Saint-Etienne-Rennes (2-1) : La Breizhou Académie lâche son trophée

Après plusieurs semaines à bomber le torse et à fanfaronner sur notre 3e place en Ligue 1 et notre défense de la coupe de France, nous voici arrivés au moment excitant et redouté : celui où il va falloir assumer. Et donc confirmer ou tout perdre.

Et ça commence dans la peau du favori à Saint-Etienne, dans un stade bouillant, face à une équipe à l’agonie qui n’a plus que cette coupe pour sauver sa saison. Comment cela pourrait-il mal se terminer ? Hein ?

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La composition :

Même contre le 16e de L1, c’est une demie de CDF donc équipe-type, faut pas déconner.

Mendy – Maouassa, Gnagnon, Da Silva, Traoré – Bourigeaud, N’Zonzi, Camavinga, Raphinha – Niang, Del Castillo.

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Le match :

Ce qui était à craindre se produit d’entrée de jeu : d’un côté, des Stéphanois qui jouent leur saison sur ce match et qui nous rentrent dans le lard sans sommation ; de l’autre, des Rennais faisant preuve de suffisance et qui pensent qu’attendre leur adversaire suffira.

Résultat des courses, hormis une frappe de Del Castillo (7e), nous subissons les assauts – heureusement maladroits – des Verts, notamment via Cabaye qui envoie un coup-franc juste au-dessus (11e), avant d’obliger Da Silva à un dégagement sur sa ligne après un duel avec Mendy (18e). Ou encore Diony qui dévisse en position idéale (15e) puis voit sa frappe stoppée par notre portier (20e). Evidemment, nous sommes en retard sur tous les duels, nous commettons beaucoup de fautes – les Verts aussi, mais le sifflet ne marche que dans un sens apparemment – et prenons des avertissements précoces (Camavinga, 20e et Traoré, 28e, suspendus contre Lyon, super).

Mais on le sait, il suffit d’un rien face à des Stéphanois en pleine tourmente pour que le match bascule en notre faveur. Et ce rien, c’est une belle protection de balle de Niang dos au but dans la surface, une talonnade intelligente vers Raphinha qui crochète Saliba, celui-ci stoppant illicitement notre attaquant. Péno. Cette fois, Niang ne s’embarrasse pas de fioritures et expédie une mine sous la barre de Moulin. Contre le cours du jeu, Saint-Etienne 0-1 Rennes (33e).

Comme on pouvait s’y attendre, ce but refroidit les Verts et nos Rennais se montrent plus incisifs. Sur une belle séquence entre Raphinha et Traoré, Saliba dégage comme il peut, c’est-à-dire via le bras, mais l’arbitre ne dit rien et on ne reverra jamais le ralenti. Soit. Nous nous enhardissons (pas comme ce connard de Thierry) et passons tout près d’aggraver le score : Bourigeaud adresse un superbe coup-franc que Da Silva, seul, propulse hors du cadre d’une tête plongeante (41e). D’autant plus rageant que les locaux égalisent deux minutes plus tard. Diony a beau avoir deux pieds gauches, si Traoré lui laisse dix minutes pour centrer, il y a un risque non négligeable qu’il y arrive. C’est ce qui se passe et Kolodziejczak trompe Mendy d’une tête arrière lobée. Aussi improbable que mérité, Saint-Etienne 1-1 Rennes (43e). Claude Puel peut exulter, ce but arrive au meilleur moment pour eux, donc au pire pour nous.

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Anecdote amusante à la mi-temps : Eurosport 2 diffuse les images d’une caméra isolée sur Camavinga, que l’on voit réaliser plusieurs belles chevauchées et subir environ 5 ou 6 fautes. Nombre de fautes sifflées contre les Verts à la pause ? 3. Fin de la blague.

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Deuxième acte, les débats s’équilibrent quelque peu et l’intensité retombe. En revanche, nous confirmons notre volonté – incapacité à faire autrement ? – de laisser le ballon aux Verts au milieu. Et c’est pénible à triple titre : premièrement, on s’expose à de trop nombreuses passes verticales qui nous déséquilibrent ; deuxièmement, ça nous empêche de développer notre jeu court et d’attaquer dans de bonnes conditions ; troisièmement, POURQUOI ?! Tu vas pas me dire qu’avec l’équipe qu’on aligne, on n’a pas les moyens de leur disputer la gonfle ? L’hypothèse contrariante d’un excès de confiance se fait de plus en plus plausible.

Hormis une simulation grotesque de Del Castillo assortie d’un jaune qui le suspendra aussi contre Lyon (56e) et d’un coup-franc inoffensif de Bouanga (66e), on se fait un peu chier. L’entrée de Léa-Siliki redonne un peu d’allant à nos offensives, mais les défenseurs stéphanois contrôlent parfaitement nos joueurs. Je n’ai pas souvenir que l’on ait gagné un seul face-à-face offensif, tiens.

Alors que l’on se résout à se taper 30 minutes supplémentaires, ou à assister à un but victorieux dans le « Stéphan time », le retour de karma se fait particulièrement violent : Mendy puis Traoré nous sauvent in extremis devant Debuchy et Abi (90e+1), avant que N’Zonzi envoie une relance dans l’axe sur Saliba, qui lui-même perce deux lignes en une passe pour trouver Bouanga à l’entrée de la surface. Celui-ci crochète Maouassa et laisse intelligemment le ballon à Boudebouz, fraîchement entré, qui arrive lancé et place le ballon au ras du poteau gauche de Mendy, battu. Bien fait pour notre gueule, Saint-Etienne 2-1 Rennes (90e+4). Fin du match, élimination, merci au revoir.

Etrange sensation que cette défaite méritée : joueurs comme supporters ont semblé l’accepter,   sans doute adoucie par la victoire l’année passée et la perspective de voir le PSG se venger en finale.

En attendant, les enseignements à tirer se confirment match après match : Camavinga est dans un temps faible, lui qui n’était évidemment pas destiné à jouer 50 matchs pour sa première saison pro et c’est toute l’équipe qui en pâtit. Ensuite, on n’a pas de marge : on ne peut pas se permettre de lever le pied en espérant gagner quand même. Enfin, Stéphan a un vrai problème d’animation, Bourigeaud et surtout Raphinha transformant son 4-4-2 en 4-2-4 déséquilibré, d’où la perte du milieu.

Il va falloir se remettre la tête à l’endroit et retrouver de l’envie, car le triptyque Montpellier-Bordeaux-Lyon qui se profile peut décider de notre fin de saison.

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Les joueurs :

Mendy : 3/5. Solide, impuissant sur les deux buts.

Maouassa : 3/5. Impliqué et volontaire.

Gnagnon : 1/5. Avec sa tête d’ourson en guimauve, pas étonnant qu’il se fasse bouffer.

Da Silva : 2/5. Quitte à ne pas savoir défendre sur Diony, tu pourrais au moins cadrer tes têtes.

Traoré : 2/5. C’était globalement bien, mais il ne peut pas regarder Diony centrer comme ça.

Bourigeaud : 2+/5. Inspecteur des travaux finis, il a laissé ses petits copains du milieu se débrouiller seuls. En revanche, il semble avoir retrouvé son pied droit tant ses centres et CPA étaient soyeux.

Camavinga : 2+/5. Paradoxal : il confirme son temps faible, et pourtant il a été le seul à casser un tant soit peu les lignes adverses et donc à se faire savater. Remplacé par Léa-Siliki (68e), qui avait plus envie que tous ses partenaires réunis.

N’Zonzi : 3-/5. Benjamin N’Button : il commence le match avec l’expérience d’un vieux sage et le finit comme le perdreau de l’année avec cette passe relance dans l’axe pendant les arrêts de jeu.

Raphinha : 2-/5. Il obtient le péno, sinon il a passé son temps à s’empaler sur la défense adverse. Au lieu de vouloir être décisif sur chaque ballon, il ferait bien de participer un peu plus au jeu.

Niang : 3/5. Ca, c’est un vrai péno. Le seul à avoir un peu emmerdé la défense stéphanoise. Remplacé par Hunou (83e). C’est con, on le sait tous qu’il aurait marqué en prolongations.

Del Castillo : 2/5. Des idées, mais zéro réussite. Romain Del Mélenchon. Remplacé par Gboho (76e), qui a plus brouté la pelouse que joué au foot.

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ALLEZ RENNES

Marco Grossi

Marco Grossi

Un commentaire

  1. La seule action en triangle classe c’est l’ouverture de N’Zonzon pour Rapina à droite qui ne part pas, l’exception qui confirme la règle, en crochet extérieur pour revenir sur son pied gauche et qui centre presque parfaitement pour Niang ms qui se fait malheureusement chiper le ballon aux 3 m… vers la 60è. Arte povera.

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