côté. Putain de destin.

90+4’ : C.Martinez déborde une dernière fois à droite, centre pour Agirretxe qui remet de la tête sur Dieu, le seul à encore pouvoir changer les choses. Sa tête est repoussée par Diego Lopez et finit par rentrer on ne sait comment. Enfin si, par un miracle de Dieu. 3-3.

Ouais, c’est quand même pas très net tout ça
Ouais, c’est quand même pas très net tout ça

Fin du match : Après un 4-3 immérité à l’aller, un 3-3 immérité au retour et une leçon : le réalisme. Madrid a eu 3 occasions et en a mis 3. La Real pas loin d’une vingtaine (28 tirs), pour autant de buts. Un match excellent, dominé de bout en bout. Beaucoup de conservation, un jeu en profondeur incroyable d’efficacité, une domination quasi-totale dans les airs et des couloirs surexploités avec des latéraux/ascenseurs pendant 90 minutes. Assurément l’un des matchs les plus aboutis de la saison pour la Real, bien au-dessus du Real. Un match tellement bien que tu peux le voir en entier ici et . Et si t’es plus flemmard, en voilà un excellent résumé. Juste .

Jokalari :

Bravo (2/5) : Il n’est en cause sur aucun des trois buts, mais bon. S’il fallait se contenter de ne pas être coupable sur tous les buts encaissés, ça ferait longtemps que mes mains pueraient le latex.

C.Martinez (5/5) : Il avait complètement cessé toute activité offensive sur les derniers matchs, il a vraisemblablement décidé de rattraper le temps perdu. Impeccable derrière, notamment dans ses interventions sur Kaka, il a multiplié les allers retours sur le couloir droit et s’est à nouveau transformé en machine à centrer pour être à l’origine de deux des trois buts. Monstrueux.

Mikel (2/5) : Une première mi-temps catastrophique, notamment avec ce but de baltringue encaissé dès le début de match. Mieux en 2ème.

I.Martinez (4/5) : L’efficacité dans les interceptions, la solidité dans les duels et la précision à la relance. L’élégance incarnée.

De la Bella (4/5) : A l’image de C.Martinez, il a régné en maitre sur le couloir gauche avec un apport offensif très conséquent. Même ses quelques passages dans l’axe ont été réussis.

Markel (1/5) :

Markel est tout à fait serein lorsqu'il reçoit le ballon en défense
Markel est tout à fait serein lorsqu’il reçoit le ballon en défense

Illarramendi (3/5) : Dans une position plus offensive que Markel, il a joué plus offensivement que défensivement, multipliant les centres et cherchant souvent la profondeur. Il a aussi joué un rôle important dans la conservation de balle.

Xabi Prieto (5/5) : Cinq buts en deux matchs contre le Real. Lionel qui ?

Griezmann (3/5) : Jamais il n’a autant couru et aussi vite. Tellement d’ailleurs, qu’il a été aperçu une bonne dizaine de fois en position de hors-jeu. Mais sur le nombre invraisemblable d’occasions qu’il a su se créer, il n’a marqué qu’un seul but. Le même match avec plus d’efficacité, c’est le soleil.

Chory Castro (3/5) : Titularisé à la place de Vela, il fait une très grosse première mi-temps, tout en vitesse et en percussion. Dommage qu’il se soit un peu éteint en 2ème.

Agirretxe (3/5) : A l’image de Griezmann, il s’est créé une bonne dizaine d’occasions franches, dont la moitié de la tête. Tellement, qu’il n’a même pas eu le temps de dézoner. Mais le résultat est là : 0 but. Mais difficile de lui en vouloir, vu tout ce qu’il plante en ce moment.

Ordezte : 

Zurutuza (Illarrramendi, 59’) : Une reprise du tibia et puis s’en va.

Ifran (Chory Castro, 70’) : Une grosse occasion sur coup-franc, plusieurs centres intéressants et un véritable apport offensif. On parle bien d’Ifran. Wow.

Jose Angel (Markel, 81’) : En 10 minutes, il a pris possession du couloir gauche. Grosse entrée.

Real Madrid :

Diego Lopez (Le match d’une vie/5) : Iker qui ?

Bonus :

Incognito, Adriano Galliani était dans les tribunes d’Anoeta
Incognito, Adriano Galliani était dans les tribunes d’Anoeta

 

Ce qu’il faut retenir :

• Pour son dernier match, Montanier est parti dans l’indifférence la plus totale. Rien. Pas un hommage, pas un au revoir. Rien.

• On parle d’Unai Emery et de Pepe Mel pour le remplacer. Plus d’infos la semaine prochaine.

• Le Pape François organisera une messe le 9 juin prochain pour fêter la résurrection de Dieu

• Hervé Vilard est un poète

• Avec la victoire de Valence, la Real est 5e avec 2pts de retard.

• Dernier match à La Corogne, samedi à 21h. Valence se déplace à Séville. Pourquoi pas rêver.

Muxus,

Patxi

5 thoughts on “Real Sociedad-Real Madrid (3-3) : la Txuri-Urdin académie rend hommage à Montanier

  1. Montanier a bien raison de se barrer. Qui pour le remplacer et ramener le club en 2e partie de tableau? :)

  2. Même si le mec était pas vraiment apprécié, je trouve ça assez petit de la part du club de ne même pas organiser un petit aurevoir pour son dernier match à domicile, vu les résultats de la saison.

  3. @Sloubi Je crois que la saison prochaine dépendra plus de notre capacité à retenir nos joueurs que du nouvel entraîneur.

    @Tristan Je suis (presque) d’accord. Sauf que les supporters n’avaient pas plus envie que les dirigeants de lui dire au revoir. Ou plutôt de lui dire au revoir, mais pas merci. La célébration, même minimaliste, aurait risqué d’être un flop. Montanier a bien tenté de rester le dernier sur la pelouse pour se faire applaudir, en vain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.